CHAPITRE XXXII
La première conspiration contre Milosch depuis que le hatti-schérif de la Porte (1834) eut définitivement fixé sa position comme prince de Servie eut lieu en 1834 à l'occasion d'un baptême. Dans l'été de cette année il avait envoyé en Moldavie et en Valachie Stoïan Simitch pour y complimenter en son nom les nouveaux chefs du gouvernement. Stoïan Simitch était un des chefs qui désiraient le renversement de Milosch ; parmi les autres on remarquait son conseiller intime Avram (Abraham) Pétroniévitch , plusieurs membres de l'ancien tribunal suprême, tels que Protitch, Miléta Radoïkovitch, Milosaf Resavatz, Ranko Maïstirovitch et enfin Voutschitch Fereschjteh T commandant
pondanoe secrète en qualité de c puis il Féleva au rang de knièz confia auprès des pachas du v diverses missions ou il eut ooe s'enrichir tant par les présents que par d'autres spéculations, que dont nous parlons c'était personnages les plus considén la Servie. Déjà, en 1830, Milos permis à un de ses fils d'être téi mariage de Stoïan Simitch , qn lébré à Pojarévatz. Lorsque St un fils , le prince permit à la j Lioubitza, sa femme, de se r Krouschévatz avec son jeune prince Michel, pour baptiser de Simitch.* A la suitedelaprii trouvaient Miléta Radoïkovitch, Pétroniévitch et Milosaf Resa prince avait fait présent, à 1' de cette cérémonie, d'un palais à Stoïan et à son frère Aléko; ajouté à ce cadeau un moulin à terres et des bâtiments d'expL Lorsque les personnes que î nons de nommer furent arriv maison de Simitch , on ne parai s'occuper que des détails de la nie. En présence de la princes»
à la santé de Milosch; mais le»
que les hommes furent seuls, versation prit un tour politiq anciens sujets de plaintes il gnait un nouveau; on remar Milosch semblait éviter d'asseï diètes ; et en effet il venait d'en i Une tju'il avait promis de (*nnv<
ft ami nombreux que possible , d obtiendrait, fût-ce en emla forée, des changements dans tae oppresseur du gouverne-
ie(s n'ignoraient pas que l'opipays était en leur faveur. Chacun it rengagement de faire soulever st où ilexercait son influence ; on néme qu'il fut question dans ce tmie d'attenter à la vie du prince, i Pétrovitch, frère de l'neïduk quoiqu'employé dans la maison se, promit d'agir de concert avec orés. Cependant, soit remords, inte, il parla du complot à la 6, qui découvrit tout à son
b, qui parait excuser la conspiavance que Miloutin ne jugea Maire de tenir secrète la resoluon venait de prendre. Sa connu paraît difficile à expliquer :
lit pas l'intention de dénoncer pliees, pourquoi faire une telle icc à la princesse? s'il était par Miloscn d'épier Simitch et I, il était plus naturel de con- 5 rôle en avertissant non pas la de Milosch, mais Miloscn luiii le fait est tel qu'on le rapporte, it supposer gue Lioubitza, à lan mari faisait des infidélités fré- , était elle-même d'accord avec atents; mais que la réflexion ou
la crainte l'aura déterminée à éler.
fu'îl en soit, Milosch, lorsqu'il is qu'on avait le projet de le r, fit venir Miloutin , et lui reon ingratitude. Celui-ci s'excusa tt qu'il n'était pas l'auteur du , mais que d'autres en avaient : • Maintenant, ajouta-t-il, tout $ est d'accord. — Comment tout e? reprit Milosch. — Même ces tient près de toi, » poursuivit . Il parlait du favori de Mii de ses momkis et de plus son du vieux Joseph.
ail déjà averti Milosch du danel sa conduite l'exposait; et en mécontentement était général ; l'avait tenu aucun compte de
« Ce que dit Miloutin serait-il manda le prince à Joseph. —
Mon prince, répondit le vieillard, c'est l'exacte vérité. Tout le peuple répète que les choses ne peuvent pas aller longtemps comme cela. *
Jusqu'à ce moment, Milosch n'avait pris conseil que de son caprice. Il croyait que tout lui était permis et qu'on- lui
Sasserait tout. Il s'était, dit-on , moqué e Charles X, qui ne serait pas tombé, disait-il , s'il eût conduit les Français , comme lui Milosch gouvernait les Serviens. Il pouvait voir maintenant que les excès des princes compromettent toujours leur sécurité ou les conduisent à leur perte.
Doué d'un tact peu ordinaire , il comprit au même moment toute l'imminence du danger. Ne pouvant plus se dissimuler que l'opposition était la plus forte, il prit immédiatement le parti de quitter le pays.
Cependant on le conjura de ne rien précipiter. Personne n'en voulait à sa liberté ni à sa vie. Le peuple n'avait pas même l'intention de renverser son gouvernement ; ce que chacun voulait, c'était la jouissance de ses droits et leur sécurité garantie.
Presque toujours les révolutions commencent par les fautes du pouvoir; les révoltes ne présentent un danger sérieux que lorsque les masses, étrangères aux intérêts des partis, viennent appuyer l'insurrection, ce qui ne peut avoir lieu que lorsque les griefs des mécontents sont légitimes; mais, lorsque le f)Ouvoir est obligé de céder, et que les lautes influences se déplacent, il est bien rare que les vainqueurs usent avec modération de leurs avantages, et que le but qu'on s'était proposé d'abord ne soit pas méconnu ou dépassé.
La position de Miloscn était des plus critiques : le peuple avait acquis des droits qu'il était encore inhabile à exercer, et les agitateurs faisaient un crime au prince d'une sévérité qui était dans son caractère ambitieux et jaloux, mais que les circonstances rendaient en quelque sorte nécessaire. Pour s'assurer de la force et des véritables intentions du parti opposé, il déclara qu'il était prêt à satisfaire aux vœux du peuple.
Cependant les troupes qu'on avait assemblées dans les diverses naines marchaient sur Kragoujévatz. Voutschitch
Livraison. (Provinces Danubiennes.)
L'UNIVERS
qui, jusqu'au dernier moment, avait garde les apparences de la fidélité, se trouvait dans cette ville à la tête de forces trop peu considérables pour défendre la place; car les assaillants étaient dix fois plus nombreux. Malgré cette infériorité, son devoir était de combattre , ce qui eût montré aux insurgés que le prince n'était pas abandonné de tout le monde. Mais il laissa entrer sans résistance Milosaf, Avram et Miléta (20 janvier 1835 ).
