‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 128 sur 218 · SUIT» DES THOUBLEK DE BOSNIE DEPUIS · texte numérisé non relu

SUIT» DES THOUBLEK DE BOSNIE DEPUIS

I*e nouveau vizir de Bosnie, Daud, avait traité avec de grands ménagements la noblesse de Bosnie, toujours prête à se révolter, et elle en avjit profite pour opprimer plus que jamais la population chrétienne. Ce fut en vain que les paysans firent parvenir leurs doléances au sultan et qu'ils s'adressèrent aux Servieus : réduits au désespoir, ils se soulevèrent vers la ûu de 1834 ; mais ils furent bientôt réduits à rentrer dans l'obéissance.

Au printemps de Tannée suivante, Us tentèrent de nouveau de se révolter; c'était la première fois que lesraïahg catholiques se joignaient à ceux du rit grec pour obtenir' uue réparation commune.

Jusque- là, ces derniers, encouragés par les Russes, avaient seuls osé réclamer leurs droits les armes a la main. Jovitza, un des chefs des rebelles, fut mis en lilœrtésur Tordre formel de Mal) moud, qui savait bien que ce n était pas en opprimant une classe en majorité dans le pays q u'on pouvait établir les réformes sur une base solide. Pour faire renaître la tranquillité en Bosnie, il y envoya Vedji, acha de Belgrade, a la pjjgi de Daud.

son prédécesseur avait été le Il eut assez de générosité pourc Tœuvre de la regéuération de T( assez de bon sens pour compn était la véritable force de 1 en promulgua le hatti-schérif de ( L'aristocratie bosnienne vit dignation cette proclamation et d'une saine modération. A d'août 1840, les nobles eWeui rents marchèrent au nombre c mille sur Travnik, et forcèrent à se réfugier dans les montag pendant il avait été surpris vaincu : il parvint à réunir neuf mille soldats réguliers, qi formés lui-même, et battit les qui, à leur tour, se replièrent raïévo. Mais la vengeance les dans leur retraite. Vedii tranc

Sropre main la tête du chef des i t exécuter une dixaine de v< et envoya dans la Croatie turqu tachement de son armée pour tir les restes de cette noblesse lente. Le plus grand nombre s'< Autriche et à Raguse. De là, n'* plus rien de la force des armes rent se contenter de recourir i gueet à la corruption pourruin dit de leur ennemi mortel. Ils i rent le bruit que Vedji aspirail qu'avait joué Méhémed-Ali. e s'appuyaut sur les raïahs il esiw lever au rang de prince indè| Peut-être tit-on coïncider avec tendu projet la double révolte

ns le* faveurs de la cour; et

leurs emplois eussent cette

ëréditaJresT ils les recouvriront

r. Sous le voile du zèle rèeaereerent une vengeance ble contre les paysan, clin tiens aïeul de les vaincre; ils tatrèmue officiers daus les eorpi réobjets naguère de leurs aaret ne prirent ce parti qur pour au désespoir la population nréle plan leur réussit; les ma [bengalis se révoltèrent encore en Dut ce qu'ils avaient fait nfà- , gouvernement tourna ■ otre >p pression de Pûrôtoeiau. fat supportable que jamais . Les 11 étaient pas devenus pour eela osiiies au nouveau système, et .par aient à une protestation à née.

kiauijl, pacha qui avait tou* iidant quatre années IViali bde •t qui est mort eu l&ftQ, était ion: d'une instinct ion solide; an jufMnent trop droit pour ne de quel côté étaient les pins n ennemis de la Porte. II s'apisne tint le lèle dont U était à contenir les mauvaises pasl'aristocratie, et devint le point i de sa haine. U vit l'orage bt, et on lui rendit l'existence si |uey sentant venir sa fin, il ne aaque ses restes reposassent en mais il recommanda de les ter à GoDStantinople. Dès cette 1 était déjà facile de prévoir un tnt dans le sens rétrograde, stant des chefs de la noblesse si tous les musulmans slaves «nt ou croyaient obtenir quel* lence prenaient un intérêt pas- L'aristocratie de l'Hertzégovine les mains aux meneurs de bien que Ali-Pacha, le vieux vilostar se persuadât alors qu'il fidèle à ses devoirs envers ta in pacha était le fléau des ehrén rcmrqnait encore parmi lea la réaction Héhémed, pacba do

h le cadi Kapttcb de

et Hernso de Svornik.

______ n'avaient d'espoir que

er, pacha d'Ogulen, le général it dent la position

comme Slave et converti leur inspirait quelque confiance; on ae rappelait sa cdnduite aussi ferme nue modérée en Va1* lachie, où l'on préférait les Turcs aux chrétiens du rit gréco-russe.

