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COUTUMES SYMBOLIQUES ET RELIGIEUSES

Avant qu'une peuplade adopte un culte défini qui réponde aux aspirations de l'élément moral , l'homme , dans la conscience intime que son être dépend de tout ce qui l'entoure , adresse son premier culte aux manifestations de la nature. Il prend le mouvement pour la vie et des effets purement matériels pour une cause intelligente. Le retour périodique des mêmes phénomènes lui apparaiteomme une puissance inhérente à la matière elle-même; et, trop ignorant pour remonter à la cause universelle, il en adore les effets. Dans le besoin de communiquer avec des êtres supérieurs , il leur prête ses craintes et ses instincts ; en un mot , il les personnifie, t. tette phase du paganisme le rapproche de l'idée divine , dernier ternie de l'aspiration religieuse. Cependant, lors même qu'il s'est élevé à cette conception abstraite, il reste plus oh moins accessible à la poésie des cty**

L'UNIVERS

extérieurs; même dans ses superstitions il semble demander aux merveilles de de la création de servir d'intermédiaires entre sa faiblesse et le pouvoir infini du Créateur. Le christianisme épure cette sorte de culte des objets naturels en le ramenant à sa source; partout où il a porté ses enseignements il a commencé par faire triompher ses principes avant de détruire les formes diverses de Terreur.

Chez les Serviens, le cercle entier de Tannée est marqué par des rites qui expriment naïvement les rapports mystérieux de Thomme avec la nature.

Vers la fin de l'hiver et aux approches du carême, les Serviens célèbrent la fête des morts , qui coïncide ainsi avec la dernière période du deuil de la nature ; au dimanche des Rameaux, quand tout ce qui a vie se renouvelle , ils se réunissent de nouveau pour solenniser cette époque de promesse et de rajeunissement universel. I<a veille de cette fête, les jeunes filles s'assemblent sur une colline , et chantent quelque ballade sur la résurrection de Lazare.

Le lendemain, avant le lever du soleil, elles se rendent à l'endroit où elles ont coutume de puiser de Teau; là elles dansent des rondes et repètent en chœur des chants où le poète raconte comment le bois du cerf trouble les ondes , tandis que son œil les rend limpides.

A peine la glace et les dernières neiont-elles disparu que le peuple ce-

habitation du village. Le ; chants est ordinairement :

le choix d'un époux , le bo vie conjugale et les soins d nité. A chaque stance o refrain Léiio, divinité qui Tainour chez les anciens ridionaux , et qui parait él que le Lado des Russes«et 1 Polonais.

On répète encore prex ment d'autres chants sym célèbrent. les ri/a (nymphe dansant sous les arbres do mûrissent, ou Radischa, q secouer la rosée des fleurs e et qui, poursuivant quelque de l'attirer sous l'ombrage mettant qu'elle y filera prè une soie précieuse sur un d'or. Toutes ces coutumes pirent je ne sais quelle joi née des premières éraanati temps.

Comme dans tout le re rope , la puissance du soleil en Servie à l'époque où < parvenu au plus haut degré Le peuple associe poétiqui du solstice avec la fête de il croit que, par respect curseur, le soleil s'arrête ti le ciel. I^cs pâtres , à cette Tannée, font le tour de leu de leurs étables, portant formées de Técoree

liges devancent la procession lissent les vignes et les grains qu'elle s'avance, l'orage et à Ja foudre , les les mettent sons J'influence Elie en mémoire sans doute ■ion du prophète; c'est la vge oui , dans son courroux , • éclairs, tandis que saint m a le gouvernement des tem-

commencement d'août, les les jardins réclament les soins m, qui rentrent les produits i. L'hiver amène de nouvelles k La veille de la fête de Sainte bit bouillir toutes sortes de a un vase que l'on laisse près adsnt la nuit; le lendemain observe de quel côté la cuisminé un renflement plus conet l'on ensemence sur cette les champs en friche qui s'éins cette direction, ses pratiques témoignent que mne s'est conservée en se int sous l'influencedesenseidu christianisme. Jusqu'à ce de jure parle soleil et la terre.

mha! Tako mi Zemlial (que a que la terre me préserve !) inflations les plus ordinaires is. L'idée de Dieu ne leur moins présente dans toutes sactions. Jamais ils n 'entrequelque chose sans dire préa- : S'il plait à Dieu ; dans certnstances, ils regardent même aie comme tellement indisu'ils omettent le sens princiirase : ainsi, ils demanderont geur : s'il plait à Dieu? ce e : Où comptez-vous aller \ Dieu le permette ?

