‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 94 sur 144 · IbiJ · texte numérisé non relu

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Enfin, on lisait pareillement dans le Ratio Stu~ dionim de la Compagnie de Jésus (ouvrage composé par six des plus renommés théologiens de la Compagnie et revêtu de l'autorité du Général), qu'on devait suivre la doctrine de saint Thomas, exceptis paucis, entre autres l'opinion suivante : Secimdas causas esse proprie et univoce instrumenta Dei, el mm operantur, Deum in illas primum injluere aut eas movere. A cette époque* donc\ on croyait, paraît-il, assez généralement dans la Compagnie de Jésus que saint Thomas était prémotionniste, puisqu'on n'obligeait pas k le' suivre sur ce point. Il est vrai que l'en-tête des exceptions porte : Quœ licet sint aut videri possint esse S: Thomœ. Mais ce peut-être, videri possint, ne semble guère tomber sur la motion thomistique^ car on lit partout expressément dans saint Thomas que Dieu meut les causes secondes. Quoi qu'il en soit, toujours est-il qu'en 1586 il n'était pas évident aux yeux de tous, dans la Compagnie, que l'Angélique Docteur fût opposé aux opinions de Bannez et de ceux qui se sont toujours appelés thomistes 2.

Du reste, les néomolinistes d'aujourd'hui ne font pas difficulté d'avouer ^ que « saint Thomas ne comprenait pas l'opération divine, dans les créatures comme les partisans du concours simul-

4. En 1586, car le chapitre de opinionum delectu a été retranché dans les éditions postérieures.

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