Hais tous ces mouvements partiels, toutes ces luttes où le courage , la ruse et répplsme ont fait couler tant de sang n'étaient que le prélude de la grande crise actuelle, qui doit décider la question non plus dans les limites étroites d'un intérêt de fanatisme ou de parti, mais pour établir définitivement en Enroue avec le règne du droit public le triomphe de la civilisation, qui a grandi au milieu de tant de secousses et de désastres.

Ses progrès rapides, la décadence et le renouvellement de sève de la race ottomane offrent un des phénomènes historiques les plus curieux à observer. 11 semblait que l'esprit du Coran eût condaniné l'islamisme à périr viotemlement s'il n'imposait pas ses doctrines au monde. Ce code était admirablement conçu pour agir sur les imaginations des Arabes, par un mélange de spiritualisme qui tendait à épurer ce que ses Sromesses renfermaient de sensuel et e grossier. Le ciel était proposé aux croyants comme une conquête où ils devaient retrouver après leur mort les jouissances éternisées de la vie terrestre. Dieu serait ainsi le complice de l'ambition et de toutes les passions humaines. Aussi l'élan religieux fut-il comme l'âme de leurs conquêtes, et tout ce qu'ils attaquèrent dut plier ou se briser devant eux. A mesure que leur domination s'étendait, de nouvelles races venaient augmenter le faisceau de leur puissance non-seulement par le nombre , mais en gretfant pour ainsi dire sur la forte souche mahométane d'autres aptitudes que modifiaient et complétaient la vitalité et la force d'expansion de ce vaste système. Les Arabes conquirent presque tout le monde connu, et les défaites les trouvèrent résignés* mais non découragés, parce que la défaite et la victoire sont dans la main du dieu de Mario-net, et que ce dieu kp relèvera après les avoir humiliée, liais lorsque laebute de l'empire grec eut placé les Turcs, héritiers delà fortuuedes Arabes, m plus haut degré de splendeur, lea

UA

L'UNIVERS

vices du peuple vaincu minèrent peu à peu les conditions de leur énergie et de leur puissance. Les formes et Pesprit du christianisme ébranlaient à leur insu leur foi, si jalouse lorsqu'il s'agissait de combattre; les Slaves en acceptant l'islamisme, mais sans conviction et uniquement pour conserver leurs biens et leur liberté, introduisirent dans l'islamisme, plus encore peut-être que les Grecs, des éléments qui tendaient à absorber la vitalité delà race conquérante. La race slave est naturellement belliqueuse ; mais les luttes terribles à la suite desquelles elle s'est trouvée vaincue et dispersée l'ont formée à la patience et à la dissimulation. Vous la croyez soumise, et elle attend; vous vous Ggurez qu'elle dort dans ses chaînes , et elle conspire. Jamais elle n'est plus dangereuse que lorsqu'elle est esclave; car a peine a-t-elle secoué le ioug qu'elle s'épuise par l'abus de la liberté. Le Slave est le Turc de l'Occident; chrétien, il a le même fatalisme , et lorsque rien ne l'excite la même nonchalance. Mais Je Slave renégat a les vices des deux races, et n'a gardé de son premier état que l'orgueil des castes dominantes et un courage qui devient de l'héroïsme dans les circonstances solennelles.

Comme tous les peuples orientaux , il sait paraître humble devant la force

lorsque toute résistance lui pan possible; mais la ruse n'est pc qu'un moyen de tromper l'enne elle ne vient ni de lâcheté ni de a personne plus facilement que lui résignant a la mort. Chez le Slavi tien le sentiment religieux est n superstitions grossières ; il admc lement le merveilleux , parce qu l'état d'oppression où le tient uni de fer il semble qu'il trouve d merveilleux seul des chances favoi Le Slave devenu mahométan coi toujours le souvenir du courage déployé ses ancêtres pour la defei leur religion ; il hait les chrétiens la constance l'accuse, et son fana qui est plutôt l'effet d'une cons troublée que d'une conviction ré été peut-être plus fatal à l'islamisn n'eût pu l'être une résistance pérée. Cependant les vices des viennent moins de leur nature qi circonstances qui ont amené leur < dance ou leur servitude. 11 est pr»

que les conditions politiques a{ en sens contraire; ils samélio plus promptement qu'ils ne seron rompus. Quand un peuple a coi l'intelligence, la patience et le coi il ne faut pas désespérer de sa n ration.

r avec avantage contre des forces ]uement supérieures.

