‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 134 sur 218 · TENTATIVES POUR LA REUNION DES ÉGLI- SES LATINE ET (ÎKECQUE · texte numérisé non relu

TENTATIVES POUR LA REUNION DES ÉGLI- SES LATINE ET (ÎKECQUE

Les troubles qui avaient éclaté en Bohême et en Hongrie prouvaient l'attachement des Slaves à leurs croyances et aux formes extérieures du culte ; au reste, cette constance est moins le résultat d'une conviction raisonnée qu'un dévouement sans bornes pour quiconque a su s'emparer de leur coufiauce par des moyens mémo tyranniques. On dirait qu'il faut à ces peuples uue personnification de leur système, soit politique, soil religieux : ce guide une fois trouve, ils le suivront au prix de tous les sacrifices, aussi bien pour maintenir le passé (jiie pour conquérir les avantages d'une réforme.

Si les Slaves se sont montrés hostiles au catholicisme, c'est surtout parce que leurs princes et leurs voïvodes se trouvaient plus indépendants, en restant fidèles à la communion fie TKglise orientale. Si Pierre le Grand eût voulu que ses Russes devinssent catholiques, il est probable qu'il eut été obéi. Les négociations de la cour de Home n'ont donc échoué devant l'obstination servienne que parce que l.»s légats du pontife s'appliquaient surtout a démontrer la supériorité de leur dogme, au lieu de mon Irer par des secours efficaces que l*al fiance des puissances occidentales, cimentée par une religion commune, était la meilleure garantie contre les envahissements des Turcs.

D'un autre côté , les dissensions dt>

L'UNIVERS

clergé latin ne laissaient pas aux pontifes une grande liberté d'action. Le concile de Bâlc était en guerre avec le pape Eugène IV. II fallut que le roi de Hongrie, Albert, élu empereur d'Allemagne en 1438, intervînt pour rétablir l'harmonie entre les prélats et leur chef spirituel.

Au milieu de tous ses embarras le pape Eugène essayait d'établir des missions parmi les Slaves par l' intermédiaire des métropolitains de la Pologne et de la Russie (1).

(x) Eugenius Episcopus, servi» smrorum Dei, venerabili fratri Jsidoro Kyenu, ac totius Russis Metropolits iu Lithuanis , Lyvoniae et Russifie provinciis, ac in civitatibus, diocesibus, terris et locis Lechiœ, que tibi jure metropolitico subesse noscuntur, apostolicae sedis Legato, salutem.

Salvalor noster Jésus Christus, filius Dei vivi, ex alto cœlorum throno descendeus , exemptant nobis reliquit ut quemadmodum discipulos quos elegeral in uni versas mundi partes destinavit, ut omnibus creaturis Evangelium prssdicarent , et sacra ruristians ûdei institulis humanum genus edocerent, ila nus, qui licet immeriti, ejus vices in terris gérantes, cnristiano generi prassidemus, quantum ab ipso nobis conceditur per suas semitas iucedentes, ad absentes fidèles noslrae considerationis intuitum dirigimus, miltendo ad ipsos personas idoneas quss executionem voluntatis et soUiritudinis noslrœ per suas bonas operaliones, Deo propitio, exequi valeant et eliam adimplere. Cum itaque juxla desidorium confia aostri, et diutîbatn opéra En

L'intolérance des Turcs ne i cruelle qu'autant que les ni quises voulaient conserver lei privilèges politiques. On trou chant servien que George Bi demanda à Hunyade ce qa'i faire relativement au culte de dans le cas où il serait vainaui le héros hongrois lui repo détour : « Je convertirais le religion catholique. » George même question au sultan : « J répliqua le turc, nne mosqué chaque église, et mes sujet libres ou de se prosterner aa

Îiée ou de se signer dans vol 'opinion des voïvodes était mieux obéir aux Ottomans qi les ennemis de ceux- et en a foi latine : quand au peuple également opprimé sous I un gouvernement, il aimait mie ver le culte de ses pères.

Cependant la Servie ne <

ni», Livoniœ ac totius Russie pr< non in civitalibus, diocesibus, t Lechic quœ tibi jure snetronoli noscuntur, de vencrabilium frai rum sancts Ecdesiss cardinaliu pro statu universalis Eccleaiie a nostru m, et apostolicx sedis Leg tere, cum plena poteslateauctorils facimus, constiluimus, et eliam Tibi nihilominus in eisdem P locis ffidificandis , plantandia , :

coi'rigcLidi el ishil wt-liai umuia cl sii

1 sang lutte. George voyait

Caees emportées à l'exception qu'il avait cédée aux Honde ces épidémies meurtrières, tei sur les bords du Danube, m l'armée chrétienne ; Albert succomba dans l'Ile de Schut, ipes se débandèrent. George dm courage ; il reçut un acitalier des Ragusains qui ree le livrer au sultan. Bientôt de Hunyade et de Scanderbeg, nger la fortune : les Turcs se igés de lever le siège de Bel- George recouvra toute la la paix de Szégedin.

i s'éleva contre les conditions é, les déclara nulles et poussa aie et les Hongrois à recomguerre. George Brankovitch, on alliance avec les princes soit au'il se fit scrupule de le même sultan qui venait de ! ses États, refusa de prendre tte campagne que termina la bataille de Warna, en 1444.

