CHAPITRE XV
BSPBIT DE RÉSISTANCR ET TBOUBLES BN SEBVIB.
Le passé historique des Serviens prouve combien la lutte de la nationalité contre le despotisme a été opiniâtre et acharnée. Les pachas délégués pour administrer cette province étaient obligés de déployer une sévérité qui allait jusqu'à la cruauté et à la persécution. Toujours sur leurs gardes , parce qu'ils étaient sans cesse menacés, placés entre les jugements sommaires d'un despotisme ombrageux et les périls d'une conspiration permanente , ils frappaient sans ménagement coupables et suspects.
Dans l'exercice d'un pouvoir illimité , ils s'habituaient eux-mêmes à l'indépendance; plusieurs d'entre eux purent résister ouvertement aux sultans en s'appuyant sur les partis qui divisaient la population turque et même , dans certaines circonstances, sur les raïahs.
Les janissaires de Belgrade, indépendamment de tous les abus que se permettait ce corps dans toute l'étendue de l'empire, formaient une association compacte, hostile aux pachas et aux spahis; peu soucieux des ordres du sultan, ils visaient à une domination exclusive. Leurs chefs se désignaient par le nom de dahis (supérieurs). Leurs aga s s'entouraient d'un appareil militaire qui éclipsait l'entourage des pachas. Sans être officiel, leur caractère était tellement considéré que Ton aimait mieux traiter avec eux qu avec les autorités compétentes; l'empereur Joseph lui-même suivit cette marche. Ces agas, sûrs de l'impunité, se permettaient toutes sortes de violences et de crimes. C'est ainsi que peu de temps avant la guerre de 1788 l'aga Akhmet, surnommé Déli-Akhmet, lit massacrer de sa propre autorité une quinzaine de spahis, et personne n'osa lui demander compte de cet acte de vengeance.
LorsqueBelgradefutrendu aux Turcs, le sultan résolut de refréner l'ambition
L'UNIVERS-
des janissaires, dont l'autorité dans cette ville balançait la sienne. Il investit le nouveau pacha Ébou-Békir d'un firman en vertu auquel les janissaires devaient sortir de Belgrade et de tout le pachalie. L'exécution de cet ordre offrait les plus grandes difficultés ; la force n'eût pas suffi , le pacha s'aida de la ruse. Laissons parler l'historien Ranke, dont les données forment le fonds de notre récit: « Avant de s'aventurer à publier le « firman d'exil, Ébou-Rékir jugea né- « cessaire de se débarrasser des chefs « janissaires les plus influents. Arrivé a » Nisch, sur la frontière du pachalic, « il reçut les félicitations des spahis et « de quelques autres propriétaires de la « province. Parmi ces derniers se trou- « vait Déli- Akhmet. L'aga était entouré « d'un si nombreux cortège qu'il eût été « imprudent de l'arrêter en ce moment ; « mais plus tard, comme il se rendait « à une seconde audience et qu'il mon- » tait les degrés suivi seulement de « quelques personnes , il se vit tout à « coup attaqué: un serviteur du pacha, « cache en embuscade, lui tira un coup « de feu par derrière. Délivré d'Akh- « met et au milieu du tumulte que « produisit cet assassinat, Ébou-Békir " lit publier le firman.
•< I.cs spahis rentrèrent dans les pri- « viléges dont les avaient dépouillés les « janissaires; ils prélevèrent, comme « par le passé, la dîme et la glavnitza; » les Serviens qui avaient été forcés de-
dans la guerre de f 788 , et il éi tré à main armée dans la pot de ses biens héréditaires, dont»
avait été expulsé.
« Il avait contracté alliance ave très guerriers, espèce de cond< nommés Krdschalis, que la avait congédiés lors du réU ment de la paix, mais qui n\ rien moins que disposés à rei au métier des armes. Leurs I infestaient la Macédoine et la i rie; dés qu'un pacha était « volte contre le Grand Seignet s'em pressaient de lui offrir leu vices; en un mot, ils prenaiei à tous les troubles qui of) un caractère sérieux ; quand e casions leur manquaient, ils se daient dans les districts, pill levant des contributions pou propre compte.
« Lorsqu'ils eurent ravagé Mo* (ou Boscopolis), une des prim villes de la Macédoine , les aul tés s'empressèrent d'entrer en gement avec eux , aimant mieu payer une sorte de tribut que d poser à une ruine totale.