Q<lue du territoire servien a varié a époques. Ainsi, après les conr Etienne Duschan , vers le miquatorzième siècle , ce prince uni sous sa domination : 1° la proprement dite ; 2° la Rascie ; "imordia, c'est-à-dire une partie Ttzégovine avec le cours de la i jusqu'à T Adriatique; 4° la Sla- 5" la Bosnie; 6° la Bulgarie; acédoine; 8° la Dalmatie; 9° la

tus. — Quoique ces provinces S pour la plupart, conquises par tiens , les Hongrois, les Autriit les Turcs, elles continuent de a patrie des Slaves, unis en dépit amements politiques par la lane lien non moins puissant des ►ouvenirs nationaux. Le Danube, la Drina, la Morava, le Vardar res fleuves moins considérables îvent cités dans les chants de res peuplades ; et la poésie les encore de nos jours à des idées e et d'indépendance. Des mondes monastères ont gardé le nciens guerriers ; des villes de- Xtempsconquises par l'étranger, flaguse, Mostar, Séraïévo, Dul- ►urazzo, Scutari, Prisren, Travourd'hui déchues, revivent dans 3 survienne avec leur ancienne ncc historique; de sorte que, si me d'Ivan Tzernoïévitch ou d'E- >u?chan se reconstituait soudaipar le courage d'un Hunvadc ou anderbeg, on pourrait croire conquête aurait à peine altéré urs et le génie guerrier de ses s.

; que les Slaves s'établissent s riches contrées, elles furent s tour à tour par les Triballiens, daniens, les Scordisques, les jui furent subjugués par les Ro- Nous avons vu que sous ces elles tirent partie de la Pande la IMœsie, dont elles partais vicissitudes. Ravagées par les Iles ne furent qu'à demi souix empereurs de Ryzance.

sjî. — Nous ne nous arrêterons cuter si les Serviens tirent leur

nom des Sorabes de a Lusace : peutêtre sont-ils de la même famille que les Thraces et les Sarmates ; ce qui est hors de doute, c'est qu'ils appartiennent à la race slave, et qu'après s'être établis sur le Danube ils occupèrent la Servie actuelle , la Bosnie, la Trébonie, la Primorie et quelques côtes de l'Adriatique entre Cataro et Durazzo. Quelque temps auparavant, les Croates, peuplade de la même origine que les Serviens, s'étaient empara d'une partie de la Dalmatie, soumise dès cette époque à un joupan, sous la protection de l'empereur grec. Les Croates et les Serviens se réunirent plus tard sous l'autorité d'un grand joupan ( véliki joupan ).

Une circonstance qui a eu sur les mœurs et l'avenir des Slaves du Danube une influence bien remarquable, c'est qu'ils reçurent les premières notions du christianisme dans leur propre langue ; et que dès lors la liturgie et les saintes Écritures furent traduites en slavon.

Comme leur conversion eut lieu à la même époque où ils reconnurent la suprématie des empereurs grecs, ces derniers purent espérer que la soumission des Serviens serait complète. Cependant ils n'acceptèrent qu'avec des restrictions la suzeraineté politique et l'excercice de la domination religieuse. D'abord toute espèce de joug paraissait insupportable à leur caractère remuant et à leurs instincts belliqueux ; et en outre ils trouvaient dans la protection de l'Église latine un point d'appui et une protection dont ils ne se firent point scrupule d'abuser en mainte circonstance.

La première condition qu'ils mirent à leur dépendance, c'est qu'ils ne seraient pas gouvernés par des officiers grecs et qu^ils choisiraient eux-mêmes leurs chefs parmi leurs compatriotes ; grfice à ce droit, ils conservèrent le principe électif, base de tout gouvernement libre.

Tandis que les Slaves orientaux s'unissaient à l'empire grec sans se confondre avec lui et qu'ils recevaient, à leur insu, dans leurs rapports avec Constantinople, l'influence d'une politique déliée et astucieuse, les Slaves de l'occident, lesMoraves, les Bohèmes et même les Polonais se rapprochaient du nouvel empire élevé par Charlemagne et ten-

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daient à entrer dans le giron de l'église romaine ; ce qui modifiait profondément leurs mœurs et leurs institutions.

