CHAPITRE II
:tion du tsar urosch.
pie a conservé le souvenir des jui suivirent la mort de Dusi des chants qui s'éloignent sin- »nt des données historiques:
is rapporter en l'abrégeant celui nte Marko, fils de Voukaschin, rbitre eutre les quatre prétentrône de Servie.
la plaine riante d' A m sel, où i blanche église de Samodresha, »nt quatre camps : le premier i du roi Voukaschin, le despote lia a dressé le second ; le troippartient à Goïko le Voïwode
« et le quatrième à Urosch, fils de Dus- « chan.
« Prêts à s'égorger, ces chefs se dis-
* putent l'héritage du tsar : tandis qu'ils « le revendiquent comme un droit, et « qu'ils se menacent du glaive, seul le « jeune Urosch reste silencieux : il n'ose « faire entendre une parole, le rejeton « du tsar, en présence des trois frères
* rivaux.
« Cependant Voukaschin écrit une
* missive qu'il envoie vers Prisren, la « blanche forteresse, par un héraut « chargé de la remettre au patriarche « Nédielko, avec ordre de se rendre à
* la plaine d'Amsel pour décider à qui « le trône appartiendrait. C'est ce pré- « tre vénérable qui a donné au tsar « défunt les derniers sacrements et qui « a reçu la confession du mourant. Nul « mieux que lui d'ailleurs ne possède « la science des anciennes traditions.
« Le despote Uglieseha lui adresse éga- « lement un message ; et cet exemple est « suivi par le Voïwode et par Urosch, « le prince orphelin. Les hérauts empor- « tent aussitôt les quatre messages, qui « restent un secret pour tous. Ils arrivent « à la fois devant la demeure du prêtre ; « mais il est absent; c'est à l'église « qu'il se trouve en ce moment : ap- « pelé par son saint ministère , il y cé- « lèbre la messe du mntin.
« Dans leur impatience, les orgueil- « leux messagers s'irritent ; et, sans des- « cendre de cheval, ils dirigent leur « course vers l'église. Là , levant leurs « fouets retentissants sur le saint « homme : « Patriarche Nédielko, sé- « crient-ils, hâte-toi de te rendre sur In « plaine d'Amsel. C'est à toi de déclarer « a qui appartient le trône , a toi qui as « donné la communion au tsar Duschan « et reçu sa confession et qui es versé « dans les vieilles chroniques. Suis-nous « si la vie t'est précieuse. »
« A cet outrage des larmes roulèrent « dans les yeux du prêtre. « Hommes « dont l'impiété égale l'audace, leurdit- « il enfin, quand le service sera fini, vous « recevrez ma réponse. » Les messagers
* se retirent alors pleins de confusion. « Mais à peine la messe est-elle terminée « qu'ils s'assemblent devant la blanche « église, et le patriarche leur parle « ainsi : « .Messagers dout l'impatience
L'UNIVERS
i dépasse le zèle, écoutez ce que j'ai i à vous dire. II est vrai que j'ai donné i la communion au tsarDuschan, degloi rieuse mémoire, et que j'ai reçu saconsl fession ; mais je ne lui ai parlé que de ; ses péchés, et a ce moment suprême il . n'a point été question de son trône. . Allez vers Prilip, la haute forteresse, résidence de Marko Kraliévitch, dont j'ai guidé la jeunesse. C'est lui qui écrivait les secrets du tsar ; et comme moi il connaît les anciennes chroniques : il doit savoir à qui Duschan avait l'intention de laisser le trône.
Qu'il se rende sur la plaine d'Amsel; il s'expliquera selon la vérité ; car ce héros ne tremble devant personne et ne redoute que Dieu. »
« Aussitôt les messagers tournèrent vers Prilip la tête do leurs coursiers; arrivés devant sa demeure, ils agitent l'anneau de la porte pour annoncer leur présence ; et la mère vénérable de Marko, Euphrosine, dit à son fils : Qui peut frapper ainsi à la porte, cher Marko? ne seraient-ce point des messagers de ton père.»