« Ces aventuriers se plaisa étaler un grand luxe d armes monter de beaux chevaux rich sellés, lisse faisa ient suivre de fi captives habillées en hommes, nées à les divertir par leurs cta leurs danses et qui tenaient chevaus lorsqu'ils mettaient
t héritage , il avait combattu de tout
• ton pouvoir les innovations. Il ac-
■ cueillit les janissaires expulsés de Bel-
• grade et de la Servie, inscrivit son
• nom sur leurs listes et fit sa cause de. la
• leur. Peut-être fut-il porté à prendre
• la défense de ces célèbres proscrits
■ par la considération qui entourait leur
• chef à Widin. Bajazet 1er avait nommé
• hri-méme Tumad-Baschi dans cette
• ville , et l'y avait installé comme com-
• mandant de la soixante-huitième orta.
• En mémoire de cette distinction , le i chef des janissaires de Widin portait
■ le nom de Turnad-Baschi , comme > titre héréditaire.
« Mais un motif plus puissant pour
■ Pasvan-Oglou , c'était l'appât offert à « sra ambition par les nouvelles réfor-
■ mes que les Turcs regardaient comme
■ contraires à la religion : telle était « leur répugnance à cet égard que le
■ gouvernement dut prouver par un do-
■ «ment lésai que jamais le Koran n'a-
• fait interdit l'usage de l'artillerie et « ées baïonnettes.
• Olivier, qui se trouvait alors à Cons-
• tsntinople , assure que les janissaires
• refusaient formellement d'aller com-
■ battre contre Pasvan-Oglou (l).
« Ge fut en vain que la Porte envoya
• une autre armée (1798), composée
• d'Européens et de troupes asiatiques,
• pour réduire le pacha rebelle. On dit
• qu'en apprenant la marche de cette
• armée il dit tranquillement : J'aurais 1 pu lever cent mille hommes , mais
j'aime mieux vaincre avec dix mille.
• Et en effet il pouvait espérer de lutter
• avec avantage malgré I infériorité nu-
• merique de ses troupes. 11 n'y avait - aucun accord entre les pachas qui -marchaient contre lui; eu profitant
• d'un instant favorable, il comptait les ' battre séparément. En effet, un jour
• qu'à la suite d'une longue pluie ïen- " nemi , réfugié dans des baraques et ' fous des tentes , se trouvait harassé
• rt découragé, les Krdschalis sortirent
(0 Les soldats disaient hautement qu'ils m feraient jamais la guerre à un musulman
3ui n'avait selon eux d'autres torts que. relui e vouloir empêcher que Ton ne portât atteinte â leurs droits. ( Voyage dans l'empire
« frais et dispos de la ville et mirent « facilement les assiégeants en déroute. « Depuis ce moment Pasvan-Oglou fut « pour tous ses voisins un objet de « crainte respectueuse.
« A des époques diverses, il s'em- « para de Tschernetz , de Nicopolis et « de Kraïova ; et s'il dut renoncer à l'oc- « cupation de quelqu'une de ces places, « il ne les céda jamais qu'à des forces « bien supérieures et après les plus « énergiques efforts. Un grand nombre « d'habitants s'enfuirent de la petite Va- « lachie et se réfugièrent en Transylva- « nie ; d'autres, qu'on soupçonnait crétre « favorables à sa cause , étaient punis « comme coupables de trahison (I). Kn « Bulgarie, la confusion était à son « comble. Enfin , lasse dune résistance « si opiniâtre , la Porte céda et envoya « au rebelle les trois queues. Le sort de « la Servie était en quelque façon atta- « ché à la résistance du pacha de Widin.
« Ébou-Békir et son successeur, « Iiadji Moustapha, qui tenait les janis- « sa ires a distance, administrèrent la « province dans un système entièrement « opposé au gouvernement dur et vio- « lent de leurs prédécesseurs. On laissa ■ les raïahs tranquilles; et ils se trou- « vèrent heureux de respirer sous des « lois équitables. Le pays devint riche « et florissant par le mime moyen qu'on « employa jadis en Allemagne et en An- « gleterre, quand ces contrées étaient « encore couvertes de forets : les hahi- « tants y élevèrent des pourceaux. La « Servie' gagnait à ce commerce , avec « l'Autriche seulement, 1,300,000 flo- « rins ou 3,250,000 francs. Iiadji- « Moustapah, contribua surtout à cette « prospérité et mérita le nom de Srpska « maïka ( la mère des Serviens ).
« Personne ne fut inquiété pour « avoir servi dans le corps des volon- « taires du temps de la guerre des Au- « trichiens; Alexandre INenadovitch , « qui avait fait cette campagne comme « officier contre la Turquie , fut même « élevé à la dignité de grand knièze.
