KTAT DE LA BOSNIE DEPUIS LA BK- FOUME (D'APRÈS NEIIGEBAUB (I
Kn Bosnie, les mahométans de cette province parlent tous le slave, et peu d'entre eux comprennent le turc. On ne fait guère usage de cette dernière langue qu'à Travnick, où résident le inouschir et ses employés , et parce que la garnison est généralement composée de soldats tirés de l'Asie Mineure. Ces Turcs sont bien vus de la population chrétienne; comme le sultan, ils veulent le bien , et ils savent que Ton peut compter sur la docilité des raïahs quand on n'exige pas d'eux des choses injustes, dépendant les intentions bienveillantes de Hadgi-Pacha ontéchouéde- \ant les intrigues de l'aristocratie slave, qui avait acheté son rappel. C'est la marche qu'elle suit toutes les fois nu'un pacha ami de l'ordre lui porte ombrage et menace ses privilèges.
Quand la religion des sujets turcs i»Yst ni le sujet ni le prétexte d'une résistance politique, h» gouvernement se montre d'une grande tolérance : nous
pied d'un arbre. Là les prêtre tent les vases sacrés, et les fîdè pent à la turque autour de Ta moines franciscains ont trois à Soudenska, à Phoinitza età K ce sont eux qui desservent t paroisses de la province ; et ils sent d'une indépendance qui si avait motivé la sévérité de Leur habillement ordinaire i aucunement leur profession ; i les vêtements du pays , et ne point la barbe ; mais pendant ils ont le froc. Depuis une d'années, on leur a permis de ( des chapelles dans le logemen donne la paroisse. La popuiati elle-même leur témoigne uni considération. Souvent, vers la ou leur offre les produits de et on les paye pour dire des m pour obtenir la guérison des soit pour chasser le démon du possédés. Lorsque l'iman ne pour soulager un malade turc, qu'un malin esprit chrétien cause; et que, dans un tel cas ciscains ont seuls le pouvoir jurer. Un certain L. Anton acquis une grande célébriti genre d'exorcisme. Il der Orasehi , près de Travnik, et 1 de très-loin pour le. consulter < l'intervention de ses prières, même on le fit venir à Séraïé pitale avait besoin de ses e:
Le moine entonna les litani
t religieux leurs souvenirs nat beaucoup mieux que les peutecident , qui apprennent trop pour bien savoir celles qui les
des trois clottres que nous nmés plus haut compte ente moines; de chaque église au moins cent paroisses , de plus de quatre cents franxercent leur saint ministère : sans être nullement inquié-
re de Sudiska était autrefois es rois de Bosnie ; son nom ot soud, qui en slave signifie Ce sont les franciscains qui rs subordonnés en religion; 1s remplissent plutôt l'office e paix , et ils s efforcent de îs parties, pour échapper à la officielle des cadis. L'endroit holiques se trouvent en plus fibre est Dolatz , village qui Travnik; on y compte trois ons.
ie est de toutes les provinces lie où la civilisation a fait le progrès. La nouvelle orgauiinzimat, a beaucoup de peine luire. En vertu de cette orgalaque province a son gouver- >uche des appointements d'ennille florins; tous les autres sont également nommés et l'État. Le muschir ou gouété jusqu'à présent fermier s finances ; il payait au trésor ie somme pour les impôts, et lui appartenait. Si quelqu'un s que lui , il prenait la place e. Ces fonctionnaires n'exerainsi dire qu'en passant; il Tils emmènent avec eux leurs ous les employés subalternes serviteurs du 'muschir, et ne que de lui seul. Un des dericnirs de Bosnie payait ant pour Jes impôts directs dix ses ou quatre cent mille flo- Porte. Les douanes rappor- [ mille bourses au gouvernei payait sur ces fonds les ntretenues dans la province ; était envoyé à Constanti-
Jusqu'ici les impôts des Bosniaques étaient : 1° La taxe sur les fortunes, les professions et le bétail. Elle porte sur les Turcs et sur les chrétiens, et elle est prélevée par le muschir. 2° La capitation ou haradsch; cet impôt, qui est de quinze piastres, par tête n atteint que les chrétiens : il est également prélevé par le muschir. 3° L'impôt sur le vin et l'eau-de-vie. Il est affermé et constitue un monopole pour le fermier. 4° Les paysans sont tenus de livrer au muschir des fourrages et autres produits de leur culture. 5° Les propriétaires fonciers ou spahis prélèvent la dîme sur tous les produits de leurs terres.
