CHAPITRE XX
la Servie après le triomphe db l'insurrection.
T^es institutions que les vainqueurs avaient laissées aux Serviens, moins comme des concessions équitables que dans le but de les opprimer plus facilement, ne pouvaient plus suffire au milieu des premiers ferments de l'émancipation. L'autorité de leurs chefs
Quand le peuple des camp tait levé, il l'avait fait de m mouvement , sans demander équipé et armé à ses frais : < tions lui conféraient tous les citoyens libres. Ils ne faisaien guerre sous le commandemei knièzes, et ils ne nommai leurs chefs; leurs officiers de 1 étaient choisis par les voîvi s'étaient mis partout à la tête vement.
« Les chefs dont le pouvoir « était le plus considéré, et q « laient voïvodes (chefs de « avaient non-seulement le ce « ment des districts, mais « saient d'une force qui ne re « d'eux seuls, les momkis, qui x la cavalerie du pays. Ces « avaient des établissements « districts ; ils descendaient ci « notables , mangeaient à la « chef, et recevaient de lui » et l'équipement militaire. C a près l'institution dont parle « que l'on retrouve plus tare « différentes peuplades germai » ne recevaient point de paye pi « dite ; mais ils avaient droit u tilica tions et à une part du « échange de ces avantages , « vouaient à leur chef à la i « mort ; et ils entouraient toujo « sonne. Ses ennemis. Turcs • « étaient les leurs. Certains ch « quelquefois cinquante moi
nielle, prenait le rang et les foncdu défont.
endant, nonobstant tous ces iges, les voïvodes n'étaient pas tridants. Après la chute d un raement, celui qui le remplace Lient ordinairement aux chefs touvenent réfolutionnaire. A ue dont nous essayons de faire ftre l'esprit et les événements
Eux , il n'y avait que peu de i dont le pouvoir tût prépon- % c'étaient ceux qui, dès le eneement de la guerre , s'étaient a avant comme chefs du mouit et avaient mené le peuple à oire.
>b Nénadovitch avait soulevé le t de Valiévo et pris Schabatz.
Lazarévitch, qu'on avait nommé te de Valiévo , se détacha peu à i ce chef. Quand Jacob s'empara tze, il nomma pour la première i voîvode dans cette ville, et cet s rencontra point de résistance ; 17 , il prit possession des deux :ts de Bosnie, Jadar et Radjéqui relevaient également de itorité. Milenko avait réussi à itionner Poscharévatz , quoique lé par Peter- Dobriniaz, qui agit d comme subordonné. Plus tard ko avait conquis le district et Poretsch, et Peter les terres qui îent Parakin. Ils exerçaient lutorité indépendante à l'èxtrélu bassin de la Morava ; et, de que Jacob Nénadovitch, ils ent le titre d'hospodar.
s la Schoumadia, Kara-George Dvesli de la même dignité. Dei mort de Katitch et de Tschati, son autorité s'étendait sur La , Belgrade et Kragoujévatz.
lit aussi emparé de Poschéga; et ette partie de la Servie les seuls jui pussent se regarder comme >ndants étaient Milan à Roudnik itza,qui avait succédé à son frère ta comme voîvode de Smédé-
emblait que la Servie allait se uner en nospodarats , et que la Je sortirait bientôt de la lutte ces intérêts contraires. Heunent que George exerçait une
« autorité prépondérante , parce que son « district était le plus vaste et que la « possession de Belgrade semblait in- « cliquer une sorte de suprématie.
« Kara-George n'avait pas été sans « rencontrer des résistances : un jour,
* pendant le siège de Belgrade, Jacob « Nénadovitch lui avait déclaré que son « autorité s'arrêtait à la Koloubara ; « mais le temps amena des modifications
* qui changèrent graduellement les pré- « tentions des chefs. Depuis les évene- « ments de 1806, le commandant eu « chef avait pris un ascendant décidé.
