‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 153 sur 218 · RESTAU RATION DU POUVOIR DES TURCS · texte numérisé non relu

RESTAU RATION DU POUVOIR DES TURCS

On eut dit que les cruautés commises par les Servie ns devaient trouver leur chiltimeut dans le rétablissement de ta tyrannie Un motif moins excusable rnmre une la vengeance, la en pi dite fies ojes, avait terni l'édat de leur triomphe ; la spoliation avait suivi les massai tes ; et si le droit qu'a toujours là vaincu de résister a Top pression justifiait leur récente révolte , ils n'avaient pi os du moins celui d'accuser la cruauté de leurs ennemis. Les Turcs, en se montrant â leur tour impîtoyaMcs,

f>ouvoïcnt rappeler nus Sprviens toutes es horreurs commises à Belgrade Nf les Insurgés triomphants. 1/avtdité dis chefs, surtout celle de Mladen, qui commandai! alors la pnrnison , de Miloi, auquel obéissaient les hekjares, et deSima Narkovitch, knièze de la nahia de Belgrade, avait passe toutes les bornes. Devenus riches par le pillage, if* s'étaient intimement liés avec Karalîior-e, qui avait pr^té les mains à ces exactions, il en était résulté qu'un parti puissant, en appuyant dans des ?B9i is le commandant en chef, se permettait des violences qui donnèrent lieu à des mécontentements d'abord et ensuite à une opposition formelle. On a pi voir dans ce qui précède que les hospodars set aient M> que m meut révoltés contre V autorité de

Mladen et de Miloï ; etT dans le fait, ces deux chefs gouvernaient Hel grade presque aussi durement que Kara -George lui- même. On en voulait surtout a Mladen, dont l'influence était prépondérante. Dans cette lutte les hospO' sévirent vaincus; ceux d'entre eux tfui avaient montré le plus de résolution furent obligés de s'enfuir, et Ton M priva ainsi d'une force qui , au moment du danger, aurait pu soutenir efficace* ment la cause du pays. Il n'existait dans la Servie ni ordre militaire ni aucune institution qui formât Je lien de la nationalité ; la défense commune reposait presque entièrement sur la possession et les influences locales.

Le parti qui s'était formé a Belgrade, ayant puissamment contribuée lYtablissèment du pouvoir monarchique, se réserva une large part dans l'exercice de l'autorité : Mladen et le knièze Si nia a v nient rempli les plus hautes fonctions; mais ils étaient incapahles de remplacer ient feil exiler. Dana cette fatnïe année de ]SÎ3 leur conduite a nft efe plus que jamais funeste au i l'un était cause de la mnri de Velito, et négligea de défendre la Mon va; l'autre avait laissé les Turcs se porter sur Schabstz sans avoir même pi les arrêter. C'est à ces influences et aux conséquences qu*el les entraînèrent qu'on peut attribuer nu desastre si prompt et si général; et c'est ainsi que se vérrlîj la prédiction des vieux kmèzes»: qu'ua jour ou loutre les atrocités de Belgrade retomberaient sur le peuple.

A peine la fuite de Kara-Oorjre futelle connue que les sénateurs suivirent son exemple et se réfugièrent en Autriche. A la nouvelle que les Turc* occupaient Belgrade, on abandonna le projet d'envoyer vers la capitale Milosch Obrénovitch avec un corps dt deux mille hommes. Tous les chefs et les von odes les plus distingués mirent lj Danube entre eux et l'ennemi, Youitzn , avec les trois mille hommes qu'il commandait, abandonna Déhgrad*, et il ne se crut en sûreté que lorsqu'il eut atteint Pnntsrbcna. L'armée servi» one et tous le* enrps qui la composaient étaient pu pleine dissolution.

Il eût été difficile de prévoir un chaogement si complet et si brusque. Les

PROVINCES DAMJfelKN NE&

en Autriche éi dans diverses fbrteressorge à Glate, Mladen à YooHza, le- knièze Sima eut traités de même; ce ne tard et à l'intercession de Us obtinrent tons la per- 1 en Bessarabie. Quant

tin rang secondaire, bien laissés libres en Autriche, ne se hasarda à retourner T eut cependant quelques tarent dans le pays; mais, ▼engeance de leurs coms se cachèrent dans les >s Turcs rentrèrent donc t sans la moindre oppositte malheureuse province, ces forteresses qui avaient efforts aux chrétiens pounparée à une promenade seul bruit de leur arrivée»

e Sehabatz se mit en fuite, nt. l'autorité des Ottomans iblie dans les villes, les i villages.

r des Servions avait été si it détruit dans une seule [Ufil avait cessé d'inspirer leur avait fallu neuf anpour le maintenir, et il ne 5 renverser que le temps de endre.

; tout espoir n'était pas les voïvodes n'avaient pas a patrie ; et parmi les hos- «ul, Milosch Obrénovitch, rar la rive gauche de la ant les malheurs publics dans le passé des leçons r. Comme il cheminait le re, Jacob Nénadovitch vouacore une fois Sabreschie , l'était arrêté pour faire rahevaux , et il essaya de lui s'enfuir. « Que ferais-je de riche,, lui répondit Milosch , 'ennemi aura vendu comme femme , mes enfants et ma 1 Non ! quel que soit le sort s compatriotes, je suis déager. »

ût rougi d'abandonner le •e du danger. Tous les raide Jacob ne firent aucune sur lui. Il poursuivit son

chemin vers Brousnhza, où t meure. L'ennemi n'avait pa paru dans les districts du sud, * podar pouvait espérer de s'y l nir. Il mit une garnison dans Oi .

distribua aux bekjares des vétemeiAoei des armes , et il se flatta que le peuple obéirait à ses ordres. Cependant les Turcs s'avancèrent : on jugea toute résistance impossible. Chacun , dans des circonstances si critiques, s'estimait heureux de pouvoir conserver sa demeure, sa femme et ses enfants en se soumettant promptement aux vainqueurs. Tous ces corps se débandèrent :

la garnison d'Oujitza , à la nouvelle de l'approche des Turcs, s'enfuit sans avoir broie une amorce.

Milosch ne pouvait résister ouvertement. Cependant l'attitude qu'il avait prise ne laissait pas que de donner à réfléchir aux chefs de 1 armée ottomane. Ils jugèrent que pour pacifier le pays la meilleure mesure à prendre c'était d'obtenir la coopération de quelque chef servien dont l'influence aurait action sur le peuple. Ils s'adressèrent donc à Milosch , en lui promettant que, s'il voulait les aider à rétablir la tranquillité et l'ordre , ils le feraient prince et gouverneur avec les mêmes avantages dont il avait joni sous K ara- George.

Cette proposition était d'une haute importance pour la Servie , quoiqu'elle cachât peut-être une pensée plus profonde qu'on ne l'a généralement supposé. Malgré leur présomption naturelle, les Turcs s étonnèrent de la facilite avec laquelle l'insurrection venait d'être réprimée , et en comparant cette campagne avec les précédentes ils attribuèrent sans doute la différence qu'ils rencontraient dans les Serviens actuels avec ce qu'ils avaient été dans les guerres précédentes à la forme du gouvernement imposée par Kara-George.

Sans renoncer à aucun des avantages que leur assurait la victoire, ils crurent donc utile à leur domination de couvrir ce qu'elle avait d'antipathique et d'odieux aux yeux des chrétiens d'un nom populaire et respecté. Les Serviens y gagnaient de leur côté en voyant que l'élément national n'était pas entièrement proscrit par leurs anciens maîtres.

L'UNIVERS

Quoi qu'il eu soit, Miioseli ne déclina point cette proposition; dans te village de Takovo il déposa ses armes am pieds de l*aga A li-Sertschesma* défibascha du grand vizir, L'apa n'accepta que le sabre ; il lui rendit ses pistolets, sa carabine et sa dague t en lui permettant de les porter comme autrefois , et conformément à la promesse qui lui avait été faite, il le reconnut comme grand knièze de Roudnik, Cet engagement une fois pris, Milosch s'appliqua non-seulement û pacifier son district , mais il engagea les autres vofvodea a cesser toute résistance , comme il venait de le faire lui-même. Ali aga lui témoigna toutes sortes d'égards; il alla même jusqu'à lui proposer de le présenter au grand vizir à Belgrade* Celuici le recul avec de grands Honneurs , et te confirma dans la dignité de grand knièze de Roudnik,

Soliman de Skopié, qui avait été nommé pacha de Belgrade , était peu favorablement disposé a l'égard des Serviens : il avait eu souvent occasion de les combattre dans les guerres précédentes ; cependant il consentit à accepter ce padiatik. « Voyez! dit-il eu présentant Milosch à ses courtisans, voici mon bien-aimé basch-knièzc , mon fils d'adoption : vous le voyez aujourd'hui doux et modeste; mais plus (Tune fois j'ai été obligé de fuir devant lui, cl en dernier lieu, à R avant , il m'a fait une blessure au bras. C'est là, ajouta t-il eu montrant la dcatrice»

cest la, mon fils d'adoption, que tu m'as mordu i » — «Cest vrai, répondit Milosch; mais désormais cette main, je veux la couvrir d'or, « Là -dessus Soliman Le déclara grand prince de Roudnik, Poschéga et Kragoujévatz; il lui lit présent d'une belle paire de pistolets et d'un cheval arabe.

