‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 126 sur 218 · IB HABILE DU GBAND VIZIR · texte numérisé non relu

IB HABILE DU GBAND VIZIR

uart, qui a eu quelques converavec le grand vizir, rapporte que nouvelle réforme le sultan se it de détruire une fois pour es partisans du vieux système , ailler de leur autorité tous ceux is les noms de pachas, beys et ims, gouvernaient réellement , et de mettre à leur place des soldés et par conséquent dans idance; il voulait aussi que les fiassent perçus par des trésoriers c qui les verseraient sans intérêt entre les mains des autorités Ce plan, fort sage au point de

vue de Tordre administratif, devait faire bien des mécontents et rencontrer de fortes résistances.

Les Bosniaques ne tardèrent pas à s'apercevoir que, si le sultan tenait à introduire des nouveautés, il ne renon- Sait pas à la ruse, moyen que ses préécesseurs avaient rarement négligé. Le grand vizir parvint à gagner quelquesuns des chefs qui servaient dans l'armée de Moustapha; il savait que les Albanais ne se piquent pas de fidélité , et que leur orguei I s'irrite facilement contre quiconque les commande; ses promesses eurent le même effet sur ceux que leur intérêt seul avait entraînés à la révolte ; de sorte que, lorsque l'action s'engagea sur les hauteurs de Prilip, la plus

ârande partie de l'armée du pacha passa u côté du grand vizir. Moustapha essaya de résister ; mais, surpris dans une position désavantageuse, il fut obligé de se retirer sur Scutari. Couvert par sa forteresse et au centre de ses ressources, il pouvait encore être formidable, tandis que les Bosniaques faisaient une puissante diversion. Le prince de Servie essaya de détourner ces derniers de leur entreprise ; il leur promettait de les faire rentrer en grâce auprès du sultan , et joignait à ses conseils quelques menaces. Hussein fit au manifeste de Milosch la réponse suivante : « Occupe-toi de ce qui te regarde; la pitance que tu as devant toi est déjà réduite : quant à moi , j'ai retourné mon assiette. Je n'ai rien à démêler avec un sultan dont la faveur dépend de ton intercession. Je suis tout prêt à me rencontrer avec toi, quels que soient le temps et le lieu. La lame de mon épée était tranchante que la tienne n'était pas encore forcée. » L'armée de Bosnie s'avança vers les montagnes , et Milosch lui laissa le passage libre.

Avant même de quitter leurs provinces, les Bosniaques avaient appris l'échec de Moustapha; et ils l'attribuèrent à la perfidie des Albanais: mais comme ils étaient sûrs d'eux-mêmes, ils marchèrent en avant avec résolution. Cependant ils n'ignoraient pas que leur entreprise était difficile; et cette fermeté de volonté, indépendante de toute illusion, honore plus leur caractère que ne l'eût fait une présomption aveugle qu'on trouve presque toqj ours chez les peupla-

LTJHïVERS.

des barbares. Pendant leur marche les guerriers chantaient : « Nous marchons, frères , vers les plaines de Kossovo, où nos ancêtres ont perdu leur renom et leur foi; peut-être, nous aussi, perdrons-nous notre renom et notre foi; mais il se peut que nous conservions intacts l'un et l'autre, et que nous retournions vainqueurs en Bosnie. »

Ils s'emparèrent sans difficulté de Kossovo, et partout on les reçut comme des libérateurs; ce fut seulement à Ipek que les Albanais et les troupes du grand vizir essayèrent de les arrêter. Ali-Pacha- Vidaïtchî qui était devenu le lidèle frère d'armes de Hussein, s'empara d'ipek ; le grand vizir envoya contre lui un corps qui fut complètement battu. Les Albanais désertèrent, et passèrent à l'ennemi. Si l'armée victorieuse avait marché sur Scutari , elle aurait probablement forcé le grand vizir à lever le siège de cette place , et la fortune du sultan pouvait être sérieusement compromise. C'était ce qu'appréhendait surtout le çrand vizir, qui mit en oeuvre toute son habileté pour engager les Bosniaques à rétrograder. Dans ce but, il leur fitdemander par un ambassadeur quels étaient leurs griefs.