« Quand Pasvan-Oglou, à l'instigation
(I) Engel, Histoire fie la Valachie, t/auteur, en ce qui concerne Pasvan-Oglou , cite Seetzen , qui , d'ailleurs, ne donne que peu de renseignements.
L'UNIVERS
« peut-être des janissaires, commença à « menacer la Servie, il prit d'abord Klacc dovo et tenta de s'emparer de l'île de « Poretsch. Dans ce danger, Hadii- « Moustapha n'hésita point a appeler les u raïahs aux armes : il leur représenta « qu'il serait plus avantageux pour eux « de vendre leur bétail pour acheter des « armes que de se laisser dépouiller de « tout par les ennemis.
« Depuis la dernière guère, il était « resté beaucoup d'armes dans le pays , « et le peuple s en servit avec empres- « sèment. L'esprit guerrier qui s était « rallumé, à l'excitation de l'Autriche, « se manifesta avec une nouvelle vi- «'gueur sous le commandement d'un « pacha ; les knièzes eux-mêmes leu vèrent une armée où se distingua , « comme bimbascha, Stanko, fils d'un « chef de brigands.
« Soutenus par les Turcs, mais « indépendants de tout contrôle dans a leurs opérations, les Serviens furent « encore victorieux. Stanko ne permit « point que son armée fût sur un pied « inférieur à celle des Turcs; et il « tua sans hésiter un d'eux qui venait « de massacrer un prisonnier. Turcs a et raïahs restèrent unis dans leur in- « térét commun , et Pasvan-Ojçlou ainsi « que ses janissaires rencontrèrent une (( résistance insurmontable.
« Il parait singulier, au premier coup « d'oeil , que la Porte se soit résignée a non-seulement à un accommodement
« un pacha rebelle. Hadji-Mo a ne pouvait résister à cet ordre « mettre lui-même en oppositi « le gouvernement : il obéit.
« Les conséquences de cette « étaient faciles à prévoir ; ellef a des plus graves.
« D abord les janissaires affî « de ne point presser le pacha « faire rendre leurs propriétés ;i « tinrent de toutes paroles comr « res, et ils parurent se contenu « leur donnât des emplois a la « et au palais. Cependant ils « rent bientôt leurs anciennes « tions, et les raïahs furentlesp « à s'en apercevoir.
« A Sviléouva, dans le dist « Schabatz , vivait un homme i « pour son caractère et son ho « lité. Il s'appelait Ranko, et étai « prince de Knéjina. Une fois, « il s'agissait de régler l'impo « porièza, un janissaire de Sel « Béso Novlianin, demanda à « de l'augmenter à son profit d « ques centaines de piastres. Ce « tention peut déjà donner une « ce que les janissaires osaient « mettre. Ranko eut le courage « fuser; mais la vengeance ne se « longtemps attendre, fiégo Ne « se garda bien de l'attaquer d « village; mais, la première fi « Ranko vint à Schabatz, le ian « assisté de quelques camarades
tait précisément ce qu'attentes janissaires. Ils saisirent t favorable, se rendirent mat- Belgrade et assiégèrent Hadji fort supérieur. Là il aurait pu tqifau retour de Dervisch-Beç, qu'il avait informé de sa posioais un des krdschalis qu'il Mm service se laissa gagner par •aires et les introduisit par une e dans la place. Le mémo jour riseh-Beg arrivait h Grozka, Belgrade, son père fut fait pri- . On força Hadji-Pacha de tetroupes a distance, et a peine iens forent-ils dispersés et les irrivés à Niseh que le pacha sacré dans la forteresse. Les rea informèrent le gouvernei ce meurtre dans les termes i : Hadji-Pacha n'était qu'un re qui tenait le parti des raïahs ; i sa récompense, mandèrent un pacha sans que ention fût de lui obéir ; car, en adji « ils prétendaient s'arroger ils tout le pouvoir. Quatre de exs, Fotschitch-Mahomet-Aga, , Moula- Joussouf et Kuts- Ui, se partagèrent l'autorité su- Us reprirent le titre de dahis.
d'eux reçut en lot une certaine ) de pays'; cependant ils conti- : de tenir conseil à Belgrade, où eaient en commun les affaires es.
que des dissentiments s'éleintre eux, et ils étaient fréc'était le vieux père de Mahoa qui les aplanissait toujours.