« Lors de la conquête de la Pot/érina , « il nomma un voîvode bien au delà « des limites de la Koloubara. Lorsque « les affaires de l'autre côté de la Morava « l'eurent appelé pour appuyer l'insur- « rection, son influence s étendit sur le « pays qu'il avait secouru. Ses amis de « Belgrade s'étaient chargés de l'admis- « tration du gouvernement; toutes les « troupes soldées, ainsi que les Bekjares « qui se tenaient à Belgrade, et surtout « les Krdschalis, transfuges du parti de
* Gouschanz , n'agissaien t que d'après ses « ordres. On s'était procuré des canons « soit à prix d'argent , soit par l'indus- « trie d'un certain Milosaf-Petrovitch (1),
(i) Ce Milosaf était smm contredit un homme d'un mérite peu ordinaire. Il était apprenti cordonnier dans le banal. I*à il étudia avec tant de succès Fart de l'horloger ( le hasard lavait fait loger dans la maison d'un fahricaut qui exerçait cette profession) qu'il alla s'établir ailleurs pour se livrer à cette industrie. Il se rendit ensuite en Servie, où il proposa d'établir une fonderie de canons à condition qu'on lui fournirait le matériel. Ses premiers essais ne furent pas heureux. D'abord la masse, qui n'avait pas le degré de fusion nécessaire, cessa de «xiuler; une seconde fois le métal coula, mais lu quantité mal calculée était insuffisante. Ce double indicées faillit être funeste à Milosaf, que quelques personnes traitaient d'imposteur. Enfin à la troisième tentative il réussit; il avait deviné par la seule force de son génie l'art du fondeur. Depuis ce moment, il eut toujours chez lui tous les accessoires d'une fonderie avec du bois et tout ce qui était nécessaire à la fabrication des roues et des affûts, ainsi que d'immenses enclumes, sur lesquelles il fabriquait lui-même ses outils ; car il faisait tout de ses mains depuis les pièces les
L'UNIVERS
car l'artillerie de la forteresse devait d'abord être remise en état de service. Kara-George était entouré d'un plus grand nombre de momkis que les autres chefs, et aucun d'eux ; ne l'égalait en réputation militaire.
En un mot, si les voïvodes avaient été considérés comme ses égaux jusqu'en 1806, Tannée suivante avait établi incontestablement sa supériorité.
« On convoquait annuellement une assemblée générale pour y délibérer . sur les affaires les plus importantes l de l'État. Peu de jours après le 1er janvier, tous les voïvodes avec leur suite se rendaient à une diète appelée Skoupschtschina (1).
« On y délibéra sur ce qu'il y aurait
> à faire au printemps , et les voïvodes
• présentèrent le compte des dépenses i pour le service public. On y déter- ' mina également le quantum de la i nouvelle porièza. Les plaintes de dit verse nature contre les individus y
• furent examinées , et plus d'une fois , i à la suite de ces enquêtes, les voïvodes i eux-mêmes durent subir la peine de
< l'emprisonnement. En un mot, tout ce « qui regardait la guerre , les Cnances
> et la judicature fut soumis aux dé-
< cisions de l'assemblée , qui représen-
< tait sur une échelle réduite les réu-
< nions du champ de mai des anciens » Francs.
« On y régla , non sans contesta-
< tions , la nature et l'étendue des pou-
se trouvant d'ailleurs peu di le faire. Les hostilités eont pendant toute l'année , et ce définitive le poids et les sact la guerre tombaient sur les les nahies et les knièjeniea , donner à la population des gnes une part dans la eonc affaires.
« L'expérience avait montré!
site d'une organisation régi l'assemblée ren était séné occupée. Lorsque les députés a Saint-Pétersbourg passer Kharkof, ils rencontrèrent d ville un certain Philippoviti teur en droit et natif de 1 hongroise. Sa santé n'avait pi aux rigueurs du climat septei . pressé de revoir les bords du
■ il se joignit aux envoyés, qu'i i presque regarder comme d«
■ triotes. Ce rut lui qui appel) i tion des Serviens sur la néca i tablir une cour permanente i diction et d'administration. I i d'abord à cette idée Jacob
i vitch , en s'aidant de l'influ « Prota. Kara-George, qui i i en Autriche quelque goût t droit et les avantages de l'on!