Les Bosniaques exigeaient trois concessions : la première, c'était le maintien de l'ancien ctat de choses dans leur province, sans qu'il pût y être introduit aucune espèce de reformes ; la seconde , que le vizir serait dorénavant choisi

fiant à la parole du négociateur, tèrent de retourner sur leurs ps sultat fut en grande partie Pc grand vizir; non-seulement les venaient apporter aux chefs les delà négociation, mais ilsétaiei d'une correspondance particul ceux d'entre eux qui jouissaien que influence et dont l'orgueil vait flatté qu'on les consultât. Le tions rivales eurent bientôt sen corde parmi des sens qui s'étai très si unis dans le péril. En s'i au capétan Tusla, le vizir avai ment insinué qu'après tout i raissai iuste que les Bosniaque un commandant choisi par eux les hommes remarquables de tion , mais qu'une si haute d convenait ni à l'âge ni h l'ina de Hussein, et que dans son o mérite d'un guerrier consomm Tusla, l'en rendait plus digne autre. Le vieux çheldonna dans il quitta immédiatement le ca Yidaïtch vit bien que la désuni tout compromettre; il voulait à la poursuite de Tusla pour le i mais Hussein l'en empêcha. E méc se relira et se contenta de voulait bien lui accorder.

Cet ornge passé, le grand tourna contre M oust a plia ; il œuvre dans cette lutte, devenu* cile, ses moyens ordinaires, h la ruse ; enfin il parvint à le ré<

PROVINCES bÀAtTblENNES.

ont camper à Vutctaitern, d'où t surveiller l'Albanie, la Servie, oégro et tous les mouvements Jaques. Cependant Hussein causé vizir, avait établi sa rési- Tnvnik. Comme les vizirs de il avait nommé son Kiaïa, son ifcdi et les autres fonctionnalisent la cour de ces ministres, rtkm était satisfaite ; avec la es guerriers des temps primi- Dommait lui-même filiez od i héros de Bosnie. Cette élevadevait à une insurrection d'un républicain, excita la jalousie \ chefs , et la discorde se mit . Ali-Aga deStolatz, qui jouisgrand crédit, avait toujours le parti du sultan. C'étaient les l'avaient délivré des ennemis connaissance il leur avait perler les armes dont ils s'étaient Le vizir qui avait été fait priur les Bosniaques en 1831 s'éé chez Ali-Aga avant de passer ne. Plus d'une fois les autres aient attaqué , mais dans son t Stolatz, un des plus forts de ivine, et, défendu en outre par , qui étaient d'une bravoure et uementà touteépreuve, il avait lus les efforts de ses ennemis, l'insurrection des Bosniaques enu prudemment à l'écart.

rons rapporté plus haut comimoud Vidaïtch s'était mainornik, grâce à l'assistance de Quoique reconnaissant de ce l voyait avec inquiétude Ali, i rival, lié d'intérêts avecMah- • dernier avait promis de se Rossovo; mais on l'avait atîement.

•Aga , de Petch , était en réverte contre le sultan; il se Hussein et ne voulait rien iiéler avec lui. Quant h Tusla, . aspirait à la dignité de vizir.

hefs, sans être unis positivel'ambition ou par des réputersonnellcs , cédaient à des ions qui prenaient leur source croyances religieuses; or, en lies sont, dans une certaine ivorables à la transmission légijpréme pouvoir. Et en effet il

est rare de voir éclater en Orient une révolte dont le code du prophète n'ait fourni le motif ou le prétexte. Les agas de Séraïévo ne doutaient point que les concessions obtenues à Rossovo ne fussent prochainement ratifiées; mais comme le temps n'amenait aucune solution h cet égard et que le firman attendu n'arrivait point, ils commencèrent à concevoir des inquiétudes. Quoique fermement décidés à ne point se dessaisir de leurs anciens privilèges, ils commencèrent à envisager avec crainte les suites d'une insurrection si longtemps prolongée contre le souverain légitime et l'exercice d'un

{)ouvoir qui n'émanait pas du chef de 'empire.