On a prétendu que les insurgés avaient l'intention rie piller In ville et le konak du prince. Peut-être en serait-on venu à cette extrémité s'il eût fallu emporter de force le. siège du gouvernement; mais , en l'absence de toute lutte , une telle mesure devenait odieuse : on assure même que Miléta menaça de tuer de sa main le premier qui se permettrait la moindre violence.
I^es données d'Ami Boue sur le caractère et les incidents de ce complot diffèrent beaucoup de ce que nous lisons dans Kanke. Il est facile de reconnaître que l'historien de la Servie atténue la culpabilité des insurgés; et qu'à ses yeux Milosch est surtout inexcusable de n'avoir point accordé aux Serviens des institutions , bonnes sans doute au point de vue philosophique , mais inapplicables peut-être alors dans un pays où dominent encore jusqu'à ce jour l'esprit et les mœurs de l'Orient. Plus positif et appuyé sur des faits rapportés par les partisans du prince , Boue juge
i cupaient de régler tous les dé!
i la conspiration.
« Simitch exposa, dit-on, <Ji?ei i et confia à ses complices que.
i une autre époque, ils avaient i Protitch (George) et lui aux i i de se défaire du prince. Ils •' i rent donc, sous la foi du un i lui remettre une adresse eo ( où seraient exposés leurs vo < à prendre les armes si cette ti i restait infructueuse. L'exécutic i projet fut fixée au mois de févr i vant. Milosaf Résavatz, oui av ' été compromis avec Andool
■ de rebelles du district de Swn ' promit de faire soulever tout t trie de Résava; Miléta Radoï i se chargea de faire insurger < t Jagodin, de Kioupria et de Par
tandis que Stoïan Simitch son!
: le cercle de Krouschévatz.
i Pétroniéviteh devait corresponc
eux, et les tenir au courant i
■ constances ; ce que lui permel faire mieux nue personne la p
' confiance qu il occupait dans son du prince. On dit ménr George Protitch développa u d'attentat contre la vie de M mais tous ont nié plus tard ce constance.
« Lorsqu'après le jour de princesse fut de retour à F vatz , les conjurés se sépai Avram Pétroniéviteh et M lié!
dnïkovitch allèrent à Jagodin
FROVIlfC^g O^RUBIENNES.
i chçfs du complot m arche tragoujévatz, Résavaiz, qui pas à les rejoindre, leur assurance qirîls n'avaient ladre du district de Résas ils s'avancèrent vers Kra-
qui est a huit lieues de Jaarrivèrent le même jour à te, à une distance de trois ta capitale.
ice MiJosch, gui avait coulies mouvements et des vues ■es, eut, dit-on , un instant m : déjà même il avait pris ii mène au Danube, lorsque, ed, iF revint sur «es pas.
à Voutschitch Périschitcb, lit encore fidèle, Tordre de.
la fille contre les insurgés «posant la milice locale.
w reçut cet ordre le 7-19 n les ooxe heures arriva le da district de Semendria, iSpasiteh avec de nouvelles ne, lesquelles portaient de ivrer la ville , en enjoignant Protitch et à Ranko Maïsdent on suspectait la fidélivre à Pojarévatz le capinteh. Ceux-ci, au heu lèrent rejoindre leurs comroutschitch les accompagna ne partie du chemin , pour pr contre tout danger. Ils nplimentés par Résavatz et tcb, et Ton essaya d'animer an lui disant que la Proviit choisi ces deux chefs pour nr la régénération du pays dît saluer au uom des habi- Lragoujévatz et de tous les
peuple comme le vengeur onie. Quand ils crurent les Bsamment excités, ils rene métropolitain Pierre lovali était venu pour les engager lans le devoir, et continuémarche vers Kragoujévatz, vèrent le 8-20 janvier 1835 i jour. Voutschitch, qui n'aeore levé le masque, alla auux avec un escadron de houi remontra devant la ville, lissa entrer après quelques is.
i mmm\ oè les amis da
« prince eurent la preuve de la trahison « de Voutschitch , «ne scène de désor- « dre et de confusion se passait dans la « ville. Les riches se hâtaient de déro- « ber ce qu'ils avaient de plus précieux « à un pillage qui paraissait inévitable. « Les employés delà cour se préparaient « à défendre la maison du prince, sa « chancellerie et le trésor de la nation,
Ïui étaient dans les édifices contfeus.
Is envoyèrent au capitaine Toutzako- « vitich, commandant du district de « Grouscha, la nouvelle de la défection de « Voutschitch, en le priant de rassembler « au plus tôt des hommes armés et d'ac- « courir au secours du konak et de la « ville.
« Pendant que les citoyens étaient in- « certains s'ils devaient prendre parti « pour l'insurrection, l'avant-garde des « conjurés entra dans la rue principale; « d'autres masses armées la suivaient.
« Toute cette foule se dirigea dans le « plus grand ordre vers le tribunal su-
Sréme , et campa dans la vaste cour e cet édifice. Pendant ce temps « Voutschitch retournait à la maison du « prince. Là il informa les amis de « Milosch qu'il avait livré la ville aux «insurgés, sous la condition qu'ils n'a- « vanceraient pas dans le quartier oc- « cidental, jusqu'au port qui mène à la « place d'exercice, ni vers le konak du a prince. Il leur donna l'assurance que le reste de la ville était sous sa sauvegarde et qu'il ne serait fait de mal à personne. Quoiqu'il affectât de ne point laisser paraître qu'il fût de connivence avec les révoltes , les partisans du prince ne furent pas dupes de ce manège. Us se regardèrent comme prisonniers, et ne s éloignèrent qu'avec sa permission. On se demanda si Voutschitch, en réservant pour luimême la partie de la ville où étaient le konak du prince et le trésor, avait l'intention de les préserver du pillage ou de se les approprier.