Le muschir La un substitut ou kiaïa
?ui fait l'office de secrétaire et veille à expédition des affaires en général. Les musselims ou gouverneurs de district sont les organes du muschir dans les cercles qui ont depuis dix mille jusqu'à trente mille habitants; Seraïévo fait seule exception. Le musselim exerce son pouvoir par l'intermédiaire des kavasses ou pandours qui sont aux ordres des magistrats et des chefs de la police, ainsi que par des huissiers et gendarmes. Les citations particulières sont aussi du ressort du musselim, et ce n'est que sur la demande de la partie adverse <jue l'affaire est portée devant le cacli , juge du district.
La Bosnie, qui forme un pachalik ou eïaleth, est divisée en trois sandgiaks: Svornik, Bosna, Kliss, lesquels renferment quarante et un districts ou cercles ou kadil'iks. Les musselims sont nommés et destitues par le muschir ou gouverneur. A Svornik et dans quelques autres lieux, en a établi des ;nirimurans, qui sont choisis par la Porte et qui, ayant plusieurs musselims audessous d'eux, forment une espèce d'instance intermédiaire. Ils représentent comme le lien entrt la justice locale, trop souvent arbitraire, et a haute direction du gouvernement.
L'administratiop militaire est entièrement séparée de celle de l'intérieur, même lorsque le gouverneur a le titre de muschir. D'après les renseignements recueillis parNeugebaur, l'armée turque est composée, i ° du corps placé sous les ordres du muschir de l'Arabistan; 2» du corps de Y Anatolie ; 3° de celui de
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Constantinople; 4° de celui de Roumélie ; 5° de la garde; 6° de l'artillerie ; 7° de la marine ou arsenal. Ces corps, qui portent le nom de orda ou camps, sont sous le commandement suprême du séraskier. Chacun des cinq premiers se compose de trente-cinq mille hommes de troupes régulières, savoir; quatre régiments d'infanterie, comptant quatre mille hommes ; quatre régiments d'artillerie de deux mille hommes, chaque; deux régiments d'artillerie à cheval et deux de cavalerie , chacun de deux mille hommes. Chaque corps d'armée a mille musiciens. Le total de l'armée est de cent quatre vingt mille hommes. A chaque ordre est attaché un corps de bas chibouzouks, milice irréguliere où le soldat a une solde de soixante piastres par mois pendant tout le temps qu'il reste au service. Ils forment douze bataillons sous les ordres d'autant de bimbaschi ou chefs de mille hommes. On les emploie
(unir les a va nt- postes , pour surveiller es abords du camp, etc. Chaque muschir ou général de corps a sous ses ordres deux généraux de division, lesquels ont sous leur commandement deux mirilica ou généraux de brigade; la brigade se compose de deux régiments. Chaque régiment est commandé par on nirialaï ou colonel, qui est assisté d'un kaankan ou lieutenant-colonel. Chacun des quatre bataillons est sous les ordres d'un bimbaschi ou major. Chacune des cinq compagnies obéit à un kologast ou
pitaine de huit cents piastre ou bimbaschi de huit cents quartier-mattre (ale-ém*i) cents piastres; le lieuten (kaakan ) de deux mille piastres; le général de brij liva ) de douze mille piastres de division {Jérik) de vingl piastres ; le muschir de soi»
mille piastres, et leséraski mille piastres.
On voit que les grades sont largement rétribués, d sans doute d'attirer au servi officiers étrangers.