Plusieurs autres chefs servions suivirent l'exemple de Milosch et se rëcon* ci lièrent avec les Turcs f tels qu'Abraham Loukitch, vieillard éloquent , qui avait été sovietnik et que tout le mo n de est i m a i t , a i ns i q ue I e voï vod e Axentî, qu'on fit knièze de Belgrade On leur accorda aussi la permission de porter des armes, et quelquefois on eut égard a feur intercession en faveur de leurs compatriotes, Stanoï Gl a va se h

était resté dans le pars ; mais, c avait été heîduk , il ne pouvait élevé à la dipmté, de knièze, Il eu charge de serdar dans le district Smédérévo , et en lui accorda cor aux chefs que nous venons de nom la faculté de sortir armé.

Malgré ces concessions, les T n'en étaient pas moins décidés à rep dre tous leurs droits de domina entière et exclusive. Attendu que termes du traité n'avaient point observés dans le sens de leur iiiter tation , ils se regardèrent comme ei rement libres d en négliger les pr pales stipulations, La conquête avait rétablis dans le pays; \ï gouvernèrent selon leur bon plaisir

Le pacha tint une force impos qu'il distribua dans les diverses lo tes, même dans les places de peu d porlance; par exemple à Iïatolsc et Hassan-Passina-Palanka , il mit < à trois cents Albanais et Bosnïaq que les districts voisins devaient n rir et payer* Ces troupes formaient sorte de force executive.

Grâce a ces mesures protectrice!

vit rentrer non-seulement les spa mais les Turcs qui avaient été fi de s'exiler* Ils trouvèrent presque 1 dans les villes et les palanks, leurs sons détruites ; mais ils rentrerai possession de leurs propriétés , non méditer une prochaine vengeance.

effet, à peine se virent-ils définitive! installés qu'ils mirent a mort ceux 4 regardaient comme leurs ennemis ticuliers*

Les Serviens ne pouvaient raiso blemcnt se flatter qu'on les laiss administrer la justice, comme il été stipulé dans le traité de Bukai Les choses furent même pires qu< mais ■ t.îiid is que précédemment il avait eu qu'un seul moussélim > chaque district , Soliman établit fonctionnaires dans des places di coud ordre , où il n'y en avait ja existé. Quand aux cadis qui et charges d'administrer la justice cor tement avec le mousse fi m, il n> pas même question*

Le pacha éleva le chiffre de h rièza , et les Turcs eu*-urëmcs 1 chargés de percevoir cet impôt

aysans

Sbrvées; il les employa à conses fortifications ; et, comme on les i ce travail des semaines entières nr laisser de repos, il en périt md nombre. Les Turcs témoit à cet égard une si complète renée qu'on les soupçonna d'en né eux-mêmes plus que .l'excès ligue n'en avait emporté.

les premiers soins de l'administnt de retirer au peuple ses armes ree. Les grandes comme les ces durent être rendues. Les serrent chargés de parcourir le pays es recevoir ou en faire la saisie.

royait souvent des femmes pleuapercevant les armes de leurs i ou de leurs amis entre les des Turcs, qui affectaient de les t. Les femmes durent se défenisormais elles-mêmes; celle de h fut obligée de prendre le cosf une paysanne lorsque le mousisita sa demeure, persécutions et les humiliations Iles les Serviens étaient sans «posés étaient une source con- B d'irritation et d'alarmes. Le ir encore récent de leurs victoitdaxt le présent insupportable, et t àl'oppression le caractère d'une

t possible-que l'issue de la grande européenne, en renversant le r du conquérant qui s'était déallié des Turcs, ait fait entrevoir erviens la possibilité de lutter loins de desavantage contre un uement qui, à son tour, serait ; par la Russie.

fusait du plus léger incident pour des troubles qui pouvaient coni une insurrection générale.

814, vers la fin de l'automne, le ilim de Poschéga et un ancien », Hadji Prodan de Sjénitza , s'érencontrés avec les gens de leur a monastère de Tarnova , où ils ; cherché un refuge contre la Un jour que le moussélim et le 5 se promenaient dans la camlenrs hommes se prirent de que- 1 leur absence. L abbé du cloître irti pour ses compatriotes , et les forait saisis et pillés. Cette dis-

pute, insignifiante en elle-même, occasionna un soulèvement général dans les districtsde Poschéga et de Kragoujévatz, et il s'étendit jusque sur le territoire de Jagodina. Hadji Prodan, qui s'était hâté de quitter le moussélim, n'épargna rien pour propager l'insurrection ; et il exhorta Milosch à se mettre à la tête du mouvement, comme l'avait fait autrefois KaraGeorge.

Mais Milosch n'aurait pu prendre un parti décisif dans de telles circonstances. II devait beaucoup à la faveur des Turcs, et d'ailleurs il était persuadé que ce coup de désespoir, risqué sans aucune préparation , ne pouvait qu'échouer et causer la ruine totale du pays. Il crut donc devoir agir dans un sens absolument contraire. Accompagné d'Aschim- Beg, moussélim de Roudnik, avec lequel il s'était lié par une fraternité d'adoption, il se rendit à Poschéga pour y étouffer la révolte. Mais à leur arrivée Hadji Prodan s'enfuit. Milosch continua sa marche jusqu'à Kragoujévatz, où, après avoir gagne par ses conseils quelques-uns des meneurs , tels que Simon Postrevatz , Blagoï de Knitsch et Voutschitch , il n'hésita pas à échanger quelques coups de fusil avec ceux qui refusaient de se soumettre. Les insurgés tenaient déjà la campagne ; mais lorsqu'ils virent que Milosch était décidément contre eux , ils profitèrent de la nuit pour se disperser. Lorsqu'ils furent instruits de ce qui s'était passé , les mécontents de Jagodina se sauvèrent dans les forêts ; et , de cette retraite, ils sollicitèrent leur pardon.

Tout en s'efforcant de rétablir la tranquillité , Milosch veillait d'un autre côté au salut de ses compatriotes; il facilita la fuite de quelques-uns. Les femmes de la maison de Hadji Prodan étaient tombées entre les mains des Turcs ; il parvint à les faire sauver ainsi que la plus jeune d'entre elles , sa* bellesœur, qui parvint à s'évader sous des habits d'homme. Le premier il avait donné avis de l'insurrection à Soliman-pacha en lui annonçant qu'il allait la réprimer; et il obtint la promesse que, si les Serviens rentraient d'eux-mêmes dans le devoir, on ne sévirait contre personne, à l'exception de Hadji Prodan , qui devait servir d'exemple.

3<tt

L'UNIVERS

Mais la conduite du pacha ne répondit point à ces promesses. T.e kiaïa de Soliman ne retourna a Tschatschak que lorsque tout fut rentré dans Tordre : il força les habitants à dénoncer les meneurs, qu'il emmena avec lui chargés de chaînes. Heureusement que Milosch parvint à le détourner du dessein qu'il avait de piller les villages insurgés dans les districts de krasoujevatz et de Jagodina, dont il voulait réduire Us habitants en e scia vase. Il parvint a rhanger la résolution de ce fonctionnaire en le menaçant de l'ahanlonner et de lui laisser tout le «oin de pacifier le pays. Dépendant ces menaces ne purent empêcher que les plus compromis dans cette échauffourée ne fussent pris et envoyés à Kelizrade. Malgré l'assurance donnée par le pacha lui-même qu'on se contenterait de leur faire pa\er une amende et de leur administrer un châtiment corporel, on en décapita cent cinquante devant les quatre barrières de la ville. L'abbé de Tarnova avec trente-six autres Serviens subirent le supplice du pal ( décembre 1KM ). Ils étaient tous pleins de jeunesse et de couraue, et descendaient dp familles illustres; c'étaient autant de raisons pour que les Turcs se montrassent impitoyables.

Ce châtiment >i cruel n'était que le prélude des mesures qu'on allait prendre pour ôter aux Serviens le désir et les moyens de s'insurger de nouveau.

Sous le prétexte de rechercher les armes»

dait par les extrémités, en faiss porter à leuv corps de lourdes

Kendues à des cordes. D'autres âtonnés jusqu'à ce qu'ils expi d'autres embrochés et rôtis. La se refuse à retracer des atrociti autre genre.