« Dans l'intervalle l'ardeur des insurgés s'était un peu ralentie en voyant que le peuple ne secondait pas l'entreprise et que l'attitude des habitants et des employés de la cour exprimait plutôt 1 inquiétude et la résignation que l'enthousiasme. Us oommeacèrent à craindre que la ré-
L'UNIVERS
volte n'eût quelque fâcheuse issue si les premiers fonctionnaires et les employés de la maison du prince refusaient de se déclarer pour eux. En . conséquence, ils adoptèrent la propo- ■ sitionde Voutschitch de convoquer une i assemblée de tous les knièzes et noi tables présents à Kragoujévatz et des
> autres employés du prince, pour leur
< exposer les motifs de leur conduite
< et tâcher de les attirer dans leur parti. i Le même jour, à trois heures, cette i assemblée fut ouverte dans la grande i salle du conseil suprême. George Proi titch ouvrit la séance par un discours « où il se plaignait de quelques griefs i personnels. 11 partit de la etde quelques « autres assertions calomnieuses contre « le prince pour justifier l'insurrection. ' 11 alla même jusqu'à dire que l'exist tence de Milosch était un danger pour
> la Servie, et que les malheurs du peui pie n'auraient d'autre terme que la ' mort du despote. Ce discours ne ren-
< contra que peu de sympathie dans la i majorité. Plusieurs voix s'élevèrent « en faveur du prince; quelques-uns
< déclaraient qu'ils n'avaient suivi les • insurgés que pour se consulter sur la
< réforme de certains abus , mais non
< pour attenter à In vie du prince ou à « l'hérédité princière achetée au prix de i tant de sacrifices. Protitch vit donc sa i motion écartée. Alors quelques insur-
> gés plus modérés parlèrent de In néi cessité d'instituer des lois civiles qui ga-
ran tissent la sùrelé des personnes et la
des prétentions légales, il convenait d'attendre jusqu'à la prochaine diète, convoquée pour le 2 de février. Ils ajoutèrent qu'on pouvait se (1er à la clémence du prince, qui pardonnerait, en faveur de l'intention, le caractère irrégulier d'une telle démarche , et que les chefs n'avaient rien de mieux à faire que de renvoyer le peuple à ses travaux.
« Sur ces entrefaites, le capitaine Toutzakovitch était arrivé avec quinze cents hommes de la milice pour défendre la cause du prince; mais ce secours n'empêcha point les insurgés de déclarer qu'ils ne quitteraient Kragoujévatz que lorsqu'ils auraient réglé avec le prince les affaires du pays; pour que cette demande ne fiU point éludée, ils convoquèrent, séance tenante, l'assemblée nationale, et résolurent d'attendre à Kragoujévatz qu'elle fût réunie. Comme l'assemblée persista dans cette résolution, le parti de Milosch quitta la salle, et les autres membres s'occupèrent de la convocation des députés.
« Le 9 janvier, Voutschitch, qui attendait que la situation se dessinât plus nettement pour se déclarer, alla trouver les insurgés et accepta d'eux le rôle de dictateur. On promettait de le reconnaître pour chef et d'obéir à ses ordres ; de son côté, il s'engageait à les protéger contre toute surprise et tout danger. Cette défection ne tarda pas à être connue au kouuL
mteU de h milice, s'éà pejrtirpour Poiarévatx à lntoecfa cTamnis-
ss insurgés.
10 janvier, Tordra arriva (Tenir aux révoltés qu'ils eoetfnt à Irer et à congédier ton lee gène t : oo annonçait ao peuple que ■ detiit retourner dam ms i et attendre la réunion de railé* nationale, où tout Scrvien Ait préeenter aee vœux et aee :4ans les formes présentée par ;4ae,tfon obéissait à cet ordre, munis pouvaient compter sur ■swMtie pleine et entière; mais tas le eas contraire, ils doraient ■i prendre qu'à eux-mêmes de oe qni pourrait leur arriver de ax. Les insurgés n'opposèrent la résistance à une injonction ondtiait les exigences du peuple Isa égards dus au pouvoir. Ce oui ndh moins récalcitrants, ce fut doute la nouvelle que le peuple t de faire prisonnier , à Palanka,
0 Maïsterovitch, gui avait été 4 dans le district de Semendria y propager la révolte, et qu'il clé livré au prince.
outre , ils se voyaient pour ainsi doqués par les corps restés fidè-
1 gouvernement et qui étaient cesse grossis par de nouveaux rts : enfin, la défection du capiqu'on avait chargé de tenir en st le district de Pojarévatz par «es de celui deRésava, acheva eourager les meneurs, auxquels restait plus d'autre parti à prenne de se conformer aux ordres
ne la nuit du 10 au 11 janvier ■vint due les insurgés quitte- : Immédiatement Kragoujévatz
débanderaient. En leur stgoil'ordre de partir, on leur répéta ■ prince était disposé à s'occuper iSaxtcea du peuple a la prochaine iblée* Eu conséquence ils évacuèijévatz dausïe même ordre at entrés, A peine lu rentre Davidoviteh , aceompaî H i liicc ; se rend it en toute h3 te à vatz. Avec eux se trouvait égat Milosaf Rcsftvntz, qui. à l'ins-
tant du départ des insurgés, avait failli être tué par Miléta Radoikovitch, à cause de la défection du district de Résava. Milosaf, compromis aux veux dee deux partis, résolut d'aller se jeter aux pieds de Milosch. Cependant on le renvoya à Kragoujévatz avec ordre d'y attendre le prince, dans la crainte
2 ne le peuple qu'il rencontrerait sur i route ne lui fit un mauvais parti.
A peine était-il de retour dans la capitale qu'on crut que les insurgés revenaient. Le peuple courut aux armes; il se forma des rassemblements , surtout devant la cour du prince; et, lorsqu'on vit Milosaf se diriger à cheval vers le palais, on ne douta plus qu'il ne précédât les bandes. Désarçonné et maltraité par la foule, il eut beaucoup de peine à faire comprendre e-u'il n'avait plus aucun dessein séditieux et qu'il venait se rendre de son propre gré. 11 fallut que quelques officiers vinssent le tirer des mains du peuple.
« Le 12 janvier, la tranquilité était rétablie. Le prince reçut ce même jour la nouvelle que les insurgés avaient évacué, la capitale. 11 fit donner à Miléta Radoïkovitch, Avram Pétroniévitch et Stoïan Simitch l'assurance écrite qu'il leur pardonnait leur faute, sous la condition qu'ils rétabliraient l'ordre dans les districts « insurgés ; et le même jour il envoya « son frère léphrem avec un secrétaire à Kragoujévatz pour prendre les mesures nécessaires en attendant qu'il s'y rendit lui-même. 11 expédia en même temps qu'eux Ranko Maïstorovitch,qui non-seulement avait reçu sa grâce, mais auquel il avait conservé sa place comme membre du tribunal suprême. Il congédia tous les capitaines de districts et autres employés qui étaient venus prendre ses ordres et mettre leurs bras et leur influence à sa disposition.
« Le 11, Milosch prit le chemin de la capitale; et le 14, kwsy'on sot
Îi il approchait , un gnid nombre employés supérieurs et même plusieurs de eaux qui avaient trempé dans le complot sortirent à sa rencontre, et redirent de lui l'accueil le £taa Mpwfflss*. llflt son entrée à Kragoniévatx , au brait des salves
L'UNIVERS
« d'artillerie et des feux de peloton de « la milice, au son des cloches et au mi- " lieu des acclamations de la foule ac- « courue des envirous pour jouir de ce « spectacle.
