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CHAPITRE XXIX

TIOKS BT GOUVERNEMENT DE MILOSCH.

i rendait plus facile la tâche de , c'est que les principes sur on pouvait fonder en Servie reniement libre se trouvaient parés. Il n'avait pas besoin de •e les choses par le commencel lui suffisait de les rétablir sur i pied où elles étaient au temps -George.

fc surtout le cas pour ce qui t la juridiction : les actes de

violence dont les Turcs s'étaient rendus coupables dans l'administration de la justice avaient été en grande partie la cause des troubles précédents, et la rupture avec le pacha actuel avait eu pour motif les attributions que le dernier traité avait assignées à son moussélim.

On institua des cours pour les différents degrés de juridiction.

Pour Tes villages , la cour se composait des anciens et de ce qui restait des knièzes; elle était particulièrement chargée des mesures d'ordre en matières civiles; sa compétence rappelait celle de nos juges de paix.

des

district, dont les magistrats furent nommés dans les mêmes conditions attributives que sous Kara -tGeorge. Elles se composaient d'un président, de deux membres et d'un secrétaire.

Ces magistrats n'étaient pas sans doute des hommes instruits; mais ils rendaient leurs verdicts conformément à la coutume et selon leurs lumières.

Les cas embrouillés, surtout en matières de commerce, étaient portés devant les personnes de la même profession regardées comme les plus habiles, les plus expérimentées et les mieux famées. Et comme en général elles ne montraient pas moins de bon sens que de perspicacité , on s'en tenait presque toujours à la décision de ces arbitres.

Cependant, si l'on contestait la justice de ces décisions, on pouvait recourir à. la cour suprême, qui n'était autre que le soviet sous Kara- George et qui, depuis 1815, avait formé la cour de chancellerie.

Si Ton pense à l'ancienne marche des affaires en Servie, où le pouvoir réel était entre les mains des voïvodes ; si Ton se rappelle que le mouvement avait pris naissance au milieu d'une insurrection militaire sous des chefs isolés, ou comprendra sans peine pourquoi le pouvoir judiciaire n'avait pas joui d'une grande indépendance.

Il est vrai qu'il y avait encore des knièzes à la tête des districts ; mais dans le frit il n'étaient que les suc-

L'UMVERS*

cesseurs des voïvodes , de§ cheÉs mili»

taires.

Les knièzes faisaient exécuter les jugements des cours de district ; mais, comme ils leur étaient supérieurs, ils ne les traitaient pas avec beaucoup d'égards. Milosch se regardait comme le chef de la cour suprême , qui était tenue de le suivre quand il changeait de résidence. Ce ne tut qu'en 1825 que la cour suprême, après avoir reçu

Slusieurs améliorations , fut établie dénitivement à Kragoujévatz. Le prince se réservait aussi les sentences de mort : son frère Jéphrem était le seul qui partageât ce privilège dans les districts de Schabatz et de Valiévo.

Comme la cour nationale ou su-

{»rême n'était que la continuation de 'ancien sénat, le peuple n'a jamais cessé de la regarder comme étant investie du droit de prendre part à l'administration du gouvernement. Mais l'exercice de ce droit ne lui était point accorde. Milosch ne croyait pas avoir besoin d'avis et de conseils pour les choses de haute administration.

Dans les commencements, il parut vouloir respecter au moins les knièzes.

Il traitait comme ses égaux les plus distingués d'entre eux. En s'adressant à ces knièzes il les traitait de &tgneurs , leur présentait des pipes lorsqu'il recevait leur visite , et il approuvait généralement toutes les mesures Îju'ils avaient cru devoir prendre dans tîurs districts respectifs.

une alliance avec le pecht, < promis de les reconnaître eon pendants, et avec les spahis, cet appui, ils déclarèrent que de ils ne recevraient plus d ordre losch. Mais le prince trouva moyen de les faire obéir. Il ex médiatement des troupes dans tricts; et, s'ils n'eussent été sec des forces expédiées en tonte h pacha, leur perte était immmenl chli-Ali donna pour prétexte c lait prévenir une insurrection ; losch répondit qu'il savait u personne comment il fallait s*; avec les Serviens, et que, si le voulait être témoin d'une rév< raie, il n'avait rien de mieux à de faire retirer ses troupes et d< dorénavant de ce qui le regard

C'était précisément à la mén qu'éclataient en Valachie les excités par les hétairistes. 1 craignit que les Serviens ne si sent à Hypsilanti, et il rappela pes. Alors les knièzes récalci tous ceux qui avaient pris leui rent déposes sans qu'il en résul désordre. Un d'eux, Topalévitz, Grouscha, craignant d être con cause d'une lettre qu'il avait é gnit d'être en démence, et s'en tranger ; Milosch lui donna Vo pour successeur.