On n'épargna pas même au ces persécutions. Parmi ceuxqu exécutés à Belgrade , il se trouri ciens sénateurs entourés de la tion de tous , tels que Mi lia l vitch; desvoïwodes vieillis et I tels que Stéphen Jacoblévitch. L tions de serdar ne purent mi protéger Stanol G la va sch; il fut bien qu'on n'eût rien à lui re| On représenta respectueuse) pacha qu'en agissant avec cette il compromettait les intérêts di St teneur. Ce fut même l'avis d'i Bégnnovlianin , qui autrefois pas éparuué les Serviens. L écoutait tranquillement et see de repondre qu'il était loin d*« la rigueur que lui prescrivaient truciions, et que. somme faite peut-être trop indulgent.

yuel parti restait il donc à | Milosch pouvait- il \oir de & qu'on violât à ce point les p qui lui avaient été laites en c< tion de ses services? 11 se troi hasard à Belgrade lorsqu'on y la tète de Glavasch. a As-tu vue Uniêze? lui demanda unTurcd

sst

Itseèka, an milieu des monitadnik, où depuis le retout 1 «fait fait élever une mails dépendances sur la pente a escarpé, il trouva rassem- «foment ses momkts , mais grand nombre de Servien»

rtts comme lui à tout entretous ces hommes avaient leurs demeures, où il n'y la sûreté pour eux. Le jour, dent à taire des édaircies dans à planter des arbres fruirit, Os se rendaient dans les i vourinagepour s'y faire des et délibérer sur le meilleur ndre dans les circonstances H est probable qu'à cette r espoir n'allait pas jusqu'à ee de la patrie; mais ils aiteux lutter à ciel découvert idre chez eux les bourreaux La certitude de ne point suent vengeance les soutenait, lient décidés à vendre leur èrement que possible. C'était mtiment oui régnait dans la qu'éclata la première insur-

IAPITRE. XXVII.

OIBE DE MlLOSCH

ouke, Ranke, Ami Boue, etc.)

■e de l'émancipation de la ont entière dans celle de deux Lara-George et Milosch Obré- « premier était surtout né on; l'exercice d'un pouvoir isa bientôt ; quand il eut mis dans l'influence étrangère et t plus que le chef d'un goudont les éléments se refusaient jeu régulier d'un système ad- , il sembla renier les qualités re; le génie du commandant lerva dans les intrigues diplot perdit plus eu énergie qu'il ne en courbant sous sa volonté résistances ; mais la Servie lui ^connaissance éternelle : il a 'elle est en état de résister t, et il a élevé si haut le «tional que le joug et ('nubien qu imposes momentaippelleront toujours au peuple

comment, dans les circonstances les plus difficiles , il a reconquis son indépendance.

Quant à Milosch, son histoire,que nous empruntons aux documents les plus authentiques, complétera celle de la Servie pour ce qui regarde la période de son affranchissement.

Milosch fut lui-même l'instrument de sa fortune. 11 obtint d'abord quelque crédit à cause de ses relations de parenté avec Milan. Sa mère, Vischnia, avait d'abord été mariée, à Brousnitza, au paysan Obren, qui fut père de Milan. Elle épousa en secondes noces un autre paysan nommé Tescho ou Théodore de Dobrinié dans le district d'Oujitze: elle lui donna plusieurs enfants et entre autres Milosch, qui naquit en 1780. Comme Théodore n'était pas plus riche qu'Obren, les fils de Vischnia durent se pourvoir comme ils purent. D'abord Milan établit un petit commerce à Brousnitza, et ses affaires prospérèrent. Milosch s'employa comme pâtre ; il conduisait des bœufs en Dalmatie pour le compte de ceux qu'il servait ; mais bientôt après il se réunit à Milan. Les deux frères étaient si étroitement unis que Milosch avait adopté le nom patronymique d'Obrénovitch, c'està-dire fils d'Obren, quoique Obren fûtle père de Milan, et non le sien, tandis qu'il aurait dû s'appeler Milosch Théodorovitch. Milan et Milosch réussirent dans leurs spéculations; lorsque la révolution de 1804 éclata, ifs jouissaient déjà d'une grande considération dans le pays. Dèsle commencement delà guerre, ils" se déclarèrent contre les Danis, et Milan fut désigne comme chef àRoudnik, à Poschéga et à Oujitze. Cependant ses goûts le portaient au repos; c'était Milosch qui se chargeait pour lui de tous les soins que réclamait la guerre. Nous avons déjà parlé de la part que prit Milan à l'opposition organisée contre Kara- George. On se rappelle qu'après la mort de Milan Milosch lui succéda dans le commandement, où il rencontra lui-même des difficultés et des obstacles. Ce fut probablement parce qu'il n'était pas entièrement favorable au parti dominant que dans la guerre de 1813 il n'avait pas jugé à propos de passer en Autriche avecles autres chefc; peut-être l'ambition ne fut-elle p*s

L'UNIVERS

étrangère à cette conduite : resté seul , son influence s'accrut de toute celle que les autres avaient perdue, nonseulement dans les dictricts de son commandement , où les Turcs l'avaient nommé grand knièze de trois nahies , mais dans toute la Servie, qui tenait avec sollicitude ses regards fixés sur le médiateur entre les vaincus et les Ottomans. Les Turcs le redoutaient et se trouvaient forcés de lui témoigner des étfards. Tant que leur ioug ne fut pas absolument insupportable, Milosch parut s'y résigner; mais, quand la persécution et les haines se montrèrent à découvert et qu'il vit sa vie menacée , il prit le parti d« la révolte. Ils s'étaient promis mutuellement lui et son frère d'adoption Aschin-Beg de s'avertir si (luelque danger menaçait l'un ou l'autre île I» part des Servieus ou des Turcs. Milosch s'était engagé à désigner à Ascliiii ceux des Servieus qui étaient ses ennemis, et celui-ci avait juré d'avertir le knic/.e des machinations qu'on pourmil ourdir contre lui. Le vendredi qui Jireccde le dimanche des Rameaux( 1815/, kliloxch conduisit le moussélim hors de ses districts : l'insurrection était au moment d'éclater.

Kffectivement , dès la veille, le percepteur de Jasénitza avait été chassé; un autre fut tué à Konieuscba par Jean, frère de Milosch, et par Blagoï.

On attaqua ensuite Tokatlisch , prédécesseur à'Asfhin-fleg el ù qui le crédit de Milosch avait fait perdre sa place.

crétiou avec tous les tiens , et l leur permit de s'éloigner, < qu'il voulait les accompagner 1 Mais à peine furent- ils ami hauteur qui a voisine Roudnik hommes, cachés en embuscad cipitèrent sur eux et les tnè à l'exception d'un seul. Cehû-c Pourquoi cette méchante/actkn Tu avais cependant donné 1 pour notre sauvegarde. Qoe récompense comme tu le inéi comme Lomo essayait de se le momki, tout en continuant tira un magnifique couteau i argent et lui dit : Prends ce en tes amis me tuent , j'aurai (ta satisfaction de savoir qu'un possède; s'ils m'épargnent, comme un souvenir de moi. I le gage offert : il était oc< placer dans son baudrier, li Turc lui tira un coup de pis la tête , et s'enfuit à toute br ment concilier tant de coui résolution généreuse avec u digne duplicité!

Le jour des Rameaux (18 U se rendit à l'église de Tako peuple s* était rassemblé par i Les vieillards eux-mêmes, f pects d'ordinaire, demandaie volution. Tous jurèrent d'où ressentiments particuliers , au knièze Milosch. En même mornkis se réunissaient à Ciri Couvert d'armes brillantes e

où Ton apcrt (c'était la oou- Ttees) tt fallait tuer celui qui fc. te réaolut de commencer IMs sur-le-champ. Le peuple mes des- lieux secrets où il déposées : ceux à qui on avait

• le» eu reçurent de leurs OU éhu à la hâte des retrani aur les limites des districts sk, dans les endroits où la toi pgéo le plus nécessaire.

■méprise était peut-être plus issene l'avait été l'attaque s«aèris : le peuple, quoiqu'il Il beaucoup de xèle et <f ardeur ,

\ intimidé par le souvenir

désastres. Les Turcs

i tout le pays des

. 11 n'avait fallu que

i an kiaia pour rassembler lêm qui dépassait dix mille mm compter quelques centaiaras sous la conduite du bimsn-Moustapha et autant de qu'amenait le knièze Aksenti.

eut pas des retranchements

• qui pouvaient arrêter un ont préparé et tellement surnombre. Les Turcs dans leur r Boudnik s'avancèrent jusqu'à /insurrection ne s'annonça pas mis des auspices plus favoraoelle de Hadji-Prodan. Quand i le kiaïa n'épargnait aucun de résistaient, mais qu'il faisait uiconque se soumettait, une erviens, parmi lesquels étaient qui avaient demandé à grands olution , s'empressa de mettre mes. Les insurgés qui ne vou- I se rendre hésitaient entre is désespérés. Les uns propose joindre aux Turcs et de les ïraser le parti de Milosch ; les u contraire, étaient d'avis de smroes et les enfants et de se tans les montagnes pour faire re à mort à l'ennemi.

