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CHAPITRE XI

FRATERNITÉS D'ADOPTION PROVISOI- RES, MARIAGES, VENGEANCE DU SANG, COMMUNAUTÉS, CLERGÉ.

Dans quelques parties de la Servie, lorsqu'il s'agit dune détermination importante, on dit ordinairement : Ne

les frères et les sœurs d'énfirment leur choix , ou en

ndanoe complète de la femme Slaves méridionaux ne donne jortance secondaire au lien qui Ile i sa soeur d'adoption, tandis pie forment deux jeunes Ser- ;aranti par l'honneur, et sur-

à leur affection mutuelle, de force lorsqu'il est formel-

définitivement reconnu que amilles le regardent comme S selon les egrés de pa-

«. — Il semble que l'institutariage paraisse surtout resux veux des Serviens parce là femme jusqu'à l'homme, ifance d'un guerrier ne peut les soins d'une mère.

les premières ouvertures, i chefs des deux familles sont l'accord, ils échangent les es fiançailles, dont la valeur ant les fortunes. Comme en dans le Monténégro, la jeune Djet d'un marché qui fait d'elle le sorte la propriété de J'é- : est remise par son frère au r du cortège qui l'accompagne i nouvelle demeure, ou elle par la sœur ou la belle-sœur

Là, comme pour préluder rs qu'elle aura à remplir, elle i enfant, et touche de sa que- * murailles, désormais tésa vie laborieuse; puis elle r la table le pain, le vin et st par ces préliminaires symqu'elle prend possession du ugal.

ne est fermée par un morceau

ce qui indique qu'elle doit u et ne prononcer que des enveillantes. Elle est d'abord ; comme une étrangère, et première année on ne l'aputrement que la fiancée. Par re dont l'usage lui fait une ivite en public tout rapport époux; il est rare qu'elle lui i parole en présence de perangères, et jamais elle ne se t la plus innocente plaisanl'est qu'au bout de quelques

années et lorsqu'elle a élevé plusieurs enfants qu'elle prend son rang parmi les membres de la famille.

La vengeance du sang par le sang est une coutume qui remonte à une haute antiquité ; elle a dû naître des premières notions sur le droit privé, a une époque où l'action de la justice, avant d être un des attributs de l'État, était exercée par l'offensé. Elle a précédé la compensation, qui dénote déjà une civilisation plus avancée, et elle occupe une place importante dans les codes barbares. On la retrouve encore avec toutes ses rigueurs naïves parmi les peuplades du Caucase , d'où peutêtre elle a passé en Albanie avec les Colches, et de là chez les Monténégrins.

Malgré les analogies nombreuses qui rattachent la race servienne à celle de ces montagnards, la vengeance du sang est inconnue en Servie. Peut-être est-ce parce que les familles les plus considérables se sont éteintes dans les luttes contre la Turquie, et que la haine politique a fini par absorber tous les ressentiments privés ; peut-être, selon la conjecture de Ranke, le système d'oppression quka si longtemps pesé sur le pays a-t-il brisé le lien des familles et 'détruit r obligation des ven- Îçeances solidaires par l'impossibilité de es exercer.

La réunion de plusieurs familles eu communauté n'est sans doute que le développement naturel d'une première agglomération; mais, depuis la conquête, elle parait fondée sur des motifs politiques plus encore que sur des liens de parenté.

Le meurtre d'un raïah riait considéré par les Turcs moins comme un crime que comme un dommage : en partant de ce principe, ils condamnaient le village où l'attentat avait été commis à payer le prix du saug (krvina).

Cette amende était de mille piastres.

L'argent une fois payé, le coupable rentrait dans ses foyers sans être in-

Î[uiété. Tout se bornait à une réconciîation entre lui et la famille du mort, ce qui s'obtenait sans grande difficulté, attendu qu'un nouveau meurtre aurait entraîné une nouvelle amende.

La communauté formée par un

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village avait le droit d'élire ses anciens et son président. L'impôt appeléporîesa et dont nous avons parle en traitant de la Bosnie était équitablement réparti par les villages eux-mêmes.