La Russie était trop vaste et trop puissante pour que les empereurs d'Orient pussent faire de la suprématie religieuse un argumentpour arriver à la souveraineté politique ; ils se souvenaient des Variègues, et savaient comment Vladimir avait conquis le christianisme. Quant aux Serviens , leur position était toute différente. Ils occupaient un territoire qui dépendait depuis des siècles de l'empire d Orient ; il fallut donc toute leur énergie pour repouser une domination formelle que les Grecs essayèrent plus d'une fois de leur imposer. Dans le dixième siècle, une tentative fut faite pour introduire en Servie le système financier qui régissait les autres 'dépendances de l'empire ; mais à l'arrivée du gouverneur chargé de la nouvelle répartition des impôt s il y eut un soulèvement général ; un chef servien nommé Boïslaf, échappé des prisons de Constantinoplc, se mit à la tête de la révolte. 11 s'empara de quelques vaisseaux byzantins richement chargés , et fit alliance avec les mécontents de l'Italie , dont une partie appartenait alors à l'empire grec. Constantin Monnmnquc se h.ita d'envoyer une puissante armée qui débarqua sûr la eâte pour pénétrer de la dans l'intérieur de la Servie. Les Serviens attendirent l'ennemi dans leurs montagnes, lui fermèrent toute ro-

maines de l'Occident étaient un i qu'ils négligèrent rarement pour quer d'une manière plus profond rupture avec l'empire grec; etleu tique consista toujours à balance) par l'autre la puissance des deu pires rivaux , la prépondérance cl ou de l'autre devant nécessaii entraîner leur ruine. Lorsque Fr Rarberousse , à l'époque de la cr de 1189, passa près du territoi Serviens, ils le reçurent avec degi démonstrations de respect et de 4 ment; ils lui proposèrent même d< de lui la ville de Nissaà titre de I de les admettre comme vassaux de pire germanique. Frédéric, crai de méconter les Grecs, déclina offre ; mais, par la suite, les joup; coururent, dans les circonstances ciles, non-seulement aux Allen mais à la cour pontificale , qui av térét à ménager les Slaves a eau diocèses de l'Illyrie. C'est dans vue que le pape Grégoire VII c au grand joupan le titre de roi. L tife, non content de l'élever à la n royale, l'appelle son fils ; ce qui fai poser que le prince servien avai quelque engagement au sujet conversion.

Quoique les premières scinenc christianisme eussent été répa depuis longtemps parmi les du Danube , les invasions suoc< de peuplades païennes avaient c(

es an culte d'Orient. Il fonda le eKhflendar,sur le mont Athos, le vénération parmi les tribus n Sud. Il y prit le froc de cat y mourut en grande vénéra-

icile de Dioclée, tenu en 1199, claré en principe la séparation oirs spirituel et temporel. Cette :ion contrariait les idées d'inace qui caractérisent le génie

et ramena les Slaves vers la ion grecque. Saint Sava, fils de i poursuivit l'œuvre de son père, Tordre religieux sur une base i. Le patriarche de Constanooorda aux Serviens le privire leur archevêque dans le sein ropre clergé ; et saint Sava fut er archevêque. 11 établit sa réi Uschitz , et le caractère sacré ùt revêtu ajouta à la considéf il méritait comme prince tem-

fit monter son frère sur le couronnant lui-même, avec les es du rit grec, au milieu d'an

nombreux de prêtres et de laïi répétèrent après lui le Credo formule orientale, nous abstenons de donner la s princes serviens; l'histoire époque est trop confuse pour t possible de présenter cette « ordre et sur des documents lues. Il est à espérer que quelles, jaloux de donner au inonde s renseignements plus eom-

f>lus exacts que ceux qu'il est e consulter, trouveront dans «s des cloîtres et surtout dans ves du mont Athos des doncombleront les lacunes et reît bien des erreurs. IN fais ce s avons dit suffit pour donner de ce qu'était le pays dans le :me siècle. Cette opinion est ilauke, dont nous suivrons souappréciations et le plan pour garde I histoire de la Servie.

jrs circonstances ont concouru les Slaves dans leurs instituons avons indiqué les princ'est grAce à ces conditions Tes qu'ils n'ont point été abr les Grecs, les Allemands ou iens. Au premier abord, il pa-

raît singulier qu'ils ne se soient pas réunis à la grande famille slavo-russe , dont les rapprochaient le langage et les croyances religieuses. Un coup d'œil rapide sur l'histoire de Russie suffira pour expliquer comment la Servie a échappé au sort de tant de peuplades

3ui ont payé de leur liberté davantage 'appartenir à un gouvernement fort.

Parmi les causes qui n'ont pas permis aux Russes de s'agrandir du coté du sud, il faut compter en première ligne les querelles des princes apanages, qui les portaient plutôt à se disputer leur héritage qu'à faire de nouvelles conquêtes , de sorte que la tendance des premiers descendants de Ruric à s'étendre vers le Danube , pour inquiéter de là Constantinople , fut abandonnée par les grands princes. Tïn motif plus impérieux encore fut l'invasion desMongols, qui pesèrent sur ce vaste pays depuis le treizième siècle et qui inquiétèrent la Russie jusqu'à l.i destruction de la horde de Casan et l'époque rabaissement définitif des Tartares de la Crimée. Quant à la Pologne et à la Bohême , elles n'ont point cessé d'entretenir avec l'Occident des rapports religieux et politiques.