5 on était à délibérer sur ces m» extrêmes, on vit arriver ts hommes de Grouja, deux la montagne de Czrnagora istrict de Roudnik et quelques iens venus de celui de Jagon'était pas considéra-

ble; mais les hommes qui le composaient étaient des guerriers résolus sur lesquels on pouvait compter. Ils avaient pour commandant Johan Dobratscba , oui jusque-là s'était paisiblement occupé de commerce, mais qui déploya dans cette circonstance une énergie et un courage extraordinaires. Ce renfort ranima "espoir des insurgés, qui résolurent de hasarder un engagement malgré leur infériorité numérique.

Le kiaïa, qui aurait mieux fait peutêtre d'établir son camp à Roudnik pour tenir en respect ceux qui avaient déjà fait leur soumission et réduire ensuite les autres, quitta les montagnes, descendit dans la vallée de la Morava, et vint camper de l'autre côté de la rivière à Tschatschak ,~ où il se flattait d'occuper une position meilleure. Milosch profita de cette faute. Il [éleva un retranchement en face du kiaïa, sur la rive gauche de la Morava, au pied du mont Lioubitch. Cette montagne, qui commande la vallée, la rivière et une rangée de collines escarpées, protégeait contre les Turcs ces mêmes districts qu'ils venaient de traverser.

U serait peu intéressant de décrire les combats qui se livrèrent sur la Morava supérieure. Cette lutte avait tous les caractères d'une guerre de brigands. De l'autre côté du fleuve , les Albanais infestaient le pays , et cherchaient non moins du butin que des hommes à combattre. Les Servions leur échappaient en se cachant dans les défilés. Plus d'une fois les moines , avec leurs serviteurs armés, leur donnèrent la chasse.

Ils les guettaient dans des embuscades et tombaient sur eux à l'improviste.

Traqués de tous côtés, les Albanais n'avaient plus d'autre ressource que de se jeter dans le fleuve , où ils étaient poursuivis au milieu même du courant.

Quelquefois les uns et les autres y périssaient ; et les pêcheurs qui retrouvaient leurs corps leur donnaient une même sépulture.

Les Turcs ne remportèrent aucun avantage de ce côté de la Morava. Tous ceux que Ton rencontrait avec un bourounti du pacha où l'on promettait le pardon étaient^ massacrés sans miséricorde, ■ ■ **- ~ qui '

de, qu'il fût Turc ou Servien. Mais ce i était favorable à l'insurrection, c'est

:utô

L'UNIVERS

que f pendant qu'on guerroyait sur ce point, la révolte gagnait les autres districts et jusqu'aux nahies de Belgrade et de Valiévo. Les spahis se flattaient de comprimer ces mouvements parla force.

Us élevèrent un retranchement à Pa* lesch, sur U Koîoubara1 qu'ils avaient l'intention de faire occuper par deux ou trois cents hommes.

Déjà Milosc-h avait des forces suffisantes pour quitter son camp et se porter au secours de ses compatriotes. Il amena quelques troupes de Lioubitch; d'autres vinrent le rejoindre; de sorte qu'il lui lui possible d attaquer le retranchement avant qu'on eut le temps de l'achever.

Dans les guerres précédentes, les Servions avaient fait usage de chars à deux roues T appelés damons-arabes; c'était derrière ces eharriots qu'ils s'avançaient au-devant de L'ennemi. Milosch s'en lit amener un grand nombre pendant la soirée et lit dire aux spahis que Je lendemain matin , deux heures avant le jour, il leur m outrerait eonv ment les Ser viens savaient combattre* Les spahis, beaucoup moins nombreux que leurs adversaires, ne furent point d'avis détendre un ennemi qu'ils connaissaient d'ancienne date; ils profitèrent donc de la nuit pour s« retirer* Un des principaux avantagea que. les Servi ens tirèrent de cette retraite fut qu'ils purent enfin se procurer de Tortiller je. Us trouvèrent près du retranchement une pièce de canon qu'ils parvinrent à mettre en état de servir. Ils en rurent bientôt une seconde qu'ils avaient jusqu'alors tenue cachet?; et celle bonne fortune eut pour eux les résultats les plus favorables. A peine le bruit se fut-il répandu que, dans un enga* geinent près des frontières, les Servions avaient eu le dessus qu'un grand nombre d'exilés qui s'étaient réfugiés dans la Syrmie et ïe Banat rentrèrent dans la province. Stoïan Tscboupitcb, ancien voivode de Matschva; Peter Molter, neveu de J 'archimandrite Rouvira; Simon Nénadoviteh , frère de ifota et tils d'Àleaa; Bojo Bo|?itschévitscb , fils de cet Antoni qui avait si vail- L minent defmdu Losilîtll ; Paul ïzoukitch, autrefois heïduk renommé et roïvoàc sous Kara-Gcorpe; les krnezm Mi loi' Thcodurovitch, Maxim Bas-

chkovitch et plusieurs auin nages distingués reparurent patrie , avec leurs moinkis , ■ et des munitions, et engagé adhérents et leurs corn pair joindre aux insurgés.

Avec ces nouveaux secours pas difficile à Milosch de cli fièrement les Turcs de Valiév virent-ils son artillerie qu'ils nèrent une position fortifié Koloubara , à peu de distance Klilschévatz. l\ ne voulut pas poursuivît i Pldt à Dieu , sa qu'ils s'enfuient jusqu'au de

Mi losch revint à Lioubitch troupes fraîches, des chef geux et du canon. Il repou nemi, qui plia dans le preui cernent, Ne trouvant plus nchements suffisaient, élever d'autres tout près de I Il harassa tellement l'ennem Pures résolurent enfin de fair taque générale. Elle fut ûMâ que le résultat n'eu eut aui été prévu*

Les Servi en s ne pouvaient i d'avoir repoussé les Turcs; m défendirent courageusement .

Servien, nommé Raïteh, qui porte-etendard du temps deKar ei qu'on avait chargé d* des points nouvellement for voulut jamais céder, quoique camarades eussent déjà voulut mourir prés de ses f vendre sa vie le plus chère me hle, Ce retranchement tomba d les mains des Turcs, et Ton f d'abandonner l'autre; car I d'hommes se faisait vivement Lioubitch, Pour faire croire a qu'ils étalent plus nombreux, viens plaçaient des chevaux ai tranchée/, et à côui des mante sur des piquets figuraient des < Cependant , quelque temps ap renforts armèrent, et ils tureui encore en état de se mesurer 3 nemi.

Les Turcs, malgré leur su numérique voyaient avec in que la révolte prenait les prr d'une guerre sérieuse. C'estd ce que la suite rend pféHUM

PROVINCIft lUWBIENlf ES,

précises i m punit dans leur camp.

• kiaîa, qui avait été frappé •ortie, ne pot qu'augineuter a dam uue armée composée

appartenant à des races dii abir, une captive, échappée sjp, vint annoncer aux Seron grand mouvement avait i lea ennemis; mais elle ne m s'ils préparaient une attalit on une retraite. Les Sériant des voeux pour que lea jaaefit ce dernier parti; mais tanna lia mirent mules lea an nécessitait une vigoureuse La lendemain matin ils apm F ennemi était en pleine 1 qu'il s'était replié vers lea i du and, du cdtéuea hauteurs u Lsa Turcs avaient jugé sans Ha devaient profiter de ce mr mettre leur butin en sû- I Milosch n'était nullement a laisser s'éloigner sans comnonrsttivit les fugitifs, qu'il es d'Ertari, et les dispersa tant Les Servions leur relaentementle butin mit dans pagne, mais tout ce qui leur restitué, ainsi que leur artraita généreusement i, qu'il fit conduire à

fit panser les blessés ; et on lorta sur des brancards. Les les vieillards et les enfants bjet de soins particuliers.

c captifs valides, on leur pronontures : c'était la première dans une guerre entre des et des Turcs les vaincus étaient ec tant d'humanité. « Ils en vee nous , disaient-ils euioomme si nous étions leurs eurs soeurs ; une religion qui oie telle conduite doit être e, •

«▼elle de cet échec, les Turcs èrent précipitamment les notranchées qu'ils occupaient à rata ; de sorte que la plus artie du pays était délivrée réaence.

antles Turcs étaient moins inur les places qu'ils tenaient Prieur. Celle qui était le mieux

Sê7

forti fiée défendait Pojarévata; et tant que les Servions n'en étaient pas maîtres rien ne pouvait être considéré comme décidé. C est sur ce point que, sans perdre un temps précieux. Milosch dirigea ses forces. Avant qu'il fût arrivé devant la ville , l'ennemi se présenta pour le com* hattre : « Délibascna , dit-il au chef des Turcs, je ne sais si tu as un autre chemin à prendre qu'à travers mes Servions; mais ce que ie sais bien, c'est que, dans notre querelle, il y va de ma vie ou de ma mort. » U parvint à enfermer l'ennemi dans ses ouvrages , et dès le même soir il éleva quelques retranchements.