u nouveau pacha, Aga-Hassan, ui laissa qu'un pouvoir res- Ce furent eux qui fixèrent et t l'impôt de la poriéza aussi le les autres taxes , et ils étaun nouveau système d'admi- >n. Comme les janissaires qui ouraient ne suffisaient point i les exigences du service, ils ent a leur aide d'autres auxi- Les Bosniaques et les Albala nouvelle de la révolution ait de s'opérer en Servie, accoum fouie à Belgrade. Ces noml'on avait vus arriver en haillons la plupart vivaient jadis du me-
« tierde portefaix, se promenaient sur a les chemins, montant de magnifiques « chevaux arabes, étalant des vêtements « de velours brodés d'argent et d'or. In- « solentsavec tout le monde, ils se mon- « traient obséquieux et rampants devant « leurs maîtres. Ces étrangers ne furent « point employés comme force militaire, « mais seulement pour exécuter les or- « dres des janissaires.
« Les danis envoyèrent les plus conte sidérables d'entre leurs affidés , suret tout s'ils étaient janissaires, dans les « différentes villes, avec le titre de ka- « badahis , et l'autorité de ces délégués « s'y exerça avec plus de rigueur que « jamais : il n'y avait pas un kadi qui a eût osé risquer une observation sur « leur conduite. Dans les villages, les « subasches exécutaient les sentences « des juges et des magistrats. Ces gens, « qu'on recrutait d'ordinaire dans les a plus basses classes des Bosniaques , « avaient pouvoir de vie et de mort, « vivaient aux dépens des paysans, et « s'enrichissaient de leur travail. Sur « un signe de leurs maîtres , ils coûte raient exécuter leurs ordres. Ce sys- « tème ressemblait assez à celui qui fut « établi en Egypte à l'époque où les Ma- « melouks, réunis au Caire, s'étaient a pu proprié le pays , qu'ils administraient a par leurs kiaschefc, sans s'inquiéter « du pacha qu'on leur envoyait de Cons- « tantinople.
u Cependant, en Servie, les janissaires « allèrent plus loin encore ; peut-être la « différence qu'il y avait entre ces deux « corps doit-elle être attribuée à ce que u les janissaires visaient à devenir les a seuls propriétaires du sol. Sous le titre « de Tschitlouksahibis , ils se donnaient « pour les maîtres du pays; comme « pour justifier cette prétention, ils fai- <( saient bâtir de vastes maisons de cam- « pagne. En dehors des taxes déjà a fixées, ils demandaient le neuvième « des produits de la terre, et exigeaient « des habitants diverses corvées. Les « spahis qui ne voulaient pas se prêter a à leurs extorsions furent assez soute vent exilés.
« U résulta de tous ces abus un mal « qui jusqu'alors avait été évité. La terre u et le paysan furent considérés comme « la propriété de quelques individus;
L'UNIVERS
* l'usurpation menaçait de s'étendre de « province à province. C'est de cette « manière que Pasvan-Oglou était par- « venu û étendre son autorité; on lui « attribue la création ries suhasches.
« En Bosnie Ali-Beg de Svoniîk pro- « céda de la mémo manière; il par- « courait le pays en faisant garrotter les « habitants; ensuite il les forçait à dé- « clarerpar écrit qu'ils lui avaient vendu h leurs terres. Muni de ce titre, il se dé- « clarait Tschitlouksnhihi, et envoyait « ses suhasches dans les villages, liette « ligue entre les chefs de la Servie foret mait un système étroitement lié dans fi toutes ses parties. De même que les « dahis avaient été utiles sous l'asvau- « Oglou, ainsi Ali-Beg se rendit à Bel- « grade pour se faire inscrire dans leur « communauté.
« Contrairement à la volonté du sul- « tan, dont le nouveau système tendait « à placer le pouvoir du gouvernement « dans une seule main, la Servie s'onza- « nisait dans un esprit d'oligarchie. Tout « y reposait sur les abus et la violence, « que précisément il se proposait d'abou lir. Malheur à qui aurait tenté d'arré- « ter le cours de ces usurpations insolen- « tes dans le domaine des janissaires.
« La conduite d'Ali-Bcg Yidaïtch avait « alarmé la jalousie de quelques-uns de « ses parents, qui excitèrent à la révolte « le district de Spretscha. Maisavec l'ap-
* pui des dahis il triompha , et sa colère « tomba sur les insurgés. Pillages-, con-
montrés cruels par ressentiment crainte, redoublèrent de liguai qu'ils se virent en droit de justifo
Sersécutions. Les spahis se vires e quitter le pays ; et ce fut set sur les frontières que quelqi d'entre eux se hasardaient à visi tivement leurs villages. Les Mil se livrèrent aux dernières violer) enlevaient au paysan ses vêtem fêtes, et en faisaient des nous* leurs chevaux. lisse plaisaient rompre le service divin , força femmes et les filles à venir aa kolo devant leurs habitations, vaient celles qui leur plaisaient.