Les Mongols, affaiblis par leurs conquêtes et trop éloignés de leur patrie pour réparer leurs" pertes, furent repoussés par les tribus slavo-çermaniqucs de la Silésie et sur les fonticres de l'Autriche. Leurs armées, qui consistaient surtout en cavalerie, ne pouvaient ni se déployer ni subsister longtemps dansdes contrées montagneuses. Aussi, échouèrent-ils en Servie, où l'archevêque, après avoir invoqué la protection de saint Sava et d'Arsénius. conduisit les Slaves au combat , et repoussa les infidèles.

L'empire latin, sorti des querelles qui s'étaient élevées entre les empereurs grecs et les princes croisés, manifesta des prétentions au royaume de Servie ; nnis il était trop faible pour les appuyer efficacement. Baudouin II transmit ses droitssur la Servie et l'Albanie ; mais ces provinces, soutenues par les Vénitiens, s'inquiétèrent peu de ces prétentions.

Le rétablissement de l'empire grec fut le signal de nouveaux troubles. Les empereurs, dans la crainte des Latins, se virent obligés de faire quelques con-

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cessions aux exigences de Rome, ce qui exaspéra le bigotisme de la populace ; ces dissentiments achevèrent d énerver le gouvernement ; et les Serviens profitèrent de la circonstance pour prendre l'offensive : ils s'emparèrent du pays que baigne le Vardar supérieur et qui avait appartenu à leurs ancêtres ; 1 impuissance de Constantinople les encouragea à faire de nouveaux empiétements , et vers le milieu du quatorzième siècle ils dominèrent sur la partie la plus considérable de rillyric.

La politique de leurs princes s'attachait à favoriser dans l'empire grec le parti opposé à la cour. C'est ainsi qu'ils appuyèrent Andronic contre son frère aîné et qu'on les vit offrir un refuge à des gouverneurs tombés en disgrâce et dont le pouvoir se releva plus fort par leur appui.

Lorsque Cantacuzène revêtit la pourpre, les Serviens formaient un peuple nombreux et puissant ; les avances que leur fit le prétendant à l'empire semblaient leur présager un accroissement rapide de grandeur et de prospérité. Le nouvel empereur, voyant son autorité chancelante et ne rencontrant autour de son trône que discorde et impuissance, tandis que la capitale était livrée à des disputes puériles et à l'esprit de rébellion , devait chercher ailleurs un appui sérieux. Il s'adressa au puissant roi de Servie, Etienne Duschan, qu'il alla trouver dans sa résidence de Pristina pour l'engager ;i embrasser son parti.

la guerre étaient pour la pli gine slave, de sorte que de portantes telles qu'Édesse autres se soumirent à Dus

Qu'elles eussent cédé aux antacuzène. Ce dernier, m neur des conventions, en U la jalousie, et pour montrer ou il pourrait désormais sep il appela à son secours les manlis,qui venaient d'envahi neure. Cette déloyauté n'eul ces qu'en attendait l'empei chan combattit avec gloire le et, par un sentiment de mag s'abstint de toute hostilité frère d'armes. Toutefois, Cantacuzène portait ses ai rieuses dans la Thrace, le s'empara de la Macédoine; Plieras et quelques autres en son pouvoir. La ren ses exploits lui facilita de conquêtes, et le courage, i

Î grande habileté, le fît triompr uttes douteuses. Ses États i bien au delà des frontière pan Némania ; ils comprenais supérieur de la Rasehka, ri donné son nom à la Rascie, Save. Menacé par Louis de marcha contre ce prince aprè la bénédiction du clergé, et neur de forcer son ennemi selon l'historien Engel, il s' Belgrade, déposséda le ban et donna h cettr

la suprématie du patriarche rtmople devenait un contre- 1 obstacle; dans uneassemergé, on élut un patriarche, iguse de l'empire de Roumélie.

ne atteignait un but à la fois * religieux en annulant l'ini'auraient conservée les Grecs érarchie ecclésiastique et en mt accès aux prétentions de ontificale. Les idées de Dusmt tellement arrêtées sur ce nnt qu'il promulgua une loi e laquelle auiconque essayeavertir un Servien à l'hérésie lit eondamné aux travaux des

tel empire, résultat de la manquait d'un point central «sent se rattacher tant d'intnentanément réunis ; ce déemble et d'unité ne pouvait Duschan : on rapporte qu'un s voîwodes célébraient la fête ige saint Michel , le tsar leur « Maintenant où voulez-vous s mène , en Grèce ou en Alle- — « Partout où tu nous conpondirent-ils, nous sommes uivre. »

