Bannez et Molina, p
tané » , mais qu'il admettait une vraie prémotion physique. Nous avons déjà si<,maié cette intéressante évolution du Néomolinisme, après liuiuellc il ne reste plus aux thomistes (fu'à démontrer la réalité physique de l'acte lihre comme tel, réalité que les anciens molinistes, emprisonnés dans « le formalisme étroit de l'antique réalisme » , comme parle le P. de Régnon, avaient le tort de concéder, et qui est l'inébranlable fondement de la prémotion physique des thomistes. En attendant, on peut conclure sans crainte, nous semble-t-il, que les néomolinistes sont loin d'avoir démontré que l'École des thomistes, c'est-à-dire de la grâce intrinsèquement eflicace et de la gratuité directe de la prédestination à la gloire, ne mérite pas le nom que lui donnent les Papes, de véritable École de saint Thomas.
Il nous reste ii résoudre un argument du U. P. de Hégnon, (\m paraît décisif pour Tan ti thomisme des soi-disant thomistes. « Le Dominicain Arauxo, professeur à Salamanque quelques années après Hannez, a écrit : « J'admire comment certains théologiens novices prétendent qu'on ait en eux une foi si vive que nous soyons tenus de croire leur prédétermination pJujsique de la volonté humaine, bien qu'on ne la trouve ni dans les Conciles, ni dans les Pères, et qu'on n'y parvienne (jue par un raisonnement fallacieux ' ». C'est péremptoire, n'est-ce pas? l*our Arauxo, la predétermination physique
r liannez et Molina, p. t\.
était une noiweaulé fondée sur un sophisme : donc, cette opinion n'est pas de saint Tiiomas. Cependant, chose curieuse! Arauxo se déclare ouvertement pour cette prédétermination nouvelle et sophistiqua Tournons, en effet, quelques feuillets de son livre, et nous lirons ce qui suit : « Auxilium divinœ gratiœ naturse prioritate prœcedit operationem et delerminalionem vohinlalis, habetque illam infaillibiliter conjunctam, ac prcedeterminativLim appellaîur... Ilœc nostra conclusio es! contra Molinam in lib. de Concordia... el defenditur a Bannesio et Zumele. » N'est-ce pas également péremptoire pour la prédétermination physique, des « bannésiens » contre le concours simultané des anciens molinistes? Faut-il penser qu'Arauxo avait assez peu d'esprit pour taxer de nouvelle, sophistique, contraire aux Conciles et, aux Pères, l'opinion qu'il embrasse concernant le concours divin? Non, sans doute, et cette contradiction entre deux textes du même volume s'explique sans aucune atteinte à la réputation de ce théologien. C'est que ce livre est un mélange d'œuvres disparates, qui appartiennent a divers auteurs. On en trouve une partie citée dans un Traité sur la grâce publié à Rome, en 1591, alors que Arauxo était à peine âgé de onze ans. Il n'est donc pas loyal de s'appuyer sur l'autorité d'Arauxo pour établir l'antithomisme des thomistes, car cette autorité n'est pas sûre. Ou bien, il faut rapporter aussi le texte, où il est dit expressément que la prédéterminalion physique est la doctrine de l'Ecole de saint
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Thomis*. Il s'ensuit que l'argument du R. V. de Hégnon n'est pas aussi décisif qu'il le paraît pour la nouveaité des opinions thomistes.
Je le demande, les néomolinistes sont-ils autorisés à refuser à l'Kcole de la prémotion pliysi(iue le nom glorieux d'Ecole thomiste , vera Schola thomiulca?
Examinons maintenant la prétention du Molinisme à passer pour la seule vraie doctrine de saint Thomas.
Le système de Molina comprend trois théories, à savoir : la théorie de la prescience des actes libres (science moyenne) par la siipercoinprêhension des causes, la théorie du concours simultané et la théorie de la prédestination a la gloire [jost prœoisa mérita. Est-il vrai que ces trois théories soient d'origine thomiste? Nous allons en juger pai' le témoignage des molinistes eux-mêmes.
Commençons par la sujjercoinijrê/œiision des causes secondes. Ce médium de la science moyenne est depuis longtemps abandonné de presque tous les molinistes, comme dêiruisant la liberté jusque dans sa l'acine et contraire ouvertement à saint Thomas. « Il n'est i)as possible, dit le cardinal Mazella, s. j.-, que Dieu connaisse les futurs libres dans