MINÉRAUX
Depuis que les Turcs ont réuni à la Bosnie une partie du territoire croate enlevée aux Hongrois de même que quelques districts de la Dalmatie et F lier tzégowine, cette province représente une superficie de huit cent quarante milles de quinze au depré, ou de deux mille trois cent trente-trois lieues de France. D'après les données de Frantz Jukitcb, qui a publié à Zara (1841) une géographie de la Bosnie, on trouve des mines d'or à Svornik, à Srebrnik et à Phares;
Slusieurs fleuves roulent des parcelles e ce métal , et notamment le verbas , qui se jette dans la Save au-dessous du vieux Gradiska. L'argent se rencontre aussi aux environs de ces mêmes villes et dans les montagnes qui avoisinent Slatina et Banialuka. Diverses localités fournissent du vif-argent, du plomb, du cuivre et du fer. Le pays renferme aussi du sel fossile et quelques sources d'eaux minérales.
On compte dans ce pays si favorisé par la nature des villes populeuses et qui dans d'autres conditions politiques seraient appelées à un développement considérable : Séraïévo ou Bosna-Séraï, la plus importante de toutes, n'a pas moins de soixante-dix mille habitants; Novi- Bazar, située au sud sur la frontière de Servie, en compte seize nulle; Svornik, place forte sur la Drina, vingt mille; elle fut prise en 1668 par Louis de Baden , mais rendue aux Turcs peu de temps après. Srebrnik compte en* viron trois mille âmes ; Tesari six mille; Travuik, résidence du vizir, vingt-cinq mille; cette ville a quatre paroisses desservies par les franciscains. Phaitza ( Baldasus ) sur le Verbas, où résidaient jadis les rois de Bosnie, dix mille; Dervanta, dix mille, Tapla, douze mille; Phoïnitza, avec ses franciscains cloîtrés, deux mille; Livno, anciennement Helienum, quinze mille. Babovatz, où résidèrent aussi les rois de Bosnie , n'a plus que des ruines, qu'on peut visiter près du village de Saaiska.
La Kraïna ou Croatie turque, qui fait partie de la Bosnie, en forme l'extrême frontière au nord-ouest; cette province
LUNIYERS.
a pour ville principale Banialuka, place forte dont la population est de trente mille âmes ; elle fait un commerce assez considérable. Nous citerons encore Gradiska , en face du Vieux Gradiska, qui s'élève sur la rive gauche de la Save et dont le général Laudon s'empara en 1788; Bihatsch, ville forte sur la frontière de Croatie, et Novi sur l'inna.
Il existe en outre un assez grand nombre de places fortifiées dans la Kraïna, qui est, de toute la frontière turque, la province la plus exposée aux dévastations et aux troubles. Les régiments de la Croatie autrichienne ont sans cesse à guerroyer avec les Croates de la Bosnie ; quand ces derniers font des excursions sur le territoire autrichien, les troupes de la frontière ont le droit de les repousser jusque sur les limites turques ; mais elles sont tenues de rentrer dans leurs cantonnements au bout de vingt-quatre heures.
CHAPITREV.