Le grand vizir suivait avec une satisfaction secrète les progrès de ces scrupules , et fomentait sourdement les dissentiments qui en naissaient. Il ne se considérait aucunement comme lié par ses engagements, et en voyant le désaccord qui régnait entre les capétaus , les beys et les agas, dont l'union aurait offert une force invincible s'ils eussent maintenu au pouvoir celui qu'euxmêmes y avaient porté, il n'hésita pas à frapper un grand coup, et nomma un autre vizir, Kara Mahmoud , qui vint prendre possession de sa charge à la tête de trente mille hommes, dont dix-huit mille Albanais et douze mille soldats réguliers.

La position de Hussein n'était plus la même; quoiqu'il eût encore de nombreux partisans, il manquait désormais de ce qui avait fait sa force dans le commencement de l'insurrection, de cette confiance générale qui mettait à sa disposition toutes les ressources et tons les dévouements des rebelles. Il n'était plus sur son territoire; là, dans une guerre de surprises et de détails, il aurait pu tenir en respect une année nombreuse , la forcer à rétrograder ou à n'accepter le combat que dans une position désavantageuse. Il avait tout lieu de craindre que, s il s'éloignait, il serait attaqué sur ses derrières. Quoique naturellement

Généreux, il s'était vu dans la nécessité e faire exécuter quelques agas à Séraïévo. Il put comprendre alors par sa Ïiropre expérience que les moyens qui ont conquérir le pouvoir suffisent rarement pour le conserver. Cependant il

L'UNIVERS

ne montra ni faiblesse ni hésitation; il fit marcher à l'ennemi l'élite de »e$ troupes, ne conservant autour de sa personne que les chefs dont la fidélité était douteuse.

La i>etite armée sur laquelle comptait Hussein n'était que de huit cents hommes; elle marcha sur Kossovo sous le commandement d' Alaibey Todorovitch , et mit le siège devant la ville de Baniska. Lq , attaquée par quinze mille hommes, elle fut presque entièrement détruite après une courageuse résistance; ceux qui survécurent à cette défaite furent envoyés à Constantiuople.

Le musselimde Pryépolié, Hadji-Mui- Aga, qui avait anciennement exercé le commerce et qui était devenu un des chefs les plus braves et les plus dévoués à Hussein, occupait un pont sur la Liin avec un corps assez considérable et quelques pièces de canon : de même qu'Alaibey, il dut céder à des forces bien supérieures. Les Turcs, après s* être emparés de sa personne, le firent monter sur un âne, la face tournée du côté de la queue, et le forcèrent à traverser ainsi la ville dont il avait été gouverneur. Indigné de cette humiliation , il s'écriait : • 11 n'y a donc pas ici un Turc dont la balle me délivrera de tant d'ignominie! » *

Kara Mahmoud s'avança à travers les montagnes et dans la direction de Séraïévo sans rencontrer d'opposition.

Hussein ne resta pas ïnactif ; craifinaot de l'éloigner Je la ville de plus de ci;

Mahmoud entra vainquetu place.

Hussein l'attaqua une si sous les mura mêmes de S* déploya une valeur extraordi Pacha- Vidaïtch, toujours fidi tune de son ami, eut huit et sous lui dans l'action; roaist rage ne fut point secondé, lej nombre ne voulut prendre a à la lutte et se contenta (Te l'issue. Cependant Kara-Mah chèrement son triomphe ; il 3 un moment où il paraissait retraite , lorsque Ali-Aea de la tête de ses raïahs d'Hei prit les Bosniaques en flanc en pleine déroute.

Toute résistance était de possible. Les capétans et les rent rien de plus pressé que d chez eux, espérant que, dans leurs châteaux , ils noui tenir du vizir des conditii désavantageuses; quant au Séraïévo, leur salut dépem soumission immédiate. Husi pas le choix des moyens; i frontière autrichienne, accoro Pacha-Yidaïtch, du mollah d de Krupa, capétan, et d'une viron deux cents fidèles.