leurs prières trois fois par atin de bonne heure , avant ït le soir à l'instant où le >uronner les travaux de la table, ils n'ont pas de torse pour le Benedicite, chacun i sa gratitude des expressions 1er les bienfaits du Créateur; l'oserait accepter la place dans un banquet s'il se sen»

île d'improviser convenablerière d'actions de grâces. Les

Servions se regaraent comme étant sous la protection de leur patron. L'invitation à la fête du saint oue révère particulièrement une Camille se fait ordinairement en ces termes : « Notre maison est aussi celle du Seigneur. Nous vous invitons à venir ce soir. Nous ne serons pasavare8 de ce que nous devons à notre saint tutélaire. »

•• Plus l'existence est simple et laborieuse, et plus l'homme, qui reconnaît à chaque instant sa dépendance , sent le besoin de s'appuyer à un pouvoir supérieur et de croire à une protection active et toujours présente.

La piété oui porte l'âme vers le principe de l'infini et de l'inconnu admet souvent la superstition , qui attribue des effets déterminants à des causes secondaires ou purement passives. La veille de Noël , vers le soir, le père de famille va couper dans le bois un jeune chêne dont la tige soit saine et bien droite. Il l'apporte a la maison en disant : Bonsoir et heureux Noël ! On lui répond : Que Dieu accorde l'un et l'autre a toi qui as la richesse et l'honneur ! puis on répand sur lui les grain* de blé. On place ensuite l'arbuste sur des charbons, et le lendemain matin , qui est salué par des coups de pistolet, un visiteur paraît devant la maison, et, lançant des grains è travers la porte, il crie : Le Chrsit est né. Alors ceux que le grain a touchés répondent : En vérité, il est né. Le visiteur entre alors, et en frappant le chêne embrasé avec une pièce de fer il ajoute : Autant d'étincelles, autant de bœufs, de chevaux, de chèvres, de brebis, de porcs, de ruches ! Enfin, la maîtresse du logis jette un voile sur l'hôte, et l'on porte dans le verger le reste du tronc , aux cendres duquel on attribue une vertu fécondante. On ne se rend pas à l'église ; mais au repas qui suit la cérémonie chacun se présente un cierge allumé à la main. Il est d'usage de s'embrasser en s'annonçant la naissance du Sauveur, et pour figurer l'union de tous les membres de la famille le père réu^ nit en un faisceau tous les cierges et les place dans un plat où l'on a servi des grains de toute espèce et un gâteau azyme appelé tchisnitza. On rompt ensuite le gâteau, où l'on a mis une pièce d'argent, et celui à qui elle tombe en

L'UNIVERS

partage est réputé le plus heureux delà *ociété. On voit que cette dernière phase de la cérémonie rappelle notre fête des rois. La table reste servie pendant trois jours, et l'hospitalité slave n'en exclut personne.

Avec une imagination si facilement impressionnable, il n'est pas extraordinaire (lue les Serviens admettent l'existance d'êtres malfaisants et de génies qui neutralisent dans certaines circonstances le pouvoir des influences favorables, lie mal, que la religion chrétienne représente comme une expiation et une épreuve nécessaire à la réhabilitation ae l'homme , est répandu sous trop de formes diverses dans le monde visible pour qu'il ne soit pas naturel à notre faiblesse de le personnifier symboliquement. Le christianisme luimême repose sur l'idée du démon, cause première du péché originel , et les miracles de Jésus-Christ et de ses apôtres, tels que les rapportent les saintes Ecritures, fout souvent mention d'exorcismes.

De toutes les superstitions, celles qui ont trait à l'influence des esprits sont donc celles qui s'éloignent le moins , par le fond , des données de l'Église. En admettant le principe, l'ignorance a seulement varie et multiplié les types.

Les Serviens croient aux vampires, aux apparitions et aux sorcières. Ces dernières ont la faculté de dépouiller leur corps comme un vêtement; leurs ailes de feu les transportent à travers

Comme chez les Lithuank Grecs modernes ,1'imaginatio viens représente la peste sou d'uue femme voilée qui va côté et d'autre le principe !

n'est pas rare d'entendre af des personnes atteintes du fié ont conversé avee le fantôn fois , comme si l'on craigne en l'accusant cette personnifie peste , on n'attribue point à tes désastres qui la suivent; dit aue Dieu , irrité de la n des nommes , l'envoie de teir pour les châtier.