La fête du patron de chaque famille et celle du village qui avait le sien étaient célébrées avec une certaine solennité. Le peuple s'assemblait dans quelque plaine ou sur une hauteur voisine du village ; les prêtres consacraient le vin et l'huile; puis la foule, le clergé en tête, s'avançait processionnellement dans la campagne, portant des croix et des images saintes et faisant quelquefois des stations de maison en maison. C'est ainsi que le zèle des prêtres suppléait autant que possible a l'absence des églises dans les Ceux où le gouvernement ne permettait point d'en élever. Peut-Are est-ce par suite de celte intolérance ombrageuse que le clergé de Servie ne jouit pointyde la mérita considération que celui de l'Ai- Uinîe catholique et du Monténégro.

Son nMc se bornait à célébrer les baptêmes, les mariages, les funérailles et à annoncer aux fidèles les fêtes du calendrier.

I<es bénéûces que tiraient les prêtres de leur ministère étaient insuffisants pour faire vivre ceux qui n'avaient pas un petit patrimoine à cultiver; les autres faisaient valoir eux-mêmes leurs terres comme les plus pauvres paysans.

Un jour un enfant demandait à un prêtre servien : Mon père, est-ce que

fesseur. Ces visites étaient r comme des jours de fête; des entières arrivaient dès la veilh saient la nuit autour du foyer tinée suivante était consacrée à sion, à la communion ; le soir foire et marché, et la jeunesse aux divertissements et à la daiu dit que toute la population di qui dépendait <fun couven mettre sous la protection du L avec ses plus secrètes pensée!

térêts, ses transactions et i éphémères. C'était souvent < réunions, où les familles et les parés se rencontraient, que se coi les mariages.

Les moines, par cela méo exerçaient une grande influe le district de leur circonscrip jouissaient d'aucun crédit auj autorités turques, et l'isotemet étaient tenus témoigne qu'on le trop attachés à leurs devoirs | sayér de les corrompre. Quoiqui ignorants que les popes, leur tion était loin d'être profon manquaient d'une direction snp qui, dans l'état de dépendait»

vivaient, eût probablement m zèle en péril. En général, ils naient aux pratiques tolérées :

mahométans, et n'avaient d'an source que les aumônes de les(l).

(i) En Servie, le jinuee Miloftcb a

PROTINCES DANUBIENNES.

knièxes étaient obligés d'enà tain frais les églises; en Is a?aient le droit de choisir s moines le supérieur du COUiBge, 3 piastres ; pour un secoud, 6; troisième, 8. Enfin dans les villages ihef de famille donnait au curé ia e blé on la valeur équivalente en L dans les villes i piastre ao paras.

«mer i8»3, le prince Miloscn rétle fiscalité excessive , et adressa aux e règlement suivant : Très-vénéras, le peuple serbe ayant manifesté i ton désir de voir réunis en une l livrés dans les caisses publiques i seule rubrique les impôts levés tout divers noms et à différentes bous avons cru devoir en conférer tnaèses, les anciens des districts et M, In régularisation de cette afit d'autant plus urgente que des abus glissés avec le temps dans la percepcs taxes de la part des évéques, et réduit des plaintes fondées dont les m trouvent dans notre chancellerie.

le assemblée, tenue les i3 et 14 dé- 819, nous avons résolu de subslinpôt des cheminées et aux autres Btaésiastiqnes ce qui suit : 1 ° Chaque «sevra annuellement 18,000 piastres piastres par mois; pour l'ordination re, 5o piastres; en lui donnant île même; jooime ; pour l'antimesse, •s; pour la consécration d'une église, res;.a° pour la visite du tombeau ire ou d'un laïque, il doit s'entendre tarent* du défunt; 3° le gouvernes charge de l'impôt des cheminées . taxes, et défend l'affermage des 4° les dettes des évéques serbes à Église de Constantinopte restent à la 1 gouvernement, et seront payées sur 1» après un accord entre lui et cette

0 les revenus des sceaux délivrés par tes aux protopresbytérieus et par lux personnes qui se marient sont e; 6° MM. les évéques entretien-

* leur paye convenablement leurs Délies, les archidiacres et leurs secré-

M. l'archevêque de Belgrade, se

Iirès de nous et du vizir et ayant épenses, recevra ao,ooo piastres i de nos descendants. Eu ordonnant

• ne prétendons nullement comu défendre aux évéques de recevoir l'un les dons librement offerts en

1 autres, pour des prières auprès ici, pour la consécration de 1 eau

▼eut, soit qu'il portât le titre d'igou*

mène (abbé) ou eelui d'archimandrite.

