‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 159 sur 218 · AP1TRE XXXIV · texte numérisé non relu

AP1TRE XXXIV

LA SEBVIB APRÈ8 L'EXIL WCH. MILAN. MICHEL. VOU- H.

ites les révolutions précédenprtoee qu'on venait d'exiler , temps de Kara-George , ta

résistance et le triomphe avaient eu un caractère populaire; mais <ce dernier mouvement, bien qu'il etft été préparé par les grands sous le voile des intérêts de la nation , s'était opéré sous le patronage de la Turquie et du consentement du gouvernement russe. La Servie jouissait d'une charte octroyée ; sa position était évidemment plus favorable pour essayer ses nouvelles institutions , et cependant elle entrait dans ses droits avec une certaine méfiance, à la suite non plus d'une grande lutte contre le despotisme systématique du sultan, mais d'une querelle, pour ainsi dire , de famille , dont l'objet était de réduire le pouvoir de l'homme à qui Ton devait jusqu'à la faculté de le renverser. Les Serviens avaient, en effet, obtenu ce qu'ils désiraient . la limitation du pouvoir du chef de l'Etat ; et le Grand-Seigneur avait intimé l'ordre au pacha de Belgrade de veiller à l'exécution des réformes que le gouvernement voulait bien concéder à ses sujets soumis, les Serviens.

Ces concessions, dont l'esprit était entièrement opposé aux principes de l'islamisme, puisqu'elles n'étaient que l'application à une annexe d'un État absolu d'une constitution démocratique, n'avaient été imposées par la Russie, autre Etat absolu, que dans l'espoir que la Turquie ne pourrait les garantir pratiquement, et que les infractions aux traités fourniraient au cabinet de Saint- Pétersbourg de nouvel les occasions d'exercer sa prépondérance en Orient. De son côté, la Porte Ottomane , obligée de céder sur ce point, comprit qu'il fallait s'exécuter de bonne grâce, pour ne donner aux Russes aucuns prétextes d'intervention. Dans le fait, la charte des Serbes était une nouveauté également dangereuse pour les trois empires voisins. Quant aux ennemis de Milosch , ils entrèrent dans ces combinaisons politiques sans autre projet que celui de se débarrasser d'un chef qui les gênait; enfin, le peuple, en voyant un mouvement qui semblait favorable à ses intérêts, conduit par les personnages les plus considérables de l'Etat et appuyé par l'influence étrangère, regarda l'exil de de Milosch comme la garantie de sa nouvelle constitution. En attendant, il

L'UNIVERS

a pris la liberté au sérieux ; et l'incorporation de la Servie à une quelconque des puissances limitrophes , autrement que par la force des armes, est devenue presaue impossible.

A l'instant de l'abdication de Milosch, il semblait que tout était fini ; et cependant ce fut seulement alors que se manifestèrent les difficultés qui naissent nécessairement de l'application d'un nouveau système. Les gouvernements les plus arbitraires ne sauraient exister sans certaines règles qui n'ont rien d'injuste en elles-mêmes et auxquelles l'usage prête une grande force; et lorsqu'il est question de les abolir ou de les modifier, parce qu'elles cessent d'être en harmonie avec les institutions, le peuple , qui ne connaît pas encore les avantages des lois nouvelles, tient à conserver celles dont, dans d'autres conditions , l'expérience lui avait démontré l'utilité.

Il n'était donc guère présumable qu'après un gouvernement tel que celui de Milosch les prétentions du peuple et celles des chefs pussent se concilier sans qu'il s'élevât de nouveaux conflits.

Le premier point à régler était celui de la succession à la dignité princière. Le texte de la constitution sur lequel s'appuyait l'acte d'abdication était formel.

Milan, fils aîné de Milosch, était désigné comme successeur par la volonté de son père et par les dispositions du hattischérif de Mahmoud. Ce jeune prince *tnit dans un ftat de santé qui lui

Pétroniévitch et Jépbrema le pays du consentement Les deux premiers, craig collègue ne prit avantage • que lui faisait le titre de cien prince, lui firent senti mencement, qu'ils n'étaien à lui reconnaître des drc minence : ils firent donc son traitement fût réduit pondit non plus au ran autrefois le fonctionnaire fonction elle-même. Jéphi lait des réformes générale!

non sans répugnance, à c chait à ses propres intérêi décidée dans la première i La mort de Milan semb champ libre aux ambitions rances : mais la situation était tout autre qu'à l'a1 Kara-George et de Milos peuple avait besoin d'un h supériorité reconnue ; et ce vainqueur de la lutte conta étrangère était naturelle»

pour chef. Le cas n'était p Le parti qui avait réussi à 1 losch ne représentait que do la légalité; toute prétentio eût inspiré de l'ombrage, pouvaient aspirer au pren vaient donc paraître uniqt pés de l'intérêt général. Qo bres de l'assemblée, préoc dée que Milosch pourrait saisir le pouvoir, prop***w

PROVlïtàfiS ÙÀNÛBIENNES.

