ETAT DE LA SERVIE APRÈS LE TRIOM- PHE DE L'INSURRECTION
Dans presque toutes les insurrections les causes premières sont complexes.
Les unes, qui tiennent au caractère même de la nation et qui offrent pour ainsi dire la résultante de son passe, se dérobent souvent à l'observateur, parce que la conquête semble les avoir effacées ; mais dans les grandes agitations politiques elles se révèlent tout à coup, et forment comme le fond de la résistance ; les autres causes ne sont qu'accidentelles, et elles n'auraient aucun effet considérable si l'esprit public se trouvait dans des conditions différentes. Le peuple lui-même se fait ordinairement illusion sur les motifs véritables qui le portent aux manifestations énergiques; ce n'est point contre un principe qu'il se lève, mais contre un abus de ce principe; lorsqu'il a triomphé, il voit de plus haut et plus loin ; alors il ne marchande plus quelques indemnités de la servitude; c'est l'exercice complet de ses droits qu'il réclame , et lorsqu'il a obtenu ce qui était juste il est rare qu'il ne dépasse pas le but qu'il s'était proposé d abord.
Le gouvernement turc, en appuyant l'insurrection, poursuivait un double but; il ruinait le pouvoir des janissaires, dont les dahis étaient l'expression la plus complète, et en même temps il renfermait dans de certaines bornes les conséquences politiques de la victoire des raïahs; mais il ne dépendait pas de lui de rétablir immédiatement l'ancien ordre de choses. Le système imposé à la Servie n'était pas tombé en même temps que ceux qui en étaient les chefs principaux. Les subasches et les kaoadahis tenaient en
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core dans les forteresses méridionales du pachalic. Omer-Aga, qui avait été au seiviee de Pasvan-Oglou, et Bego JS'ovlianin, qui s'était fait une réputation de bravoure en Bosnie, exerçaient à Oujitz une autorité arbitraire. Karanovatz dans le district de Poscbéga était également à la merci des subasehes les plus cruels et les plus compromis, qui venaient d'y trouver un refuge. Békir s'abusait lui-même en se croyant maître dans Belgrade. Gouschantz-Ali lui axait effectivement remis les clefs de la ville, mais il ne s'était point dessaisi de celles du fort qui la dominait. Il demandait insolemment la paye des siens, qu'ils n'avaient point touchée sous les dahis , quoiqu'il eiH combattu contre les raïabs pendant tout Tété. Bé- Kir dut satisfaire à ces étranges réclamations et engager les Serviens à compléter l'arriére d'une s>olde réclamée par cette bande pour s'être battue contre euxmêmes.
L'esprit de l'islamisme est si contraire par son essence à toute institution libérale que, par cela seul que le sultan s'était emparé du mouvement insurrectionnel en Servie, chacun se croyait autorisé a ne tenir aucun compte des* droits des raïabs : les krdscbalis se disaient : Les dahis ont été punis pour avoir ouvertement résisté au successeur du prophète; mais maintenant que les raïabs ont des velléités d'indépendance nous agissons conformément a la loi en les forçant à rentrer dans la
pas, pour ainsi dire, rap raïabs leur servitude. Si vaient un Turc, ils devaiec de descendre de cheval et ca armes. Pouvaient-ils désorn soudre à se charger des servi abjects dans ces mêmes villi courage venait de conque ment pouvaient-ils regardi leurs maîtres un pacha et qui leur devaient, 1 un la fav tan et les autres leur réhahi est vrai que, dans le principe pérances ne s'étaient pas é qu'à la liberté; mais les évéro leur donnant la conscient*) forces , leur montraient I comme l'attribution naturel!
queur, et ils ne pouvaient i pour chefs que ceux qui lesco a l'ennemi. Dans ces dispositi vinrent à suspecter des gens < loin de leur être défavora!
ainsi que les chefs de Hnsur moignèrent à Soliman-Pacte h'ance qui allait jusqu'à la 11 qu'ils jugeassent qu'un Turc< contraire à leur émane ipatior.
les partisans des dahis eussen à dessein le bruit que Solimai des embûches aux raïabs. Us se rendre ensemble à Belg comme il leur était arrivé de s réunis, ils crurent s'apercevoir man avait l'intention de s'en de se défaire d'eux. En cous feignirent de n'élire et
t bientôt en force, saccagèrent s'avancèrent jusqu'à Schabatz.
