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CHAPITRE Vil

LA SBBV1E JUSQU'A LA PAIX PASSABOVITZ (1718).

ue les Turcs fussent définitinattres de la Servie, le titre de fut encore porté par plusieurs la l'ancienne famille régnante.

le second Gis de George, avait \è de se réfugier en Hongrie; sans qui lui restaient le salué- M)te de Servie; mais il dut se cette appellation honorifique , amais pu ,fcmalgré tous ses efnrcer une autorité réel le. Après inement essayé d'intéresser à s la cour de Rome , les rois pie et de Hongrie et la repuj Venise , il termina ses jours

Bis de Grégoire et petit-fils de fut plus heureux : Mathias ivait accordé sa protection à émigrés serviens qui, au de plusieurs milliers, étaient tablirdans la Syrtnie. Ce Vuk, îé Zmaî ou le Dragon, à cause ourage, fut choisi pour leur porta aussi le titre de despote; ■sions inquiétèrent souvent les

e, l'aîné des lils d'Etienne, s'émoine; on le trouvait partout èle pouvait être utile à ses colaires. II est connu dans les lu temps sous le nom de l'évéime , et ii a laissé une grande m de sainteté.

fcre Jean, qui était le plus jeune fut le dernier des despotes serest'à peu près tout ce qu'on ! prince, dont la femme Hélène survécut dix-huit-ans conserva de dcspotisna. Cette dignité,

qu'on retrouve encore dans le siècle suivant annexée au nom de quelques seigneurs serviens, ne doit plus être considérée que comme une prétention de famille à des droits éventuels.

Depuis la seconde moitié du quinzième siècle, c'est-à-dire quelques années après la chute de Constantinople, la Servie et la Bosnie, quoique toujours agitées et quelquefois en révolte ouverte, ne sont plus que des provinces turques. La paix de Passarovitz, en 1718, a donné la Servie à l'Autriche qui l'a restituée, en 1789, en vertu du traité de Belgrade.

Les empires qui doivent leur agrandissement à la conquête n'ont pas seulement occupé leur activité par des guerres étrangères ; les provinces soumises , quand la communauté de dangers et de services ne les avait pas encore assimilées à la race des vainqueurs, étaient exclues des droits et des privilèges de ces derniers; elles n'ont participe à ces avantages qu'après des luttesoù l'Etat était comme partagé en deux camps.

L'ambition des classes placées en dehors des droits politiques n'était pas de renverser l'ordre étaMli, mais d'assumer dans l'État un rôle actif. La religion n'entrait pour rien dans ces exclusions purement politiques , et les exceptions qui se produisaient de temps à autres donnaient à tous les vaincus l'espoir d'être émancipés à leur tour. Dans le système turc, au contraire, la conquête n'est qu'une conséquence de l'obligation religieuse : le vaincu qui se convertit à l'islamisme a droit par cela seul à tous les privilèges auxquels il pourrait prétendre s'il était né croyant. Mais entre le raïah et le musulman il y a une barrière infranchissable. L'antagonisme est donc un élément nécessaire du gouvernement turc ; et comme les Grecs, les Slaves et les Moldo-Valaques forment les trois quarts de la Turquie d'Europe, il s'ensuit que les vainqueurs seraient bientôt dépossédés s'ils accordaient aux raïahs d'autres droits que celui d'opprimer leurscoreligionnaires dans l'intérêt du sultan. Tant que la Turquie gardera ses institutions fondamentales, elle persistera dans le système qui a fait son péril et sa grandeur; quand elle aura cesse d'être elle-même, il lui restera, en tombant, la satisfaction de voir toutes

L'UNIVERS

les nations chrétiennes se déchirer pour le partage de ses dépouilles.

