‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 155 sur 218 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

LA SBBVUB 0B6ANISÉB HKGULIÈHE- MBNT.

Un événement depuis longtemps prévu éclata dans l'Orient. Les Grecs se révoltèrent contre les Turcs. L'Europe, systématiquement pacifiée par la sainte alliance, fêta son activité dans la question de l'indépendance des Hellènes.

Sans doute le sentiment de la liberté est naturel à tous les hommes, et les conditions physiques qui constituent ce qu'on appelait anciennement la Grèce sont particulièrement favorables à l'indépendance; mais l'isolement et le fractionnement du territoire sont tellement contraires à l'unîté de constitutions et de vues que ce peuple dans les plus beaux jours de son histoire a rarement été d'accord pour repousser le joug étranger, tandis que son énergie a trouvé un aliment dans les rivalités et l'antagonisme. Les Turcs exploitèrent longtemps cette prédisposition nationale et ils dominèrent sur la Grèce dégénérée encore plus par l'adresse que par la force. Au clergé grec ils accordèrent des immunités et des privilèges qui paraissaient

L'ocddent salua de set aoclai Albanais, qu'il prenait pour et crut applaudir à des t« tiques en envoyant des éloge frandes à des hommes courj voués à la manière des kle] heïduks , mais étrangers à politique de l'Europe. Cèpe; ques esprits éclairés donnait siona ce grand mouvement,* temps préparé parla Russie , ment dans la Grèce propre mais dans le Monténégro , 1 turque, la Servie et les f moldo-valaques.

Nous avons déjà remarqué que les mouvements révol

3ui agitaient les populations < e l'empire turc réagissaient vie. Ces mouvements étaien

Ear les uns à l'influence occi inet de Pétersbourg, par les c'est aussi l'avis de Ranke , dres des institutions de l'islanr la ruine semblait prochaine, les puissances rivales prenait en jour un caractère plus mi supériorité. Loin d'exclure ordres d'influence comme < terminantes, nous pensons gi tionnel d'en admettre la sin Ce qui prouve que l'action d que étrangère avait prise sur ment grec et que les insui saient à une impulsion irai dehors, c*est que les m£me.

ISS

i do «Mplicité «cequi n* m nscsnrci Isa plus contraire* éneatit ottomane. Il s'abstint sent de demander un affran rt eosaptot, Se aorte qu'en agis- 1 M-nwnM il avait l'air de n*é* inatnment de la volonté im- * non noté, 1* sultan était sûr ah n'échangerait pas lea avenm position doublement avanlontie lea haearda d'un rôle né dans le parti des hétairiatea.

sanaanjoé enanite parmi lea ad* rejnailanti quelques meni* l'ancien gouvernement serbe ; eaUée et entre antres les deux

lofa, qui n'étaient pas Ininnane qu'à la domination

ant la insurrection de la Grèce r rorient les regards de l'Euva; la jeunesse sympathisait Mervement, qui lui rappelait lea anciennes républiques ; les Ngfeux saluaient le triomphe i-anr le fanatisme des mahot las politiques épuisaient toumbtaaisons pour résoudre ces robièmes : Que fera-t-on des le Constantinople?

reur Alexandre, gui avait hé- \ les tendances d'un mysfisniet et les nécessités politi- 1 s'était imposées comme chef te alliance , venait de mourir iment à Taganrok. Nicolas , iseur, entra résolument dans le lui avait tracée le génie am-

ses prédécesseurs, reniement russe donna en coula plus sérieuse attention aux

qui existaient entre la Porte dont la solution, depuis pluées, étaitdemeurée suspendue, mations portaient sur la non

du traite de Bukarest, et tait particulièrement sur les ats qui regardaient les Série, menacée dans son exisrune révolution formidable, pour banquiers et pourauxifcnee, l'Angleterre, la Russie, i dont une seule suffirait pour ', fiit contrainte de céder aux i de l'ambassadeur mocsovtto.

Le sultan fit remettre en liberté les députés serbes et promit d'entrer en négociations sur les pointa en litige pour arriver à une entente satisfaisante entre lea parties intéressées. On suivit en conséquence à Akiermann des conférences où l'on s'occupa surtout des affaires de la Servie.

Après bien des tergiversations oui, plus d'une fois, furent sur le point d'amener une rupture, la Turquie se résigna à accepter l'ultimatum russe (1826).