C'est là que la lutte allait s'engager avec toute la fureur que peuvent inspirer la haine et le désespoir. Il semble que l'énergie de Milosch redoublait encore par la conviction où il était que lea Servions jouaient le tout pour le tout, et qu'ils n'avaient d'autre alternative qu'une victoire glorieuse ou l'oppression la plus dure et la ruine définitive du pays.

Il rappela a ses capitaines que ceux qui préféraient retourner chez eux étaient libres de le faire ; mais que quiconque resterait était tenu de marcher à la tête de ses soldats; et que le premier qui fuirait, voïvode ou simple combattant, il le tuerait de sa main.

Dans la soirée on donna l'assaut, que Ton recommença trois jours de suite, et à chaque attaque les Servions enlevèrent un retranchement. Il est vrai que ces avantages leur furent énergiquement disputes. I^s Turcs se défendaient avee leurs couteaux quand ils n'avaient plus d'épée, et souvent il y eut des luttes corps à corps. Les Serviens fireut un riche butin en chevaux de prix, en housses magnifiques et en vêtements de luxe.

Le quatrième et dernier retranchement, qui s'élevait entre la mosquée et l'église, était plus fort que les trois autres. Les Serviens réussirent à s'emparer des ouvrages; mais ils ne purent en déloger les Turcs. Us passèrent la nuit en face des redoutes ; et le lendemain matin ils renouvelèrent l'attaque. L'église présentait de grands obtacles; les Turcs avaient pratiqué des meurtrières dans les murailles, d'où ils tiraient à l'abri sur tous ceux qui s appro-

LUlfTVEBS.

chaient. Cependant les Serviens pénétrèrent par les brèches et s'avancèrent jusqu'à Faute! : là eut lieu un engagement terrible ; plus d'une fois les Serviens furent obligés de reculer. En6n, après une lutte désespérée , ils s'établirent solidement dans cette position.

Les Turcs étaient au désespoir. Ils demandaient seulement que umitri vînt leur donner l'assurance que c'était Milosch lui-même, nommé knièze par le sultan, qui les avait attaqués ; qu'à lui seul ils pouvaient consentir à se rendre.

Milosch leur permit de se retirer à Riupria avec leurs armes , mais sans canons , et avec autant de vivres que chacun pourrait en emporter. Us partirent sous la conduite erune escorte servienne.

Il ne restait plus aux Turcs qu'une place qui mérite d'être mentionnée; elle s'élevait à la jonction de l'Izar près de Karanovatz. Kl le se trouvait déjà serrée de si près qu'à l'arrivée de Milosch elle capitula sans résistance. Milosch dédaigna d'irriter les vaincus par des insultes; il lea laissa libres de retourner à Novîbazar avec leurs armes et tout ce qu'ils possédaient. Le pacha Adem résidait dans cette place. Milosch lui expliqua pourquoi les Serviens s'étaient révoltés, et comment la nécessité les y avait contraints. Adem lui ût une réponse amicale, qu'il termina par cette pnrase dans le langage Gguré des Orientaux :

i. Elwc-loi sur uo triple rameau (I);

on le fit prisonnier. Milead dre ses décorations, lai offi et le café, lui fit présent d d'une pelisse de cinq cents p laissa libre d'aller retrouw vizir. Ali lui conseilla de ne tracter d'alliance avec un étrangère, et lui affirtna qn viendrait prince de Servie.

Le pays pouvait encore ai comme affranchi, du moii rement. La campagne qu venait d'achever ne le ceoi à aucune de celles dont la i été le théâtre. La rapidité c rations à Polesch, fà-prop mesures devant l'ennemi, <p si supérieur en forces à Lw constance inébranlable devj tranchements de Pojarévati une haute idée de ses qualités

Cependant il restait b« faire. On n'avait vaincu, et complètement, que les forées i naient dans le pays. Les forte la possession, dans les guerra tes, avait donné aux Servieo ment de l'indépendance, étai entre les mains des Turcs. ( vait douter que le sultan, que alors aucune guerre avec ses fît tous ses efforts pour repu vie dans l'état de soumisstoi trouvait depuis la ruine du ment de Kara-George. De formidables étaient en mar venue de la Rouniélie sous

9AP1TRE XXYI1I.

HfeOClATIOlfS,

remarquer dam la conduite

qu'il ne prit les armes que t son salut personnel sérieuipromis : comme l'avait fait gs fers la fin de sa dominaojpaja sur une influence

et s il se montra humain

Turcs vaincus, c'est qu'il

que son élévation future équenee de sa clémence et de ioa. Brave et naturellement il eut les défauts de son sa race. L'ambition fut chez bile du patriotisme. Cette fâ est régoume des grands

ne pouvait qu'être excitée reonstances dans un pays sait brusquement de l'exali victoire à rabattement de

du gouvernement turc it empreint de fatalisme , ige d'une manière si brusattendue que les raïahs euxunis à ces fluctuations, se m l'influence des mêmes le sorte que, dans la bonne s la mauvaise fortune , ils ut à l'extrême. Quelques nasurgissent et se développent, it comme un troupeau ; de là de force et de ruse , d'abt de calcul intéressé dont >ns s'arrêtent ou dominent 'constances diverses, ons de la Porte avec la Rusaient au .sultan la nécessité irconspection. Desdéputés.de lient été envoyés au congrès mais on leur témoigna peu e. Quelques agents étrangers, iicfeterre, par exemple, leur durement qu'ils pouvaient la Russie. Et en effet cette |ui leur avait déjà prêté son appela le traite de Bukaendque l'ambassadeur russe opte avait dit : • Que signifie B fiiite à la Servie contraistipulations des traités?»

époque toutes les populaennes de l'empire étaient it d'excitation extrême. Les

vraison. ( Pmovmcms DAifUiiSNifis.)

sujets tores do rite grec regardaient le triomphe des puissances alliées comme étant celui de leur cause. Au milieu des préoccupations de l'époque, les cabinets étrangers avaient perdu de vue la connexion des événements récents avec les tendances des chrétiens de l'Orient ; mais la Turquie, voisine du péril, n'avait paa cessé de s'en préoccuper. Lorsqu'on apprit le retour de Napoléon de Itle d'Elbe, il y eut des souscriptions ouvertes parmi les chrétiens de l'Orient dont le but, selon M. de Pouqueville, était d'aider la coalition à l'empêcher de remonter sur le trône. Ces manifestations eurent lieu dans plusieurs villes et entre autres à Janina , à Castoria, à Sères, à Andrinople, à Constantinople(l).

Le dernier conflit des Turcs avec les Servions fut promptement réglé. Il eût été fort dangereux pour la Porte que les armées envoyées en dernier lieu eussent rencontré une sérieuse résistance.

Si alors la Russie avait jugé opportun de prendre fait et cause pour Je parti opprimé, il aurait pu s'ensuivre une révolte générale parmi tous les raïahs.

Mais les forces envoyées contre les rebelles firent halte, et offrirent d'entrer en négociations.

La question qu'on agita d'abord était la même que celle qui avait été soulevée avant la guerre de 1813 , et portait sur l'interprétation du traité de Bukarest.

Mais on évita de mentionner ce document, pour que la Russie ne vînt pas se poser en arbitre entre les parties. Un commença par débattre ce point : Convient-il de laisser entre les mains des Serviens les armes qu'ils viennent de tourner encore une fois contre la Porte ?

Milosch avait toujours tant de confiance en Churschid, qui l'avait fait nommer grand knièze, qu'il se rendit au camp des Turcs. Le délibascba du vizir, Ali-Aga-Sertschesma , aux pieds duquel il avait déposé ses armes à Takos, lui promit sur son honneur qu'il ne serait point arrêté, et lui donna une escorte. Sur les autres points qui lui furent proposés, Churschid se montra dispose à céder; mais, quant à la prétention des Serviens de porter des

(1) Régénération de la Grèce, 487.

L'UNIVERS

armes, il ne voulut point en entendre parler : il exigea même , comme con-:

dition préliminaire, qu'ils commenças-) sent par les rendre, ajoutant qu'il de-: vait les envoyer à Constantinople pour montrer au sultan qu'il y avait encore' des raïalis en Servie.