Une des créations les plue du génie servien est la vila c de la forêt. 11 est souvent que vila dans les chants populaii on veut donner une haute beauté d'une jeune fille , c'ei qu'on la compare. Ces récits, vien entend depuis son enfa peut son imagination ; à fore à la vila, il croit la voir, et I de très-bonne foi dans le pai donné à certaines personnes' ser avec ces êtres mystérieux se plaisent surtout dans les pi des forêts ou sur les bords d et des lacs ; en général, elles regards de l'homme; mais se voix domine le murmure de et Ton entend le bruisseme danse ou de leur vol rapide i feuillage. Douées de faculté

i les traits caractéristiques ot le souvenir vit encore moire du peuple; nous le lecteur ne lira pas sans èces suivantes, dont quelt déjà été traduites en tranr des venions allemandes, que le cadre historique doit nt restreindre, compléteious avons recueilli sur le laves méridionaux.

KB ÏILLB MbECISB.

des torrents de pluie tomraées; le souffle de la nuit Te de givre. Je sortis pour eelui que j'aime; mais sur riitaire je ne vis que son 1 écharpe, et près de sa st une domine verte. Alors t : Si remportais son dolpeut-etre aura-t-il froid; 'est moi-même qui la lui la harpe est un présent de . j'imprimerai mes dents omme verte; il apprendra suisvenue. »

tORT D'UN FBÈBE.

se cachait derrière les et les guerriers , de retour ! expédition, abordèrent au

mer. Palpitante d'espoir, ouse de George accourt; les guerriers elle chercha x qui font sa joie, le noble ijever, et son frère chéri. ; de George , elle coupe sa ;lure, pour honorer le djénirtrit son visage; mais à jurer son frère, elle perd ps yeux. Et avant le temps recommencèrent à croître , de son visage s'effacèrent; ils ne guérirent pas !

BGEBT DIVULGUA.

ants se prodiguaient des e tendresse; car ils se

croyaient seuls; mais la prairie les voyait; elle raconta leurs amours au troupeau, qui les redit à un pâtre.

Celui-ci en causa avec un voyageur, qui les confia au batelier ; le batelier les révéla aux ondes indiscrètes , et cellesci à la mère de la jeune fille.

LB VŒU IMPBUDBNT.

Neuf fois la couche d'une mère avait été féconde, neuf fois elle avait enfanté une fille. Se voyant grosse de nouveau, elle priait Dieu de lui accorder un fils ; mais ses orières furent repoussées , et ses neuf filles eurent encore une sœur. Lorsque tout fut prêt pour le baptême, le parrain demanda à la mère quel nom on donnait à l'enfant. Qu'on rappelle Jeanne, répondit-elle, et puisse le démon l'emporter I Cependant la jeune fille grandissait; sa taille était svelte et gracieuse; l'éclat de son teint effaçait la rose et l'aubépine en fleur. Un jour qu'elle allait puiser de l'eau à la source de la forêt, elle entendit une voix qui lui disait : Jette ta cruche sur l'herbe verdoyante, merveilleuse Jeanne!

ma retraite est pleine d'ombre et de fraîcheur; toute petite encore et vagissante sur les bras de ton parrain ,' tu nous fus promise par ta mère; et la jeune fille jette sa cruche sur le gazon touffu, et s'éloigne du côté où l'appelait la vila. Inquiète, sa vieille mère vint la chercher. Jeanne! s'écria-t-elle , ô mon dernier fruit, laisseras- tu mon foyer désert! Mais la jeune (ille lui répondit : Femme que Dieu réprouve, retourne seule à ta demeure! n'as-tu pas toi-même décidé de mou sort lors que toute petite j'étais vagissante sur les bras de mon parrain?

LE CHABMB.

Il est nuit ; les guerriers se reposent ; un vin doré pétille dans les coupes :

mais le jeune Stoïan s'abstient de lali-

Sueur enivrante , le café odorant fume ans sa tasse d'or. Cependant les filles revenaient de la fontaine, portant sur leurs épaules leurs cruches remplies.