9 l'oeuvre de la consolidation difficile que celle de la viclemagne, Venise, la Hongrie ivec inquiétude les forces zrouper, en se disciplinant, ptre d'un homme de Renie ; rec donnait des signes non ; d'une prochaine décadence , plus en état de lutter contre ne énergique des Turcs. Il le que Duschan , se sentant pour refouler en Asie les in- Mrta plus d'une fois des retieux surBvzance, mais qu'il par la crainte de se voir atfois et par les Grecs et par

tte prévision, il entretenait rts suivis avec l'Occident; s minérales du pays attiraient X de Raguse des' marchands lations et les établissements ient formes à Novobrdo, à t à Smédérévo répandaient ys quelques semences de la européenne.

Pendant longtemps les Slaves avaient fourni des troupes auxiliaires aux peuples voisins ; les rôles furent intervertis. Duschan se trouva assez riehe pour prendre à sa solde tantôt des Italiens, tantôt des Français, que les Grecs appelaient Celtes, tantôt des Allemands. En 1355, c'est un Allemand qui commandait l'armée sous les ordres de Duschan.

Partout s'élevèrent des châteaux et des forteresses pour mettre le pays à l'abri d'une invasion; à cet effet on mit à profit les positions les plus favorables, telles qu'elles se rencontrent dans ces régions montagneuses, coupées de torrents, de rivières et de lacs.

Après les forteresses , les monuments les plus remarquables de cette époque sont les églises et les couvents ( 1 ). Ces

(i). Une belle église bien 'conservée est celle du couvent de V Ascension ou de Dctschianiy près d'Ipek. Elle est bâtie tout en marbre rouge. Elle a la forme d'une croix à extrémités courtes; a des contours arrondis , et est surmontée d'un très-bas dôme carré dont le toit est voûté. Le derrière de l'église présente une saillie bombée et supérieurement voûtée, avec une arebe qui renferme trois fenêtres ; sur les côtés , les fenêtres sont placées de même dans des parties saillantes bombées. Sur le devant il y a, outre la grande porte, deux voûtes, chacune avec deux fenêtres, et sur la porte une autre partie voûtée, surmontée d'une partie ronde. Une petite porte.se trouve sur un des côtés; le pourtour des fenêtres, du portail et de la porte est orné de petites colonnes et de basreliels en partie dentelés Au-dessus du portail rsl représenté le baptême de Jésus- Christ par saint Jean, et sur la porte de côté se voient un dragon et un aigle.

L'intérieur est divisé comme dans toutes les églises grecques : le nartbex, l'église et le lieu saint. Dans ce dernier on conserve, sons verre dans une caisse, les restes du roi Etienne, Ou rose h III , surnommé Detschani-Kral. Cette église fut bâtie d'après ses ordres de 1317 à i335 par l'architecte Pbrat Vita de Cataro , et son achèvement fut accéléré par les conquêtes que le roi serbe fit en i33i sur l'empereur byzantin. Elle fut consacrée à l'archange Michel en l'honneur de la cure du roi, qui, par ordre de son père Miloutin, avait été aveuglé au moyen d'un plateau de fer chauffé. Il vécut plusieurs années dans le couvent de l'archange Michel à Constant!-

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derniers, presque tous élevés sur les plans d'architectes du pays, sont en grand nombre.

uople, et y recouvra presque complètement la vue.

Les Serbes ont celte église en grande vénération, et les Turcs ont profité de cette pieuse dévotion pour imposer souvent ce couvent , de manière qu'il a été obligé de recourir pinsieurs fois au gouvernement serbe. D'après Vassoïévitch, le couvent patriarcal près d'Ipek est très-vaste; mais l'église de l'Ascension de Jésus-Christ est loin d'être aussi belle [ue celle de Détachant. Saint Sa va, oncle les krales Dragoutin et Miloutin, y fut d'abord enterré; plus tard ou transporta ses iestes à Mileschevedo.