La Servie offrait le spectacle les désordres qui accompagn guerres civiles; les vengeant* cées par ces hommes naturellei roces avaient un caractère d'aut odieux que les janissaires les regs comme des représailles. Tout | d'autorité régulière était méconn warchie s'appuyait sur elle-mém
Les spahis dépossédés et bann sèrent leurs plaintes à Constan Les knièzes se concertèrent ai se réunirent dans un cloître délibérer, et envoyèrent une st au sultan. Ils y exposaient que l< après les avoir indignement d^ les avaient réduits à se vêtir d'( et que, non contents de s'en pi leurs biens, il les attaquaient jo ment dans leur religion, leurnu
PROVINCES PANUBIENNES.
i le sultan n'eût plot pour proi sujets que des représentations sriles menaces. II fit savoir aux te, s'ils ne se conduisaient pas l'avenir, il enverrait contre eux 6e, non pas une armée turque, sait faire combattre des fidèles m fidèles, mais des soldats d'auooset d'une religion différente, ils s'exposaient a ce danger, ils traités comme jamais des Turcs eot été jusqu'alors, faeption de ce message, les danandèrent : De quelle armée veut-il parler? Il n est pas pré-
qtfil pense à introduire des i dans l'empire : par Allah!
tf-ils, il ne peut être question lîabs ! Us se persuadèrent alors verrait contre eux ou Dervichsde Moustapha , ou Asam-Beg ilever les Serviens sous les ikniézes et des voïvodes. Dans naaion , ils résolurent d'aller es les nahies et de faire périr
chefs dont l'influence ou le leur paraîtrait offrir quelque
t en février 1804 que lesdahis Dcèrent a mettre a exécution iminels projets en se distribuant s dans leurs circonscriptions iales respectives. D'abord ils entrèrent aucune résistance.
ils entraient dans un village, leurs baillis, les habitants, l'usage, venaient à leurren- KMir leur offrir des vivres ou 1rs chevaux. Ils profitèrent de casion pour arrêter quiconque ait suspect. La mort des et des kmeti ne leur suffit pour peu qu'un Servien jouît ïertaine réputation, soit par oure et son éloquence , soit irtune, Hélait immédiatement ré. La première victime fut s Stanoî , de Begrlitza ; puis ourde Marc Tscnarapitch, de i de Séoke et de Théophane bie , près de Smédérévo ; tous knièzes. On exécuta ensuite ans buloukbaschis Sanko Gad- \ Boletch, Mathias de Kratz, et même l'abbé du monas- Moravtza ; car la sainteté des
« fonctions ecclésiastiques n'arrêtait « point les dahis.
« Peu de temps avant ces massacres, « l'archimandrite Rouvim s'était enfui « du monastère de Bogavadia. Alexa « Nénadovitsch , soupçonné d'être l'au- « teur d'une lettre envoyée en Autri- « che , dans laquelle on retraçait avec « énergie les malheurs qui acca- « blaient les Serviens, en avait rejeté « la responsabilité sur l'archevêque, « qu'il savait absent. Cependant ce pré- « fat eut la funeste idée de revenir; « Alexa l'informa du danger qu'il cou- « rait : Tu ne sais pas, répondit Rouet vim, combien est triste le séjour dans * la terre étrangère; tu en feras à « ton tour l'expérience. L'un et l'autre « se flattèrent d'échapper à la vindicte « des dahis, Rouvim parce qu'on lui « donna l'assurance qu'il n'était plus « soupçonné , Alexa parce qu'un de ses « neveux travaillait comme peintre pour « un des tyrans. Ils n'en furent pas « moins tués, le premier par Fotschitch, « le second par Aganlio, qui lui fit su- « bir d'horribles tortures. Les supplices « appelaient d'autres supplices ; partout « régnaient le deuil et la crainte. Comme « tout le monde était suspect , il n'y « avait de sécurité pour personne. Les « Serviens crurent que leur r.xterniiu nation était résolue. On ne voyait « plus dans les villages que des vieillards « et des enfants; lorsque paraissaient « des Turcs, tous les hommes valides, « accompagnés des épouses et des jeu- « nés tilles , se sauvaient dans les mon- « tagnes et demandaient un refuge aux « Heiducks. »