« Le jour suivant, lorsque Avram « Pétroniévitch arriva avec les autres « chefs des insurgés, le prince les manda « chez lui, et, après leur avoir reproché c- de s'être laissé entraîner à un acte si « coup.ihle et d'avoir compromis avec « tantd'imprudencela nationalité serbe, « il les engagea à lui parler à cœur ou- « vert pour qu'il pût satisfaire aux be- « soins et aux vœux du pays. Là-dessus « tous lui témoignèrent leur gratitude, « et renouvelèrent dans l'église le ser- « ment de fidélité. Tous les chefs des « insurgés conservèrent leurs emplois , « à l'exception de George Protitcli, qui « fut expulsé du conseil du gouverne- « ment, mais pour un fait étranger à « la conspiration. H fut convaincu d'a- « voir mal usé de son pouvoir dans. un >• procès de la commune de lielgrade «• contre son kmete ou maire. Stpïan « Si mite h, qui se sentait probablement « accusante d'un délit plus grave, alléh gua des affaires particulières et partit « pour Ilukarest. On prétend qu'il " avait l'intention d'établir dans cette • ville une fabrique <]<» tabac, commerce « qu'il av.sit fait autrefois. » ( Ami Boue. Im TunjHiv ri' Europe* t. IV, p. 334- 343),
1a 2 février de la même année , la
Nous n'avons pas terminé le travail : qui devait être soumis à l'assemblée générale. Et même jusqu'à ee jour il nous a été impossible d'achever le recensement de la population et ; d'arriver au chiffre exact de la dîme et des autres taxes qui composent le total du revenu public. Le temps ne m'a pas permis de prendre à ee sujet toutes les mesures convenables. Les changements qui font de nous une nouvelle nation ne datent encore que «Tune année, c'est-à-dire de l'époque où nos rapports avec la Porte ont été définitivement réglés. Quand les institutions d'un peuple sont si récentes, il faut se garder de rien précipiter, et de publier ne filt-ce qu'une parole, qu on sera peut être obligé de rétracter, au : détriment soit du pouvoir, soit de la i communauté. La fondation des États • dont les institutions sont aujourd'hui i établies a demandé des siècles; cei pendant on trouve tous les jours quel-
3ues améliorations à y faire. La Servie oit suivre la même voie; elle n'a ' point le privilège d'accomplir dans ' une année une œuvre qui exige tint
> de sollicitude et de maturité. D'abord « il y a dans le caractère du peuple
< serbe des traits qui lui sont propres
< et qu'il convient d'adapter en quelque
> sorte, aux formes de la civilisation eu-
< ropéenue, afin qu'il puisse graduelle- « ment prendre rang parmi les antres ■ États, 1^ plus grand obstacle c'est qu'on
f PROVINCES ÏJÀttTjfllENNES.
primais le désir E* que toutes res nationales fussent n fiées lionnes; 2" que les impôts Établis sur le taux le plus mo- ! manière à concilier 1Y ffljté \ intérêts du trésor; 3° mie ï& dettes de nos p rem lents
qui retombent à la H large iets nouvellement incorporés Tomptemetit liquidées. Je vous h la liberté de discuter chez à loisir, de concert avec le
nies proposions, afin que issu/, me communiquer à cet -s idées et vos observations.
cette époque, les dettes diodes nouvelles acquisitions ont te ; mais les deux premiers réclament encore nos soins.
hui votre opinion doit être ; de mon câté, je me suis oc* » les employés de mon cabiles membres du tribunal suas mesures nue me paraissent r la tranquillité et le bonheur . Ces mesures sont les suit° rédiger et publier un statut Servie, dans lequel seront dédroits et les devoirs du prince utorités serbes. Ce statut, dont adres connaissance, vous proui les droits généraux de la namme ceux de chaque Serbe diablement fixés. Il sanctionne té personnelle et celle de la é. Nous devons prêter le ser- 'observer ce statut , nous qui [ ici présents, et au nom de «absents. Nous devons nous I «as anx autres, le prince aux I et à la nation, et la nation se et aux autorités, d'observer t aussi rdigieusemeut que l'E- Bt que nous ne nous en écar- ' i si peu que ce puisse être i commun consentement
lui du peuple on tiei
Kna4foidéà composé de conseillera 19 on ministres, distribuées les i du aerviee national, at les affairas; k, et leur
liutatratedrs, comme les con-
sfciltetra seront responsables de leurs actes au prince et à là nation; et en général Ils auront à répondre de tous les abUS qui se rattacheraient aux fonctions dont ils seront chargés.
« S* J'ai lait de nouveau revoir, discuter et amender le code de nos lois Civiles et criminelles, auquel on travaille d$à depuis quatre ans et qui prescrira à nos cours de justice le meilleur mode à suivre pour protéger Tinnocent et punir le coupable. Chaque Serbe trouvera désormais protection et justice non plus, comme jusqu'ici, d'après le bon sens du juge, mais d'après la loi elle-même, rai lieu de croire que ces bases donneront à l'administration plus de cohésion et d'ensemble. De cette manière, selon la hiérarchie la plus naturelle, le peuple sera placé sous les kmètes, les capitaines et les tribunaux , ceux-ci sous le conseil d'État, le conseil d'État sous le prince, qu'il aidera de ses lumières, et le prince sous la loi et n'agissant que de concert avec les conseillers. Une telle institution remédiera, je l'espère, à tout acte arbitraire soitgdans l'ordre général, soit dans les cas particuliers. On trouvera peut-être quelques omissions daus ce travail; mais il se complétera avec le temps et à mesure que l'expérience en montrera les imperfections.
« En tenant ainsi la promesse que je vous avais faite d'étanlir une administration intérieure légale, je passe à un autre point important, au mode de distribution des impôts. Le peuple serbe est tenu de faire face aux dépenses suivantes : Le tribut du sultan; la liste civile du prince et de sa famille; le salaire des employés de l'État et des évêques; la paye et l'entretien des troupes nécessaires an maintien de l'ordre, celle des gardes oui veillent à la sûreté des frontières; les irais pour les postes, pour la ooBStructk* et l'entretien de «làxaret», pour UdépuUtionàOHMftantinopleet les missions dans d'autan pays et enfin pour les dépanna MûMtrilee et imprévues. Jusqu'ici toutes < eut été supportées, par le 1 mSTtmmmmi
tîeâ-dmn
L'UNIVERS
« Jusqu'à ce jour, nous avons mis tout i notre soin, moi et notre tribunal na-
> tional, à satisfaire à ces exigences mult tiples, en ne recourant qu'aux moyens « les plus simples, les plus justes pour « le peuple et en même temps les plus i avantageux pour le gouvernement.