Comme Milosch refusa de consentir, à cette clause , il est probable qu'on l'aurait retenu au camp; car le vizir était fortement tenté d'arrêter le chef de la révolte. Heureusement le délibascha ne voulut point forfaire à sa promesse. Il dit à Milosrh : » Tant que moi et mes nulle défis serons en vie, tu n'as rien à craindre, ■• Effectivement on lui confia la garde du grand knièze, qu'il reconduisit sain et sauf à Lnsnitza. En le quittant il Lui dit : * Je vous ai reçu ici sur ma parole; et c'est ici que je vous ramène ; dorénavant ne vous fiez plus ii personne, pas même k moi. Nous avons été amis ; nous voilà sépares pour toujours. »

Cliurseliid, qui, deux ans auparavant, avait fait la guerre au s Servi en s précisément pour le motif en question - ne pouvait guère céder; mais le Roumèlien lAlaraschli-Ali se montra moins intraitable. * Sou mettez- vous seulement au Grand-Seigneur, dit-il, et portez a votre ceinture autant de pistolets que vous voudrez, ayez même des canons, pea m'importe-! S'il ptott à Dieu, je vous placerai moi-même sur des chevaux arabes, et je vous ceindrai le sabre. * (C'étaient justement les trois choses que

Quoique les Servions misant tam espérances dans les promesses du va* lessi, leur confiance n'alla pas cependant jusqu'à le laisser pénétrer dans le pays sur sa simple parole. Ils permirent .seulement à son kiafa de se rendre à Belgrade avec quelques troupes. On leur 'avait assuré que cette mesure serait d'un bon effet a Gonstantinople et prouverait leur désir sincère de rentrer nos la souveraineté du sultan. Tandis pe les députés de Milosch, accompagnés des commissaires du valessi, partaient pour !o capitale, les d*ux armées ratèrent sur la frontière en attemiiût T issue des négociations.

Comme gage de son amitié, Mm* chli-Ali envoya a Milosch le rosaire qu servait à ses dévotions. Il signifia mm à Tannée turque qui occupait la limite de la Bosnie que , là paix étant verit» blemeut conclue, il convenait de oe pw passer la Drina ; ce qui ne povtû qu'amener de fâcheuses complication* A peine s'était- il écoule un mois que là députes revinrent avec une réponse ùvorable. 1^ Annan accordait le pard« et ordonnait à Maraschli* Aii de se readft à Belgrade et de bien traiter le* Sutviens : «De même que Dieu a confie tv sultan le bonheur de ses sujets, nos le sultan confiait celui des Sertiau au pacha . ■>

Il semblerait, d'après Delà, que i'<* s'en remettait a la prudence de Mirai' chli-Ali pour tous les détails de Jjp* . cificaiion , puisque le firman se boni** t

du

faas,qui mutait de reconnaître veau leur dépendance. Il fat i néanmoins qu'on rendrait la ton turque aussi supportable Bible et que. les garnisons n*u- ; point des anciens privilèges i par fislamisme.

«cessions faites par Maraschlitaicnt particulièrement sur deux las taxes et l'exercice des droits ras. Il laissait aux Serviens la on des impôts, qui furent rétablis leJan pied. Précédemment les iraient non-seulement accordé wuraux Serviens, mais on leur kne permis de participer à l'adttkm de la justice. Dans les i province les moussélims n'aomt qualité pour rendre un juexécutoire sans en référer au al le Justiciable était Servien, ne dans. le cas ou le différend x m chrétien et un Turc.

régler convenablement ces ma- Jieates, on institua une cour de lerie, sur le modèle de l'ancien i soviet. O haut conseil, qui sié- Mmde, assistait le pacha, recenpot perçu par les knièzes et lit compte au pacha. Il formait le temps la cour suprême de et le pacha assurait 1 exécution

i il y avait là une amélioration ate, la chancellerie étant une i représentation nationale. Cequelques-unes des questions ut intérêt ne reçurent point de . Les relations entre les deux oos en ce qui regardait les prouvées ne furent l'objet d'aucun ; de sorte que les Serviens ent de nouveau des députés à Consle pour obtenir des règlements icomplets et plus rationnels. Ils èrent aux propositions qu'avait à une autre époque leur délégué ichko, et ils se flattèrent (Pen la confirmation, jtorités de Constantinople n'é- «pendant rien moins que disà réaliser ces espérances. Le évitant même de donner une catégorique, renvoya les déi pacha ; et celui-ci affectant

une grande surprise, assura qu'il n'avait reçu aucune instruction à ce sujet»

Ainsi, au lieu d'avoir obtenu une extension de leurs droits, les députés ne parvinrent pas même à faire régulièrement reconnaître ceux dont ils étaient déjà en possession, mais dont l'exercice dépendait en quelque sorte du bon vouloir du pacha , qui les avait accordés de son propre mouvement. Lorsqu'il annonça qxril allait quitter le nachalik, les chefs déclarèrent qu'ils abandonneraient le pays en même temps*; et, sur cette protestation, il se décida à rester. Cependant on craignit bientôt que Maraschli lui-même ne fût pas dans l'intention de tenir longtemps sa parole.

Dans la dernière guerre contre les Russes, il avait servi comme délibascha ; puis on l'avait nommé pacha de Roli, district d'Asie qui, sous Tschapan Oglou, avait joui de quelque indépendance. Après avoir cédé d'abord aux désirs des habitants , il était parvenu peu à peu et sans éclat à les ramener à une soumission complète. Sa conduite en Servie couvrait peut-être un dessein semblable : on prétend même qu'il s'était expliqué sans détour à cet égard.

Les conditions dont il s'était porté garant ne furent point consciencieusement observées. Souvent les moussélims infligeaient des peines corporelles sans que les knièzes eussent été consultés; une fois même le pacha autorisa une exécution capitale qu'aucune forme légale n'avait validée. L'arrogance des musulmans se manifestait de la manière la plus blessante. On vit un déli se promener dans les rues de Bel-

Srade en appelant ses chiens du nom es principaux chefs de la Servie. Ce qui contenait les Turcs, c'était que les Serviens marchaient toujours armés; mais ce privilège , qui leur avait été accordé par Maraschli pour les amener à se soumettre, fut réduit graduellement. Milosch , qui voyait souvent le pacha à Belgrade et qui était admis à sa table, reçut enfin l'invitation formelle de retirer au peuple ses armes. Milosch répondit que lui et les autres voïvodes rendraient volontiers les leurs; mais qu'il n'était pas en leur pouvoir de désarmer le peuple. Dans cet état de choses, il n'y avait point d'à

LUMVERS.

nue ni le sultan ni le pacha ne fussent disposas à régler d'une manière équitable les intérêts et radnriuistration de In province.

Comme contre -poids à Pinnuenee absorbante du gouvernement turc, et pour ainsi dire parallèlement au pou* voir du pacha, celui de Milosch, qui était intimement Jié à la cause nationale, s'étendait en se fortifiant de jour en jour. [1 est vrai que Milcsch était un oflîcier du sultan; il avait été nommé grand knièze par le vizir, et confirmé ensuite dans cette dignité ; mais il Hait en même temps le chef et le promoteur de l'insurrection à laquelle le peuple devait ses privilèges tels quels et ce qu'on lui laissait de sécurité* Il avait rendu d'importants services dans tous les districts, et la conduite de la guerre lui avait valu une autorité que reconnaissait tout le pachalik*

Cependant d'autres chefs qui avaient fait acte de courage déclinaient l'autorité du grand knièze. Johan Dobralscha, qui était venu à sou secours dans un moment critique, refusait de recevoir ses ordres, et prétendait qu'il n'était pas moins knièze que lui-même. Milosch le destitua, donna sa charge à un autre, et le district où ce conflit avait causé quelque agitation finit par se soumettre au knièze récemment nommé par Milosch*

Le chef n'avait point, comme autrefois Kara-George, à lutter contre des hospodars indépendants dans Leurs districts respectifs et qui pouvaient jusqu'à un certain point se regarder comme ses égaux. Il n'y eut d'ailleurs que Vouilza qui manifestât des prétentions formelles au partage de Tau to ri té suprême. Il fut recounu comme hospo* dar, et pendant longtemps son nom fut prononcé dans les prières publiques. Le grifed knièze Milosch rencontrait un antagonisme d'une nature toute différente. L'assemblée nationale de Belgrade pouvait, sauf la différence des temps, Être assimilée à l'ancien soviet. Le personnage le plus considérable du sénat était le neveu de l'archimandrite Rouvîm, sur le crédit duquel ce prélat avait compté pour s'échapper, parce qu'il travaillait comme peintre dans la maison d'un dahî; ce qui lui avait fait

donner le surnom de Moler (expression slave empruntée au mot allemand mailler^ peintre). Dans la dernière révolte Péter Moler avait pris les armes* comme tout le monde ; mais il s'était particulièrement distingué, et avait rendu de grands services a PoleselL Peut-être avait- il été le premier à proposer un plan favorable au rétablissement de l'ordre- D'après son opinion.