énadovitch jeta toute la faute tschîa, qu'il accusa d'avoir exasteuple, et obtint une sentence contre ion ennemi. Il lui reslécuter. Ranke raconte la mort eïduk de la manière suivante :
ladovitch invita Kourtscliia à le trouver à Novosélo sous te d'avoir à le consulter au sub la défense des frontières.
lui, sans concevoir le moindre on ni se rappeler leurs (lissants, arriva au lieu désigné acigné seulement de quatre momaeob était entouré d'un millier imes. Les deux chefs soupèrent ble et s'entretinrent familière- Le lendemain un des hommes ob Nénadovitch se prit de quetvecun des momkis de Kourtsjelui-ci, qui était endormi, s'éau bruit, et vit que son cheval éjà entre les mains de ses hôtes.
iu d'une main, il essaya de se on passage à travers les rangs lis et d'arriver jusqu'à une caù, adossé à la muraille, il pût du forcer les assaillants à le comface à face. Il parvint jusqueais couvert de blessures ; et il icore assez de force pour chas- ; cette hutte ceux qui l'occu- . Assis par terre, il se défendit à ce qu'il eût perdu tout son Ce fut la première victime des des civiles des Serviens. Ses itriotes ne parlent qu'avec adon de son héroïsme. »
te révolte fut fatale à Kourtse procura aux districts de JaeRadjévina uu régime moins e. Un vieillard de Svoruik, Capétan, qui avait toujours été lux innovations d'Ali-Beg, se aux Serviens déclarant qu'il t avec ses cinq fils à marcher ss Turcs. Le peuple n'avait pas une grande confiance dans ce [>tuagenaire ; mais ses efforts i ceux de quelques autres Serléterminés contraignirent les leur accorder la paix à des consultables ; on abolit les foncsubasches et de tchitlouksa-
hibis, et il ne fut permis aux propriétaires de biens-fonds de se rendre dans le pays que pour y percevoir une fois par an leurs revenus. Cette interdiction était commune à tous les Turcs : il fut stipulé que, même en cas de guerre avec la Servie, les troupes du sultan prendraient une autre route. Comme garantie de ces conventions, on donna des otages de part et d'autre. Les habitants consentirent à payer la poriéza ou l'impôt proportionnel et le haradsch ou capitation. Quant au gouvernement et à l'administration de la justice, les habitants n'avaient à en rendre compte qu'à eux-mêmes.
Cet ordre de choses établi dans les districts de Jadar et de Radjévina, qui confinent à la Servie , ne pouvait convenir à cette province, ou l'insurrection avait pris naissance et s'était développée daus des conditions différentes.
Les sacrifices de tout genre qu'entratne une guerre longue et acharnée exigeaient une satisfaction plus complète et des dédommagements qui n'eussent pas l'apparence de simples concessions.
Il s'agissait pour les Serviens de s'assurer une position où ils ne seraient plus exposés à perdre dans un revirement de système tous les avantages qu'ils avaient si chèrement achetés. Ils sentaient que , réduits à leurs seules ressources, ils ne pourraient jouir que d'une indépendance précaire; que des divisions intestines pourraient les affaiblir, et qu'une guerre prolongée contre la Turquie unirait par les épuiser.
Les agents de l'Autriche etde la Russie , toutes deux intéressées à la ruine de l'empire ottoman, avaient suivi avec sollicitude les mouvements qui révélaient dans les provinces danubiennes une tendance et une énergie dont on pourrait , dans des circonstances données , tirer un parti avantageux. H est probable que leurs ouvertures et leurs offres de service ne furent pas sans influence sur la conduite des chefs serviens. Ceux-ci songèrent sérieusement à se ménager un appui à l'étranger; leur position géographique ne leur permettait pas de s'adresser à d'autres puissances qu'à la Russie ou à l'Autriche.
D'assez fortes raisons militaient en
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faveur du cabinet de Vienne. Les insurrections précédentes avaient trouvé les Allemands ou complices ou favorables ; les Servieos leur étaient redevables de leurs connaissances dans l'art militaire ; d'ailleurs plusieurs tribus slaves étaient rangées sous la domination autrichienne. D'un autre côté, l'Autriche avait toujours sacrifié à ses convenances politiques les intérêts de la Servie, et dans la lutte qu'elle soutenait contre le génie de Napoléon elle eût craint de. compromettre ses relations avec la Turquie.