Outre sa paye, le soldat re tions de pain , de viande , d beurre, et cela en telle abon peut économiser sa solde. I touchent la valeur de leur* argent. Les marques de dû portent sur la poitrine. La une étoile d'argent , le sergei d'argent et une demi-lune, 1< tenant une étoile d'or, le liei étoile d'or et une demi-lune; une demi-lune en or et une un diamant au milieu; le étoile semblable , mais entoi niants; le colonel une étoi cercle de pierreries; et pi s'élève, plus le signe distir marque par le nombre et la diamants. Le temps de sen soldat est de cinq années, a| passe encore sept ans dans \t
m manœuvres et les exercices; prient alors l'uniforme des hus- ! le fex. Chaque régiment compte mimes, et une division quatre I n'y avait à l'époque où Neugeeuollait ces notes qu'un seul cori reçut une solde, anisation des spahis est en «lie que les conquérants ont inpartout. Le pays conquis était i entre les vainqueurs, en ofnme récompense, en partie ir les vaincus dans la soumis* i étaient seulement tenus de er suivant leur puissance et Fêle leurs fiels à la défense cornes propriétaires bosniaques vinlevant d'eux; ils embrassèrent nétisme, ce qui les assimila aux nts , et ils conservèrent leurs s sous les mêmes conditions, si que la noblesse de Bosnie, ire les anciens chefs slaves mahométans, jouirent eux et scendants des mêmes droits ses que les Turcs ; et bientôt icile de distinguer les uns des tuant aux paysans et aux villeur sort n'a point changé, et ni pesait sur eux comme serfs rare chrétiens était peut-être supportable que celui que leur eur condition de raïahs. C'est stocratie, si redoutée sous le unis, qui absorbe toutes les reslu pays , tandis que le gouverle la Porte montre plus de jushumanité.
)ien étudier la Bosnie il faut * quelque temps ù Séraïévo n Seraglio, et en turc Bosna- \a venant de Spalato ou Salona, ntre cette capitale au delà de a ville est située sur le versant ne Dinarique , près des sources ma , qui se jette dans la Save is de Brod, dans FEsclavonie , de distance des sources de la ontière de la Servie. C'est vers point que commence la Nab reçoit l'Adriatique non loin de s. L'aspect que présente Séquelque distance est des plus . Des minarets d'une construcinte s'élèvent comme des flèleasus de magnifiques jardins ;
>tihc£s Danubiennes.)
mais l'intérieur de cette ville , ouverte et dominée par un fort, est mesquin et irrégulier; les rues sont étroites et les fenêtres ne sont, en général, percées que sur les cours. Les chrétiens de 1 Église orientale y ont une église. Le commerce principal consiste en armes parfaitement fabriquées et en pelleteries. Les denrées coloniales et les objets manufacturés y sont expédiés de Trieste par Spalato , ou de Vienne par Kostaniza; car Séraïévo est le point central du commerce entre Janiùa et Salonique.
La police veille avec une grande sollicitude à ce que le peuple ne paye pas trop cher les objets de première nécessite. Quand les bouchers sont surpris en fraude, on les cloue à leur étal par les oreilles; s'ils veulent payer une amende de mille piastres, on les délivre au bout d'une heure; pour un sacrifice de cinq cents piastres , ils n'en ont que jusqu'au soir ; s'ils n'en donnent que deux cents, leur supplice se prolonge pendant deux jours, et trois jours quand l'amende est de moitié. Ils sont libres de ne rien payer ; mais alors ils s'exposent à une prolongation de supplice.
Les boulangers qui trompent le public reçoivent la bastonnade sur la plante des pieds.
C'est à Sara ïé vo qu'il faut aller pour apprendre à connaître les vrais Turcs et l'aristocratie dégénérée des Slaves renégats. Ce pays offre des sites qui ne le cèdent en beautés pittoresques à aucune autre région. Le chevalier Krco a peut-être déjà publié les vues qu'il en a dessinées. Il est. vrai qu'il laut acheter ces jouissances contemplatives au prix de beaucoup de fatigues et d'ennuis. Kn effet, on ne peut voyager dans le pays qu'à cheval , et l'on rencontre souvent des passages si dangereux qu'il faut des cendre de sa monture. Eu général les chemins sont détestables , parce qu'on les a pavés en quelques endroits sans se donner la peine de les entretenir.
Tous les efforts qu'on a tentés jusqu'ici pour améliorer l'état de la Bosnie ont échoué contre le mauvais vouloir des nobles, qui repoussent avec opiniâtreté ce qui pourrait amener la ruine de leurs privilèges. Séraïévo , comme
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nous l'avons dit, a toujours été le foyer de la résistance et le point central du vieux parti turc.