Dans la convention préliminaire et qui est désignée comme explicative, la Porte s'engagea à définir d'une manière plus exacte les avantages dont le traité de Bukarest ne parlait qu'en termes généraux et vagues (1). Dans un article spécial sont spécifiées les demandes faites par les Servions en 1820. La Porte donna l'assurance qu'elle aurait égard non-seulement à ces réclamations, mais a celles qui en seraient la conséquence et qu'on ne manquerait pas de lui adresser dans la suite. Il fut convenu qu'après dix-huit mois au plus tard elle rendrait un hatti-schérifdans lequel la convention serait exposée et qu elle enverrait à Saint-Pétersbourg (2), où cet

(i) Convention explicative en exécution du traite de Bukarest (a5 sv\ tembre, 7 octobre, i8a6), art. V.

(a) Dans Tarte séparé relatif à la .Servie, les demandes de la nation sont énumérées comme il suit: « La liberté du culte; le choix de ses chefs; l'indépendance de son administration intérieure; la réunion des districts séparés du territoire serbe; la réunion des différents impôts eu un seul; l'abandon aux Serviens des biens appartenant à des musulmans, à charge d'en payer le revenu ensemble avec le tribut; la liberté de commerce; la permission aux négociants serviens de voyager dans les Étals ottomans avec leurs propres passe-ports ; l'établissement d'hôpitaux, d'écoles, d imprimeries, et enfln la défense faite aux musulmans autres que ceux appartenant aux garnisous de s'établir en Servie. » Dans la note officielle de la Pprte Ottomane, la rédaction oflre avec le texte des différences d'une grande portée. On y promet de régler avec les rajahs ( x (iS) mat 1826) les demandes oui ne seraient pat contraires à leur condition. Dans F Acte particulier de h Servie , le gouvernement tore t'engage à établir des

L'UNIVERS

acte serait considéré comme faisant partie intégrante de la convention.

Par ce décret l'interprétation donnée par les Serviras an traité de Bukarest rat publiquement reconnue. Si la convention était exécutée pleinement et de bonne foi, l'État, ainsi réglé conformément à ses besoins et à ses désirs, pouvait être regardé comme jouissant des mêmes garanties que les autres puissances de l'Europe. Ces assurances causèrent une grande joie dans le pays; le prince les annonça avec solennité dans une diète tenue à Kragoujévatz.

Cependant ce n'étaient encore que des promesses; il restait à savoir comment la Porte les exécuterait. La déclaration de la Porte elle-même semblait annoncer peu de sincérité.

Le sultan Mahmoud était sur le point d'entreprendre une chose dont il attendait la restauration de l'ancienne prépondérance ottomane.

Les forces que commandait le Grand- Seigneur, suivant les constitutions de l'empire et de l'armée , renouvelées en 1808, sous l'influence du parti janissaire, paraissaient plus que jamais incapables de sauver l'État. Des expéditions considérables, destinées à réprimer l'insurrection grecque et que Ton n'avait rien négligé pour rendre utiles avaient complètement échoué. Si le pouvoir ottoman n'avait pas encore été renversé dans la Grèce, on en était redevable aux Égyptiens, dont les troupes avaient adopte la discipline européenne, Ce que le Grand -

cien et comme les barbares, ta les Turcs suivaient la tactique <k européennes, ce qui leur a»

vantage.

Ces résultats firent une im profonde sur le sultan. L'id vaient eue quelques-uns de se cesseurs que l'empire turc ne reprendre son ancienne splend par des réformes intérieures, la catastrophe de Sélim n'avait abandonner, mais dont lanéces avait imposé l'ajournement, ] réalisable dans la circonstance j La cause des janissaires ne plus s'identifier avec celle d misme. 11 était temps de leur que leur résistance systéroai aveugle à toute espèce de réfoi mis I empire à deux doigts de i et que ceux qui avaient la pi d'être le plus ferme appui < agissaient comme pourraient des ennemis déclarés. Des nom ses dans la loi abandonnèrent des janissaires ; et dans un gra seil de vizirs et d'oulémas f qu sembla au mois de juin 1826, du G rand-Seigneur furent adopt nanimité. On rendit un fet par tous les membres du con prescrivait aux janissaires certi cices militaires , sur ce motif tait seulement en opposant aux de armées régulières qu'on compenser les avantages qu'ib ïortës sur les musulmans. U

maire de rétablir celui de édkl : il se contenta de donner racteurs à ses troupes des ofyptiens qui avaient été formés ruropéens; ce qui eut lieu sans

>od fit les plus grands efforts tre sur pied des forces consi- [ui fussent en état de soutenir de l'islamisme, et il les désile nom d'armées victorieuses.

insi que s'effectua cette rêvant ta cause remontait aux s la fin du dix-huitième siècle :

tte que pour en assurer le il Mut recourir aux actes de troce cruauté. Toutefois cette quelle qu'en ait été l'origine, r objet la domination exclu- 'isiamisme. Les seuls mahomvaient servir dans les armées à rétablir par la victoire le la parole du Prophète.

que se proposait en même ihmoud était de faire rester Basanée les nations chrétienivaient conquis leur émancio publia un livre où il était [ne la nouvelle milice ne se pas à défendre les anciennes , mais qu'elle pénétrerait dans lances chrétiennes de l'empire.