Le couvent de Stoudénitia , Lapra Stoudemtchka^ ou le couvent du saint roi (sveù ferai) est une fondation du roi Etienne Nemanial'r, qui mourut en 1199 moine dans le couvent de Khélendar au mont Aihos. Son fils Ratska, moine dans le même lieu sous le nom de Sava , apporta le» restes de son père à Stoudénitza en i*o3, et les y enterra. Il fut amené à cette cérémonie pour réconcilier son frère Etienne avec Volkan, son autre frère, qui l'avait détrôné. De ce moment le couvent de Stoudénitza prit le nom de Lavra de Saint-Siméon , nom du roi Etienne Némania comme moine, ou celui de Serbskeia- Lavra. En 1M7, ces ossements, réputés saints furent transportés à Jitcha par Radoslaf v fils d'Etienne Némanovitdi.

Ce couvent contient deux églises; la pins petite! qui est La pins Ancienne t n'est q« une ch a pelle. On y descend par quelques marches;

Aux qualités du guerriei dence de l'homme d'fttat gnait la sagesse du législatc un digeste de lois gui , s'i connu, pourrait donner gnements précieux sur 1 l'état civil des Serviens à 1 Toutefois ce que Ton en sa montrer qu'il y avait ui composée de clercs et de exerçait le pouvoir législ

Î ^résidence du tsar et du 'assemblée était la tutrice taires fondent, quels que domaines, et les défends empiétements du pouvoir s protégeait également le p les vexations et l'arbitraire ( Ce luxe de répression indiq dical d'une société fondée s et la rapine , conséquence presque nécessaires d'une 1 de guerre ouverte, dont les révélaient avec lamémetui les relations de l'intérieui sein du foyer domestique, coup que de reconnaître !

mal et de lui opposer des pénales.

doubles fenêtres. Les antres pi se trouvent aux extrémités I croix et dans un encadrement de bas-reliefs. Un petit nalii portes ; enfin, une quatrième ■ht le rôtit droit du c tireur. De et 101 les et cintrées si>nt perct

njement i»ans les mœurs fut ce ait être , lent et progressif; car ait bien moins d'adopter les us des autres pays dans ce iraient d'utile au point de vue |oe de les appliquer avec une onvenable : en effet , un peuple serré son caractère national au « tant de vicissitudes peut et MdiGer par cela même qu'il est i; mais il a le droit d être fier Blé et de regarder comme une mrale la brusque introduction in étrangères. D'ailleurs l'au- Dusehan était essentiellement ; les voîwodes qui n'hésitaient vivre dans ses expéditions ret leur indépendance native dans Hurlements respectifs , où les nt les luttes d'une oligarchie nimlente , habituée à vider les s politiques aussi bien que les ue soulevait le droit de venir la force et le sort des armes.

de Duschan furent donc un xir la Servie précisément parce t'accommodaient au caractère

le code de Duschan, les issaient des droits féodaux dans i conditions que les seigneurs pe occidentale; les enfants ent favorisés au détriment des le service militaire les attei-

la proportion de neuf sur dix.

is appartenaient en toute pro- ; seigneurs; mais ils ne deurs maîtres que deux jours de • semaine; toute violence à

était légalement interdite. Le avait pas le droit de se faire •même ; et lea magistrats qui ent des délits étaient tenus de ir jugement avec promptitude ilité. L'fitat assurait l'immuonastères. Les esclaves et les s devenaient libres lorsqu'ils it à se réfugier dans une

a la cour du roi , ou même m simple gentilhomme. Ce eut être considéré comme une de l'hospitalité , vertu caracdes Slaves et des Orientaux, très , les violences contre les

et les atteintes à la profit l'objet de répressions sé-

vères : mais il est probable qu'elles restèrent inefficaces , l'activité de Duschan ayant dû s'exercer presque constamment à l'extérieur.

On a reproché à ce prince une ambition excessive et d'avoir sacrifié à ses intérêts la fidélité de ses engagements. On te blAme d'avoir donné à ses conquêtes une forme politique qui faisait des annexes de 1 empire de Roumélie autant d'États indépendants dont la séparation devait être amenée par un changement de règne. Ces accusations, appuyées sur des faits indépendants de son génie, puisqu'ils, sont postérieurs à son règne , nous paraissent peu fondées. S'il n'eût pas fait une large part de pouvoir à ses voîwodes, dont quelques uns comptaient des k raies parmi leurs ancêtres, il n'aurait pu avoir la même confiance dans leur dévouement. Quant à sa conduite avec Cantacuzène , il est au moins douteux que le prince servien n'ait pas eu des raisons solides pour so méfier de son frère d'adoption : ce qui a surtout formé les Slaves à la dissimulation et à l'astuce , ce furent les Grecs d'abord et plus tard les Turcs.

D'ailleurs , ce système de morcellement d'où est sortie la féodalité a été généralement une conséquence nécessaire de la conquête , et nous le retrouvons avec ses avantages et ses inconvénients chez les Francs, les Germains, les Scandinaves et les Russes.