> se montra favorable à ces i En conséquence il fut ré»
< une assemblée tenue à Borak » nouvelle insititution législati * fondée.
ass
un mode patriarcal : ri la réduisait do Tin, le sénateur wr la localité ne recevait mie
et ainsi de suite pour les réductions dn sol : mais en un district donnait à son ant deux têtes de gros bé- [oël, pour ses provisions d*hinaison où résidait le sovietnik i du conseil) était considéne la propriété du district;
habitants de celte circonsavaient le droit d'y être logés i se rendaient à la fille. De nière, les sovietniks étaient i s'occuper des affaires de nmettants , autant toutefois ntéréts généraux le leur pert
poviïch, qui le premier avait dée de l'institution du soviet «une secrétaire, et en dirigea te. Il remplit ces fonctions à iction générale, et laissa une m sans tache. Ce fut sous ces de ce légiste que le sénat rieurs résolutions important Tendre les maisons et les i avaient appartenu aux Turcs, a d'affecter le produit des l'entretien de l'armée. 11 y a * de lui dans laquelle il enéter-Dobriniaz de ne point se péage du bac de Poscharévatz, tissant que le sénat nommefààeraahoc. Il lui représente
qualité de voîvode il devait nter de son commandement !, et que ces sortes d'affaires
point de sa compétence. On
aussi quelques règlements •s, tels que 1 assiette des imle casuel du clergé. Mais de s améliorations dont il dota e les plus importantes sans t sont ses règlements sur les t sur l'administration de la ivant lui, les seules écoles assent en Servie étaient pluiéminaires , où l'on apprenait es éléments de la lecture, que ibles écoles. Elles se tenaient i cloîtres, et des prêtres les nt. Les élèves (diaks), conipprentis dans les professions es, rendaient à leurs maîtres
«des services de toute nature, et s'oo- « cupaient plus du bétail et. des soins « de l'agriculture que de leurs études. « Désormais une petite école fut établie « dans toutes les Tilles de district pour «les connaissances élémentaires; et « l'on fonda en outre à Belgrade un « établissement où les jeunes gens re- « cevaient un enseignement supérieur.
« Le cours comprenait l'histoire, les « mathématiques et les éléments de la «jurisprudence. Jugovitch, qui avait « professé à Carlovitz,y forma quelques « élèves, comme lui de la Servie au- « trichienne. Quoique cet établissement « laissât beaucoup a désirer, il eut dans « les dernières années des résultats re- « marquantes (1).
« Les cours de justice étaient d'une « importance encore plus réelle. Les « kmètes restèrent chargés des affaires « minimes dans les villages; mais dans « les villes de district , où résidaient « naguère des cadis, on établit un tri- « bunal comnoséd'un président, d'un as- « sesseur et d'un secrétaire. Ces derniers « étaient nommés par le sénat, qui leur « donnait les instructions nécessaires , « en se réservant les cas d'appel.
« C'est ainsi qu'une province à peine « échappée au joug oies Turcs reçut « les semences civilisatrices,emnruntees « en grande partie à l'Autriche, mais « fécondées par le génie national et par « un mode réglementaire particulier au « pays. Le sénat, qui était l'âme de ces « réformes, contribua en même temps à « fonder l'unité du pouvoir dirigeant.
« Le soviet représentait le pays dans « son ensemble de la même manière « que le sénateur représentait sa nahie. « Au premier coup d œil, on serait tenté « de croire que toutes ces mesures gou- « vernementales et d'administration « avaient pour but d'opposer un con- « tre-poids au pouvoir des chefs milice taires ; mais Fétat des faits repousse « cette conjecture. En effet, l'origine « des sénateurs était due à l'élection. « Ils étaient nommés par les électeurs « libres du district; or, comment le « peuple qui devait sa délivrance ré-
(i) C'est de là que sont sortis Protitscb, l«* sénateur Maxim Rankovitch, Lazare Arsénovitch et Boschko Tbadditch.
L'UNIVERS
« cente au dé vouement et au courage a des chefs aurait-il pu ne pas désigner «dans son choix celui que proposait « l'hospodar? I /élection dépendait donc « de rhospodar ; et comme il pouvait « aussi disposer en faveur de ses parti - « sans d'une certaine quantité des pro- « duits du sol, il tenait dans ses mains « le bien-être matériel du sovietnick.