SsiolA&un jurisconsulte, phnm , les contenances ne : point qu'il prit la place rt il s'était déclaré le rival, ffragee qui se seraient parfoutschitch etPétroniévitch faire éclater des ressentinx à l'instant même où It le plus nécessaire, le Mtiosch n'était pas entiètto v quoiqu'il se vit forcé es espérances. Parmi ceux Hit franchement la nouvelle aelquea-uns craignaient de ordonnés à quelqu'un des iraient regardés jusqu'alors l égaux. Le caractère résolu fables alarmait: Useraii la préférence des Turcs un ne portftt ce dernier à i appui ailleurs que dans la

• Sénat était indécis, Miléta imposèrent de nommer le fils de Milosch, le prince feoviteh, qui se trouvait i son père dans le domaine •Pojana, que ce dernier avait

iilosch parut peu disposé du seul fils qui lui restait ;

céda ; et Michel se rendit inple accompagné d'un ofan, avec sa mère Lioubitza

Serbes. Le jeune prince nd-Seigneur, qui le décora lu Uischani, et le nomma istinction qui n'avait jamais à aucun raïah. Mais le bérat ne portait pas, comme ceété accordé à son père, que rait héréditaire ; il est même Aie lui ait été conférée à vie.

Je constitution allait être ns les circonstances les plus > jeune prince avait sous temple de la chute de son t pas destiné au pouvoir, et bjet des préférences roaterut, de même que la printxa, partagé, dans une cer- , les sentiments de l'opposiouvait donc espérer qu'il ; selon l'esprit de la charte, à du sénat, de même que ition, semblait toute dispo-

sée a lui rendre plus belles $es débuts dans l'exercice du pouvoir.

Cependant des obstacles imprévus se manifestèrent presque immédiatement.

La Porte, dont l'influence avait gagné dans ces changements, jugea prudent de placer comme conseil du jeune prince des hommes sur le dévouement desquels elle pût compter , de manière à rendre toute réaction impossible. Les deux personnages les plus influents comme les plus capables et les plus engagés dans la situation étaient Voutschitch et Pétroniévitch ; ce furent eux qu'elle chargea de ce rôle de surveillance, bien que Te prince Michel eût été reconnu majeur.

Cette tutelle pesait naturellement à ce dernier; tout le bien qu'il pouvait faire était attribué à ses conseillers; et comme chef de l'État il était cependant responsable aux yeux de la nation de toute mesure fausse ou impopulaire.

Dans la crainte que Michel ne voulut pas d'un pouvoir restreint, on ne s'était point expliqué à ce sujet lors de son voyage à Constantinople: ce ne fut qu'à Alexinatz et lorsqu'il mit le pied sur le territoire serbe que l'efîendi l'instruisit de cet arrangement.

« Cette mesure de la Porte, observe Ranke, n'était-elle pas de nature à sou* lever de nouveaux conflits ? Tout récemment, elle avait accordé à la nation serbe le droit d'élire ses magistrats ; en vertu du pacte constitutif, celui de nommer les fonctionnaires appartenait au prince, comme la création ae nouveaux offices était la prérogative du sénat, Était-ce avec justice qu'elle gênait l'action du chef de l'État par de telles restrictions et en lui imposant pour conseillers ceux qui avaient déjà fait tomber son père ? »

Cette conduite, loin d'assurer l'ordre et la tranquillité, était précisément celle qui pouvait ôter au peuple la sécurité et la confiance; plus Michel était traité en suspect, plus on lui témoignait d'intérêt, et moins on était disposé à voir la Porte administrer le pays par l'intermédiaire de ses créatures.

Le sénat, qui voyait le pouvoir réel entre les mains de deux de ses membres, était loind'aceueillir avec faveur ce compromis dans les hautes régions de l'autorité, et les starostes, qu'on pouvait re-

L'UNIVERS

Sarder comme représentant L'opinion es villages et qui s'étaient rassemblés dans la cour du palais pour saluer le nouveau prince, se déclarèrent à une forte majorité contre la mesure qui liait ainsi les mains au chef qu'ils regardaient comme l'élu de la nation. Cette manifestation donna quelque hardiesse aux partisans de M il ose h. Un grand nombre de paysans représentaient qu'ils seraient mieux gouvernés par un seul chef que par tant de personnes dont chacune aurait ses vues et qui ne s'accorderaient que sur un seul point, celui de s'enrichir aux dépens du peuple. « Autrefois, disaient-ils, nous n'avions qu'un plat à remplir, et voilà qu'on nous en présente dix-sept. » De tous côtés des rassemblements armés se formaient dans le pays , ayant à leur tête les anciens des villages, ou même des knièzes, quoique ces derniers fussent en général pour le nouvel ordre de choses. Ces bandes demandèrent trois choses : premièrement, que le siège du gouvernement frtt transporté à Rragoujévatz, où il serait plus en sûreté et plus indépendant qu'à Belgrade; secondement, qu'on fît le procès à Voutschiteh et à Pétroniévitch ; et enfin qu'on rappelât l'ancien prince. De telles demandes prouvaient clairement que, du fond de sa retraite, Milosch donnait l'impulsion à ces mouvements. Quant au changement de résidence, nous nous contenterons de citer M. Boue.