Tune confiance présomptueuse,

rejetèrent l'intervention des mnees dans les affaires de

et, quoique les Grecs deman- «ulement le droit d'adminis-

affaires intérieures, tout en tant la suprématie de la divan déclara qu'il ne consentis à faire de semblables con- Ni l'interruption de tous rap- * les Égyptiens et la Grèce ni tion de la flotte de Mébémet i ne purent faire changer au résolutions. Après une discusnelle dans le divan, le Grandannonça qu'il était prêt à parti Moréotes et à les exempter sch pendant un an s'ils vou-

soumettre. Ce fut tout ce t obtenir de lui.

ne proclamation adressée aux isie et d'Europe ( hatti-schérif brc 1827 ) Mahmoud tient un >elliqueux qui ferait supposer

l'intention de révoquer les concessions d'Akiermann. Il y déclare formellement n'être entré en négociations que pour avoir le temps de se préparer à la guerre. Quant aux demandes des Serviens , il les représente comme inacceptables, et reconnaît qu'il n'avait cédé sur ce point que parce qu'il ne pouvait faire autrement.

Cet aveu n'avait rien que de plausible. En effet, les demandes des puissances en faveur des Grecs n'allaient guère au delà ; et cependant elles avaient été repoussées avec indignation. Dans la même proclamation les chrétiens étaient représentés comme n'ayant d'autre but

Î|ue la ruine de l'islamisme. Le sultan aisait un appel à la brillante valeur des Turcs, grâce à laquelle leurs ancêtres avaient établi dans le monde la vraie religion : mais il enflammait surtout leur zèle en leur peignant les Russes comme leurs ennemis les plus dangereux. Quoique les circonstances ne fussent rien moins que favorables pour une guerre générale, le différend ne pouvait plus être vidé que par les armes : le sultan recourut le premier à ce moyen extrême.

En Morée, les Égyptiens se retirèrent devant une armée française, et les Russes attaquèrent sur le Danube les troupes nouvellement disciplinées. 11 était évident que l'armée turque avait gagné non-seulement dans l'art de défendre les places fortes , mais dans la tactique de la guerre de campagne. Elles observaient mieux la discipline et résistaient plus longtemps; mais, dans la pratique militaire elles en étaient restées au même point. Comme autrefois, les Turcs se livraient à une impétuosité aveugle , dirigeant tous leurs efforts sur un même point et sans s'occuper des manœuvres de l'ennemi.

Dans la seconde campagne, les Russes franchirent les Balkans, qu'on avait regardés jusque-là comme le boulevard de la Roumelie, et menacèrent la capitale. Ils dictèrent les conditions de la paix. La Turquie n'avait plus qu'à se soumettre. Non-seulement il lui fallut accepter le règlement des affaires de la Grèce , mais- toutes les conditions de détail qu'il plut aux puissances alliées de déterminer. La Grèce eut, il est vrai, des limites plus étroites

ivraison ( Pkovihces Danubiennes. )

L'UNIVERS

que celles qu'on avait d'abord voulu lui donner, mais d'un autre oôté elle fut élevée à l'état de royaume indépendant (I).

Les sympathies pour les populations chrétiennes du Danube, après s'être vivement manifestées pendant les guerres de 1788 et 1806, s'étaient comme épuisées dans la cause grecque. On ne permit pas aux Serviens de prendre les armes , et leur influence, tant que dura ce grand conflit, dut se borner a empêcher une armée bosnienne de passer la Drina. La paix ne changea rien à ce qui avait été décidé pour eux dans leurs relations avec la Turquie ; tout ce qu'ils y gagnèrent réellement, ce fut la certitude que les conditions acceptées ne seraient point enfreintes. Par le traité final d'Andrinopie la Forte s'engagea à observer les stipulations de la conférence d'Akiermann , lesquelles reposaient sur le traité de Hukarest, et cela sans délai et avec la plus scrupuleuse exactitude. On lui donnait un mois pour que ce point fut définitivement réglé et pour faire parvenir à Pétersbourg le firman qui devait mettre un terme a toute contestation ultérieure.