« L'action politique de ce dernier se k trouvait naturellement paralysée par « ces influences. Ainsi Prota,*qui fut a pendant quelque temps président du « sénat , ne pouvait guère se montrer « hostile aux vues de son oncle Jacob a JVénndovitch. Il est vrai que l'établis- « sèment d'un pouvoir central qui re- « présentait la généralité du pays était « par le fait même une garantie; mais a les droits qui en dérivaient étaient « quelquefois méconnus ou contestés, a Malgré la décision du sénat les voï- « vodes, quelques-uns du moins, s'ap- « propriaient les droits dédouane à la a frontière de même que les propriétés * enlevées aux Turcs ; car le sénat n'aie vait pas une autorité sufiisante pour a rendre les magistrats indépendants « des chefs militaires. L'exercice du « commandement avait habitué les voire vodes à ne prendre conseil que d'eux- « mêmes ; ils auraient eu de la repu- « gnance à prendre les ordres de fonca tionnaires civils. Kara- George lui- « même, à une époque où l'institution « du sénat était toute récente, mécon- <* tent de quelques décrets, fît sortir
lui-ci prétendait trouver dans les décrets de ce même sénat un instrument pour contrôler plus facilement les actes de ses rivaux. Comme les électeurs sa trouvaient placés entre ces deux influences, il était naturel que leurs ie>' présentants ne fussent pas souvent d'accord dans le conseil. Examinons rapidement les partis nés de ces divergences.
Parmi les sénateurs deux surtout étaient dévoués à Kara-George ; c'étaient MIaden Milovanovitch , député de Kragoujévatz et Ivan Jougovitch, qui, après fa mort prématurée de Philippovitch, avait succédé à cet homme d'Etat dans les fonctions de secrétaire. Peut-être n'était-il pas inférieur à Philippovitch en savoir et en habileté ; mais sans être, comme son prédécesseur, irréprochable au point de vue de la moralité des actes, MIaden était intimement lié avec Kara- George; ils étaient du même district et s'étaient voués à la même carrière , partageant la bonne comme la mauvaise fortune. 11 avait aussi servi dans la guerre du temps de l'alliance offensive et défensive entre la Servie et l'Autriche, et avait été heïduk ; les liens de la famille resserraient encore tous les autres ; sa femme était la fille de son ami.
Quelquefois on le chargea de contrôler les actes de quelques voï vodes d'une autorité secondaire: cependant la guerre n'était pas son élément spécial. Quoique d'une taille haute et de formes herculéennes, il avait quelque chose de gêné dans sa démarche, et ga présence sur
irb possession de* constructions commodes de Ja ville, de même le dei plus riches magasins, mpter les biens en terres. En int entre leurs mains le monoi douanes de Belgrade et d'Oslitza, ils s'étaient en quelque nparés du commerce avec l'é- II est vrai qu'ils prenaient les ferme; mais c'était à des condi- *ils fixaient eux-mêmes, de sorte -a frais d'établissement étaient nt couverts. Dans un tel état e* leurs transactions étaient nposées ou* consenties. Souforcaient les paysans à des cordâtes; en un mot, il n'était Msible de parvenir sans eux à s ce fût d'avantageux ou de quelortance.
façon d'agir ne rappelait que !, peu de temps auparavant, le it gémi sous un gouvernement pie et que ses nouveaux chefs nt commode de marcher dans ▼oie. Heureusement qu'i 1 y a vait • parti personnellement inté- 'opposer a ces empiétements de
tain Loulutch , ami de Milan et Mr les districts de Roudnïk et léga, et lvan-Protitsch, de la Miienko-Poscbarévatz, combat- I abus des chefs militaires avec e zèle que de persévérance : ils
Cr obtenir un décret qui éloii de Belgrade. Tous les sosonfirmèrent ce décret en y apwr signature ou leur sceau, et orge y donna son assentiment, pa Mladen de conduire les bekéligrade; et il obéit à cet ordre.
ch, qui était, comme Mladen, opposé aux sénateurs, dut aussi ant eux.
dant, peu de temps après, Karadans des circonstances encore isantes, se crut en droit de reste pouvoir du conseil.
ite des relations avec la Russie, iller d'Etat Rodofinikin s'était Belgrade à Ja sollicitation des serviens. D'abord K ara-George [approuvé cette mesure. Il reit que Rodofinikin était Grec , » gens de cette nation avaient
toujours été; plus que suspecta aux Serviens, lesquels, à cette époque, se trouvaient en désaccord avec le métropolitain Léonti, Grec lui-même. Cependant ses représentations vinrent trop tard ; les députés étaient déjà de retour, et ils avaient amené avec eux le conseiller russe.
