‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 125 sur 218 · ANARCHIE DANS LA BOSNIE · texte numérisé non relu

ANARCHIE DANS LA BOSNIE

Plus les chefs s'applaudissaient de voir l'autorité de la Porte impuissante à les contenir, plus le désordre faisait des

I>rogrès. Toutes les haines privées, toutes es ambitions se donnaient libre carrière. Le fait suivant pourra donner une idée de l'anarchie qui régnait alors dans les provinces, où se trouvait le foyer de la résistance. Nous suivrons le récit de Ranke.

AU pacha, vidaîtch de Svornik, fut nomme en 1839 pacha de Srebrnitza ; il se disposait à rentrer dans la forteresse, lorsqu'il la trouva occupée par un certain Mémisch, agadu voisinage, qui avait jugé convenable d'en prendre possession. Ce chef s'était ménagé un parti parmi les musulmans et avait également armé les chrétiens. Tous les efforts de

L'UNIVERS

Vidaïtch pour le chasser furent inutiles; il fut obligé de retourner à Svornik.

En approchant de cette dernière ville, il fut tout étonné d'en trouver les grilles fermées. Durant son absence, un de ses

f>arents, Mahmoud pacha, qui était 'ami de Mémisch , s'était installé dans le pachalik. Ali eut recours à la force : heureusement pour lui , il avait ' de nombreux partisans ; mais il lui fallut reconquérir ses fonctions; et Ton se battit longtemps dans les places de la ville et dans les rues voisines de la forteresse. Peut-être la victoire lui serait-elle restée si son rival n'eût eu un allié puissant dans la personne de Hussein, capétan de Gradatchatz. Ali était trop faible contre Mahmoud et Hussein ; après avoir latte quelque temps, il se vit assiégé dans une maison, où il essaya de résister. 11 avait avec lui ce qu il aimait le plus au monde, son (ils, âgé d'environ trois ans et son cheval arabe. L'étage supérieur de la maison où il tenait encore s'écroula sous le feu des assiégeants. Sa grandeur d'âme ne l'abandonna pas dans cette situation critique; il mit son jeune enfant entre les mains d'un soldat , auquel il recommanda d'aller le porter à Mahmoud , son mortel ennemi , pour qu'il prit à son égard telle décision qu'il jugerait convenable, et il se rendit luimême à Hussein.

Mahmoud éleva le (ils d'Ali comme s'il eût été le sien; quant à Hussein , il emmena Ali à Gradatchatz. Une estime mutuelle les eut bientôt réconciliés, et

sans avoir égara nu rang m aux en Son ûls l'égala en désintéresser le surpassa en courage et en ïh On l'appelait le dragon de Bosn ot Bosna ) , et il signait lui-m lettres de ce surnom populaire. ' Bosniaques tenaient leurs reg* sur Hussein ; on espérait que, chef si vaillant , les droits et viléges de la province recevrai nouvelle consécration.

Le sultan n'avait pas renom projets. A peine les Russes ei quitté le territoire turc qu'il ad mesures les plus sévères contre tisans du vieux système. Qua même il n'eût pas été porté, à rer par conviction et par force ractère, la haine de ses ennem aurait fait une nécessité. Depui faite, on affectait de le mépriser attribuait les revers de l'empire don de ce qui avait fait jadis i et sa force ; on allait même jusq que tant qu'il serait sur le tr£z voir de tout bon musulman éta résister et de le combattre.

Dans l'été de 1830, Mahroouc de prévenir ses ennemis. Il réu défaire de quelques meneurs a et ordonna au vizir de Travni avec vigueur dans la Bosnie. Cef naire, conformément à ses instr revêtit l'uniforme qu'on lui avait de Constantinople; ce fut le sigi rébellion.

Au nombre de plusieurs mi

ixir sanctionnerait en quelque ur rébellion. Mais le vizir trouva en de leur échapper pendant la ion du ramadan , et retourna à itinople par le territoire autri- }uoi qu'il en soit, lorsque la soreligieuse fut passée, les chefs blèrent à Séraïévo. Précisément spoque Moustapha-Pacha parut e de quarante mille hommes; monde s'attendait à le voir enrainqueur à Gonstantinople. Les uea résolurent de s'associer à la de Moustapha, et se mirent en ne au nombre de vingt -cinq imbattants. Le vieux parti turc dt sûr du triomphe; à Belgrade onstrations allèrent jusqu'à l'enime. A Nissa on proclama de 1 les droits des janissaires; tout 4e s'attendait à uue révolution e ; mais, comme si en Orient tout ix révoltes devait différer de la ordinaire des choses en Europe, ivements , au lieu de tendre au , n'avaient pour but que le rément d'un passé dont tous les de l'empire étaient fatalement le sorte que le peuple allait volonot au-devant du joug de l'aristo- >ur échapper à une autorité unidu moins aurait mis l'égalité à l'obéissance. Au printemps de 1831, les troupes de Moustaancèrent jusque vers K ara Teisia, * avoir commis mille actes de , elles s'emparèreut de Sophie.

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