Sous Milosch, il avait été souvent

l'attaquer. 11 pouvait donc éd sans inconvénient Belgrade son konak favori de Kragouj « D'un autre côté, ce prince jours montré une grande répq à obtempérer aux désirs de m seillers et des étrangers. A B il se trouvait gêné par la pré»

Sacha, et en outre il était ti éployer plus de luxe qu'à Kr vatz. Ses mesures y attiraient l'attention ; les émissaires de Vi y étaient plus facilement sur et les consuls n'avaient aucu

Sour cette résidence. Il ava e perspicacité pour ne pas < que les conseillers, hongrois plupart, préféraient le séjour grade pour ne point sortir o\ européenne, pour avoir l'oeea faire parade ae leurs charges ai de leurs compatriotes et pour à s'enrichir par des spéculatioi merciales.

« Enfin, le prince Milosch voy l'abandon de Kraeoujévatz M rition d'un foyer de coalition Servie méridionale, qui est biei avancée que la partie dano Dût-on agrandir un peu la Si paraîtrait plus convenable culer le siège du gouvernent de le placer sous le canon

' autrichien. Rrouschévatz ou 1 vatz seraient si bien faits pour

: sidence par l'étendue de leurs et les avantages de leur si

mot, dont la venante pouvait kt ». George te rendit lui-même dans Aérants districts pour y étouffer metion ; mais il fat arrêté par les ne, qui méconnurent son autorité lot aur le point de lui foire un lia parti.

réje de Michel devenait de plus en iflefle. Plaeé entre les exigences fti que soutenait la Porte et le vœu ipe, H n'avait pas même la liberté détermination franche dans un m dans rautre. Comme tous ses i devaient avoir la sanction s, il ne put qu'agir sous 0 est probable que, s'il i de décision dans le earacav saisir le moment qui est sou- (MfM dans les révolutions, il «■rétablir le gouvernement de jaa; mais, sans expérience et ife de son élévation à une cornus de circonstances fortuites, il * "i tout en voulant tout conci- [ demandes du peuple .-- rr-l de Milosch ne dépendait mai mais de la volonté de la Porte ; se fui regardait le changement de loe .il ferait tout ce qui était en lirvoir pour que le siège du goûtant fût transféré à Kragoujévatz ; In eue, quant à Voutschitcb et à ûénieh, ils auraient à s'expliquer ir conduite et seraient punis s'ils t reconnus coupables.

te réponse, qui était presque un x 2— tion, avait été dictée à

I par lea partisans de Milosch ; relie exprimât assez nettement atioo, eue paraissait trop excluant favorable aux intérêts de Mionr ne pas refroidir le zèle du • Milosch crut avoir gagné un Tune haute importance; les deux ea qui s'étaient flattes de gouveri aon nom se trouvaient réduits à indre devant la justice du pays ; raison de l'irritation générale , il guère présumable qu'ils fussent bas. Aussi, déclarèrent-ils qu'une ion si manifeste aux vues du gouttent turc , qui était la source de autorité, motivait surabondamleur refus de comparaître; et ils «Sèrent dans la forteresse sous la Son du pacha.

P Uvraiêon. (Pboyihcbs Danubiennes.)

D'autres personnages qui, sans être précisément les ennemis déclarés des Obrénovitch, auraient eu plus à perdre qu'à gagner à la restauration du pouvoir de Milosch , refusèrent de suivre à Kragoujévatz les membres du nouveau gouvernement; et, prévoyant que dans ce conflit l'influence turque finirait par être prépondérante, ils suivirent la fortune de Voutschitch et de Pétroniévitch ; de sorte que le pacha avait groupé autour de lui les membres les plus influents du parti turc. Parmi ces derniers, Ranke cite les noms suivants : Stoïan Simitch, Garascbanin, Prota Nénadovitch, Lazare Théodorovitch, Stéphan Stépbanovitch et tous leurs adhérents.

On tint, à Topschider, une assemblée générale où se manifestèrent tous les dissentiments qui agitaient le pays.

Dans les districts de Branitschévo et d'Oujitze , les partisans de Milosch se mirent en révolte ouverte. Les meneurs reprochaient à Jéphrem et à Protitch l'exil du prince Milosch : ils disaient tout haut que le pays ne serait tranquille que lorsqu on les aurait renversés ; les plus exaltés demandaient leurs têtes.

Sans se laisser intimider par ces menaces, le gouvernement turc suivait strictement la ligne que les circonstances lui traçaient. Un commissaire, Moussa effendi, demandait la réinstallation dans leurs charges de ceux qui s'étaient retirés dans Ta forteresse de Belgrade, et sommait le gouvernement de lui accorder des garanties.