le pays devait être partagé entre quatre chefs dont l'autorité serait égale, Milosch avait évité de se prononcer sur ce point : -Le. lièvre que vous voulez partager f leur avait il -dit» court encore dans la foret, »

Mais, lorsqu'on s'occupa de la nouvelle organisation , Moler ne fut pas oublié, quoique dans un genre de service qui différait de ce qu'il avait anv bi lia n né. On le fit président de l.i chancellerie, fonctions auxquelles il convenait mieux que tout autre; car U savait le turc et écrivait le servien. Il s'arrangea de manière à tirer un parti avantageux de sa place. Indifférent aux principes religieux, dont il se raillait, il vivait avec une jeune femme qui n'était que sa maîtresse, aimait à traiter ses amis, et la légèreté de sa conduite avait accrédité le bruit qu'il détournait à son usage les sommes qui provenaient de l'impôt. Au bout de quelque temps Milosch, qui était jaloux de lui, cessa de déposer entre ses mains l'argent qui provenait de ses propres districts et le lit passera Omit ri, son confident intime, pour le remettre directement au naclia.

Moler se trouva blessé qu'on lui préférât un étranger, et s'en plaignit à plusieurs knièzes qui étaient ses amis; il parvint même à ranger dans son parti quelques uns des chefs des hauts districts* .Mais Milosch avait dans ses intérêts un nombre bien plus considérable de voï* vodes et surtout ceux de la Scboumadii et du pays au delà de la Morava* Lorsqu'on se réunit pour la skouptsciùna au printemps de l'année 1816, les knièzes tinrent une conférence préliminaire, et là une dispute s^teva entre Milosch et Moler. Enlin ce dernier s^écria :

» Milosch, tu mens! ■ sur quoi Milosch s'adressant à rassemblée : ■ Mes frères, jusqu'à présent j'ai été votre chef, dit-îl; dorénavant c'est Moler qui le sera, m Mais

do parti deMiloech et leurs aient porté la main sur Ta* oat les amis, craignant pour :, ne bougèrent pas. Moler 6é et conduit au pacha ; les » se trouvaient présents si- » pétition où ils demandaient mi de mort, et le pacha renité comme une sentence tenu de Élire exécuter, rit le premier président de lerie de la manière la plus ur ne pas dire plus. A ses fuin de. ses parents demanda aux yeux à un des assistants écution était juste. Oui , lui lui-ci, puisque tous êtes un b lequel de telles choses peu* r. Et cependant ce parent, ne était au nombre des chefs, bu assezde courage pours'op-que la pétition fût présentée, i Niktschitch, qui blâmait e Moler, avait sisné comme , mais il ne tarda pas luiprouver un sort semblable, éque de Servie, Niktschitsch Grec. 11 avait été moine au Stoudénitza . et plus tard are au temps de Kara-George.

nnpagné des ambassadeurs inople , il en revint évéque.

lité lui avait inspiré tant |u'il était mal vu de tout

Il étalait un faste excèsarlait des knièzes qu'avec

évitait de traiter Milosch . Ses rapports avec les prét hautains et tyranniques, royait l'intention d'arriver à semblable à celui du vladika [onténégro. Cependant son Hite personnelle ne s'élevait l'a l'idée politique. Il avait pacha qu'il n'était pas impostirer leurs armes aux Serilosch voulait appuyer cette

on l'entendit exprimer pu- : cette opinion. Cette conndit suspect aux uns et lui madversion des autres. Il

tournée dans son diocèse ) lorsqu'il fut assassiné ; on ce meurtre à des voleurs;

plus probable qu'il fut la il complot.

Détela actes prouvent surabondamment qu'on n'avait pas alors en Servie un sentiment net et précis du droit et de la /justice. L'autorité s'appuyait sur la force et la violence; a peine daignait-on sauver les apparences : comment respecter les formes quand la vie compte pour si peu de chose?

Kara-Georse lui-même, l'homme qui avait affranchi son pays, paya de sa tète l'imprudence d'être rentré parmi ceux qui lui devaient tant. Voici corn* ment les choses se passèrent.

Nous avons déjà dit que les changements survenus en Europe avaient causé une grande agitation dans les populations chrétiennes de l'empire ottoman. Le nom seul de la sainte alliance épouvantait les Turcs , qui se croyaient particulièrement menacés.

Les espérances des raïahs s'accrurent en proportion de la crainte de leurs dominateurs. L'assurance que les puissances alliées n'étaient point dans l'intention de se mêler des affaires de l'Orient ne suffit pas pour tranquilliser les Turcs et pour calmer l'effervescence des raïahs. Le mouvement, en se généralisant, prit tous les caractères d'une ligue. L'nétairie fut fondée; et les membres de cette association religieuse et politique firent serment de combattre et de fatiguer les ennemis de leur foi et de leur patrie jusqu'à leur entière extermination.

En 1816, les hétairistes eurent des ramifications à Odessa, à Bukarest et même à Constantinople. Ils s'efforcèrent, dit-on, de gagner le beg de Maîua en lui donnant l'espoir de dominer uu jour sur toute la Morée. Le plan, d'une insurrection générale était formé; on n'attendait plus qu'une occasion favorable. La Servie se trouvait toute préparée pour la révolte : on jugea que c'était là qu'elle devait commencer.

Les hétairistes s'adressèrent à l'ancien commandant en chef dans l'espoir que son ambition serait favorable à leurs vues. Kara-George avait reçu de Servie des lettres pressantes; on lui assurait que le peuple soupirait après son retour; il n'était pas éloigné de se rendre à leurs désirs. Sans passe-port et caché dans la suite d'un des membres de l'hétairie qui se rendait aux bains

L'UMVERS.

de Mehadia , Kara-George quitta la Bessarabie, où il avait trouve un refuge, et entra sur le territoire serbe. Moyennant une gratification , le batelier avait consenti à le passer de l'autre côté de la rivière. Il se rendit en toute hâte à Smédérévo chez Vouitza, qui , plus que personne, avait insisté sur son retour.

Là il parla d'une nouvelle révolution , d'une insurrection du même caractère qui allait éclater en Morée et de l'assistance que recevrait la Servie d'un fctat puissant. Il demanda même à Milosch de se joindre à lui et de commencer la guerre sans délai.

Mais le grand knièze n'avait nullement l'intention de prendre part à un mouvement dont le succès reposait sur des éventualités. Peut-être était -il moins disposé encore à concourir à la restauration do pouvoir de Kara-George. Deux hommes de ce caractère n'auraient jamais pu gouverner simultanément. Miloscli n'eut donc rien de plus pressé que de donner avis au pacha de l'arrivée de son rival. Le pacha , de son côté , lui représenta tout le danger qu'appelleraient sur la Servie de nouvelles menées révolutionnaires ; it ajouta qu'en cas de révolte le Grand-Seigneur enverrait indubitablement une autre armée dans le pays , auquel il retirerait toutes les concessions déjà obtenues et qui n'étaient que conditionnelles.

Il conclut en demandant à Milosch la tête de Kara-George.

Fn Conséquence de ce message, Mi-

périt misérablement par l'ordre des Turcs et de la main d'un compatriote , une des premières victimes des mou* vements qui allaient agiter toute l'Europe.

On a accusé Milosch d'avoir toimême engagé Kara-George à rentrer en Servie; mais cette accusation ne semble pas fondée. L'ancien commandant en chef était trop admiré et trof regretté; sa réputation avait trop gagné même en son absence pour que le grand knièze eût décidé , dans la rituation précaire où se trouvait le pays, de l'y appeler à ses risques et périls.

Le' pacha ne voulait pas croire que la tête qu'on lui présentait était bfta celle de Kara-George; mais, quand les habitants de Belgrade eurent levé tons ses doutes , il envoya ce trophée an sultan , auquel il ne 'pouvait faire une offrande plus agréable.

Cependant, en ce gui regardait la Servie , le résultat ne tut pas tel qu'il eût pu l'espérer. Milosch, débarrasse de tout ce qui aurait pu lui faire obstacle, c'est-à-dire de Moler, de l'évêque et de Kara-Georee , forma la résolution de se mettre a la tête des Servions.