Les couvents sont en plus grand

nombre dans la Servie que dans les autres

bénite, etc. De même nous ne défendons pas, mais nous recommandons au contraire à MM. les évéques de visiter souvent leurs paroissiens pour instruire le peuple et les prêtres. Nous espérons que MM. les évéques accéderont volontiers à ces désirs, qui sont les miens et ceux manifestés par le peuple serbe dans l'assemblée , d'autant plus qu ils s'épargneront ainsi beaucoup de peine et éviteront toute oppression vis-à-vis du peuple. Nous prions MM. les archevêques de déclarer par écrit s'ils accèdent à ces propositions; dans le cas contraire, nous nous efforcerons de terminer cette affaire par les voie* ordinaires. En me recommandant à vos saintes prières, je„suis, etc.

Les évéques furent médiocrement satisfaits de cette ordonnance; d'après l'ancien tarif le droit de cheminée rapportait à chacun d'eux 3o,ooo piastres. L'Eglise de Constantinople accueillit d'abord le nouveau décret avec faveur, et accepta 'quelques sommes ; mais bientôt elle éleva des réclamations , et en i8a5 l'ordonnance fut abandonnée. Après de longs débats, on détermina conjointement pour Je clergé des deuxéparchiesde Belgrade et d'Oujilze les redevances aux prêtres sous le taux suivant : Pour de l'eau bénite à une femme en couche, 10 paras; pour l'enterrement d'une personne aisée, 10 piastres; pour celui d'une personne non indigente, 5 ; pour un pauvre, assistance gratuite ; pour un enfant, a piastres; pourvu n baptême, une paire de bas ou 1 piastre et du parrain ao paras; pour l'extréme-onction à un knièze, ou marchand de quelque considération, 6 piastres; pour tout autre, 3 ; pour une grande prière, a piastres; pour une petite, ao paras; pour de l'eau béuite pendant uu mois, xa paras; pour de l'encens, 1a paras, et dans les villes ao; pour les prières des morts pendant quarante jours, ao paras ; pour celles du bout de l'an, z piastre ; pour les prières de toute une année, z piastre et ao paras. Pour les redevances en denrées on suivait l'ancien usage.

D'après des règlements ultérieurs et après la réunion des six districts retenus par les Turcs jusqu'en x835, on a augmenté le nombre des prélats serbes. Le haut clergé est composé d'un archevêque métropolitain résidant à Belgrade, et de trois évéques : celui deTschatscbak, qui a remplacé révoque d'Oujitze » et celui de Timok, dont la résidence est Zaitscbar. Un évéque titulaire est consacré,

1/UlfIYERS.

provinces slaves qui dépendent de la Turquie d'Europe. Nous avons vu que les princes serviens tenaient à honneur d'augmenter le nombre de ces fonda-

et reste attaché a» métropolitain avec quelques archi prêtres et prêtres.

Le métropolite reçoit à présent, d'après le règlement de i83<j, 6,000 florins ou i5,ooo francs de traitement annuel, nu lieu de •V>oo florins. Il y a, de plus, certains domaines affectés à levéche de Belgrade, et consistant surtout en vignoble*, près de Semé nd Ha. Les évéque* reçoivent 4,000 florins au lieu de 3,ooo.

Ou compte en Servie environ 900 ecclésiastiques ; ceux de quelques villes ont seuls un salaire fixe; les autres vivent du casuel, comme en Turquie. Il y a en outre une centaine de moines. Le prince Milosch a ordonné de se borner au uouibre de prêtres nécessaire pour le service de toutes les paroisses; depuis quelques années, on s'occupe à bâtir des églises, de manière à ce que leur nombre soit en rapport avec celui des communes.

I,e* Slaves de Turquie ont eu pendant longtemps un patriarche particulier, indépendant de [celui de Constantinonle. Le moine Sava, qui se donna tant de peiue pour extirper tout catholicisme dans les Ktats de son frire lekrale Etienne Ncinanovitch , obtint eu i2?i, à un synode li*uu à Nicée, que if s prélats serbes pourraient choisir euxmèiiu'4 leur arrhevèque. Sava fut le premier Serbe revêtu de cette dignité. La confirmation seule était réservée au patriarche de Byxanec; mais, m i35i, l'empereur Etienne UiHrhnn fil tenir un synode serbe et buis

tions pieuses* et quoique la f n'offrent plus aujourd'hui qu ruines, on peut dire que ceint avaient érigées ont bien mer

suivît cet exemple en 1737 ,' à l'ins de l'empereur Charles IV.