Deux partis opposés et également extrêmes dans leurs vues et dans les moyens se partageaient le pays : les uns croyaient qu'il fallait subordonner toutes les questions vitales au protectorat de la Porte, les autres que la volonté du peuple devait être prépondérante si l'on était décidé a obtenir autre chose que les apparences d'une réforme.

Entre ces deux partis il s'en était formé un troisième qui , calculant les sacrifices et le résultat final des insurrections et des guerres civiles, admettait ce qu'il y avait de réalisable dans les prétentions opposées, et espérait arriver sans secousses à une amélioration que le temps pourrait compléter. La position

L'UNIVERS

de Michel loi traçait nécessairement cette conduite ; et son gouvernement, sans s'écarter de la modération, déploya dans ce sens une fermeté et une énergie remarquables.

Nous avons vu que les knièzes , si longtemps froissés par les formes despotiques de Milosch, redoutaient plus que toute autre chose le retour du prince : cependant un d'eux, Mitschitch osa prendre ouvertement son parti. H se présenta à rassemblée générale accom-

fiagné d'un assez grand nombre cTadlérents qui n'avaient pas Le droit de présence. Non-seule nient on le força de s'éloigner avec tout son monde, mais on le fit arrêter ainsi que d'autres insurges , qui se dispersèrent sans résistance sérieuse, Les mutins s'excusèrent en disant qu'on les avait entraînes, et désignèrent les meneurs t qui furent emprisonnés. On ne se montra pas moins ferme à l'égard du commissaire turc :

il lui fut répondu sans autre formalité que lehatli-sdiérifdu sultan interdisait aux agents turcs de s'immiscer en quoi ;ue ee fût dans les affaires intérieures e la Servie. En conséquence de cette déclaration , Moussa effeudi jugea que ce qu'il avait de mieux à faire c'était de s'éloigner de Belgrade emmenant avec lui ceux qui s'étaient placés sous sa sauvegarde. Quelcjues-uns de ces derniers raccornpninierent jusqu'à Vidîn : d'autres continuèrent leur voyage et ne s'arrêtèrent qu'à Constaotinople , où ils furent défrayés par le «ou ver-

une faiblesse et que les partis méprisent tout pouvoir qui ne leur résistf pas ouvertement.

Tandis que les ennemis des Obn> novitch n'attendaient qu'une occasion favorable pour le renverser et qu'ils stimulaient le ressentiment de la Porte, le jeune prince s'efforçait de se concilier l'affection du peuple. 11 donna le ministère de la justice et de rinstradwa publique à Stéphan Raditsehévitch, nomme distingué et d'un caractère honorante* (Tétait un de ces Hongrois qoi, désespérant de faire agréer leurs t*t* vices par l'Autriche , étaient venos les offrir à Milosch. Les Se r viens faisaient grand cas de son mérite et surtout et son exactitude scrupuleuse à ne point s'écarter de la légalité. On lui doit on grand nombre de projets utiles ou il s'est efforcé d'approprier à la Servie h institutions en vigueur en Autriche

Pensant qu'il était peu convenais pour les prêtres d emmener le même genr? de vie que les paysans , il proposa d< leur construire des maisons aux frais it leurs congrégations » et de faire cul m* leurs terres, pour leur laisser le temps de s'acquitter de leurs devoirs relisiez

Il exprima le désir que les affaire du ressort des cours de justice fus- ■ ( for m ei 1 eme n t rédi géea . S o u vent les plaintes des paysans ne reçurent aucun* suite , parce qu'à Fins tant de les présenter ils n'avaient trouvé persoon* pour les dresser par écrit. Il avait coutu me de dire que fe mensonge parte était

Hait pat joequ'à la lecture, ectule avait aussi attiré son avait le projet d'élever un or la sépulture de la famille Comme les Slaves ont une tutelle pour la musique, tetarade un théâtre où Von opéras : mais les Turcs se que l'on représentât devant » pièces dont le sujet rap xploits des anciens héros i que ceux de Milosch Ko-

i casais, qui témoignaient du intention louable, n'étaient accueillis avec faveur par bas. Ceux delà Servie proa prenaient ombrage de ce oyait tant de Slaves autri- » tanaient.'aocun compte des je tour expérience procurait mme leurs manières les faimattre pour avoir vécu au Allemands;, on les appelait les êaaei Souabes. Bientôt plus sérieux d'irritation se

i Matschva, des querelles, rixes violentes s'étaient élees paysans; et il avait fallu, r l'ordre , recourir à des me- 8. Pour rendre ce châti- Bxemplaire , on condamna , coupables aux dépens. Cette it lieu avec une rigueur oui la saisie au domicile des i. Les réclamations furent (tes sur certains points', et «h dut rembourser une mendes déjà rentrées. Ceux ité injustement saisis étaient ils demandaient qui leur >étail et les instruments de leur avaient été enlevés, et a défaire payer des amendes ux Serbes pour salarier des

té excitait encore d'autres i. On reprochait au gouveroir permis à des marchands de taire de la potasse dans.