i Sur cette question, débattue l'an passé, t les avis ont été partagés. Enfin, j'ai i cru remédier à la confusion et à un
< grand nombre d'abus en réunissant t en une somme unique tous les impôts ( des Serbes, et en les faisant percevoir
> sous cette forme à deux époques ,de
> Tannée , savoir a la Saint-George et i à la Saint-Dmitri, afin que les contri-
< buables aient le temps nécessaire pour t acquitter leur quote-part.*
i Dans le but d épargner aux citoyens i des détails minutieux', j'ai proposé un : impôt de trois écus par tête pour chaque semestre, sans qu'on leur puisse rien demander en sus, pour le hai radseh, le tschihouk , la taxe de l'éi vêque, l'impôt personuel, la taxe des : mariages, celle des moulins et des instruments distillatoires , celle du . droit de pAture pour les cochons, ni
< la dime du maïs, blé, orge, ruches et vin. Enfin, le peuple ne sera plus tenu envers les employés à des corvées, excepté quand il s agira de constructions entreprises par le gouvernement et d'une utilité générale : en outre les corvées exigibles seront payées dans le cas où le travailleur serait occupé pour une journée.
toutes les taxes précédentes ; que le salaire des évoques t'y trouve comprit et que la dtme des récoltes que Dicv lui accorde lui restera à Va venir; qu'il aura la jouissance des forêts et pâturages; que les corvées au profit du employés cessent tandis que celles on le gouvernement impose sont payai; si, disons-nous, la nation prend m mûre considération tous ces avantages, nous espérons qu'il deviendra évident pour tout le monde que l'impôt proposé est un des plus modiques au$K.
un peuple ait jamais été soumis eo Europe. Nous verrons s'il nous sera possible de faire face à toutes les dépenses avec ces seules ressources. Après un an révolu , notre ministre des finances présentera à nous , au conseil d'État et à l'assemblée nationale k compte exact des recettes et des dépenses.
« Afin que cet impôt de trois écus par semestre soit réparti le plus toitablement possible, et que tout Serbe, le plus riche comme le plus pauvre, l'accepte sans murmurer , je vous fais présenter ici le tableau des hommes mariés, avec l'indication de leurs biens et avoir. D'ailleurs les km êtes et les starostes savent combien chacun de leurs frères avait à payer pour la dîme. L'impôt sera réparti "d'à près ces relevés et proportionnellement aux for* tunes «Quant à la fixation de chaque part individuelle, ni nous ni notre gouvernement n'aurons à nous en ocra*
e voqs être soumis touchant Hé à le mode de perception pfltf- rengage dose tous ceux il U rassemblés à me donner wdegment leur avis. Ensuite, ™^ nidtele serment d'observer luts de l'État, désignes les in- \Jm plus dignes et les plus s, et Uasas-Ieur une procueme à voe fondés de pou-
tuque je prisse, conjointement uoëaefldrÉtatetces délégués, s uhérieurement telles mesures ont Jugées nécessaires. Ces mesrait communiquées plus tard tfon, afin que personne n'en Les mêmes individus, choisis m à cet effet , seront tos députâmes aux frais de leurs comte. Us assisteront à chaque asb pour réviser les comptes et en m peuple. Il est impossible assemblée si nombreuse se réutiaque année sans qu'il en réle grandes dépenses ; mais le peje vous propose est adopté ■ autres États, et la coopérab ces députés est absolument lire. •
jours, prononcé devant une as- Fhommes qui, pour être étrani civilisation européenne, ne ent cependant ni de tact ni de révèle dans le prince Milosch tch une aptitude peu communier les esprits et à assouésistances les nlus opiniâtres.
easions que lui arrache la néil a l'air de les faire de son ouvement, et telle est l'adresse sole que rien, dans l'exposé ires qu'il propose, n'annonce M d'un chef de gouvernement sapîtuler avec les représentants Krvement insurrectionnel. Il pas pour ne pas être obligé Madré à son tour : tout ce k peuple, lu responsabilité du MB* des ageWs du pouvoir, la des droits, l'assiette des im- ^^sariou des abua , il a songé W lampe M a manqué pour «mpté et heureuse nn tant et la ré-
nementaage ne marche qu'avec lenteur, pour ne paa être forcé de reculer. Quand u parle de l'impôt , il montre encore plus d'assurance : la Servie a pris rang parmi les États; si elle veut un gouvernement qui puisse se comparer avec ce* lui des autres États, un haut clergé, une administration , des relations sui»
vies avec les cours étrangères, une police et une force publique, elle doit se résigner à des sacrifices sans lesquels on ne peut ni fonder ni maintenir tous ces établissements. La simple énumération des bienfaits dont la nation lui est redevable le justifie et l'élève en face de ses ennemis , et telle est sur rassemblée l'ascendant de cet homme, qui ne savait pas même écrire, que ses ennemis en sont réduits à regretter de lui avoir préparé ce nouveau triomphe et à trembler pour leur propre tête. Pour sortir de cette situation périlleuse, il ne reste plue qu'à faire comme le prince, à dissimuler comme lui. Si Milosch les a pénétrés; s'il sait que la demande de réformes en faveur du peuple n'était qu'un prétexte pour leur avidité et leur ambition, eux aussi le connaissent ; ils prévoient qu'une fois le danger passé le préposé du sultan les mènera de nouveau à la turque ; et ils pourront dire au peuple : Nous avons été plus clairvoyants que vous; vous en avez fait l'expérience : pour détruire la tyrannie il faut abattre le tyran.
Quoique les réformes exposées dans le discours de Milosch soient parfaitement appropriées aux mœurs , au caractère et a la condition politique des Serbes , il n'en porte pas moins l'empreinte des idées qui dominaient en Europe et que répandaient dans tout le monde les organes de la presse philosophique et . parlementaire. Jamais, depuis la conquête des Turcs, les droits et les devoirs dn souverain et du peuple n'avaient été formulés avec cette précision. Les cabinets des États voisins s'en alarmèrent, et l'on s'efforça de ter du ridicule sur des vues dont le seul défont était de n'être pas sincères et de décréter par une charte le p sauge de la barbarie k la rfviHaatton. Ge que le
Coco n'avait pas ifrpooiièé, pineque formée du pmmmmp* **» g?
_____ jm node 4e suvre ^ repœent
L'UNIVERS
pourvu que celles-ci ne dérivent pas du
{>rincipe religieux, c'est qu'il s'imposait 'obligation d'être fidèle à ses promesses et de renoncer à l'absolutisme; or, comme il n'avait nullement l'intention de n'être qu'un prince constitutionnel , il devait s'attendre à voir s'élever contre lui et les factions, pour lesquelles les réformes n'étaient qu'un prétexte, et les gens de bonne foi, qui voulaient le mieux et qui croyaient y arriver à la suite des agitateurs. La nouvelle constitution allait donner elle-même des armes aux mécontents. Les knièzes, les conseillers , les gran !s officiers de l'État, les kmètes (ou maires) ne pouvaient plus être traites en esclaves; ils participaient d'après la déclaration du prince au gouvernement ; ils assistaient et surveillaient celui que jusqu'alors on avait appelé le maître.