Maître de Séraïévo, Kara fit observer par ses troupes pline sévère ; les atrocités qu pagnent que trop souvent de uêtes fureat prévenues

pois longtemps héréditaires, Ses a des musselims, créauveau pouvoir. 11 n'y eut

S'en faveur <T Ali-Aga , de t nommé pacha d'Hertzé-

et la Bosnie étaient soûle Monténégro protestait i les exigences du nouveau us avons vu avec quelle i montagnards luttèrent conis de Scutarl; Reschid ne eureux dans les expéditions s lieutenants pour les réuns s'apprêtaient à pénéçrandes torces sur leur ter- |ue le grand vizir reçut archer contre Ibrahim-Pa-

r en Asie, Reschid voula Bosnie des dangers içaient les réfugiés qui s'ésur le territoire autrichien.

attan, les habitants de Sent révoltés de nouveau et |ué Kara-Mahmoud à Goentative n'ayant pas eu de irir avait redoublé de rifctait à craindre qu'en l'abshidles exilés eussent plus e réussite.

urner ce danger, il invita spart pour l'Asie tous les ntrer en Bosnie ; le prince servit d'intermédiaire. On ait sécurité pour leur per- *s propriétés , en tant qu'il ce qu ils possédaient alors autres valeurs ; toutes les npire leur étaient ouvertes, de la Bosnie. Malgré IV usulmans pour leur terre grand nombre accepta ces [uelques-uns même des plus passèrent la frontière, ptés de l'amnistie Hussein, tes hommes attachés à sa ce qu'on attendait le firman dait spécialement. Enfin ce a à Semlin. Hussein, qui i Essek avec le rang de vizir, fût sous une surveillance ise , fut envoyé par le goulutrichien à Semlin pour y naissance des volontés du

Entouré d'une centaine de cavaliers et de ses fidèles, il entra dans cette ville avec une pompe orientale (1832). Il montait un magnifique cheval arabe couvert d'une housse richement brodée d'or et d'argent, et tenant en main une ombrelle. Lorsqu'il descendit de cheval, Ali-Vidaïtch et Krupa, capétan, qui l'avaient toujours traité en vizir, marchaient l'un à sa droite, l'autre à sa gauche pour le soutenir ; ce fut dans cet appareil qu'il comparut devant le commandant autrichien pour entendre la lecture du firman. On leur promettait la vie sauve ; mais il leur était enjoint de partir immédiatement pour Constantinople, où ils apprendraient leur destination ultérieure. Les compagnons de Hussein furent moins découragés que lui-même.

Ali, qui autrefois avait servi avec distinction le sultan, ne désespéra point de mériter de nouveau sa faveur. Hussein était dans une situation bien différente. Le gouvernement autrichien lui interdisait de séjourner sur la frontière; il lui laissait le choix de Gomorn, dans l'île de Schùtt, ou de retourner en Turquie ; et il lui donnait vingt-quatre heures pour se décider. Hussein regrettait vivement d'avoir abandonné la Bosnie , où du moins il aurait pu tomber glorieusement sur un champ de bataille. Enfin il prit sa résolution et se rendit à Belgrade.

Depuis ce moment la Bosnie, sévèrement tenue, n'a point remué. L'administration a traité les chrétiens avec moins d'injustice ; mais si les mesures arbitraires sont devenues plus rares, d'un autre côté les impôts ont augmenté dans une forte proportion, et ils pèsent lourdement sur les classes commerçantes.

Le gouvernement laisse dans Je pays environ dix mille hommes de troupes régulières qui font l'exercice à l'européenne en face des mosquées, au grand regret des partisans de l'ancien ordre de choses , qui s'obstinent à attribuer aux réformes tous les revers de l'empire, sans eu excepter les épidémies , les disettes et les tremblements de terre.

Quant aux capétans réfugiés, un erand nombre est rentré dans le pays ; l'élément aristocratique avait jeté des racines tellement profondes que souvent

ils ont été nommés musselims dans leurs anciens districts. Ali-Pacha-Vidaïtch a obtenu le pardon qu'il espérait, et il est retourné en Bosnie. Quant à Hussein, à l'époque où les renseignements que nous abrégeons en les traduisant ont été écrits, on ignorait ce qu'il était devenu.

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