la Servie; et cette permis- >noa des rencontres santé presque tous les griefedes nient à des froissements

d'intérêt et d'amoar-oropit: et on peut en conclure qu'en général le Serbe est jaloux, fier et intéressé. •*»

Ce qui l'exaspéra plus que tout le reste, ce fut l'élévation de la taxe proportionnelle. Comme les avantages des institutions récentes ne peuvent se manifester immédiatement et que d'ailleurs les résultats les plus heureux sont presque toujours au-dessous des espérances , ils murmuraient contre un surcroît de charges sans trouver de compensation dans d'autres avantage*. Primitivement cet impôt avait été fixé à six dollars d'Autriche par an : à la chute de Milosch et selon toute probabilité dans le but de capter la faveur du peu-

Sle plutôt que parce qu'une réduction ans les revenus du trésor n'entravait aucun des services . on avait fait descendre cette taxe a cinq dollars. Le rétablissement de la porièza sur l'ancien pied ordonné par Michel contribua beaucoup à rendre son gouvernement impopulaire. Une autre mesure intempestive vint porter atteinte à la sécurité des transactions. Le gouvernement fixa un rabais qui dépréciait la valeur de la monnaie d'or. Le peuple ne pouvait ae faire à l'idée que le ducat qu'il avait reçu pour vingt-quatre piastres ne fût accepté que pour vingt-trois quand il avait un versement à faire dans les caisses de l'État. Ces griefs, qui avaient un fondement réel, étaientencore grossis par la malveillance ; de sorte qu'avec de bonnes intentions le prince Michel voyait tous les jours s augmenter le nombre des mécontents. Ces derniers ne se comptaient plus seulement parmi les ennemis des Obrénovitch , mais dans cette même classe qui leur avait montré le plus de sympathie et de dévouement. Le peuple accusait Michel de rétablir les anciens abus et de laisser tout le pouvoir entre les mains des employés, qui n'en usaient qu'au préjudice de la nation.

En voyant cette disposition générale des esprits, les partisans de Milosch entrent qu'il était temps d'agir. En 1841, on découvrit une conspiration à la tête de laquelle était Gaza Voukamanoviteh, frère de la princesse.

Lioubitza elle-même regrettait amèrement d'avoir contribué sans le vou-

LTTNIVERS.

loir it la chute de son époux. Kl te eût bien mieux aimé voir Milosch au pouvu ir que son lils Michel, Quoiqu elle aimai tendrement ce dernier, elle était moins considérée comme mère du chef de l'État que comme femme du prince, et d'ailleurs elle ue croyait pas nue Michel eut assez de fermeté et de vigilance pour se maintenir au poste difficile où la disgrâce de son père l'avait placé,

■ La plus grande désunion régnait

* dans ta famille des ObrénoviMi.

m Jovan était mécontent qu'on n*eût - trouvé d'autre emploi à lui donner « que celui d'adjudant de soit neveu . Il " visait à devenir ministre du départe* « ment de l'intérieur; mais le gouver- " nement n'était rien moins que dis- « posé a confier une charge de celte « importance à un homme qui s'était

* montré si hostile au parti cotistitu-

* tionnel. Jéphrem voyait sa mine dans m le triomphe possible des amis de son

* frère ; et il se regardait comme peu

* en sûreté a Kragoujévatz, 11 résulta de celte divergence d'intérêts que les

« menées des Turcs et de ceux qui s'ë- « talent placés sous leur protection n'é-

* talent pas surveillées comme elles au-

* raient du l'être.

■ La Porte ne cessait de réclamer en

* faveur des exiles le ilroit de rentrer •» en Servie. Elle finit par arracher cette

* concession au gouvernement de Mi-

* cbel. On commença par amnistier les « moins compromis; mais bientôt cette « permission détendit a Voutschitcli

* lui-même. La réaction fut rapide, a Michel se laissa persuader de reporter

* à Belgrade le siège du gouvernement , « sou s le ca n on d e la I orter esse d es Tu r es .

* Ce fut en vain que les kmètes essayè-

* refit de l'eu détourner eu lui repré-

* sentant qu'il leur serait bien plus « difficile de le secourir en cas de danfc ger, puisque ses ennemis seraient

■ ainsi à portée des secours des Turcs.