Les besoins étaient connus , les droits définis ; il ne s'agissait que de les codifier, bavidovitch, alors secrétaire du prince, et quelques jeunes gens que leurs études désignaient plus spécialement pour rc travail furent chargés de rédiger la charte de 1835. KUe fut promulguée le 15 février avec toutes les solennités dont les peuples et surtout les Slaves aiment à entourer les nouveautés.
Kl le était composée de quatorze chapitres. Le premier, composé de d«*u\ articles, définissait l'étendue et l'état de !a Servie; le deuxième fixait les cou-
dont l'existence est plus ou moîm mère , se composait de deux é\é distincts, d'axiomes de droit n renforcés de citations de l'Évangile a-dire de vérités admises comme i testables et formant la base de tou législations , et en second lieu d positions accidentelles, dont ri pouvait garantir la durée. Le pi défaut de la charte serbe de 183 tait que le prince et le peuple qu tractaient comme pouvoirs lib indépendants étaient politiquemei la dépendance de la Turquie; < cette transaction plenojnre ne p que blesser le pouvoir souverain, conçoit guère , en effet, comme peuple soumis au tribut et cot de voir ses forteresses occupées p troupes étrangères peut se croire de modifier ses institutions à 1 d'une nation absolument indépen On lui a laissé, il est vrai, le droit gler comme il l'entendra son nistration intérieure; mais le sul pourra reconnaître ce droit qu'e qu'il ne portera aucune atteinte à pendance politique ; car cette < danee est la condition nécessaire concession. Milnsch le sentait s qu'il se crut libre d'agir à sa fa tant qu'il compta sur l'appui de la Réformateur de bonne loi, il n' pu éviter une rupture ouverte i gouvernement turc; et, après ce fraction flagrante des traités, il 1
PROVINCES b&tflfetENNES.
ne des (
ateur
es de leur province,
\ Turquie ne les eut nullement
en cette qualité. Il semblait
Milosch assumât le râle de
non-seulement pour la
erbe, niais pour tous les Slaves
aaujt , ce qui était une menace
nfitanltnopje. Eu un mot, il s'a-
e pouvoir dont le sien n'était
délégation pour s'assurer les
tàm du peuple. 11 ne faisait pas
un mystère de ses nies à cet
plus a une fois on lui a entendu
c les autres tribus de raïahs de-
aussi obtenir un gouvernement
a. Avec toutes ces idées sur la
ir future de la Servie , il n'était
>ios que pressé de lui donner, au
squ
qui porteraient leurs fruits venir, H s'accommodait vuln réformes despotiques d un pacha, ait bien aise de pouvoir donner étexte à ses délais les disposi- •u favorables de la Turquie , de :be et de la Russie a l'égard otkms si libérales.
vte suivait avec sollicitude toutes larches : habituée à briser, sans e les instruments qui la gênent, âmule jusqu'au bout et ne frappe
S 'elle peut le faire sans danger.
}, dans le courant de Tété, i mut l'invitation de se rendre aotinople. Connaissant les habigsudcs de cette cour, il eut soin oint partir les mains vides ; Mah- ■i fit un accueil distingué, et dit tant 4a prince : « Ses présents ttes comme lui-même. » Cette nonmée d'une manière si flatd donna l'assurance que tout ce urrait faire serait approuvé, et
ft de ne rien changer dans sa de gouverner les Se r viens.
il eût voulu que personne n'en fit publier dans la gazette of lien Servie le prince était le seuï et que Personne autre que Jui il de se rntëter de politique, du l'article était que le gttlt d'clre placé sous un monarchique, ■ation avait sans doute
bout objet de calmer le* apprenons tes grandes puissances limitrophes; mais elle était inopportune et semblait défier l'opposition et le mécontentement populaire.
Les Serviens se seraient peut-être résignés à un gouvernement qui edt mis les grands et la masse de la nation sons le même niveau ; et c'était le but auquel tendait Milosch, qui croyait pouvoir remplacer la liberté par l'égaHtét Biais le plus grand vice du despotisme, c'est la nécessité où le met sa nature d'employer une foule de despotes secondaires , qui se regardent comme irresponsables parce qu'ils agissent am nom d'un pouvoir qui ne relève que de lui-même. En Turquie, cet inconvénient est tempéré par la haute position religieuse du sultan. Quant un pacha abuse de son autorité au point de devenir un embarras pour le gouvernement, H tombe en vertu du même principe dont il a méconnu les limites. Mais les employés de Milosch étaient Serbes, et les abus de pouvoir qu'ils se permettaient étaient plus blessants pour leurs compatriotes que si l'on avait eu a les supporter de la part d'un spahi , d'un moussélim oud'unkadi. La haine et le mécontentement remontaient naturellement jusqu'au prince, qui se crut assez fort pour tout braver et se montra plus entier et plus inflexible que jamais.
Soit qu'il ne fût pas insensible à l'amour des richesses, soit plutôt qu'il méprisât assez les autorités turques pour espérer d'être soutenu tant qu'il serait en état d'acheter leur appui, il paraissait uniquement occupé de grossir ses trésors par toutes sortes de monopoles. Quelques-uns de ses actes portent le cachet d'une fiscalité révoltante. Les Serviens tirent leur sel de la ValacWe, qui en exporte annuellement chet eux environ trente millions d'okas. Milosch s'empara de tout ce commerce, est prenant pour ton compte sur M »ian * ' valaques la quantité ndeattfc* à la i
ter le sel suivit le articles d'oxi
en Imposant ..
du marche, A tarife (Ma \ culot daVtttou le MmDot
L'UNIVERS
spéculations. Cette conduite excitait an mécontentement d'autant plus grand
3ue les profits résultant de ce trafic se epensaient en partie hors du pays.
Ainsi il achetait des terres en Valachie, comme s'il eût craint que des propriétés en Servie ne lui offrissent pas la même sécurité. En se rappelant ce qu'il avait dit devant rassemblée, qu'à 1 avenir la Servie ne serait gouvernée que par des
{(rinces décidés à vivre et à mourir pour e peuple , parce que leurs intérêts seraient les mêmes, on se demandait s'il avait été de bonne foi dans ses promesses ou si ses dispositions s'étaient modifiées par l'exercice du pouvoir.