Rodofinikin, qui ignorait probablement ce qu'on disait de lui, lia des rapports intimes avec Léonti, et népargna pas les blâmes aux Serviens. 11 leur conseilla de mettre les momkis sur le pied de troupes soldées et de réprimer l'autorité des voïvodes. Cette conduite lui attira le soupçon des uns et la haine des autres. Kara-George était convaincu que Rodofinikin faisait cause commune avec ses tyrans. Mladen et Jougovitch ne cessaient de lui représenter qu'on attaquait les voïvodes pour le renverser lui-même et que, pour arriver à ses fins, le parti grec s'était ligué avec les adversaires politiques du commandant en chef. Le but du métropolitain et de son complice, ajoutaient-ils, était évidemment d établir dans la Servie un gouvernement semblable à celui oui ré-
Pissait les Moldo-Valaques, et lun et autre étaient gagnés par les Fanariotes. Jougovitch avait pour appuyer ces conjectures des histoires toutes prêtes :
d'abord Nicolas, un des députés venus de Constantinople pour faire des propositions de paix , au lieu de s'en retourner, comme il en avait reçu l'ordre, s'était attaché au service de Léonti ; et quoiqu'on fût au plus fort de l'hiver, le métropolitain s'était mis en tournée avec lui, sous le prétexte de faire la collecte de la dimnitza , mais dans le but réel de fomenter une insurrection.
Léonti aurait demandé au peuple pourquoi il se battait pour des chefs qui , uniquement occupes de leurs intérêts, s'enfuiraient au premier jour avec leurs richesses et l'abandonneraient à la vengeance des Turcs. Ne feraient-ils pas mieux de se soumettre tout de suite à leurs anciens maîtres ? Si Rodofinikin , ajoutait Jougovitch, n'était pas d'accord avec Léonti, pourquoi le conseiller russe, à l'arrivée dans la Kraïna de nouveaux ambassadeurs de Constantinople , s'est-il offert pour négocier avec eux ? Il a été à leur rencontre accompa-
LTTNTVERS.
#né de Iiéonti et de Nicolas : cependant il n* avait été nullement question entre eux de négociations, et rien n'a transpiré du secret de cette conférence.
Ces accusations, où ce qui n'était qu'hypothétique était présenté comme probable , firent juger à Kara-George qu'il était de son devoir de défendre son autorité. En effet, que pouvait-il arriver de pire pour le pays que de tomber sous la domination rapace des Fanadotes? « Il bannit immédiatement Nico- « las, fit signifier son mécontente- « ment à Léonti, et désormais s'ap- « pliqua sérieusement à établir sa pré- « pondérance dans le sénat, en y faisant « rentrer Mladen et Jousovitch. Per- « sonne n'osa s'opposer à la volonté de « Kara-George. Il est vrai que Mladen « ne prit part aux sessions que de temps « en temps ; cependant son influence , « loin d'en souffrir, ne fit que s'accroî- « tre, et il inspira plus de crainte que « jamais.
« Malgré l'opposition du gouverne - - ment civil à l'autorité des chefs mili- « taires et les divergences d'opinion « touchant les relations étrangères, « l'unité du pouvoir n'en fut pas cbran- « lée. On doit ce résultat à l'autorité du « commandant en chef, qui , bien que « restreinte par les compétences admi- « nistratives, s'étendait sur tout le pays : « cette même autorité prépondérante « dans la Skoupschtschina influait sur « les décisions du soviet. Elleétait fondée
« lage du district de Rragov « troni, son père, était pays « première jeunesse, il vint c « pays s'établir près du m< « En 1787 , lorsque les prei « blés agitèrent la Servie et « tendait à une invasion ai « il prit un parti qui décida < « Décidé à fuir et ne i « laisser son père à la merci « il l'emmena, ainsi que tout « fut possible de prendre av « diriçea vers la Save ; mais « prochait de cette rivière, pi « ou, selon d'autres, son m « moignait de crainte. Celui « tant d'autres, aurait mieux « sa soumission, et il ne cea « ger George à retourner i « meure. Déjà la Save était d « yeux lorsque le vieillard rei « instances: « Humilions-noi « à George, et nous obtient « grâce ; ne va pas en Allem « nls ; par mon pain <jui t'a « t'exile pas. Pour moi, je su « rester. » — « Quoi ! répond « je vivrais pour te voir expir « tortures; je préfère te ti « place !» A ces mots il décl « pistolet sur Petroni, et on!