Au milieu d'elles s'avance la sœur d'I-

L'UNIVERS

van. En la voyant, Stoïan sent son cœur brûler d'amour : il jette sur le passage de la vierge un coing parfumé et une pomme vermeille ; mais crun pied courroucé la sœur d'Ivan repousse la pomme, et le coing roule en vain sur le sable. A cette vue, Stoïan s'abandonne au désespoir; tout à coup il se lève et se rend en hâte vers sa demeure : c'est

Sar des sortilèges qu'il espère triompher ela sœur d'Ivan.

Il prend quatre feuillets qu'une magicienne a charmés. Sur le premier, il trace des lignes symboliques, et le jette dans les flammes en prononçant ces paroles : Ne te consume point, 6 charme! ni toi, feuille légère ! que la raison de la sœur d'Ivan s'enflamme seule ! Il jette dans l'eau le second feuillet : Puisse le courant de ces ondes n'entraîner que la raison de la sœur d'Ivan ! En abandonnant au souffle des vents le troisième, il prononce cette imprécation : Que les vents, respectant ce charme, enlèvent avec eux la raison de la sœur d'Ivan! Quant au quatrième feuillet , il le place sous son chevet en disant : Puisses- tu ne pas rester sur ma couche, ô charme! mais puisse, cette nuit , t'y remplacer la sœur d'Ivan !

Déjà quelques heures s'étaient écoulés, lorsqu'un léger bruit se fait entendre à la porte... on frappe... le charme a opéré; c'est la sœur d'Ivan. — Ouvre,

phan mourut, ne laissant à son enclos au pied de la montai sainte bénédiction. L'humeur pâtre devint si sombre que la croyaient en démence, et i

au'une vila l'avait prit pour :

option. Cependant, si Stéptu sait point les choses de la vie comme tout le monde, c'était venait consulter dans les occa portantes ; nul ne donnait des

Îilus sages; et quand on venait e prêtre pour concilier quel* rend, il répondait ordinairemen sez-vous a Stéphan. Un jour versait tout rêveur la verte fo:

venir à lui une jeune fille. De se détourna pour l'éviter; do se retrouva en face de cette apparition. Stéphan , lui dit-e barrant le passage, j'ai besoii fixes mon irrésolution. Deux pn demandent ma main; à que puisse reconnaître celui que je férer? Stéphan fit asseoir la ji près de lui, et parla de l'amo jouissances de la vie conjuga mes si attrayants qu'on eut toute son âme était sur ses l< jeune fille J'écoutait avec tro regardant Stéphan , elle se dis à Dieu que l'un de mes fiancé semblât ! Seule la vila a'recueill se dirent; mais la lune suivant mière de Stéphan , parée de gu retentissait du chaut des (fane

les coucous firent retentir l'air plaintes ; les deux premiers gét le jour et la nuit , tandis qu'un e ne se lamentait que par inter- Les deux premiers pleuraient nère et la soeur d'Ivan , le troiraur la jeune épouse.

KONDA.

i venait d'expirer... Konda, le ue de sa mère ! Dans son désesle ne veut point que ces restes (posent loin de sa demeure; on ine fosse dans le jardin versons des orangers aux fruits *st là que chaque matin la mère rient s'entretenir avec celui qui n. — O mon fils! la terre te le? N'es-tu pas à l'étroit dans neU d'érable? et une voix faible tive répondit : Ce n'est pas la i me pesé , ce n'est point mon

d'érable; le poids qui m'opc'est la douleur de ma bienquand elle soupire, mon âme

dans le ciel... Juge du mal que it son parjure J

IATION DE SKADAR (ZIDAMÉ SKADBA).

frères, leroiVukaschin, Ugliesoïvode et Goïko , le plus jeune, es fondements d'une forteresse.

ur le rivage de la Boïana , où ujourd'hui Skadar. Depuis trois trois cents ouvriers habiles ient sans relâche; et, loin de la ville n'avait pas encore ses nts. Ce qu'on élevait le jour, i renversait pendant la nuit. La 1e année commençait, lorsque it entendre ces mots : « Pourtes ces peines , roi Vukaschin ?

t prodiguer en vain tes trésors ?

tu bâtir une ville quand tu ne me en asseoir les fondements ?

le tu n'y parviendras qu'après are dans les premières pierres » , enfants de la même mère , Stoïana.

Quand le roi eut entendu cette prédiction, il appela Décimir, son fidèle serviteur : Mon fils, lui dit-il , si jusqu'à ce jour tu m'as témoigné ton zèle, attelle les coursiers au char, prends avec toi six charges d'or, et parcours le monde pour découvrir deux frères portant le même nom , Stoî et Stoïana.