Ces exemples de fermeté ae rent par degrés les knièzes à dmatioo et a l'obéissance; il

PR0VDW1S DANUBIENNES.

; il exigeait l'imnôt Haut de sévérité qoren

jyéjadu les Turcs; quanta l n'y avait pas eu la plus ion. Les knièzes, de leur ient les moussélims; ils se tas mêmes outrages et agians exactions par des conmnelles.

*, lorsqu'ils réfléchissaient rigeait d'eux et aux traiteleur fallait endurer , trouavaient gagné bien peu de tant d'efforts et de sacrilie même avaient-ils plus omr le pouvoir qui pesait e que ceux qui l'exerçaient s ménagements étaient peu Muravant leurs égaux, a de l'année 1824, deux bstrict de Roudnik , nomitch et Ratkovitch» vinrent M knièses et de Milosch. On re au juste s'ils avaient été isés ou s'ils furent poussés arehe par le désir d'être i-raémes knièzes. Ce qu'il a, c'est qu'ils témoignèrent ^contentement et qu'ils esus d'exciter une rébellion.

is trouvèrent peu de symeur district, qui était celui La première personne à la- Iressèrent pour l'engager à eux les dénonça. En conséovitch fut saisi et conduit à c pour y subir un interroît la cour suprême. On peut dée de l'état de barbarie où encore plongé et du cas . de la vie d'un homme par i coupa court au procès. Le télé confié à la garde d'un u-ci, auquel on avait bien de ne pas le laisser échaprius sûr de lui brûler la cerivitch fut également contujévatz, interrogé et mis à Kir le forcer à nommer ses e paysan répondit : « Quand dirais mes compagnons , je as moins un homme mort. »

nilieudes plus cruelles souf-

I moment Milosch et ses tablèrent de surveillance.

Lorsqu'au milieu de l'année 1825 le knièse de Smédérévo, Péter Vou* htsehévitch, fut informé qu'un paysan passait pour avoir été lié avec ceux qui avaient conspiré et qu'il persistait dans les mêmes desseins, il se rendit aussitêt dans le village où demeurait cet homme pour l'arrêter. Il le fit saisir par ses momkis pendant la nuit , et on ramena dans la maison où s'était logé le knièze. Celui-ci s'était flatté d'étouffer ainsi la rébellion ; maïs elle éclata immédiatement et précisément h cause du moyen qu'il avait jugé propre à la prévenir.

Exaspérés par la conduite arbitraire de Voulitschévitch , les paysans se soulevèrent. Ils étaient indignés qu'on eût saisi un des leurs pendant la nuit , au lieu de s'être adressé à la commune, ce que prescrivait la loi , et que le knièze eût agi, précisément, disaient-ils, comme font les voleurs. Ils se portèrent en armes devant la maison du knièze , et le forcèrent à relâcher le prisonnier.

A peine Voulitschévitch fut-il retourné à Asanja , sa résidence habituelle, que le peuple de l'endroit se mit en insurrection, de sorte que le mouvement paraissait prendre les proportions d'une révolte sérieuse.

Milosch, sans perdre de temps, envoya des troupes à Asanja, sous le commandement de son frère cadet Jovan Obrénovitch. Mais cette mesure ne fit qu'aggraver le mal. Les hommes que conduisait Jovan prirent parti pour ceux contre lesquels leur chef leur ordonnait de se battre. Celui-ci se trouva dans un danger si pressant qu'il offrit d'entrer en négociations. 11 consentit à plusieurs demandes des rebelles, mais conditionnellement; car il n'était pas autorisé à traiter, et tout dépendait du consentement de son frère, qui seul, disait-il, était le maître. Les paysans demandaient avant tout qu'on déposât Voulitschévitch et qu'on nommât à sa place la personne qui probablement avait excité l'insurrection. C'était un certain Miloï Djak, qui, au reste, devait ce surnom clérical à une circonstance indépendante de sa vocation : il avait été élevé , par un ecclésiastique qui espérait le foire entrer dans la carrière religieuse. 11 avait renoncé députa longtemps à ce