continuelles fluctuations de Mivent leur explication , sinon le , dans l'incertitude de ses ivee ses voisins de l'Occident t, et de l'autre avec les Turcs, îchait en vain de mettre de de la suite dans les attaques lis et des Hongrois contre A muuvait facilement écraser la Serl'ils étaient occupés ailleurs, ipréhendait en outre , et non n, que la conversion au cathone ses alliés exigeaient de lui Inât à des guerres sans tin, et \ entre les forces belligérantes, subir ultérieurement la loi du '. Lorsqu'il était trop vivement r les Turcs , il promettait d'orunion des deux Églises; mais, danger était éloigné, il revenait tmunion dont l'abandon, qui tas coûté beaucoup à sa consi aurait suscité de graves eml'intérieur. Quoiqu'il ne fut ni à la générosité ni à la bracrut pouvoir corriger la fortune ise-, quelquefois il alla si loin, Turcs non moins que les chréeti le droit de l'accuser de periii, lorsqu'à la seconde bataille

de Rossovo Hunyade, séparé des siens, traversait la Servie en fugitif, George n'eut pas honte d'arrêter le général hongrois pour s'en foire un mente auprès d' A murât, et de marchander les avantages de cette prise avec les Hongrois

3ui, rannée suivante, tirèrent de sa éloyauté une vengeance éclatante.

La mort d' A murât ne changea rien au sort de la Servie. Mahomet II voulut frapper l'empire grec au cœur en s'emparant de Constantinople. La conquête de cette ville permit aux Turcs de porter sur l'Europe les forces de leurs populations asiatiques, et de maintenir r Asie par l'Europe. La Servie, boulevard de la Hongrie, fut vivement attaquée; la discorde était parmi les voïvodes ; toutes les places de quelque importance tombèrent successivement au pouvoir de l'ennemi , à l'exception de Sémendria et de Belgrade. La diète de Hongrie rassemblée à Raab rejeta toutes les instances de George. Cependant le pape crut l'instant favoraole pour négocier la réunion des deux Églises ; mais George , qui entrait dans sa quatre- vingt dixième année, représenta qu'une religion nouvellement adoptée en vertu d'un contrat politique ne peut que paralysenla défense d'une nation menacée ; le légat du pontife , Jean Capistrano, fit de la conversion des Serviens une condition sine qua non; et le vieux despote, inébranlable dans son refus, reprit le chemin de Sémendria.

Dans cette perplexité, George prit parti pour les Turcs, qui furent défaits a Belgrade et poursuivis parles Hongrois jusqu'à Sophie. 11 mourut peu de temps après Hunyade, des suites des blessures qu'il avait reçues dans un engagement avec quelques chefs hongrois, parents de ce dernier.

Avant d'expirer, il laissa l'autorité souveraine à sa femme Hélène Paléologue comme tutrice et conseil de ses trois fils. Cette princesse offrit ses États à titre de fief au saint-siége; et cette détermination excita une révolte. Le roi de Bosnie, qui devait épouser vers la même époque une princesse servienne et réunir les deux pays sous le protectorat du pape, se déclara également vassal de Rome, et la Bosnie se soulevacomme la Servie. LesPaterniens,

si mal vus du saint-siége 'et contre lesquels il avait été question plus d'une fois de faire une croisade, préféraient la domination ottomane : aussi le pays se soumit presque sans résistance. Dans l'espace de huit jours soiiante-et-dix forteresses ouvrirent leurs portes aux vainqueurs , et le roi lui-même tomba en leur pouvoir.

Ni les Bosniaques ni lesServiens ne prévoyaient combien le joug qu'ils acceptaient devait être pesant. Le roi de Bosnie fut massacré sous le prétexte que les promesses faites à des chrétiens n'étaient point obligatoires ; les hommes et les femmes furent traînés en esclavage, au nombre de plus de deux cent mille -, on saccagea les fermes et les bourgs, et l'incendie détruisit les monastères. La religion était donnée comme le motif de toutes ces horreurs; de sorte que les chefs comprirent qu'il n'y avait de salut

Î>our eux que dans leur conversion à 'islamisme.

Cependant les princesses s'étaient réfugiées à Rome pour faire hommage de leur couronne au saint-père, qui agréa cette réversion sur le motif que les enfants d'Hélène , ayant embrassé le raahométisme, étaient inhabiles à lui succéder. Cette transaction conclue en pays étranger, sans la participation des grands ni du peuple, n'était rten moins que défavorable à la politique des Turcs; clic mettait les chefs dans l'obligation de se déclarer sujets du pape, sans aucuns

des, se voyant menacés n tiers du sultan , se mirent a la population pour leur rà sieurs de ces hardis réi obtinrent même de la Port* que les visirs étaient contra pecter.

« Mais dans la Servie « dite, sur les bords de la M « Kolubara et du Danube.

« turc fut observé dans toute « Chaque année l'armée otl

* versait ces provinces poui

* royer en Hongrie, ce qui « possible toute résistance p « population agricole du ti « Belgrade était tenue de i « Constantinople pour y fai « dans les prairies du suit « gui avait tout le caractère < « féodale. Les terres étaien « entre les spahis, qui avaie « le travail des habitants et « leurs personnes et leurs « Il était défendu aux Serviei « des armes ; aussi dans lei « les voit-on réduits à si « bâtons. Ceux qui avaient c « s'exposaient à se les voir en « Turcs. Un voyageur qui

« au seizième siècle parle d « comme de pauvres esclave!

« à peine lever la tête. To « ans on prélevait chez eux 1 « jeunes garçons , mesure « atteignait la fleur de la

s de Tordre te plus élevé passa Dlitique. Les rapports fréquents iens avec les Hongrois contrià entretenir chez les premiers le recouvrer un jour une sorte idance entre deux voisins inégalement ambitieux, tandis uence russe, non moins dangeais plus patiente , se disposait aux Slaves du Danube son i intéressé.

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