« Milosch croyait n'avoir rien à

* craindre de ce coté. Après s'être sou-

■ mis aux désirs de la Porte , il se flattait « qu'elle l'appuierait à l'avenir* Le pa- « cha avait engagé sa parole que Youls- « chitch se tiendrait tranquille; et « lorsque, contrairement a cette assu- - rance, les ministres reçurent l'avis

« qu'il fomentait de nouveaux troubles, « Us firent arrêter les dénonciateurs « comme propageant des bruits cal oui - « pieux et comme étant eux-mêmes « des perturbateurs. Ils croyaient mémt « que, si Ton venait a les attaquer, « la charte suffirait à les protéger, Si « quelqu'un l'ose, disaient- ils, le châ- « liment est tout prêt-

«.On peut plutôt blilmer le gouverne- » ment de Michel d'avoir manqué de « cette vigilance et de cette sévérité qui i caractérisaient celui de Milosch aue r d'avoir abusé de ces moyens : cette îai- « blesse encourageait les Turcs a fair* « toujours de nouvelles demandes , et i plus ils obtenaient T plus ils se moni iraient exigeants. Un tel état de choses « ne pouvait durer, 1*8 nation entière

■ leva une voix accusatrice contre les

* hommes qui dirigeaient les affaires

* de l'État. Les mécontents qui avaient m obtenu leur rappel voyaient en eux i des ennemis déclarés et refusaient di; « solliciter aucime place, ce qui, après « la réconciliation, leur eût été facile* « ment accordé. Les officiers et les n kuièzes qui craignaient Je retour de i Milosch , aussi bien que les paysans « et les kmètes qui probablement le dé- « si raient, se trouvaient d'accord dans

* leur haine contre le gouvernement, H i n'y avait de sécurité nulle parti ^ m sénat lui* même n'était pas sans ia- « quiétude,

a Enfin les Turcs ne purent se rési-

* Çner a endurer plus longtemps le^r --

■ fus qu'on ne leur avait pas ménages

* et que Profite h , avec sa roideur or- « d inaire, n'avait pas craint de renou-

* vêler dans ces derniers temps. Un n nouveau commissaire de la Porte ar- « riva à Belgrade, chargé de faire au « gouvernement des représentations se- « vères et d'exiger la démission non*

* seulement de Protitch, qui était per*

* sonnellement d es igné , mais de tous i les membres du ministère.

« Michel lui-même ne partageait pas « entièrement les vues de ses ministres : « il était assez disposé à les renvoyer,

■ mais il voulait le faire plus tard et « sans avoir l'air de se laisser forcer

* la main. Depuis les restrictions dont

■ son pouvoir avait été entouré » il ren gardait le droit de nommer et de

déposer ses ministres comme la partie la plus essentielle des prérogatives qu'on lui avait laissées, et il ne voulait point s'en dessaisir sans résistance; encore bien moins était-il dis- "posé à confier les premières charges de l'État à des protégés de la Turquie, dont les sentiments à son égard étaient au moins douteux. Mais I opposition dans laquelle il se renferma De fit qu'irriter le mauvais vouloir des Turcs. Peut-être leur mécontentement était-il encore aggravé par un motif accessoire. Tout récemment, les Bulgares, qui désiraient obtenir les mêmes privilèges que les Serbes, s'étaient adresses à Michel; et celui-ci, bien qu'il ne leur eût donné aucune espèce d'encouragements, n'en était pas moins, aux yeux des musulmans, l'homme dans lequel les raïahs avaient mis leurs espérances.

• En somme , les Turcs ne voyaient pas sans une certaine satisfaction les symptômes d'un mouvement qui menaçait le gouvernement de Michel soit d'un changement sérieux, soit même d'un renversement total.

• Il y avait longtemps que les agitateurs se préparaient à cette éventualité. Ils avaient dans toutes les branches de l'administration des amis qui leur devaient leur position et qui comptaient en outre sur une récompense pour les services qu'ils pourraient leur rendre.

« Quoique Michel n'eût violé aucun des articles de la charte, ceux qui l'avaient obtenue se donnaient le nom de défenseurs de la constitution ( Oustavo braniteli ). Ils avaient toujours cette expression sur les lèvres; et elle produisait l'effet qu'ils en attendaient.

« Le mouvement commença dans les districts soumis à l'influence de Prota Nénadovitch , Résavatz , Garaschanin et Lazare Théodorovitch.

« Voutscbitch ne fut pas longtemps à s'apercevoir que sa connivence avec le parti turc cessait de lui être préjudiciable aux yeux de la nation, et qu'il pouvait se poser comme chef des deux oppositions réunies. Il lui tardait de faire sentir à ceux qui l'avaient fait expulser à quel homme ils

« avaient affaire. Après avoir quitté la « Servie pendant quelque temps , il re- « vint près de Smédérévo. II traversa « les districts monté sur un cheval « arabe , que Résavatz lui tenait tout « prêt. Partout il trouva ses adhérents « disposés à le seconder. Bientôt le bruit « se répandit qu'on allait tenir une as- « semblée générale pour forcer le prince « à changer son administration.

« Michel prit la résolution de ne pas « céder à cette contrainte et d'opposer « la force à la force.