« de ses compagnons d'achevi « lard. Arrivé au village voish « paysans: « Il y a là-bas le < <i nomme âgé; enterrez-le, d « des funérailles buvez an si
: il retourna au service n'ayant rien à craindre sons Hadji-Mouset depuis cette époque il se livra Mnmeree, qui l'enrichit. Les perlions des Dahis le Jetèrent dans ineetkraoù il était appelé à jouer 61e si considérable.
ro-George ne pouvait se comr à personne. Il restait quelqueta jours entiers sans prononcer parole et rongeant ses ongles.
«nt . lorsqu'onlui parlait, ildélait la tête sans daigner répondre .
in lui déliait la langue, et dans seeès de bonne humeur on Ta onduire une ronde servienne. »
méprisait Féclat et le luxe. Dans dois de sa plus grande puissance, urtaft le même pantalon bleu , la
a traite dans les œuvres poétiques du orge CroHr une esquisse très-remtrlu caractère de Kara-George et de sa t. Ge qu'il dit de la mort de cet homme unaire n'est point d'accord avec les de Ranke, que nous nous sommes sonné i traduire parce qu'en Allemagne rage est regardé comme la meilleure . « L'aspect de Kara-George frappait insularité. Ses formes fortement prooepassaient les proportions moyenuûlk était élevée ; mais sa figure al- «tre mesure , ses yeux creux et son nu de fierté, que ceignait comme uu îne tresse de ses cheveux noirs, l'auit prendre pour un asiatique. » — « On qu'un Turc ayant ordonné à un eusortir du chemin s'il ne voulait pas cervelle brûlée , Kara-George tua le in sur la place d'uu coup de feu. Il dble que dans cette circonstance son ment naturel fut encore excité par sa Mitre les oppresseurs. » — « Cet , ajoute le même auteur, était une ïreations hardies nées d'une nature et des troubles civils, qui unissent à âge indomptable et à un corps de fer nts qu'ils ne doivent qu'à eux-méune moralité douteuse. Le propre de ation est de mettre tous les esprits même niveau ; mais la barbarie , au m tes scènes désolées, nous moutre grandeur sauvage les contrastes les nonces, et i côté de mille détails pevortés des exceptions gigantesques, misants d'une fertilité vierge. » (Alradoet. anglaise de Ranke. )
« même pelisse courte usée, et son bon- « .net noir si connu de tous. Pendant «t qu'il exerçait une autorité princière, « sa fille, comme les villageoises, allait « puiser de l'eau à la fontaine. Gepen- « dant , chose extraordinaire , il n'était ce pas insensible à l'attrait de l'or.
« A Topolo , on aurait pu le prendre « pour un simple paysan. Assisté de « ses momkis, il éclaircissait les arbres « de la forêt ou détournait quelque « courant d'eau pour alimenter un « moulin. Ensuite il allait pécher avec « ses gens. Il cultivait et labourait la ce terre; un jour il salit les décorations «c qu'il avait reçues de la Russie en met- <* tant un cercle à un tonneau. C'était « devant l'ennemi que se révélait en lui « l'homme de guerre. Quand les Ser- « viens le voyaient arriver suivi de ses « momkis , ils reprenaient courage. Sa « stature haute et mince, ses épaules ce larges , son visage partagé par une « forte cicatrice , ses yeux enfoncés et « étincelants l'avaient bientôt fait conte naître. 11 descendait de cheval pour « combattre , et quoiqu'une blessure « qu'il avait reçue comme heïduk lui ce otat l'usage de la main droite , il n'en « maniait pas moins sa carabine avec une « grande habileté. Sa présence produi- « sait sur les Turcs une terreur pani- « nue ; car ils étaient persuadés qu'il « était invincible.