Cependant il s'occupa de la rédaction d'un code servien, travail négligé depuis longtemps. Cette compilation fut confiée à deux juristes de la Servie autrichienne; mais la rédaction marchait lentement, et en attendant les choses suivaient leur cours ordinaire. La continuation des anciens abus ne faisait que plus vivement désirer les réformes promises :
tout semblait présager une crise prochaine.
Pour cette fois l'opposition , au lieu de recourir à une résistance ouverte, suivit une marche plus prudente et plus sûre : les ennemis du prince affectaient une grande confiance dans la promulgation des lois préparées , et en dirigeant de ce côté les espérances du peuple ils le préparaient par degrés a user de violence lorsqu'il deviendrait
dît aux conjurés , il faut coi vous débarrasser du prince tous, les moyens possibles :
il finira toujours par avo ses ennemis. En 1836, il n'
Kir la fuite au danger qui ilosch, dans sa jalousie so n'épargna pas même son ùi dont assistance lui avait é les commencements de si tration , mais qui depuis i parmi les opposants. En obligé de quitter le pay Voutschitch , dont il a dej plusieurs fois.
Ce Voutschitch, dont nom était Thomas Péritsc un des premiers rangs parm:
favoris du prince, pour le quitté le parti de Hadii Pi a cette époque , il s était
5 rince à la suite d'une di entelle ; depuis on le fit j rendit en cette qualité de jg ces dans la révolte de Dj* n'eut des alternatives plus plus fréquentes de disgrâce Ainsi, après s'être réfugié pour échapper à la colère celui-ci le rappela et le n< serdar. On le retrouve ensi
Sue immédiatement après c e haute confiance , en ex dria, d'où il fut encore rappi plir une place dans le s princesse. Il jounït aussi
Muant qu'il n'était pas fe- Nftar. Longue Milosch , à son a Constantinople distribua au sultan des décorations aux pre- ■etiannaires de l'État, il ne fut istion de Voutschitch , et dans i imprimé dans une feuille aile- JUgemeine ZeUtmg ) et qu'on , comme officiel , Voutschitch ■tenté comme un traître qui é la Tille aux révoltés. Lorsi donna lecture de cet article , la main à son épée et s'écria :
tendra mon tour d'écrire, voilà ■ara ma plume. Ce peu de ■sent pour peindre son ca- Voutschtch ne sait. ni lire ni l est sobre de paroles, même s'agit de ses propres actions ; m jugement droit il joint une iaenranlable : on lui reconnaît ça, de la présence d'esprit; ipîtoyable; en un mot, c'est on qu'on Je redoute et qu'on heureux de l'attirer dans son inke, Histoire de Servie. ) n possédait incontestablement tés et les vices qui font le despâet ; mais, comme la fermeté, ce et un courage instinctif sont généraux du caractère serbe, i, qui étaient las de trembler
s'apprêtaient à le combattre nétnes armes. Tout leur espoir ur les dispositions du peuple, lecture de la charte de 1835, le prince reçut l'invitation de à Constantinople , les Serviens, laence de leur première joie , onné au fondateur de l'indé-
nationale les témoignages directs et les plus passionnés iment et de gratitude. On ne is même le laisser partir. On it dans une adresse signée par «s et approuvée avec enthounr le peuple d'envoyer vers Welqu'un des membres de sa mais de ne point enlever un s enfants. Ces manifestations , n naïve des sentiments d'un kni sorti de Fêtât barbare, taé dans les esprits une im- «a le temps et l'obstination de Ufceon système pouvaienteeuls *es ennemis ne doutaient pas
qu'après tant d'espérances déçues le mécontentement prendrait à la première occasion le caractère d'une révolte nationale et que toute l'habileté du prince serait impuissante à la calmer. Mais il ne suffisait pas d'aigrir les craintes et de fomenter les haines à l'intérieur; il fallait attaquer Milosch dans le principe même de son autorité, en le rendant suspect à la Porte. Ce gouvernement, dont les dernières concessions en faveur ;de la Servie lui avaient été arrachées par le cabinet de Saint-Pétersbourg, ne voyait pas sans une secrète satisfaction que les embarras de la situation résultaient du système que lui avait imposé la politique étrangère.
Comme les libertés s'enchaînent logi-
3uement,,il attendait que les prétentions es Serviens parussent assez alarmantes à la Russie et à l'Autriche pour qu'on lui permît de revenir à l'ancien système. D'un autre côté, Milosch ne s effaçait pas assez comme vassal ; et il paraissait à craindre que tous les Slaves chrétiens de l'empire turc ne finissent par se réunir à la Servie ou ne formassent entre eux une confédération dont la religion donnait la base. Dans cette appréhension, plus Milosch lui paraissait capable de se poser comme chef de ce mouvement , moins la Porte était disposée à le maintenir au pouvoir.
Tout ce qui pouvait amener une rupture entre Milosch et la nation serbe entrait donc subsidiairement dans ses vues. Les prétextes et même les motifs ne lui manquèrent pas. On pouvait reprocher au prince d'avoir fait tourner à son avantage personnel des concessions qui étaient inséparables d'une soumission et d'une fidélité entières; de s'être montré trop indulgent en traitant les raîahs insurgés : enfin, dans sa persistance à gouverner la Servie comme État indépendant on trouvait qu'il sacrifiait à son ambition les intérêts du sultan. Les hauts fonctionnaires de l'empire, dont la magnificence de ses présents avait excité la jalousie , avaient remarqué sa ■neeà baiser les pieds du Grandir, et ils affectaient de dire que Foscli était trop puissant pour un vassal. Même à l'époque de son voyage à Constantinople, quelques-uns des Serviens qui formaient sa -suite, avaient
adressé contre lui aux autorités turques des plaintes <jue la jalousie et la malveillance avaient probablement accueillies , de sorte que les rivaux du prince savaient qu'en cas de révolte ils trouveraient des préventions toutes faites et un puissant appui. Ils n'ignoraient pas que Milosch sollicitait un autre firman qui fût comme la consécration du pouvoir tel qu'il aspirait à l'exercer. Cet acte lui fut accorde , mais en termes plus conformes aux vues de ses ennemis qu'à ses prétentions. Aussi ne se pressa-t-il pas de le faire connaître . 11 porte la date du 24 décembre 1838; nous le donnons ici son entier, comme étant une expression dans Gdèle de la situation des Serbes au point de vue des Turcs.
« A toi, vizir Joussouf- Moubla-Pa- « cha, et au prince du peuple serbe, sa- « lut et prospérité!