Il n'y avait plus moyen d'éluder un engagement pris dans de telles circonstances. Le 30 septembre 1829 parut le lirman imposé dans la forme ordinaire de ces actes. Les demandes des Serviens, conformément à l'interprétation que leur donnait la convention d'Akiermann, furent communiquées au

Il résultait de ce firman q* vant les forteresses seraieol par des garnisons turques, fois pendant le cours des è les Serviens purent échappe clause , et depuis longtemps i perdu l'espoir de s'y soust avaient si souvent invoqué le Bukarest qu'il fallait bien m signassent a observer ce qu'il i de favorable aux Turcs. D*j moindre infraction au traité des Serviens eût inévitablen»

des troubles qui auraient tout question.

Le plus difficile était d'aj difficultés qui avaient leur se le principe de domination < base du système gouvernem musulmans.

D'abord le sultan interdit i rites turques de s'immiscer d manière que ce fut et sous ai texte dans les affaires d'admi intérieure du pays et dans les tions entre Serviens. Il aboli diction des moussélims. Cett tion, que l'avant-dernier par largement étendue à la suite de I avait été limitée par son suc mais il en était résulté tant d'i que Milosch avait renoncé à pi cette prétendue amélioration.

Toute l'administration était au prince, titre qu'avait pris î seulement il était assisté par k des anciens.

Si Ton n'eût adopté ce parti, l'indépendance de l'administration intérieure eût été une chose impossible.

On trouva encore dans la même mesure le moyeu d'aplanir un des obstacles principaux à une pacification durable.

Les spahis se regardaient toujours comme les propriétaires légitimes du pays : le refus de renoncer à ce droit avait fait échouer les négociations de Péter Itschko , et avait empêché l'exécution du traité de Bukarest. La rupture qui eut lieu en 1820 n'avait pas eu d'autre cause. En effet, au point de vue du gouvernement turc, on ne pouvait sans injustice écarter des pretentionsqui se liaient intimement au système de l'islamisme. Pour cette fois le sultan ordonna de faire un recensement général de tous les revenus des zaïms et des timariotes dans le pachalik", pour que les Serviens en versassent le montant en même temps qu'ils s'acquitteraient du tribut. De cette manière le revenu général des domaines des spahis représentait pour eux ce que le tributreprésentait pour le Grand-Seigneur, Texercice et la jouissance d'un droit sous une autre forme. La dîme et la taxe de la glavnitza, qui pesaient sur le pays depuis l'époque de la conquête, furent ainsi abolies, et le sultan put indemniser comme il le jugeait convenable ses vassaux dépossédés.

11 n'était pas moins urgent de séparer les deux populations; on défendit à tout musulman d'employer des Serviens

Sour son service personnel. Mais cette éfense serait restée vaine en l'absence de toute autorité compétente pour en réprimer la transgression. En conséquence, le sultan jugea qu'il valait mieux obtempérer aux demandes ; des Serviens, et interdire le séjour du pays à tout musulman non attaché a la garnison d'une forteresse. Ceux qui avaient des terres dans le pays eurent la faculté de les vendre, et des fonctionnaires publics furent chargés de l'estimation. S'il arrivait qu'un Turc ne voulût point se défaire de sa propriété , il n'avait pas le droit de l'exploiter par luimême; le revenu en était versé a Belgrade et remis au propriétaire. Tous res règlements tendaient à mettre le moins possible en présence des intérêts

opposés ou hostiles, en supprimant les relations qui avaient été la source de tant de réclamations et de plaintes.

L'armée que le gouvernement turc tenait en Servie et qui se composait d'une classe dont l'autorité reposait sur l'élément religieux s'était regardée jusque-là comme maîtresse dans le pays ; elle se trouva ainsi dépouillée de toute influence personnelle. L'impôt de la capitation, qui autrefois était le signe delà qualité deraïah, cessa d'être payé : ou du moins il n'eut plus la même signification. On veilla avec le plus grand soin à ce que les officiers turcs dans leurs rapports avec les Serviens des autres districts ne leur demandassent jamais de teskères ; ils devaient se contenter de certificats émanés du gouvernement serbe.

La Servie était par le fait soumise et tributaire; mais elle avait cessé d'être une nation de raïahs, auxquels le port d'armes était interdit. Il n'existait plus de distinctions somptuaires. On bâtit un grand nombre d'églises; le hattischérif portait même qu'on pouvait construire des hôpitaux et des écoles sans qu'il fût besoin d'attendre une autorisation préalable. En annonçant ces réformes importantes au peuple servien, Milosch déclara que dorénavant le service divin serait annoncé au son des cloches , et qu'il serait célébré avec la même solennité qu'avant les persécutions de rislamisme.