Restait donc la Russie, puissance militaire de premier ordre, moins menacée par les conquêtes des Français à cause de son éloignement , ennemie naturelle des Turcs et offrant aux Slaves, avec la parenté de race et de langage, le lien d'une même religion. Un autre motif déterminant , c'était que le gouvernement russe avait obtenu pour la Moldavie et la Yalachie précisément ce que les Serviens désiraient d'obtenir. Dans ses différents traités avec la Porte le cabinet de Saint-Pétersbourg n'avait jamais négligé de stipuler en faveur des Provinces le libre exercice de leur religion et un allégement de charges. Ainsi, par le hatti-schérif en date du 23 octobre 1802, la Porte s'était engagée à donner plus de consistance au gouvernement des Principautés et à ne jamais révoquer le prince régnant avant d'en avoir référé préalablement à la cour de Russie, En vertu du même traité, au-
ter d'abord leur requête à Coi uople, où il se réservait de l*a| « Forts de la protection d'une puissance chrétienne, leurs tions s'élevèrent et prirent ractère plus déterminé : corn Autrichiens les avaient formi grande guerre , de même sans les Russes les initièrent à la i des négociations politiques.
« Kn avril 1805, les Serviens une assemblée à Ostrouschni s'y trouva des Turcs de Belgr; même des députés des hospod la Moldavie et de la Valachie, e par la Porte et chargés d'offr chefs des bérats de grands pi cependant on croyait' à Consta pie qu'un d'eux/ Ipsilanti, a Kara George et dévoué aux il de la Russie, ne négligea riei pousser les Serviens à la résii Quoi qu'il en ait été , ni les Ti les envoyés valaques n'étaient rises à ratifier les demandes d< viens, qui voulaient que toutes I teressesdu pays fussent occupé leurs troupes :* il fallait , disait qu'ils fussent en état de rep Gouschantz-Ali et les partisai dahis qui étaient maîtres da districts du sud. Cette réclai n'avait rien d'exagéré : en effe cupation des forteresses par les avait toujours été pour la nai source des plus cruels outrages tefois le divan ne pouvait t
Bi devaient compenser et au it Tanière des taxes, donner un caractère plus sémra demandes, ils résolurent, ii'ils tenaient encore leur asà Ostrouschnitza, de ne pas plus longtemps à attaquer inemii dans les forteresses îales.
inséquence de cette dé ter mi- Kara George se présenta deiranovitz. Cette place, où se nt les subasches, quelques auxiliaires de Novibazar et îsans attirés par les bruits de fit une belle défense. George 'enlever les retranchements; saut fut repoussé , et dans la on enleva aux Serviens leur use pièce d'artillerie. Cette «niant les négociations eur effet. George représenta au e Novibazar qu'il ne devait r que des Turcs du district rade. Aussitôt après ce pacha m camp des Serviens pour M" que les Turcs pussent se ans être* inquiétés. Les insurquels il importait surtout de er la grandeur des perla avaient faites, acquiescé cette proposition. Tous les vacuèrent la place, et Kara recouvra non-seulement le ui était sa propriété , mais il n présent un beau cheval ichement harnaché.
la même époque , Jacob Néh marcha contre Oujitz.
il traversait le district de Soétî, archimandrite du monas- .atscha, vint à son secours. Us rent pas de donner l'assaut au couronnait une montagne, et pelle Sokol (le Faucon); mais
g rent tous les habitants du n Obrenovitch, de Rudnik, t aux assaillants, ce qui porta s de Jacob à trois mille hom- ;ux pièces de canon. L'aspect armée, qui pouvait passer nidable dans le pays, fit faire ions à Orner- A ga. Vingt Turcs avancé et qui n'avaient pris part aux violences des dahis aniasaires allèrent à la ren-
( contre des assaillants pour tâcher d'a- « mener un accommodement. Ils joi- « gnirent Jacob Nénadovitch près de la > montagne de Czrno-Kasso. D'abord « ils refusaient de croire qu'il eût de i l'artillerie; et lorsqu'on leur montra k les deux canons , ils se figurèrent que « ces armes étaient de bois. Cependant, < après les avoir examinés et touchés , ■ ils laissèrent couler quelques lar- « mes : Où vas-tu ? demandèrent-ils à i Jacob. Pourquoi le Grand Seigneur : des raïahs vient-il canonner une fort teresse du Grand Seigneur? Jacob réi pondit qu'il n'était pas venu pour s'em-
Earer d une forteresse du sultan, mais ien pour combattre des rebelles, t Orner- Aga et Bégo ; qu'il tenait ces i canons du tsar lui-même ; mais qu'il i ne ferait de mal à personne si l'on ret mettait les coupables entre ses mains, t Les Turcs lui répondirent que la loi : ne leur permettait pas de livrer des ; frères à un peuple d'une autre religion. « Jacob fit attaquer immédiatement; bientôt l'incendie se déclara dans la ; ville ; et, comme le temps était sec, les i flammes se communiquèrent avec rapidité aux maisons de bois. Orner- Aga et Bégo Novlianin prirent la fuite, et la garnison mit bas les armes ( 20 juillet 1805 ). Il fut stipule que les Turcs : ne pourraient entrer dans la Nahie, . où Jacob nomma un voi'vode de son : choix. Quant aux Turcs qui demandèrent à rester dans la ville , ils durent ; payer cinquante mille piastres au vain- : queur et lui faire hommage de cinquante chevaux arabes.
