‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 82 sur 144 · t Al) AuKUSlino et caeteris Patribus unanimi consensu · texte numérisé non relu

t Al) AuKUSlino et caeteris Patribus unanimi consensu

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nues. |)Oiir ie malheur de tant de lidèles que les opinions de saint Augustin et ses disputes contre Pelage ont jetés dans le trouble et dans riiérésie; pour le malheur surtout des semi-pélagiens, que la nouvelle concorde eût, au dire de Molina luimême,. assez aisément accommodés.

On comprend sans peine (jue de pareilles assertions aient vivement ému les vieux tenants de la doctrine de saint Augustin et de saint Thomas '. Pouvaient-ils soutTrir d'entendre proclamer que l'insulusance de ces saints docteurs avait causé

cornprobala fuissel, hxc noslra de praodesliiialione seiUenlia ralioque coiiciliaiidi libortateiii aibilrii cuni divinà gràlia, prcPScienlii\ et prœJeslinalioiie, si eis proposita fuisset. »

1. Oïl [)oul juger, d'après le lexle suivanl du jésiiile llenri(iuez, coiileinporaiti do Molina, de rinipression f.iile par le livre de la Concorde sur les Uiéologiens augusliuioiis et thoinisles de Itlspagne à la lin du seizième siècle. « Viris

iloclissimis in llispanift doclrina tèrè lola libri visa est

suscilaie anliiiuos errores Pelagii et seinipelagioiioriun de vi nalurali liberi arbilrii, ni possit homo credere , iniplere praecepla, vilare peccala ouiuia niorlalia, resislere omnibus lenlalionibus, habiMC dileclionem Dei super omnia, et con- Irilionem lie on.iiibiis peccalis, idque per naluralem vim liberi arbilrii sine ullfi necessitale au.xilii praivenientis , saliscjue esse coucursum Dei coiicomilaiileui , causis etiam naluralibus commuiiem, eumque verè dici auxilium graliae quia datnr sine merilo hominis; Deum non pro\idere singula bona moralia, ... nec pia'deslinasse bomines adullos, €t angelos, qui salvanlur, nisi quia in signo ralionis Deus praeseivil hune aul illum bene usurum vi nalurali arbilrii, aul eliam auxilii... m (Censura aiv. Molinam , an. 1397, de niandalo démentis VIII). Ces lignes laissent voir que certains adversaires du Moiinisme naissant ne gardèrent peutêtre pas assez leur sang l'roiil.

26 THOMISME ET MOLIMSME.

de si grand maux à l'Eglise du Christ, eux qui, disciples fidèles et dévoués, gardaient dans leur cœur avec tant d'amour ces paroles du Pape Hormisdas : « De arbitrio libero et graiid Dei, quid Romana, hoc est catholka, seqiiatiir et servet Ecclesia, ex variis lihris B. Augusimi, et maxime ad Prosperum et Hilarium, abunde cognosd potest, » et qui avaient vu les luthériens foudroyés par les Pères de Trente armés des Écritures divines et de la Somme de saint Thomas? Aussi, blessés dans leur honneur de soldats de la foi, saintement jaloux de la gloire de leurs maîtres, persuadés d'ailleurs que Molina ne se flattait point en qualifiant son système de nouveauté, ces théologiens, augustiniens et thomistes, crurent devoir s'élever avec force contre un livre dont les théories leur paraissaient suspectes et les prétentions outrageantes.

L'affaire fut portée au tribunal du Pape Clément VIII. On ne possède aucune histoire impartiale des fameuses congrégations de Auxilm. M le dominicain Serry, ni le jésuite Lévinus de Meyer, ni ceux qui les ont copiés, ne méritent foi entière. Il est certain que le livre de Molina ne fut pas condamné par l'autorité du Saint-Siège; mais si l'auteur échappa à une condamnation solennelle, qu'advint-il de ses opinions?

Constatons d'abord que, dans les Congrégations, la théorie de Molina ne fut pas soutenue tout entière et dans sa pureté native par les théologiens de la Compagnie de Jésus. C'est la un fait d'une grande importance et qui parait très assuré.

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Nous en avons la preuve manifeste dans un décret du 4 décembre 1613 porté par le P. Aquaviva, général des Jésuites, et dans une note manuscrite, récemment découverte, du Pape Paul V. On lira tout il l'heure ces documents. Présentons d'abord le Congru isme.

Nul n'ignore en théologie qu'entre le Thomisme et le Molinisme s'est [glissée une sorte de doctrine de juste milieu qu'on désigne sous le nom de Con- (jniisme. Ce système sauve la liberté humaine en recourant à la science moyenne, comme l'ait Molina ; mais, à l'exemple des thomistes, il place dans un décret antécédent de la volonté divine la raison absolue de tout acte vertueux et de toute prédestination à la gloire. « Dans le Molinisme, » dit le R. P. Th. de Régnon, s. j. * « Dieu donne la grâce qu'il sait etïicace; dans le Congruisme, Dieu donne la grâce parce qu'il la sait efficace. Dans le premier, la différence entre la grâce dite eflicace et la grâce dite suftisantc provient uniquement de la liberté humaine; dans le second, Dieu lui-même opère un triage industrieux entre les grâces, et par là les distingue en eflicaces et en suftisantes. » Quelques-uns, prétendant qu'il n'y avait aucune différence entre le Molinisme et le Congruisme, ont essayé de les fondre ensemble. Mais, dit le R. P. de Régnon^ : « Ces projets de fusion ne peuvent aboutir qu'à la confusion des idées On a

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