« Ce qui dans l'empire romain n'était « qu'une hypothèse de droit judiciaire, « à savoir que la terre appartenait à « l'empire ou à l'empereur, et que l'oc- « cupation par le propriétaire ne re- « présentait que l'usage du domaine, • est chez les Turcs une réalité. Cet « axiome est fondé sur ce passage du « Coran : Toute terre appartient au « calife qui est l'ombre et le vicaire « de Dieu sur la terre. Lorsqu'il a « rempli la volonté de Dieu et du pro- ■ phète en répandant la vaie foi, il dis- « tribue le territoire conquis parmi les « guerriers fidèles qui l'ont aidé à vain- « cre ; quelques-uns les reçoivent à titre « héréditaire, mais le plus grand nombre « comme leur solde et en forme de fief. > ( Ranke. )

Dans le dix-huitième siècle , comme dans le sixième , ce principe resta en vigueur : la totalité des dépendances de l'empire était fractionnée entre les timariotes et les spahis dont le nombre dépassait cent mille. Le corps des janissaires dont on comptait jusqu'à cent cinquante mille , qui alternaient pour le service effectif, composait une communauté puissante, véritable lien entre toutes les parties de l'empire. Les ortas ou chambrées de la division Dschemaat avaient le privilège d'accompagner les pachas dans les forteresses et d'en garder les clefs. En Servie comme dans les autres provinces àt la Turquie les raïahs

torités , et lui servent en mê de passe-port.

L'omnipotence des sultans loi suprême, soit générosité so établit quelquefois des excepti ainsi que la Kraïna était son vainement héréditaire des K chitch. Ces princes ne joui* des privilèges des Turcs dans nitude : par exemple, ils n'avai droit d'empêcher tout cheval t trer dans leurs domaines; mai vaient s'opposer à ce qu'un :

un musulman de race forma blissement dans les terres de vernement. Ils payaient le trib toire à un bey qui résidait à Les Raschkovitcn eurent peni longtemps un pouvoir sembla rivla , et Klioutsch exerça le < lire ses knièzes. A Belgrade, c sition rendait importante, 1 étaient regardés comme les taires des villages.

Au reste , rien n'est plus v, plus difficile à préciser que h gouvernementales dans les f potiques fondés sur la conqu bord la différence de race et d parmi les nations vaincues n point de leur appliquer un uniforme d'administration; ei révoltes si fréquentes partout quelquefois moins dangereux é que de se soumettre, introduis que révolution des altération!

terne précédent; enfin Texéci

va, télé) de deux piastres; et od augmentait ee chiffre pour r leur cupidité. Dans plusieurs il fat cooTenu qu'on leur donlix piastres pour chaque feu; représentait la totalité des diurnes de l'impôt dant les spahis formaient une Aérante de la noblesse. Ils ne ent dans les villages ni habitaterres ; ils n'exerçaient point le juridiction ni celui de reclamer I des paysans à titre de service la ne pouvaient ni chasser les de leurs fermes ni les empêcher 'établir ailleurs. L'impôt qu'ils ent représentait pour les spahis ion du service militaire.

tan s'était résf rvé le revenu de i villages; d'autres devaient le pacha et subvenir aux dé- 'admioistration.

les premiers temps de la cons paysans devaient au pacha rs de travail, dans l'année; mais fin du dix-huitième siècle les qui avaient pesé sur la Servie ent presque entièrement : un ir les grains que le pacba perla Noël tomba même en désué- : il se contentait d'une redeicuniaire dont l'usage détermiquotité et qu'on augmentait es circonstances le rendaient e. Cette taxe, dont on délirec les knièzes , était imposée onnellement sur les districts et les des villages et des fermes, «lait porieza du verbe slave K, qui signifie couper, tailler sur.

ss propriétés n'était point porté registres : la notoriété publique i de la fortune des occupants.

revenu une partie était envoyée intinople; mais en général il tiné à couvrir les dépenses de icc , telles que la paye des ja- , les frais d'administration et

s que les janissaires prélevaient

sur les importations , ils se li-

iu commerce , et les bénéfices

tiraient rendaient leur influence

irante.

and Seigneur était non-seule-

chef des forces militaires de

9e Livraison. Provinces Danubiennes. )

l'empire, mais le calife du prophète et l'exécuteur du Roran, source unique de la religion et de la loi. Lorsque , en 1784» il dut céder la Crimée à Catherine II, il fit une réserve pour son autorité spirituelle ; et il continua d'y envoyer des mollas et des kadis.