« Après cette expédition, la Servie méridionale fut mise sur le même pied ?[ue les autres districts. Partout les orteresses s'étaient rendues, quoique i toutes ne fussent pas encore occupées : par des forces nationales. L'abaisse- • ment des janissaires et des dahis était vu avec satisfaction par les Turcs dévoués au sultan et partii sans de l'ancien ordre de choses. Mais présentement chacun se demandait :
Dans quels rapports se trouvent donc les Serviens et les Turcs ? Ceux-ci devaient quitter la province, et cependant ils n'avaient pas renoncé à la prétention de gouverner seuls , tandis que les Serviens demandaient
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qu'où leur remît toutes le-; forteresses. « Sur ces entrefaites les députés de la
- Servie étaient arrivés à Constantinople, où leurs demandes furent mises sous les yeux du sultan.
« L'affaire était digne de l'attention la plus sérieuse: depuis la fondation de l'empire ottoman, jamais peut-être il
> ne s'était présenté une crise plus i grave. C'était précisément lorsque
l'esprit de réforme semblait prendre plus de consistance et de maturité que surgissait un péril né du sein même des améliorations qu'on voulait obtenir.
• Déjà, en 1804, les Topschi avaient été placés dans une position bien supérieure à celle des janissaires. Deux escadrons de Nisamdjedides avec leurs . étendards rouges et bl.incs faisaient leurs évolutions devant le palais, et l'infanterie était armée 5 l'européenne ; quelques pachas, entre autres \bdliurrhaman , de Caramanie , • avaient secondé avec zèle les intentions : du sultan. Enfin, en 1805, Sélim III avait décrété que l'élite de la jeunesse de l'empire et des janissaires entrerait au service militaire dans la nou-
- velle milice. Ainsi c'était lorsque le pouvoir des janissaires venait d'être
« renversé par les raïahs, dans cette
même Servie où ils s'étaient flattés de
« dominer sans contrôle, que le gouver-
< nement leur portait un second coup
> qui devait les anéantir.
Les bandes de brigand*
• il se fût trouvé des raïahs assez bra- ' ves pour se lever contre les janissaires i et l'aider ainsi à les écraser; il fut
■ même question d'une alliance entre les Turcs et les Serviens.
« La politique des princes a toujours été de s'appuyer sur le peuple lors-
Su'ils se sont trouvés menacés par des asses que l'exercice de privilèges ex* clusifs avait rendues trop puissantes.
Ce fut un malheur pour Sélim de ne pouvoir recourir au même appui. En effet , telle est la position d'un sultan qu'il doit se regarder non comme le souverain de tous ses sujets indistinctement , mais avant tout comme le prince et le chef des vrais croyants;
> de sorte que l'empire n'est pas' fondé sur l'union et la fusion des vainqueurs avec les raïahs , mais sur l'antagonisme permanent de ces deux éléments distincts , l'une des deux populations étant destinée à commander,
> l'autre h obéir.
« Que les raïahs , dont le rôle était c de servir, prissent les armes et de-
< vinssent ainsi les égaux des croyants,
■ c'était une chose que ne pouvaient i tolérer les musulmans, à quelque
< parti qu'ils appartinssent; car elle r étiiit contraire, aux lois fondamentale? ( de l'empire, à l'essence du califat, « a l'exercice de l'autorité suprême.
« Nous avons vu précédemment i qu'on avait fait un crime à Hadji i Moustapha d'avoir fait combattre les
Surviens contre Pas van-Ogl ou. "C'est
leur courage d'avoir sousorité souveraine à la plus e des usurpations, arche qu'on pouvait à la xer d'inconséquence, Sélim r la suivre. Il eut l'air de ans les Serviens nue des et des rebelles, uon pour
avaient fait, mais pour ;s prétentions contraires à aîneté; au lieu de donner n h leurs plaintes, il fit jrs députés aux arrêts, et dre au pacba de Nisch, Afis, 1er les »*aïahs.