« 11 ne doutait aucunement que son « parti ne fût le plus puissant; et sans « même prendre les mesures nécessai- « res pour mettre Pojarévatz à l'abri « d'un coup de main , sans s'assurer « de l'artillerie de cette place , il partit « pour Kragoujévatz dans la nuit du 20 « août 1842 , avec une petite troupe « d'infanterie régulière de six cents horn- « mes et de trente-six chevaux.

« II envoya des ordres dans les dis- « tricts ; et bientôt de nombreux ren- « forts vinrent le rejoindre, de sorte « qu'il se vit à la tête d'environ dix mille * combattants. Les nouvelles qui lui « parvenaient de divers points étaient « toutes favorables. »

Garaschanin, qui tâchait de soulever le cercle de Belgrade , fut blessé et arrêté.

Ces succès partiels enhardirent le prince, et lui firent supposer que le peuple était disposé à combattre pour le soutenir.

Voutscbitch, qui s'était emparé de Kragoujévatz , campait avec deux mille hommes sur une hauteur à peu de distance de la ville. Ce petit coros pouvait être cerné facilement ; mais l'armée de Michel, soit qu'elle craignît d'en venir aux mains avec Voutschiteh , soit qu'elle reculât devant Us conséquences funestes d'une guerre civile, manifesta une grande irrésolution , et demanda qu'on envoyât une députa tion au chef des insurgés.

Cette démarche, qui permettait aux ennemis du prince de mettre leur justification dans la critique trop faede dos actes de l'administration, était à la fois humiliante et périlleuse pour le prince. Cependant il ne pouvait faire autre* ment que de s'y résigner.

Voutschiteh ne déploya pas moins

L'UNIVERS

d'habileté dans La conduite des nëgodations qu'il n'avait montré de pré* sence d'esprit et de counge comme général. 11 sépara adroitement la cause de Michel de celle des minisires, et protesta de son dévouement au chef de l'État Le principe de sa résistance, disaiUil , n* avait rien que de légal, puisqu'il se bornait à demander qu'on Je laissât se présenter, lui et ses amis , de* vaut le commissaire impérial ; H ajoutait que Ton ne pouvait traiter de rebelle un homme nui soumettait sa cause et celle du peuple à la décision de leur juge suprême.

Cette apologie, soutenue par des

Î;ens déterminés , lit impression sur es partisans de Michel , qui se vit forcé de discuter Us conditions qu'on lui imposait. Elles pouvaient se réduire à trots ! Mb renvoi des ministres et même de Jéphrem ; 2° le rappel et la réintégration de ceux qui avaient été exilas Tannée précédente ; 3" enfin la réduction de In taxe proportionnelle.

Voutsebitcb appuyait sur ce dernier

{roint, pour faire croire aux Ser viens que e principe de l'insurrection se rattachait à un intérêt national.

La réaction eu faveur des constitutionnels fut si rapide et si générale que les amis du prince lui donnèrent le conseil de céder. Cependant Michel mordait comme déshonorant pour lui de recevoir la loi d'an sujet qui traitait les armes à la main et dont les forces apparentes étaient de beaucoup inférieures à celles du gouvernement II résolut donc d'attaquer ses ennemis avant que la défection vînt réduire le nombre de ses défenseurs. Voutschitch, qui , mieux que le prince, connaissait la disposition des esprits, lit ses préparatifs pour le combat , tandis que ses partisans répétaient, dans les rangs mêmes de l'armée de Michel , que la responsabilité du sang qui allait être versé retomberait tout entière sur le prince dont l'orgueil repoussait un accommodement équitable.

Aux premiers coups de canon partis du camp des rebelles, l'armée de Michel se débanda. Resté seul avec quelques compagnies régulières» il dut battre eu retraite, Arrivé aux environs deSehoubari, il se vit de nouveau a la tête d'une

quinzaine de mille hommes ; c'étaient

les contingents des districts de Roudnik et de Poschéga qui étaient venus le rejoindre- Parmi cette multitude quelques-uns seulement étaient décidés â risquer leur vie pour maintenir L'autorité de leur prince ; le plus grand nom* bre suivait le mouvement par entraînement et sans en comprendre toute h portée; parmi ces derniers il s'était glissé des partisans zélés de Vontschilflcb* De son c4tèr celui-ci n'était pas resté inactif; il venait de recevoir de Rcsnvatz un renfort commandé par Le kapitan Bogdau , qui s'était fait une grande réputation de bravoure. Avec ce secours, il prit immédiatement F offensive f et dispersa l'armée du prince sans qu'elle opposât la moindre résistance.

On put reconnaître alors combien il était important pour les Turcs d'occuper militairement Belgrade. Le pacha favorisait le mouvement insurrectionnel; si Michel avait pu d'abord se faire illusion sur les véritables dispositions de la Porte â son égard, la conduite de Voutsebitcb dans ces derniers temps avait dissipé tous ses doutes. U refusa donc de recourir à la protection des autorités turques de Belgrade, et il répondit au consul de Russie, qui était venu Le trouver pour lui conseiller cette démarche, qu'il n'aurait garde d'aller se mettre à la discrétion de ceux qui avaient fait a ses ennemis un accueil si favorable.