Un molla de second rang résidait à Belgrade, et toutes les affaires spirituelles de la Servie relevaient de son autorité. Dans les villes d'une moindre importance, les kadis rendaient la justice aux musulmans comme aux chrétiens. Ils avaient la surveillance de ces derniers pour la rentrée de ce qui leur revenait dans les affaires portées devant eux et pour quelques autres droits sur les héritages , les transactions commerciales et les débats qui en résultaient. Le kadi était assisté d'un officier chargé de faire exécuter ses sentences. On voit qu'il était de l'intérêt des juges de faire naître des contestations et aes procès.

L'évéque était chargé des affaires religieuses des raïahs; mais, depuis que ces prélats se choisissaient parmi les Grecs, ils étaient presque toujours de connivence avec les autorités de la province, et s'inquiétaient plus de leurs intérêts que de ceux de leurs administrés. Ils affectaient même de se montrer en public avec les insignes que le bérat leur donnait le droit de porter. Ainsi, déjà dépouillés de toute action politique, les chrétiens se trouvaient encore sous la dépendance du pouvoir par l'avarice ou la faiblesse de leurs protecteurs spirituels.

Selon Ranke , qui s'appuie de l'autorité de Zalloni (Essai sur les Fanariotes), « le patriarcat de Constantinople forme une constitution de banaue que soutient la confiance des capitalistes : les fonds dont elle dispose servent à garantir à la Porte la rentrée des tributs divers et les présents que sont tenus de faire les hauts fonctionnaires en entrant en charge. L'intérêt de ces capitaux est alimenté par quelques sources du revenu public et notamment par les contributions que recueillent les évéques.

L'évéque lui-même , dès qu'il est investi de ses fonctions, se reconnaît débiteur d'une somme convenue et qui se détermine d'après les revenus de son diocèse, et il s'engage à en servir exacte-

L'UNIVERS

ment les intérêts. Son billet se négocie comme une valeur publique et jouit d'une grande faveur. On tfexige point le remboursement de ces billets dans la crainte de gêner l'administration de la sainte Église; mais à la mort de l'évéque signataire elle est responsable de ces valeurs. Les évoques , que l'obligation de tenir leur rang force à de grandes dépenses, n'épargnaient pas leurs administrés grecs de nation m à plus forte raison les Serviens, qui les regardaient comme des étrangers.

Non-seulement ils exigeaient de l'argent des prêtres qu'ils ordonnaient; mais en Servie , ils prélevaient encore sur chaque habitation un impôt appelé dymnitza (cheminée, de dym, fumée).

Cette taxe leur était due en vertu d'un flrman , et recouvrable par la force armée avant ou malgré toute autre réclamation des propriétaires. »

Ce système de fiscalité, d'où naissaient une foule d'abus , offrait cependant de grands avantages aux Turcs , 3ui contrôlaient la fortune et la conuite des raïahs par leurs coreligionnaires en ouvrant en même temps la carrière des honneurs à ceux qui auraient pu soulever les mécontents. On sait que pendant longtemps les pachalics vacants étaient accordés au dernier enchérisseur; de sorte que les Fanariotes ou les banquiers arméniens avaient en quelque sorte le monopole de ces investitures ; il était même passé en usage qu'ils assignaient nux pachas des se chaires

pas été divisés et souvent oppoi eux.

Les spahis établie dans voyaient de mauvais œil les ei des pachas dont l'autorité n'< transitoire , tandis que les lan corps solidaire et compact, étal tiles aux pachas et au spahiij « pie respirait à la faveur de cet i

Par une loi provi entoile* ] poussés à l'extrême portent s leur correctif. Le Servien me mort ou violemment outragé personne ou dans sa famille , et plus aucun ménagement à gare pait avec la société et se faisait c'est-à-dire brigand.

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