■sures hostiles contre les l'un caractère tout nouveau inaient du Grand Seigneur , eurent l'approbation de iiisulmans et furent énergiixécutées.
jnte qu'un des députés, ichivkovitch , riche marge dans les langues grecque
et qui avait rendu d'imervices à ses compatriotes procurant des munitions, à la résistance des Serk fis- Pacha. 11 représenta à lople que; pour prévenir ions sanglantes, A fallait r viens ne pussent douter ha agissait réellement d'à- « dresdu sultan, et il fit eu n le chargeât de cette corn- « irrivé en Servie, il informa «
les chefs du véritable état « s; mais il répandit parmi « la nouvelle qu'Afis ne se «
Servie qu'avec trois cents « et que, dût-il venir avec î plus nombreuse , ils au- « son de s'opposer à son ex- « Enfin il eut l'adresse de « e à Gouschantz- Ali que Afis « au le pachalic à force d'in- « jue par ce seul moyen il l'a- « rté sur lui. Fié bien ! répon- « hantz, nous le chasserons « le chef n'était pas fâché de « îlgrade avec ses krdschalis, « e départ d'une partie des « s rendit depuis quelque « i coopération peu néoes- «
isi que les Serviens eurent «•
le temps de se préparer à repousser, s'il était nécessaire, le pacha à force ouverte. Sur l'extrême frontière du pachalic, entre Kiupria et Parakin, Milenko et Pierre Dobriniaz prirent position avec une force de deux mille cinq cents hommes et une pièce de canon eu fer. Deux retranchements les couvraient. A l'arrière -garde et sur la rive gauche de la Morava, dans la région montagneuse de laeodina, campait Kara George avec "armée de la Schoumadia.
« L'amvéed'Afis-Pachaneftitpasune occasion immédiate d'hostilités. D'abord les Serviens se bornèrent à demander qu'il suivit la route ordinaire, celle que prenaient tous les pachas et qui passait par lagodina. Cétait sur cette direction que la résistance se trouvait organisée. Mais Afis, qui soupçonnait qu'une seconde armée l'attendait par ce chemin, persista à s'avancer le long de la rive droite de la Morava en redescendant vers le Danube. Les Serviens lui représentèrent que cette partie de la province avait été dévastée par la guerre et ne pourrait suffire aux besoins d'une armée. Afis témoigna son mécontentement et répondit : Irais-je demander à des voleurs le chemin de Belgrade ?
« On assure qu'il apportait avec lui des cordes destinées à lier les chefs ; quant au peuple, dont les magnifiques sabres et les coiffures, semblables a des turbans, excitaient son indignation, il disait de lui que quelque chose de mieux l'attendait.
« Afis attaqua d'abord le premier retranchement, qu'il emporta malgré la pièce de canon qui le défendait; mais le second, qui était le plus fort, tint toute la journée, et les Turcs y firent de grandes pertes. Cependant leurscoureurs apportèrent la nouvelle que Kara George s'avançait avec toutes ses forces, qui se montaient àuenviron dix mille combattants, parmi lesquels il y avait au moins cinq mille montagnards : aussitôt, Ans, profitant de la nuit, se retira sur Parakin, et, pour dérober à l'ennemi sa retraite , il fit planter des branches d'arbres à la place des étendarts enlevés,
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« Kara George arriva le lendemain » matin. Trouvant le camp désert, il «' s'avança jusqu'à une hauteur située « en face de Parakin, et salua les Turcs « de quelques coups de mousqueterie.
« Il envoya au pacha un message ainsi « conçu : Si tu es un héros, descends « dans la plaine ? Pourquoi le pauvre « peuple, qui n'a fait aucun mal , au- « rait-il ses maisons brûlées?
« Kara George aurait voulu ne pas at- « taquer Parakin. qui appartenait nu pa- « chade Leskovatz, dont il était l'obligé.
« Afis jugea qu'il lui serait difficile « de se maintenir dans sa position , « quoique à couvert derrière des mu- « railles. Désespérant du succès et iu- « consolable de se voir obligé de céder « à des raïahs, il se retira à Nisch.
« Sa mort, arrivée peu de temps après, « a été attribuée au chagrin que lui avait " causé cet échec.
« Désormais la situation était nette- « ment dessinée. Une armée turque ve- « nait d'être repoussée par les Serviens :
- on ne pouvait plus supposer que le
- sultan prenait parti pour les raïahs. « A partir de ce moment la guerre prit « un caractère différent , et les vieilles « haines nationales se ranimèrent avec « un redoublement d'énergie. »