Amène-les , coûte que coûte , afin que nous les murions dans les fondements; car seulement alors nous pourrons élever la forteresse.

A peine Décimir a-t-il reçu cet ordre qu'il s'empresse d'atteler au char les coursiers rapides; il prit six charges d'or, et parcourut le vaste monde , cherchant partout Stoï et Stoïana (1). Son voyage dura trois années , mais il ne put découvrir les deux frères ; alors il revint auprès de Vukaschin , ramenant les coursiers , le char et les six charges d'or.

Quand le roi eut appris de Décimir que toutes les recherches avaient été infructueuses , il appela Rad , le maître constructeur, et lui ordonna de reprendre les travaux interrompus. Les trois cents maçons se remirent à l'œuvre; mais la vila défaisait la nuit ce qu'ils avaient construit pendant le jour. Enfin, elle donna à Vukaschin ce dernier avertissement : Chacun de vous a dans sa demeure une épouse dévouée ; que celle qui la première viendra apporter aux travailleurs le repas du matin , soit murée dans les fondations , et tu seras libre d'achever la forteresse. Le roi appela ses deux frères et leur fit part des conditions de la vila. Jurons , leur dit-il , par le Dieu vivant qu'aucun de nous ne révélera ce secret à sa compagne, et que le sort décidera seul quelle sera la victime. Et les trois frères prêtèrent ce serment.

La nuit venue , ils rentrèrent dans leurs blanches demeures, où les attendait le repas du soir; puis chacun d'eux se rendit près de son épouse.

(i) Ces deux roots viennent du verbe slave stolti , qui signifie se tenir debout, et au figuré s'élever solidement sur sa base. Le peuple aura sans doute imaginé cette légende pour assigner à une cause surnaturelle la solidité de la forteresse de Skadar ou Skadra (Sculari).

lAvraUon. ( Provinces Danubiennes. )

L'UNIVERS

Cependant, oublieux de son serment, Vukaschin dit à sa compagne : Chère amie! garde-toi sur toutes choses de descendre demain vers la Boîana pour porter aux maîtres le repas du matin ! U t'en coûterait la vie, et tu serais murée au pied des fondements! Ugliescha ne fut pas plus discret, et il fit dans les mêmes termes la même recommandation y son épouse. Le seul Goîko resta fidèle à sa promesse.

L'aube blanchissait à peine les collines que les trois frères vinrent surveiller les travaux sur la Boîana.

Cependant deux jeunes femmes sortent de la demeure des chefs ; ce sont les épouses du roi et du voïvode; Tune vient étendre sur le pré une toile nouvellement blanchie; puis elle la porte à la lingerie ; mais, elle n'avance pas plus loin : la seconde porte une cruche d'une terre vermeille, et va puiser de Peau à la fontaine ; puis elle échange quelques paroles avec d'autres femmes ; mais là se borne sa course.

La troisième belle-sœur, la jeune épouse de Goïko, est restée au logis; un nourrisson au berceau réclamait ses soins. Sur ces entrefaites l'heure du repas du matin arrive; la mère de Goïko veut appeler les servantes et porter avec elles le déjeuner sur la Boîana. Ne prends pas cette peine, ma bonne mère, lui dit la jeune femme ; berce l'enfant J'irai moi-même ; sois sans inquiétude, je me charge de tout. Ce serait pécher devant

des ouvriers. La jeûne tenir gardait en souriant, car ell toutes ces menaces pour un Cependant on élève autour • pierres et des pièces de bois matériaux atteignaient jusqu' noux; mais, dans son innbo riait toujours, tant elle éta soupçonner la réalité. Quan eut jusqu'à la ceinture, elli quel était le sort qu'on lui alors sa douleur se change poir ; et s'adressant à ses beat Vous ne souffrirez pas, s'écriesi jeune on m'ensevelisse à toute vivante , ou il faut que perdu toute crainte de Db voyant que ses prières res* effet, surmontant toute ho implore ainsi son seigneur: 0 mets pas . maître et cher épo m'ensevelissent toute vivante a de l'or; elle achètera une une captive; et, s'il faut une du moins ce ne sera pas ta jeu Enchaîné par sa parole, Go pondit rien- Alors l'infortuné au maître constructeur : Rac elle . 6 mon frère en Jésus-Chr ie t'en supplie, une petite ouv hauteur de mon sein ; qu'elh Jement assez grande pour qu< allaiter mon Iohan , si toutefc bien rapporter à sa mère ! ( nom du Sauveur , Rad se sen

PROVINCES DANUBIKMNKS.