« Le héros se leva et alla ouvrir aux étrangers, qui s'inclinèrent avec respect devant lui. Lorsqu'ils eurent échangé quelques paroles courtoises, et que Marko eut appris qu'ils venaient comme messagers des princes servieus, ils lui dirent : « Noble Marko ! la discorde s'est mise entre nos chefs ; sur la plaine d'Amsel, près de l'église de Saniodresha. ils sedjsputf rit l*héri-
ton enfance, ne va pat rendre témoignage ni en laveur de ni pour complaire à l'un de clés ; prononce, comme Dieu selon la vérité : songe au sali âme ; mieux vaut taire le sacri vie que de souiller ta consciei tel péché. »
« Marko, sans répondre, pri ciennes chroniques, sella son < l'ardent Scharatz ; et, s'élan^ son dos rapide, il dirigea si vers la plaine d'Amsel.
«En le voyant s'approcha tente le roi Voukaschin s'écrit le Seigneur soit glorifié I V< fils qui accompagne les me c'est à moi qu'il adjugera 1 dont un jour il héritera lui- Marko entend ces paroles; nasse silencieux près de la voukaschin. A cette vue, Ugl Despoteres sentit une ioie se l'augure m'est favorable, dit neveu Marko se prononcera sa en ma faveur : déclare que m'appartient, ô Marko I et i suerons ensemble dans une < fraternelle. »
« Marko, sans répondre, sas jeter un regard sur la tente pote, pressa les flancs de m sier.
« Quand Goïko, le second oncles, l'aperçut, il seréjoi tuur : « Gloire :i Dieu 1 s'écri ode, qu'il soit Le bien
<ça de ses carreaux de soie ; et ren l'entrée de la tente : «Dieu é! s'écria-t-il, voici mon parirko Kraliévitch; nous allons i qui le royaume de mon père tnt. Et les deux jeunes princes, voir échangé de tendres cas'assirent sur les carreaux
les rayons du jour s'éteignaient crépuscule, et bientôtla nuit pa la terre de son ombre. Mais l'aube matinale parut et que ïhes appelèrent les Gdèles à les chefs s'y rendirent pour la sainte messe. Le service ils s'assirent sur les bancs lu portique de l'église, et pri- ; légère collation, tdant Marko ouvrit le livre iennes chroniques et d'une ve il prononça ces mots : • Roi hin, mon père vénéré ! n'estnez pour toi de ton royaume, 1 qu il reste sans maître, tantu brigues un royaume étrantoi, oncle Ugliescha, est-ce u pour ta gloire de ton riche s? Oncle Goïko, ajouta-t-il tssantauVoïwode, nesauraisntenter de ta voîwodie ? Ignos (Dieu frappera sur vous ce) que l'héritage appartient :h? Ce livre établit ses droits :
ce du père se transmet au fils de sa race; le tsar Ta laissé fils lorsqu'il a échange les du trône contre le repos éter-
et le roi Voukaschin, donnant signes d'une violeute colère, glaive à la poignée d'or et il ait à frapper son fils. Marko ant le prince irrité; car il sied in fils de braver le courroux I ; et devant Dieu une telle irait impie. Il fuit donc . le (arko, et tourne rapidement de l'église, toujours poursuivi ikaschin. Dé ja le roi allait l'atlorsqu'uue voix qui venait de ui cria : «Réfugie- toi dans le ire, ou tu périras victime de )ur pour la vérité. «Les portes pie s'ouvrirent et se refermèmtùt sur lui. Voukaschin, en
-« ce moment, levait le bras pour frap-
• per; mais le fer n'atteignit que la « porte, et des gouttes de sang en dé- « coulèrent. A cette vue le roi sentit « un vif repentir : « Malheur à moi ! o « Dieu vivant! s'écria-t-il; malheur à m moi I j'ai immolé de ma main mon « propre enfant! Roi Voukaschin, reprit
• la voix qui sortait de l'église, ce n'est « point ton| fils que tu as blessé, mais « un ange de Dieu. »
« Alors, dans sa colère le prince « maudit Marko : Puisses-tu, fils ingrat ,
• être anéanti par le courroux céleste !
• puisses-tu n'avoir ni postérité ni tom- « beau, et n'exhaler ton âme qu'après « avoir servi l'ennemi de notre foi, le « sultan des Turcs ! »
« Mais Urosch, le jeune tsar, bénit » celui que son père venait de maudire : « Que Dieu te protège, 6 Marko! Puisses- « tu briller par ta sagesse dans les çon- « seils des chefs ! Que ton glaive sème « la mort dans la mêlée et que le renom « de ta gloire dure aussi longtemps que « le soleil et la lune resplendiront sur « la voûte du ciel ! » II dit, et les vœux
• du jeune tsar eurent leur accomplis- « sèment dans l'avenir. »