Tout ce qui regardait le culte fut réglé conformément aux désirs des Serviens. On a vu dans la suite de cette histoire combien l'influence des évéques envoyés de Constantinople avait contribué à agiter le pays. Ces rapports devaient cesser après les changements que l'on venait d'opérer. Comment aurait-on consenti a payer aux évoques l'impôt de la dimnilza quand toutes les charges analogues avaient été abolies ?

Le pays désirait vivement d'être débarrassé des évéques grecs , qui étaient regardés comme des étrangers. Dans le hatti-schérif de 1830 on accorda aux Serviens la faculté d'élire parmi les membres du clergé national des évéques et des métropolitains; on réservait seulement au patriarche de Constantinople le droit

L'UNIVERS

rit» continuer cette élection. Mais les évoques n'étaient pas tenus de se rendre de leur personne dans la capitale pour que leur nomination fût reconnue valide. Ces mesures coupaient court aux relations intéressées qui existaient entre l'éparchie serbe et l'Église grecque; la nation prenait sur elle l'acquittement des dettes accumulées. Au lieu de l'impôt des cheminées, qu'il était difficile de déterminer exactement, les évéuues reçurent du trésor public un salaire fixe.

Milosch avait déjà essayé d'établir un arrangement sur ces bases ; mais ce fut seulement depuis cette époque qu'il fut mis en vigueur. Le cierge serbe ne jouit pas d'une grande influence, et les règlements adoptés n'étaient point de nature à augmenter son indépendance. Ce résultat, considéré au point de vue de l'ordre moral, avait sans doute des inconvénients graves ; mais il offrait au moins un avantage qui put paraître déterminant , celui d'empêcher a l'avenir que l'épiscopat ne se transformât en une institution hostile au gouvernement et à la nation. Malgré ces restrictions, d'une portée plutôt politique que religieuse, le clergé serbe put aspirer dans ses relations à un développement non moins étendu que celui auquel il semblait appelé dans la courte période qui avait précédé la conquête. La nation accueillait avec une joie mêlée d'orgueil ces bienfaits présents et concevait de grandes espérants pour l'avenir.

maginer qne la Turquie se prêtât sans arriére-pensée à une réduction de son territoire pour agrandir les domaine* d'un prince de Servie.

Lorsque les députés serbes informèrent le pacha de Vidin de l'objet de lew mission, ils furent éconduits durement, et on les menaça même d'un traitemcnl rigoureux dans le cas où ils auraient l'audace d'exciter à la désobéissance el à la défection des sujets du Grand-Seigneur.

Les autorités turques raillaient les députés de ce qu'ils prétendaient donner pour une prise de possession l'occupation momentanée de quelques pays par les avant-gardes de Kara- George; te demandaient ironiquement si une province devait appartenir à la Servie par cela seul que l'neïduk Véliko y avait tait galoper son cheval.

Il se présenta dans les districts de la Drina quelques Serviens munis d'argent, dont l'intention était d'acquérir des propriétés appartenant à des Turcs.

Ils comptaient sur les dispositions du hatti-schérif, portant que la vente de ces biens devait avoir lieu sans le moindre délai ; mais ils furent violemment attaqués et dépouillés de leur argent et de leurs montures , après quoi on leur permit de s'en retourner.

Dans les districts dont la possession était contestée, les chrétiens, pendant un certain temps, furent plus malheureux et plus durement traites que jamais.

icfa mettait peu d'empressement er des troubles qui tournaient au de son autorité; mais il attira désordres l'attention de la Porte a Russie. Dans une conférence i Constantinople ( 25 mai 1833).

ement des frontières fut accepte Tores conformément au rapport par les commissaires. Le décret e fit encore attendre pendant a temps; mais la prise de pos- , qui était préparée d'avance, put eu sans nouvelles difficultés.

léUmitation des frontières eut ite l'extension du territoire serbe à la suite des victoires de Kara- • On estime que la Servie se ainsi plus étendue d'un tiers, et ibre de ses habitants augmenta i même proportion.

elle manière se trouvaient défilent réglés tous les rapports engouvernement turc et (es popuottomanes gui les avoisment.

les causes d'irritation et de réi avaient disparu. Mais il y avait an fond de la situation des éléde discorde, et l'on vit surgir estions qu'il n'avait pas été pos-

Page 1