T/QNÏVERS.

dessein ; et, après avoir été secrétaire de Kara-George, il s'était décidé pour une profession plus lucrative, celle de marchand de cochons. Comme it traversait le pays pour affaires de commerce , il lia ton naissance avec plusieurs riches paysans : il s'entre tenait avec eux des intérêts du pays; et , comme il parlait avec facilité, il se fil bientôt une, grande réputation.

.lovao, comme nous venons de le dire, promit conditionnelle ment que Mi loi serait nommé kniëze; les paysans auraient regardé comme un triomphe d'avoir emporté la nomination d un kntèze. Mais le diacre était trop au courant des choses pour ne pas savoir que sa dignité future n'était rien moins qu'assurée. Il visait à une situation plus élevée. Déclarant que r intention de Joyau était d'abuser le peuple, il se rendit à llassan-Passina-Palanka et leva contre Milosch r étendard de la rébellion. Le peuple accourut en mule autour de lui.

On se plaignait surtout de l'arrogance deskniezes, de leur avidité insoluble.

de leur inhumanité, qui rappelait celle des Turcs, et des corvées qu'ils imposaient aux paysans. Quelques-uns (trent ressortir des abus dira autre ordre, et signalèrent surtout l'impôt de la purieza comme excessif et vexatoire.

Décidés à renverser un tel gouvernement, las paysans se partagèrent eu deux corps; l'un marcha contre Jov&n, qui prit la fuite; l'autre sur Pojarévatz, le Stége de l'autorité; ce dernier était sous le commandement de Miioï Djak | et se grossissait de moment en moment. Les insurgés jiillèrent les habitations des knièzes de Jasénîtza et I-aueiiiizo, qui s'étaient attiré Tanimadversion du peuple. Les premières trou-

Ï>es que Milosch envoya contre les reîeîles furent défaites; c* était une compagnie de momkis, qui se virent forcés de rentrer dans Kragoujévatz sans leurs chevaux. Déjà Ton tremblait dans celte ville; Milosch lui-même parut hésiter. Cependant tt reçut des secours de Jagodina, Poaehéga", Oujitze. Voutscbitch,

Î|uV il avait fait kniëze de Grousclia, était ermement résolu a le soutenir. Lorsqu'il demanda aux momkis qui venaient d'être battus où ils avaient laissé leurs chevaux , ils lui répondirent : Nous ver-

rons demain ou seront les vôt regardaient la multitude des i comme irrésistible.

Mais Voutschitch persista d?

opinion, et leur dit qu'ils n'aurai dû attendre qu'on les attaquât, ne convenait qu'à des femmes* î commandant par Milosch, et tant sur des secours qu'on s'en de rendre disponibles, Vootschits cha contre les rebelles qui can près de Topola. El fortifia la haut leur faisait face, et des le lem matin il commença l'attaque.

Heureusement "pour les assa Miluï Djak avait été blessé au en cernent de Taction et sVtait vu f s'éloigner. Prives du chef qui le soulevés et dont l'influence seul tout fait , les rebelles furent bien perses.

Les vainqueurs se ruèrent sur lages où l'insurrection avait cou et mit ceux où elle s'était propagi commirent les mêmes atrocit accompagnent d'ordinaire les des Turcs.

De tous les incidents qui n rent la carrière de Milosch, la p répression de cette révolte fut pf le plus heureux,

Déjà un mouvement qui prése même caractère commençait dam triet de Belgrade, où il • dangereux , parce que deux ebt tinçués, (ils de ce TschapUcb qui son élévation a k ara -George* alla mettre à la tête des mécontents qu'ils apprirent la déroute de leu à Topola, ils désespérèrent de f amener des changements utiles , * échapper au danger qui les m* ils se réfugièrent à Pansrhova, territoire autrichien. Il est vrai ne se rebutèrent pas pour cela :

quant dans l'exil de données p sur l'état réel du pays et tronu ces illusions que les émii:

si facilement, ils crurent qu'en r* en Servie ils feraient partage mécontentement aux autres. Ià poir était de faire une revoluti renverserait non-seulement Je ( de Milosch et des knièzes, mais w Turcs, Des maîtres d'école de B rédigèrent pour eux une procla