Dans les expéditions qui remplirent son rècne, il eut tellement besoin d'être secondé qu'il lui fallut donner à ses lieutenants un pouvoir qui remplaça" tau besoin le sien : aussi imposa-t-if aux provinces conquises non-seulement des chefs choisis parmi les guerriers les plus méritants, mais même des membres de sa famille , quelquefois sans avoir égard au sexe : cest ainsi qu'Hélène, son épouse, princesse bulgare et que les chants nationaux désignent sous le nom deRoxanda, eut en partage la principauté de Pherac (Séres) en Macédoine.

Elle y exerça l'autorité suprême , et elle se montra à la hauteur de cette mission par la supériorité de son esprit et la mâle vigueur de son caractère. Plus d'une fois elle convoqua les grands du royaume et donna à Duschan lui-même de sages conseils. Dans l'exercice de ces

L'UNI VERS

hautes attributions, partage ordinaire d'un autre sexe , elle s'habitua à sacrifier les sentiments naturels, comme le prouva plus tard sa conduite envers son fils.

Il est si rare dans l'histoire obscure que nous esquissons de rencontrer quelque phase nettement définie que nous croyons devoir revenir avec quelques détails sur la carrière de Duschan, parce que cette époque est l'apogée de la puissance servienne et l'expression la plus complète de l'ancienne civilisation des Slaves méridionaux.

La carrière d'Etienne Duschan s'ouvrit par une campagne heureuse contre les Grecs. Avant même qu'Andronic eût le temps de se préparer à la défense , l'armée servienne était maîtresse de la Macédoine et de Négrepont. De là elle s'avança victorieuse jusque sous les murs de Bvzance; et le vieil empereur se vit réduit à implorer la paix. Le vainqueur, prévoyant qu'on pourrait l'attaquer par le littoral de l'Adriatique, se contenta de se faire céder plusieurs places de l'Albanie ; mais il suivait d'un œil attentif les révolutions qui épuisaient l'empire d'Orient. Deux partis s'étaient formés à Byzance : l'un reconnaissait Jean et sa tutrice l'impératrice Anne , tandis que l'autre s'était déclaré pour Cantacuzène. L'alliance de Duschan que sollicitaient les princes rivaux pouvait faire pencher la balance en faveur de celui qui obtiendrait l'appui des Servi ens. Duschan hésitait encore à se dc-

avantages considérables, excita une telle indignai voïwodes serviens que les furent sur le point d'ét Nous avons vu plus hau mésintelligence se mit < quoique les historiens gr a Duschan tous les torts ture , nous regardons coi bable que ce dernier ne c néreux que lorsqu'il i Cantacuzène le regarde instrument. Quant à l'opi plusieurs historiens que Duschan, en forçant < appeler les Turcs a son cipita la chute du Bas-En pensons pas qu'elle méri tion sérieuse. Entre la co nervement de Constautin tisme guerrier des Mahoi ne pouvait être lougtei L'ambition de Cantacu; moins excusable que cell le Grec voulait réussir à quand l'appui des Servie il n'hésita pas à se jetei des infidèles.

Quoi qu'il en soit, Di grands avantages de cett maître de l'Albanie , il cédoine en province sei avoir repoussé les Hongi la Bosnie, qui s'était rev para de la Dalmatie. Se:

successifs révèlent un pla voyant les Slaves du s

arieurs millions de ses sujets, ni rit grec, se seraient iraméit révoltés contre lai. Lorsque Pierre, de Pacra, se rendit en I défendit à ses sujets , sous les iplus sévères, d'assister au serin que célébra ce prélat selon tin. Cependant les trois cents ls qu'il avait autour de sa per- «nme gardes du corps et dont tétaient gentilshommes se renia sainte messe malgré ses informelles , et ils osèrent lui 1 valait mieux obéir à Dieu )mmes. Duschan , frappé de la de cette réplique, ne sévit point ii, et il traita l'évéque avec éférence.

; que les Grecs avaient appelé s à leur secours, les Slaves du gardaient plus Constantinople j siège de 1 Eglise d'Orient, et, ques dissidences, ils considépatriarche élu par le clergé de imme le chef suprême de leur on. Le plan de Duschan était prince s apprêtait à frapper le isif et à marcher sur Bvzance faire couronner empereur, î fièvre la saisit au milieu de projets et l'enleva dans la force n 1358.

; tous les conquérants qui avant d'avoir accompli leur I prévit les malheurs dont la ait menacée. 1) rassembla ses et reçut leur serment de rester Uroslî, son jeune fils.

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