« D'après les privilèges et les libertés « accordés aux habitants de la Servie
• pour leur fidélité et leur attachement, « et d'après le contenu de plusieurs hatti- « scher ifs émanés de nous sous diflfé- « rentes dates, il a été trouvé néoes-
• saire de donner à cette province une « organisation et une constitution « particulière, privilégiée et inaltérable, « sous la condition que les Serbes » observeront ponctuellement les de- « voira de la fidélité et de l'obéissance,
* et au'ils acquitteront le tribut a ma
* Sublime Porte exactement el aux épo- ■ ques prescrites.
D'après le contenu du décret impé
tranquillité du pays, prévenir on r-
E rimer les attaques et le tuuntU; >) la répartition et la collecte du trita ainsi que la distribution des chaip publiques; E) la nomination des nemissions nécessaires et la publiât)* des instructions conformes à Tarin à tous les employés de la province; F ) la juridiction et le droit depuoita et de grâce pour les crimes.
« 4. Avec ce pouvoir qui t'est ut fié, tu auras donc le droit entra* choisir, de nommer et d'installer toi individus qui seront soumis à tel coumandements, et formeront une administration centrale, comme ffiif le bien du pays et des habitants; devoir qui t'est prescrit. Un de ces factionnaires s'occupera des affaire! et l'intérieur, un autre des finança* le troisième de la justice.
« 5. Tu auras une chancellerie particulière , confiée à la direction de tu lieutenant ( namestnik ) , que tu dur géras de dresser les passe-ports el dt régler les rapports des Serbes avec b nations étrangères, aiusi que les »
téréts nationaux.
« 6. Un conseil composé de prima»
et de notables serbes sera institue Le conseil se composera de dii-^pi membres un desquels occupera h pit* sideriLV.
i 7. Quiconque nVst pas né en S**vie ou n'est uas nationalisé, d*j ï* trente-cinq ans au moins ou ne possdt pas de biens immeubles ne peut êlff
PROVINCES D4PUR1ENNES.
ifle et de l'aider de son expé-
I. Sans le consentement du con- I «senne loi ne pourra être décréni aucun impôt établi.
O. Le traitement des membres du laailaara fixé par toi d'une manière nanahlcct de commun accord ; et, mi les assemblées seront instituées • le lieu du gouvernement central, attributions s'étendront sur les obt suivants : A) Le jugement et la Won des demandes et des points Eicii* ayant rapport aux décrets et du pays, à la justice, au tribut et ma impôts; B) la fonction des trai- ■Dta et des rémunérations des em- Fée du pays, ainsi que l'installation seui qui seraient jugés nécessai- : C ) l'estimation des dépenses aniles nécessaires à l'administration pays ainsi que la délibération des peu les meilleurs et les plus conablas pour établir et lever les im- I qui doivent faire face aux dé* ■es; D) enfin la délibération sur t loi oui détermine le nombre, la le et le règlement de service de la ce nationale nécessaire pour le otien de Tordre et de la tranllité;
S. Ce conseil aura le droit de faire propositions touchant des lois qui paraîtraient utiles, en en motivant avantages et en apposant à ces positions les signatures du présit et du secrétaire, sous la condd toutefois qu'elles ne porteront une atteinte aux droits légitimes la suzeraineté de ma Sublimele.
14. De pareilles demandes seront ies de discussions , et la décision i lieu à la pluralité des voix.
t. Le conseil est autorisé à exiger Bellement, en mars et avril , des s ministres mentionnés, un taude leurs mesures administratives r Tannée écoulée et à examiner
I. Gaa trois ministres, de l'intér, des finances* et de la Justice, i tjsje le directeur de la chancelleanaJitaront, pendant la durée de charge, aux séances du conseil, • avoir prêté
« 17. Les dix-sept membres du con- « seil ne peuvent être destitués avant k que ma Sublime-Porte ait reconnu » qu'ils s e sont rendus coupables de
* quelque crime, de la violation de la » loi ou d'autres ordonnances en vii gueur.
« 18. Parmi les Serbes il sera choisi i et nommé un kapou-kiaia, qui rék sidéra toujours auprès de ma Haute-
* Porte pour que les affaires serbes » soient soumises à une administration t conforme à mes intentions impériales, i aux libertés de la nation et aux règle- [ ments sur l'organisation de ce pays.
« 19. Les affaires de police, les quai rantaines , l'expédition des ordres du
Prince aux employés des districts, administration des établissements t d'utilité publique et de la poste, l'exé- ■ cution des ordonnances concernant les i pauvres du pays sont dans les attrii butions du ministre de l'intérieur.
« 20. Le ministre des finances exa- : mine les comptes de l'État; il s'occupe ; d'encourager le commerce, de conserver et d'administrer les revenus fmblics, dont le budget estfixé parles ois du pays , d'après les comptes établis par les autres ministres : il aura soin de faire dresser un cadastre des propriétés immobilières, tant publiques que particulières, ainsi qu'un tableau des propriétés mobilières du pays et de 1 État. Il surveillera l'exploitation des mines, l'aménagement des forêts et les autres détails qui concernent sa chancellerie.
« 21 . Le ministre de la justice et qui est en même temps le directeur de l'instruction publique et de la diffusion des sciences utiles est chargé de s'assurer si les décisions prises ont été exécutées, de recevoir les plaintes qui s'élèveraient contre les juges et de prendre des décisions à cet égard ; de i s'assurer si les juges sont capables , et de se faire remettre tous les trois mois un relevé sommaire des procès jugés
Sar eux ; de surveiller la construction es prisons ainsi que leur régime et les améliorations reconnues possii Mes.
23. Il aura également dans ses attri- : butions la moralité publique, l'établist semant des éooles et les encourage-
menti donnés aux sciences. Il aura l'inspection des hôpitaux et autres établissements d'utilité publique, et s'entendra avec les anciens de l'Église pour tout ce qui concerne la religion et le service divin.
• 23. Un étranger, à moins qu'il ne soit naturalisé Serbe, ne peut remplir aucune de ces dignités.
• 24. Ces trois ministres seront indépendants chacun des deux autres dans l'exercice de leurs attributions respectives; chacun d'eux aura sa chancellerie particulière.
« 25 Cliacune de ces divisions formera plusieurs bureaux; et chaque publication concernant les affaires de l'État qui émanera de ces bureaux devra porter une signature. Aucune décision d'une nature mixte et appartenant à deux départements ne sera exécutoire que si elle est revêtue de la signature des chefs de bureau compétents, et qu'après avoir été portée et enregistrée au protocole des bureaux susdits.
«.26. Les trois ministres rédigeront chaque année , en mars et en avril , un tableau de toutes les affaires traitées et terminées dans leurs chancelleries, ainsi qu'un relevé de celles qui leur sont soumises; ces documents seront revêtus de leurs sceau et signature, ainsi que de la signature des chefs de bureau ; et ce tableau sera soumis au conseil de la province.