En 1765 9 le patriarche Samuel di tantinople put donc te faire un motif des Turcs de ces trahisons répétées pc supprimer cette dignité, et ramener le dans son giron. Il Tacheta encooaéqu dès lors cette place fut à l'enchère. La ne reçurent plus que des métropolitaii dont le premier fut un certain Jean I de Coustantinople.

Tant que le patriarche , les métrop et les évéques turent slaves), ils purtk la main à ce que les prêtres et les moii sent quelque chose 9 comme le prouv manuscrits qui datent de la dominai! que. Ces diguitaires étaient de la nati parlaient la langue, et savaient qu'il:

raient dans le pays. Au contraire, lors Grecs eurent pris la place des Slaves trouva bientôt plus de prêtres sacb convenablement. Ou les admettait sai men , et Ton préférait à tout autre ci payait le plus. Ou ne pouvait naturel rien attendre de gens ne sachant pas la et apparteuant à une nation hostile a ves en général et surtout aux Serbes leurs ils n'affermaient leurs diocèses « un an ; ils étaient donc obligés de 1 hier de l'argent pour rembourser le avec les intérêts et pouvoir conserv place, ou pour ue pas se trouver n d'autres concurrents offraient devant!

Enfin ces priUls ereoj n'émirui *

des monastères a condoute à conserver parmi us chrétiens, en confondant ifeoiri religieux et politiques, t de nationalité qui a même ir les vainqueurs. Peut-être sa Bosniaques ne se sont-ils tins faoiiemem aux exigences pjisme que parce qu'ils renie plus rarement chez eux des t des monastères, la dissolution du patriarcat Isa cloîtres fondés par les ans et surtout celui de Detschian, i loin de l'église de marbre où 'église du père d'Etienne Dusipiraient à toutes les tribus de le servienne un mélange de vé- *t de regret d'un passé meilse ravivait le sentiment de leur Hé. Eu général, l'oppression du ■sent turc ayant un caractère i religieux et politique, les nu vaincues, au bout d'un temoe, étaient complètement s des qu'elles abandonnaient yyances, tandis que celles qui

chip renvoya à Sophie en le recompour celte charge ; mais heureuserand vizir Kourschid-Pacha en avait Me pour un prêtre de Nisch, sou cl sod interprète |>endant la guerre Serbes. Olui-ci imposa ses curés lilles plus fortement que ne l'eût ire 9 et lorsque la guerre éclata de [ i9i5 ) entre la Servie et les Ottot'enfuit en Bosnie, et passa de là ngrie à Constant iuople, en portant îe croix précieuse avec un ruban

mi qu'un Serbe pouvait aussi aspirer évéque s'il savait le grec ; mais on idait toujours plus d'argent qu'à un

royaume serbe il y avait eques qui prenaient le titre de méi, savoir : ceux de Belgrade, de OujiUe, de Novihazar el Prisreu.

raient tous dans les villes et vivaient

seigneurs. Lorsqu'ils se rendaient art, ils étaient à cheval, et ils avaient Vos ou sur un cheval de parade et une massue comme signes de race, et pour tenir leur rang parmi «ai ib étaient accompagnés d'un lirait de M. Vouk dans la Turx\uis

par Ami Boue. )

leur restaient fidèles conservaient sous le joug un esprit d'hostilité et de révolte. La politique du gouvernement a toujours tendu a désorganiser la résistance en fomentant les jalousies et les haines si fréquentes parmi les chefs slaves, et c'est dans leur division qu'il a mis sa force. Ne pouvant rompre chez les Servions le lien religieux, il a cherché du moins à rançonner chèrement les consciences; "souvent il a frappé de lourds impôts sur les églises et les monastères, tirant ainsi avantage du zèle même des raïahs, qui ne reculait devant aucun sacrifice.

Ou a remarqué comme un fait caractéristique de la nationalité servienne que les noms de saints, qui ont subi de fréquentes altérations chez les autres peuplades de la Slavie méridionale, se sont conservés tels qu'on les prononçait avant la conquête : la même observation peut s'appliquer aux appellations locales. En Bosnie nonseulement quelques noms sont changés, mais les noms des fêtes patronales ne répondent plus aux dates de l'ancien calendrier.

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