«II, car ce document n'existe i l'on promettait une récomor la tête de Milosch et une ■déraJMe pour celle de Vout-

rtb jugèrent qu'il était temps as frères Tscharapitch se ren- ■s la forêt d'Avola, accompalaurs adhérents domestiques, ééeartre de Topola était trop la proclamation resta sans i traqua les rebelles dans la foamqu'ils ne fussent pas étranviede brigands, Ton finit par mir dans une caverne. Persuaa ne tas épargnerait pas, ils fit résistance désespérée et péril Quant aux auteurs de la pron, qui n'étaient point du pays, it mutilés d'une manière hor-

fle, quoique vaincu, n'avait pas ■serve le sentiment de sa force.

ms disaient : « Oui, cette fois , a eu le dessus; mais cela peut

ces révoltes toujours rem obligèrent le pouvoir à s'oci sort des paysans. Voutschitch wé, et les knièzes de Jasénitza epénitza n'obtinrent pas leur ition. Outre les plaintes périt il y en avait qui regardaient de propriété ; le gouvernement srd. Quant aux meneurs de la bien qu'on ne les eût pas pourmédiatement, on trouva moyen atier plus tard. A tout prendre, dire qu'après la répression de rements insurrectionnels le pou-

i plus fortement assis que

s, commandants militaires le qu'ils savaient faire obéir, île leur côté entièrement sous dance de Milosch, qui se trousi maître absolu dans le pays, iscipliner une nation récemustraite au joug des Turcs et bappait aux rigueurs de la ser- [oe pour se jeter dans les excès berté, cette sorte de dictature Qt-étre nécessaire. Sans doute , en exerçant despotiquement le , n'avait 'd'autre but que de salon ambition; mais il y avait

une grande différence entre la domina* tion d'un Servien élu par le peuple et l'oppression systématique et humiliante des Ottomans.

D'ailleurs l'état général des affaires était tel que, malgré bien des tiraillements d'intérêts et en dépit des mécontentements personnels, les Serviens n'avaient rien de mieux a faire qu'à obéir. Ceux qui avaient exercé jadis les hautes fonctions militaires et qui avaient tenu exclusivement dans leurs mains les rênes du gouvernement étaient encore en Servie, et ils disposaient des forteresses. Aucun traité n'établissait la nature des relations entre les Serviens et les Turcs. Maraschli-AIi était mort depuis quelques années avec le regret de n'avoir pu faire en Europe ce qui lui avait si bien réussi en Asie. Comme les conventions de la pacification n'avaient eu d'autre garantie que sa simple promesse, rien n'empêchait désormais les Turcs de profiter de la première occasion favorable pour rentrer dans leurs anciens privilèges. Ils n'avaient pas cessé de considérer les Serviens comme obligés de leur rendre certains services domestiques, suivant l'ancienne coutume.

La seule chose qui garantissait aux Serviens cette indépendance qu'ils avaient achetée au prix de tant d'efforts, c'était une puissante organisation militaire, sous te chef qui les avait guidés pendant les dernières années et qu'ils avaient eux-mêmes solennellement reconnu. Tout désordre intérieur menaçait en même temps leur existence politique. 11 y avait sans doute des résistances parmi les paysans, dont les regards n'allaient pas au delà d'un rayon borné ; mais l'idée qui dominait dans le sentiment national, celle de l'unité serbe, était inséparable de celle du gouvernement fondé par Milosch. Tout le monde était persuadé qu'il s'était arrogé d'avance les droits que plus tard on lui avait conférés : il avait fait construire des églises sans en demander l'autorisation au pacha ni au Grand-Seigneur; et cette liberté eut l'assentiment du peuple. Cest aux sympathies nationales qu'il dut de conserver une autorité qui sans cet appui n'aurait eu qu'un caractère précaire.

Cependant ces dispositions changé-

L'UNIVERS

rent avec le temps. Les événements qui eurent une grande influence sur les destinées de l'empire turc agirent sur la Servie, qui vit enfin un ordre de choses stable et régulier succéder à tant d'incertitudes et de tiraillements.

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