« En temps de paix Kara-George ai- « mait que les affaires suivissent leur « marche régulière, et quoiqu'il ne sût « pas écrire , il voulait qu'elles fussent « instruites et suivies selon les formes « légales ; mais s'il s'apercevait qu'on les « laissât traîner en longueur, sa justice « frappait d'une manière terrible. 11 « n'avait qu'un frère qui, à l'abri de son « nom , se permettait les écarts les plus « condamnables. Pendant longtemps « Kara-George avçit fermé les yeux sur « sa conduite ; mais enfin ce frère ayant « fait violence à une jeune fille dont les « parents disaient tout haut qtie c'était « pour des crimes de cette nature que « la nation s'était soulevée contre les « Turcs , le commandant en chef fut si « indigné de cette action honteuse qu'il «fit pendre le coupable à la porte de sa « demeure, et il défendit à la mère de le « pleurer publiquement.
« Cependant en général il était d'une « nature bienveillante : on lui repro- « chait de prêter trop facilement To- « reille à des accusations dont il avait « lui-même reconnu précédemment la « fausseté; une fois irrité, sa colère n'a- « vait plus de frein. Sans se donner le « temps de faire exécuter sa vengeance « par ses momkis , il tuait de sa main « celui qui avait osé l'offenser, et dans a ce cas nul n'était à l'abri de ses em- « portements. Il était redevable de sa « dignité au prince Théodosi, et cepen- « dant il le tua. Après que sa fougue « était satisfaite, il pleurait et s'écriait : t Puisse Dieu punir ceux qui ont donné « lieu à cette querelle 1 Plutôt irritable « que vindicatif, il ne revenait jamais « sur une offense une fois qu'il avait « pardonné.
« Tel fut Kara-George , type d'une « force extraordinaire et n'ayant pas pour « ainsi dire la conscience de sa propre * nature, dont l'énergie semblait som- « meiller jusqu'à ce que les circons- « tances vinssent tout à coup la révéler « à elle-même ; alors cette puissance « d'action était irrésistible , dans le « bien comme dans le mal. Ce mélange « de grandeur et de faiblesse rappelle « le caractère des anciens héros celé- « brés dans les chants populaires des « Slaves méridionaux. Quoique la eivili- « sation ne puisse avouer tousses actes, « Kam-Gforpe n'en a pas moins joué « un rôle important dans le monde.
C'est lui qui a posé le principe de l'é-
« George (1) rien n'avait été
tenté avec le costume turc et des la ceinture. Son aspect annonçait i ment l'intelligence, mais la finesse, ne s'attend pas i rencontrer dans guerrier ; mais tous ses contempoi cordent à lui reconnaître une supé turellequi l'aurait mis au-dessus de daos toutes les situations où la forti pu le placer. » — Le même écrivain
Eassage suivant d'une note du mari ilsch , qui fut chargé d'une missk rie dans les années 1810 et iSii vernement servien possède Vorigia note. — « George Pétrovitch, i Turcs ont donné le nom de Kara (le un caractère d'une hante portée. 8 annonce une grandeur d'âme qu'il j si Ton fait la part des temps et de tances, si Ton réfléchit à t'imposi il s>st trouvé de recevoir de l'instn est forcé de reconnaître dans ce en une âme d'une trempe virile et vraii ligne. Sa réputation de cruauté ne rait rien moins que fondée. Quant n'avait pas même l'ombre d'uue co et qu'il s'est trouvé à m tète d'ui dénuée de toute organisation a toute culture, il fut forcé d'être s eût été dangereux d'hésiter et 6»
mais aujourd'hui qu'il y a des lois e mes légales , il renvoie les cas qu sentent aux tribunaux compétent) peu éloquent , et ses manières sa mais ses jugements en matière d prompts et sainement formés. A li'adrras? il joint une atifniinn ir Comme soldai, il n'ys qu'une of
Ml
in pour le gouvernement de la . La guerre se poursuivait lus ou moins de zèle et de , selon le mouvement des ofen Europe. Enfin la politique le tourna de manière à ouvrir rviens une perspective favorable mronner leurs efforts pour conteur indépendance. »