UPITRE XIV.

X Bit TUBQUIE ET LES 8KSYIBNS.

wrier des derniers troubles ié l'état actuel de la Servie, ip d'oeil sur les phases polit forcé l'empire turc à em- : natioDs chrétiennes un taire qui, tôt ou tard, mondément le principe fonrislamisme.

ait l'unité du gouvernement péril par des révoltes assez ir faire croire à un démemehain et à l'indépendance pachalics importants. L'Éisnie elle-même ont eu leurs résistance et d'isolement.

s gouvernement turc a réces secousses ; et il ne s'est lent menacé que par la porands États européens. Le nt rapide de la puissance ur Constantmople un dandissait chaque jour. Il se la première fois avec des sérieux lorsqu'une flotte, Catherine, promena dans la : pavillon russe : toute la : , et, bien que les temps as mûrs, il était aisé de désormais les raïahs trous leurs coreligionnaires du es naturels et un appui.

ait plus aisé de préparer ent de la Turquie que de >ur le partage de ses déutriche , qui a un si grand r libre le cours du Danube , )té de manière à flatter les « Slaves chrétiens. Dans 1788, l'empereur Joseph itre la Porte avec le cauirsbourg; il s'agissait non mpagne pour le redresseief particulier, mais de la e l'empire turc; pourveunme ce prince le disait luilanité de ces barbares, mirent une flotte au ser- ; croisade philosophique; riens surtout prirent une îux opérations militaires.

eu l'heureuse idée de for-

mer un corps de volontaires slaves; cette proposition fut acceptée avec empressement par les Serviens, parmi lesquels on recruta des troupes nombreuses connaissant les localités et habituées à la guerre des montagnes. Ces auxiliaires furent d'un grand secours au siège de Belgrade en 1789; et, après la

{>rise de cette ville , le colonel Mikhaévitch, qui commandait ces volontaires, prit position entre Iagodina et Kioupri. Il s'ouvrit un passage jusqu'à la ville de Karanovitz par des chemins où jamais armée n'avait pénétré , et enleva cette place aux Turcs. Au commencement de Tannée suivante, il parut devant . Krouschévatz , ancienne résidence du roi Lazare. Les églises dont les Turcs avaient fait des écuries furent purifiées , et retentirent d'actions de grâces.

Les Serviens se crurent délivrés de leurs oppresseurs : ils se considéraient déjà comme sujets de l'empereur d'Autriche; et dans maintes circonstances ils se joignirent aux Allemands pour combattre l'ennemi commun.

Leurs espérances ne tardèrent pas à être déçues. Les cabinets rivaux s'alarmèrent "des conquêtes de l'Autriche, qui détruisaient l'équilibre européen, et il fut question de rendre à la Turquie ses anciennes frontières. La France jugeait avec raison que l'affaiblissement de l'empire ottoman du côté de la Hongrie et sur les bords du Danube, le laisserait sans défense devant la Russie. La Prusse était indécise ; elle n'avait pas encore renoncé aux plans du grand Frédéric, qui consentait à laisser l'Autriche s'étendre à l'est moyennant quelques concessions de territoire sur la frontière polonaise : il avait prévu que l'influence de la Prusse sur l'Allemagne se fortifierait de toute celle que prendrait l'Autriche sur les provinces slaves, et que la question d'Orient ne pourrait manquer d'introduire de graves éléments de discorde entre les cours de Vienne et de Pétersbourg. Le ministre Herzberg aurait donc vu sans répugnance l'Autriche s'étendre en Valachie et en Moldavie, ou du moins rentrer en possession des dépendances surviennes qui lui avaient été concédées à la paix de Passarovitz.

L'UNIVERS

Mais les alliés delà Prusse les Anglais et la Hollande , étaient peu disposés a donner les mains à ces concessions. En général, on aimait mieux conserver en Kurope un état de choses dont les inconvénients et Les dangers étaient connus que de voir surgir des difficultés de nouvelles combinaisons,

D* a i I leu rs la révolu t io n f ra n r a i se , dont il était encore impossible de calculer toute la portée, menaçait l'existence des monarchies , et dans la prévision d'un danger commun les souverains accueil I aient instiucti vement toutes les mesures conservatrices, à quelque ordre d'intérêt qu'elles se rattachassent, et renvoyaient h d'autres temps plus opportuns tout plan de remaniement politique.

