‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 12 sur 218 · LES VÉNITIENS · texte numérisé non relu

LES VÉNITIENS

Un peuple que la nécessité avait rendu

commerçant et industrieux, 1rs Vénitiens exercèrent une grande influence sur les destinées de l'Orient, Ils disputèrent aux empereurs d'Allemagne les edtes de l'Adriatique, et tirèrent leurs meilleurs soldats des pays slaves qui bordent le rivage oriental du golfe. Déjà ces insulaires avaient résiste a Charlemagne et forcé son fils Pépin à une retraite désastreuse. Sous les uremiers Carlovmgieus, ils reconnurent la suprématie de Constant inople ; mais c'était une de* pendance de nom plutôt que de fait. En 827, lis envoient une flotte contre les Sarrasins qui infestaient fa Méditerranée* Vers la même époque ils avaient des vaisseaux à Alexandrie, lorsqu'ils en emportèrent furtivement tes reliques de saint Marc. Leurs rapports fréquents avec les Grecs leur permirent de perfectionner leur architecture navale , et les mêmes causes qui firent fleurir leur commerce les formèrent à une politique prévoyante et déliée.

Vers Tan 900, les Hongrois mirait cette république en grand danger; ils ravagèrent les cotes ; et déjà il ne leur restait plus qu'à franchir le bras de mer qui sépare Venise de Malamoeco , lorsque leur Hotte fut assaillie et détruit* aux mêmes lieux où Pépin avait été vaincu. Le commerce intérieur de VA*

rèrent de cas corsaires dan- Dalmatie ainsi que l'istrie se Leurs libérateurs. Cependant eut pas à trouver pesante la de la république dont les e même origine qu'eux, prospérité d'un œil jaloux; ent à des révoltes fréquentes.

i fut la plus sérieuse, sa de Venise combattirent les Normands , qui , non s'être établis dans l'Italie* , faisaient souvent des exles côtes.

ion de Venise Tappela à la important dans les croit sut faire tourner au profit ions commerciales les sej prétait aux Occidentaux et les rivaux , les Génois et les arent comme elle d'impor-

Cen Orient. Ces rapports les plus florissantes de îent avoir pour résultat la i lumièresetdelacivilisation e devait au christianisme; Ulmatie aux bouches du Darre, soit d'attaque, soit de ait toujours les peuples en leurs voisins turbulents ne nt de loisir que pour se préluttes nouvelles. La supé- £tats plus avancés leur appâte comme une menace ; et ils Dt comme suffisamment pouvaient échapper a la ser-

rad le Salique , les Polonais ces de renoncer à une partie quêtes; la Bohême reconnut té de l'Empire. Déjà , à cette liée, les efforts des Slaves manquent d'ensemble et trs succès tiennent à un ne savent point profiter de on dirait que la fatalité les ivcr à l'Allemagne les chelûube et du Bosphore. Dans randes luttes le plus pur de nie pour des intérêts étranvietoire elle-même les sui les affaiblit.

HAPITRE XVI.

r les Bohèmes et les Rusrecourent à Henri le

Noir. Boleslas le Brave avait laissé la couronne à son fils Mieczylas, prince faible qui avait épousé Rua, fuie de l'archiduc palatin du Rhin et nièce d'Othon 111. Des guerres malheureuses marquèrent son règne , et sa mort fut le signal de l'anarchie. La régente , qui ne cachait pas son aversion pour les Polonais , fut obligée de s'exiler, emmenant avec elle le jeune Casimir, que plus tard les Polonais rappelèrent. Ce fut sous le règne de ce prince que le catholicisme s'établit définitivement dans la grande Pologne, pour s'étendre ensuite dans les provinces dépendantes.

Casimir, sagement conseillé et animé par le désir de bien foire , rétablit l'ordre, réprima sévèrement les factieux, et fit rentrer dans leurs limites les Poméraniens et les Prussiens. Boleslas 11 , qui lui succéda, s'attira l'animadversion de Rome pour avoir décrété que les évêquesdu royaume ne pourraient être élus que parmi les nationaux. Au lieu de consacrer son génie guerrier à réparer les pertes du pays , ce roi chevaleresque se fit le champion des princes voisins que des révolutions avaient chassés de leurs États. 11 rétablit Bêla sur le trône de Hongrie et força Wratislaw , duc de Bohême , à se réconcilier avec son frère , dont il avait usurpé les droits. Sa générosité et sa bravoure auraient pu faire revivre l'époque glorieuse de Boleslas le Grand, il avait forcé les Prussiens à reconnaître sa suzeraineté , et il lui eût été facile de reprendre la Moravie pour appuyer les 'frontières du Danube; mais il aima mieux replacer sur le trône de Kief Isiaslaf, alors en querelle avec ses frères. Les guerres d'apanages que se faisaient à cette époque les fils d'Yaroslaf offraient au héros polonais une occasion favorable pour étendre ses limites au delà du Borysthène; peut-être eut-il Tinlention de faire de Kief une seconde capitale, d'où il aurait pu surveiller les mouvements des Russes. Quoi qu'il en soit , le séjour prolongé qu'il fit dans cette ville riche et voluptueuse, eut pour résultat que les princes russes reconnurent la suzeraineté polonaise.

Mais le danger auquel il s'attendait le moins et qu il ne pouvait conjurer avec le glaive allait l'atteindre au milieu des

L'UNIVERS

plaisirs où languissait son courage. Grégoire VII, qui portait si haut la tiare, brisa le sceptre de Boleslas. Soutenu par le pape, Stanislas, évéque de Cracovie, excommunia le roi, oui le tua de sa main à l'instant où il célébrait la messe. Cette violence, qui peut donner une idée des moeurs de l'époque, attira sur sa tête les foudres du Vatican. L'intimité de Boleslas avec des princes schismatiques faisait craindre à l'Église que tout ce qu'elle avait gagné en Pologne depuis Casimir ne lui échappât; Grégoire lança l'interdit sur tout le royaume , et, désormais abandonné et fugitif, le monarque alla terminer misétablement ses jours en Hongrie.

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