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HABITATIONS, VILLAGES

Mous allons jeter encore un coup d'oeil rapide sur les mœurs des Serviens en joignant à nos propres observations Celles des historiens et des voyageurs qui ont étudié leurs coutumes et leurs usages non-seulement dans les villes,

L'UNIVERS

où l'influence turque les a profondément altérées, mais dans les villages, dernier refuge de la nationalité dans les plus mauvais jours de la conquête.

Les maisons des paysans serbes se composent d'un rez-de-chaussée de deux pièces et quelquefois d'une seule. Un treillis de branchages, couvert d'argile, forme les murailles , et le sol nu tient lieu de plancher. Les solives du toit sont jointes par des chevilles en bois nommées klin ; de sorte que le propriétaire est à la fois l'architecte, le maçon et le charpentier de sa demeure. Il n'y a guère que les riches qui emploient le fer. La hache façonne les matériaux qu'offre la forêt, et la paille ou le chaume fait tous les frais de la toiture.

Les tuiles sont un objet de luxe réservé pour les maisons des spahis et des capitaines : celles qu'on emploie sont massives et concaves, comme on en voit dans nos départements méridionaux.

« Ordinairement la maison n'a qu'une « entrée avec une ou deux fenêtres; « mais on n'y trouve ni grenier ni che- « minée. Dans les habitations de paysans « un peu aisés où existent plusieurs « chambres , outre la porte de devant , « il y en a une sur le derrière. Les « portes se ferment la nuit avec des « barres en bois mises en travers , le « ùtnia des Slaves... Les portes des « chaumières sont ordinairement si il faut se baisser

de paille. Quelquefois on y ^ Uchardak ou grange en ou suspendre le maïs. Elle porte soutiens de pierre, ee qui l'a assez pour que les animaux s sent y pénétrer. Le métier est placé ou dans un angle du dak ou dans une maisonn osier devant la maison. Une t bitation ne contient pas set un couple , mais tous les chef i même famille avec leurs enfai ries ou non. Le plus âgé ou o est reconnu pour avoir le plu pacité conduit particulière!] ménage commun.

« On voit rarement dans le v< des maisons des amas de 1 chauffage; les forêts en foui amplement pour tous les bes « En Servie une habitation coi de paysan coûte à ce demie compris le bois et la main-<T de douze à treize francs; oi prend d'après cette évalution i que les grandes forêts dont 1 est couvert rendent facile de porter un village d'un lieu à tre. Le gouvernement assit paysan le bois nécessaire; celi le couper; taille lui-même les p les planches et les chevilles, chant d'employer dans sa co tion le moins de clous et de f lui est possible. La modic frais permet de déplacer

ir origine, elle indique présure que les premiers ont pris dans des temps de paix ou du me tranquilité relative, tandis litres ont primitivement servi e aux fugitifs à l'époque de calamité publique ou d'une vaaion.

Mtations sont assez rapprotmee des autres pour que les puissent se réunir à un signal atre l'ennemi commun , assez cependant pour que le chef ille ait le temps de se mettre en itre une attaque particulière ; pie chaque maison est comme avancé d'où le Servien peut tout ce qui se passe autour ans ces conditions un village quantaine de feux occupe un lent aussi considérable qu'une les capitales de l'Europe. Le ces habitations que nous veiécrire est ordinairement placé

« et la mère de famille sont étaires de l'habitation , où une particulière leur est quelquerée; les autres pièces sont dest jeunes couples, os se prennent en commun, et soirées d'hiver chacun vient •lace autour du foyer. A la mort ndes Gis prend la direction de nauté, et l'on ne se sépare que

se trouve trop à l'étroit. Cest ment le fils aîné, starschina , îde aux droits du père. En gé-

familles forcées par l'insufnlogement de se séparer de l'haprincipale construisent leurs

dans le voisinage, de sorte t pas rare de trouver une rue ibitée par des villageois d'une aille.

s besoins journaliers, un méien a rarement besoin de renne assistance étrangère. Le li a bâti à lui seul sa maison

également sa charrue et ses ; il fabrique les jougs de ses

trait, encercle ses tonneaux des chaussures grossières en

femmes se chargent du reste lement. Ce sont elles qui Jfilent le chanvre et le lin et qui en

tissent des étoffes, qu'elles savent même teindre avec la garance. Les aliments sont fournis par le pays, à l'exception du sel, qu'on achète au dehors. Ce qui leur fait quelquefois défaut dans les villages, ce sont les forgerons et les serruriers, quand les outils ont besoin d'être réparés ou renouvelés. Le même moulin appartient à plusieurs maisons, qui s'en servent alternativement.

On voit que ce genre de vie a conservé chez les Serviens l'élément de la nationalité dans celui de la commune , et qu'il a dû résister au système tyrannique des Turcs, qui ont été obligés de répartir l'impôt non sor les individus, mais sur les familles.

L'individu s'effaçait tellement dans l'ensemble de la communauté que le Servien ne célébrait ni son jour de naissance ni la fête de son patron. Chaque famille avait son saint tutélaire, dont on fêtait le jour avec toute la solennité possible.

On doit respect et obéissance au chef de la famille; mais chez les Serviens l'affection la plus vive est celle qui règne entre frères et sœurs : le frère est le protecteur né de sa sœur, dont il fait la joie et l'orgueil. Quand un homme marié vient à mourir, sa femme s'abstient de de toute lamentation en public; sa mère et sa sœur lui rendent les derniers devoirs.

Ranke, auquel nous empruntons quel-

3ues-uns de ces détails, rapporte que ans quelques provinces de la Servie les habitants ont adopté un usage assez extraordinaire : lorsque de deux frères nés dans le même mois l'un est enlevé par une mort prématurée, on attache le survivant au corps du défunt, et il reste dans cette posture jusqu'à ce qu'il ait adopté parmi les jeunes gens quelqu'un qui remplace son frère , et alors c'est ce dernier qui le délie.

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