En novembre 1817, il fut nommé knièze suprême ( rerkhovni knièze ) par tous les knièzes du pays. Les métropolitains de Belgrade et d'Ouiitze , Agathangel et Gérassion, Grecs 1 un et l'autre, et trois archimandrites servions assistèrent à sa nomination. Il

iqui pût ba- A tous en avantage!

celui d'avoir délivré le peuple eeende fols et d'avoir reçu San populaire le titre ae >réme. Le zèle qu'il mettait laa intérêt! de la nation lui ; de nouveaux avantagea, et tir s'affermissait de plue en

1 ne fat plue douteux que lit eueoéder aux longues agi»

i l'Europe, les affaires de rirent plut d'importance , et t avee sollicitude la marche mis entre la Russie et la dations qui n'étaient rien Mricaks malgré le traité de

Manifeste que les conditions, regardait la Servie n'avaient observées; en somme, jusrait été impossible d'amener un arrangement définitif.

en I&10, les autorités de topfe avisèrent qu'il serait erminer cette affaire, pour ut aux réclamations inces- Ia Russie. Les Serviens déar-desaus tout un plénipo»

Nnr prendre une connaissance l'état des choses et par Finb duquel on pût ouvrir des m. Mais à Constantinople , a bonnes dispositions, on i convenable d'éluder toute . On se contenta d'envoyer le un des officiers du reisli était porteur d'un firman t spécifiées les concessions aux Serviens.

icessions étaient loin d'être tance. Dans le but de rendre vtion et la juridiction de la ore plus indépendantes de la demandait à la province une terminée que la nation s'enpayer dorénavant sans qu'il m du mode de perception.

des moussélims était désornscrite dans l'enceinte des ; et l'on ne faisait aucune e reconnaître Milosch comme txe de toute la Servie, nt, quelque favorables que ' i, elles lais-

saient encore indécis plusieurs points importants , particulièrement en ce qui concernait les spahis qui résidaient dans les forteresses et réclamaient des privilèges seigneuriaux sur les villages. On demandait en outre' certaines choses antipathiques aux Serviens. Ils devaient se reconnaître pour raiahs impériaux , comme l'avaient été leurs ancêtres; et on leur faisait une obligation d'entretenir, selon l'ancienne coutume, l'armée impériale lorsqu'elle traversait le pays. On exigeait surtout qu'ils se déclarassent satisfaits de ce qui leur était accordé; car on voulait leur ôter le droit d'adresser de nouvelles réclamations à la Russie. Ils devaient en même temps prendre l'engagement formel de ne plus rien demander au Grand-Seigneur.

Les Serviens, qui connaissaient à peu près la teneur du firman, n'hésitèrent point à l'accepter. Leurs exploits dans leurs luttes pour l'indépendance, le mouvement général des esprits parmi les populations chrétiennes de l'empire , tout nourrissait et exaltait leurs espérances. Les Turcs, qui croyaient avoir beaucoup accordé , voyaient avec indignation que les Serviens étaient loin d'être satisfaits.

Lorsque Milosch quitta Kragoujévatc, ou il résidait momentanément, pour se rendre à Belgrade et prendre connaissance du firman, il lui parvint quelques avertissements sur le danger auquel il s'exposait. On assurait que le pacha avait secrètement informé les spahis de l'intention où était Milosch de prendre pour base des nouveaux arrangements les conditions de Péter Itschtko , de sorte qu'ils seraient chassés du pays. On ajoutait que, dans cette prévision, ils avaient des armes chargées et qu'ils étaient décidés à se défaire de leur ennemi dès qu'il se présenterait devant les portes de Belgrade.

Les amis de Milosch ont affirmé depuis que, s'il eût fait le voyage de Belgrade , il eût certainement éprouvé le traitement de Déli-Akbmet, que jadis Ëbou-Békir avait fait assassiner. Milosch renonça donc è son dessein d'aller seul à Belgrade. Il rassembla autour de sa personne un grand nombre de

L'UNIVERS-

Serviens et déclara qu'il Centrerait dans la capitale qu'aeeompa^né de cette escorte. Le pacha refusa de le recevoi r ainsi entouré , el lui donna Tordre de venir avec douze knièzes désarmés, et non avec une troupe si considérable et que la ville n'était pas en état de nourrir, Milosch répondit qu'il venait avec des des gens dont les intentions étaient pacifiques pour entendre la lecture du firman impérial; que c'étaient les mêmes hommes qui avaient défrayé le pacha avec sa suite à Belgrade et lui-même à Kragoujévatz , et qu'ils sauraient bien se pourvoir par eux-mêmes.

Le par h a refusa de leur ouvrir les portes; et les Se r viens ne voulurent point céder. Enfin* il fut décidé qu'il y aurait une assemblée à Topischider, a la distance d'un mille de Belgrade.

Des négociations ouvertes sous de semblables auspices et avec une méfiance réciproque ne pouvaient avoir uu résultat satisfaisant .

A Toptschider, les Serviens déclarèrent qu'ils ne renonceraient point au droit qu ils avaient de s'adresser â la dé» MM souveraine. On leur demanda quelles grâces ils attendaient encore.

IN ou s d e m a n d o n s , répond i rent- ils. ] >exé eut ion du traité dr BukaresL C'était la première fois, depuis Tannée 1813, que les Serviens eu référaient formellement à ce traité, Cette prétention de prendre pour base d'un arrangement des stipulations arrêtées par la Porte avec une puissance étrangère parut au commissaire turc quelque chose de si monstrueux qu'il lit seller ses chevaux M partit. Il affirmait à son retour qu'il n'y avait plus de raïahs en Servie»

qu'il n'avait trouvé dans cette province que des hommes armés. Dans la crainte de traverser un pays si daugereu* , il avait passé par le territoire autrichien et par la Valacuie*

Ainsi on vu surgir de nouveau les obstacles qui avaient toujours empêché Jes deux parties de s'entendre.

D'un côté, Jes spahis voulaient conserver leurs domaines et leurs privilèges , et de l'autre les Serviens étaient décidés à garder leurs armes. Sous Te rn pire de telles circonstances, toutes relations amicales étaient devenues impossibles. Enfin, les Serviens consi-

dérèrent comme rompu le traite le pacha s'était porté garant, cessèrent de lui obéir.

Cependant on reprit les négociai ConstantinopJe. La Porte s'expri termes modères; elle donna a eni que, si Les Serviens se montraient obstinés sur certains points , le g< ne ment pourrait accorder quelque de plus sur d'autres : pour évite d'allées et venues* on convînt vover a Constat] tinop le des agen torisés qui rendraient moins ce nuée la marche des négociatior épargneraient une multitude de i Ln conséquence les réclamation:

3ue4à vagues et confuses furet igées avec plus de précision, et ques députés partirent avec les pot nécessaires pour aller plaider la cai leurs compatriotes.

Cette députation était compos* deux membres du clergé, J'arch drite Samuel et rarehiprëtre Vo chinovitch de Jagodina , de knièzes, Vouitza, ltia-Markovit< Dmitri. Abraham Pétroniévitch fi signé comme secrétaire.

Leurs instructions portaient en s ta nce qu'ils demanderaient la s mat ion de leur indépendance dai affaires de l'in teneur et une M sion de ces privilèges à tous les tricts qui avaient été conquis par 1 George , à l'exception de celti Belgrade.

Les points principaux de leur clamatious étaient les suivants : 1 porter les limites du territoire , jusqu'aux redoutes occupées par citn commandant en chef x corni:

avait été stipulé dans le traité de karest ; £HJ de fixer pour le tribut somme déterminée « qui tiendrait de toutes les taxes ; 3" de reconn Je knièze ftlilosch conime prince I di taire et comme régissant le conjointement avec un sénat; 4 laisser aux Serviens la faculté de des églises et des couvents , de fc des écoles et de propager Tinstruci enfin de défendre à tout musulira l'exception de ceux des villes , de i blir en Servie.

Ce fut de cette manière que les viens interprétèrent le traite de B

c'est ainsi que Pavait autrefois téKara George* qu'il n'y eût aucun doute au s contrées qui devaient partid'une administration », elles furent spécifiées aii districts séparés, salait rétablir la petite monari «tait existé en 1811 et 1812 , s, il est vrai, avec une extenpriviléges, objet d'espérances Ibis déçues, mais sous la su- » de la Porte et avec un syslarge d'indépendance en "" l'administration inté-

avait point d'apparence que i ae montrât disposée à acde semblables réclamations; elles étaient accompagnées de set alarmants et qu'une inta générale de toutes les popuhretiennes de l'empire ottoman t imminente, le sultan fit ni arrêts les membres de la dé- . Les Servions ne s'effrayèrent s cette mesure. On prévoyait ar ou l'autre cette conduite, en . les sympathies de PEurope en 'un peuple opprimé, aurait des enees acbeuses pour l'isla-

touvelle que les députés étaient le leur liberté, Milosch leur urs pouvoirs, et tourna toute Aude sur les mesures d'ordre lamaient les circonstances et vers celles qui pouvaient coni raffermissement de son pou-

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