Ces considérations prévalurent, et la Servie fut rendue aux Turcs. On se contenta de stipuler qu'il y aurait une amnistie pour les raïahs qui auraient servi contre les Turcs nu passé du cdié de l 'empereur.

Jamais les Ser viens n'avaient senti pi as vivement que, si leurs puissants voisins utilisaient dans l'occasion leurs ressources et leur courage, ils faisaient bon marché d'intérêts secondaires dans les traités qui les rapprochaient

Cependant il n'est pas donné a la diplomatie de changer au gré de ses allures l'esprit d'un peuple brave et tier. Le contact de l'année impériale avait profité aux Serviens; leurs apti-

et indirectement par les cou cession qu'elle arrachait à la Porte par h traités. Les concessions religieuses ar< cordées aux Moldo-Vaîaques et m Grecs, ne pouvaient rester étrangères aux Bosniaques , aux Monténégrins rt aux Serbes.

Cependant le salut de Ut Turquie, k moins comme puissance politique, tm ble être sorti du danger même qui El menaçait. La supériorité militaire du Russes et des Autrichiens paraissait s évidente pour les sultans qu'un d'eu, Moustapha III, écrivait: L empire d perdu il n'est donné a aucun de no* de le relever de ses ruines ! Un sm considérant combien il paraissait jflfrblabîe que les Turcs seraient rejet»

hors de I Europe, osa dire à son nulîr* 11 y a aussi en Asie des vallées d k beàut ombrages où nous pouvons e»

truire des kiosques.

L'orgueil musulman attribuait J* revers de l'empire non pas à la supin* rite de la tactique d,*s chrétiens , mù à l'incapacité des chefs; les Turcs é Constantinople tournaient avec espoir leurs yeux vers Sélim, dans leipiel rk croyaient reconnaître toutes les qualiirs qui' distinguaient les AmuratetlesN»

homeL

Nous avons déjà vu que Sëtini i tous ses soins non pas à ressusciter

f tassé désormais impossible, mais i utter à armes égales contre des vi ' ambilieuï. Pour arriver h celte

uéte de la Crimée, et qu'en 1785 un d nombre d'officiers français étaient yésà Constantinople pour y former irtilleurs et initier l'armée à la taoi européenne. Les vaisseaux de la

* turque furent construits sur les clés français; on éleva des forts des

côtés du canal pour garantir la contre les attaques (Tune escadre s de la mer Noire. En un mot, les lieurs français changèrent tout le «ne de fortification. Sur les froni, on répara les forteresses, et l'on ustruisit de nouvelles. Les officiers lérite, anglais, suédois et autres tit sûrs de trouver en Turquie des ois convenablement rétribués. On lime qu'un prisonnier russe, Turc insance , avait formé à la tactique )éenne une troupe de renégats, bernent d'abord pour l'amusement rend vizir, et oue le sultan prenait rand plaisir à les voir manœuvrer, r Aga fut le premier oui conseilla iltau d'appliquer la réforme à Hoirie , en commençant par les janis- 1. 11 paraît que, dès l'année 1793, il tt sérieusement question dans le d. 11 était naturel que des change-

• de cette importance causasdes troubles sérieux. Nous avons raconté ailleurs comment la fer-

des règnes suivants a fini par déiger les résistances, sans tarir comment la source des anciennes ten- » et des préjugés religieux. Mais, ne il arrive dans toutes les réfor-

le danger a changé de nature ; le , qui se sent réhabilité par le fait îouvelles institutions, est moins jamais disposé à tendre patiemla tête au joug. Traité avec plus odération, il attribue à la crainte l'on voudrait lui montrer comme aséquence d'un meilleur système , us on lui accordera, plus il élèvera agences, jusqu'à ce qu'il ait obtenu ité des droits et des charges. Si les ssions vont jusque-là , les priuci- Etats de l'Europe, dans l'hypothèse i persisteraient à maintenir l'exis-

de la Turquie, se verront peutbligés de secourir les Turcs contre sujets chrétiens , et, le Koran à la , le mahométan pourra dire : Le de la parole du prophète est éter-

nel ; Dieu force les infidèles à s'entredétruire pour le triomphe des saintes vérités.

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