Menacé de tous cotes et ne trouvant dans le parti nui le soutenait que des sympathies tieues et vacillantes, il prit le chemin des exilés, celui de la frontière autrichienne. Ses ennemis auraient sans doute préféré de rester vainqueurs après une lutte plus sérieuse; mais il crut inutile de la prolonger, et il renvoya chez eux ceux qui étaient venus encore une fois lui offrir leurs services* U entra à Sein lin sept jours après avoir quitté Belgrade pour aller étouffer l'insurrection. Protitch,Kaditschévi(chet Miléta suivirent immédiatement sou exemple.

Voutschitch entra dans la capitale en triomphe; il se fit appeler le chef de la nation, et prit dune main ferme les rênes du gouvernement»

HAPITRE XXXV.

mur provisoim. albxan-

& Dl KABÂ-GIOBGX, CHOISI 1HCI. TODTSCHITCH EXBfiCB

iiri supbAkb; bb^lection jidbb. (Etaprè* Ranke.)

i oansce ont contribué à la Obrénovitch : d'abord le came et ambitieux de Milosch craindre à la Porte que la fait parlai échapper entièqo1 à on moment donné cette » ttt réunie soit à la Russie»

miche, ce qui aurait laissé

* à découvert les frontières prie et de la Roumélie; en i, l'indépendance des Servions mole attrayant pour les Bos- ■ Moldo-Viilaques; et le caint-Pétenbourg n'eût pas vu Éade une constitution libérale établie parmi ses coreligionn, tandis que les Russes resaia à un régime despotique.

« raisons portaient ombrage icment autrichien, si forteusé à affermir sa domination en et le bas Danube ; enfin ,

• inquiet et remuant de la , si prompte à s'engouer et à r de ses chefs, ouvrait une m intrigues étrangères, d'aulangereuses que les membres lie tde Milosch n'étaient pas x-mémes d'une rivalité mes- ; obstacles que rencontraient s de Servie , depuis Karasqu'à Michel Obrénovitch, lature à donnera l'opposition Kon entièrement contraire à

gouvernement; et, malgré nées, l'hostilité s'adressait aux personnes qu'à l'interlea principes. L'autorité du tat étant subordonnée à celle , dont les concessions étaient et conditionnelles, il devene inévitable que le prince It la nation s'il agissait con-

aux vues de la Turquie, ou t suspect aux Turcs s'il soigne indépendante. Dana l'un sas l'opposition trouvait un

point d'appui, et l'amour du changement entraînait bientôt les masses du côté qui donnait les plus grandes espérances, c'est-à-dire vers les novateurs.

Dans le mouvement qui renversa Michel, on peut dire que l'influence turque triompha, puisqu'elle se constitua juge dans des détails d'administration qui, d'après la charte, échappaient à sa compétence, et mie le peuple perdait virtuellement en libertés tout ce qu'il croyait devoir à la bienveillance des puissances protectrices.

Le parti des vainqueurs le sentait si bien qu'ils s'adressèrent au commissaire turc pour qu'il donnât sa sanction à un gouvernement provisoire. Cette permission fut donc accordée au nom du sultan àVoutschitch, Simitch et Pétroniévitch,

2ui formèrent une sorte de triumvirat ont ils s'étaient distribué d'avance les rôles.

Us convoquèrent immédiatement une assemblée générale.

On se rapellc que sous Kara-George la skouptschina ne se réunissait que pour mettre en exercice le genre d autorité qui venait de s'établir dans le pays , et que du temps de Milosch elle se bornait à confirmer les propositions portées devant elle. Ces sortes de diètes n'admettent pas de débats régulièrement suivis; elles ont plutôt, dit Ranke, le caractère des parlamenti des villes libres de l'Italie au moyen âge, où le parti vainqueur imposait la loi aux vaincus. Personne n'eût été assez hardi pour émettre une opinion contraire aux vues des chefs qui venaient de s'emparer du pouvoir.

L'assemblée générale qui fut convoquée au mois de septembre 1842 ne comptait que des membres hostiles aux Obrénovitch ; c'étaient , à peu d'exceptions près, les mêmes hommes qui venaient de renverser Michel. On avait lancé une proclamation par laquelle on annonçait au peuple que des Serbes, dont ï* intention était uniquement de porter quelques plaintes devant l'effendi du Grand-Seigneur, avaient été attaqués par le prince , et que ce dernier, ayant été battu, avait quitté le pays.

Quand tous les députés furent réunis, Voutschitch parut accompagné du corn-

L'UNIVERS

uiissaire turc et du pacha de lie I grade. On demanda aux membres de laskouptsehina s'ils étaient disposés à rappeler le prince fugitif. Kiamil pacha lit luxméme cette question en langue serbe, qu'il parlait d'une manière presque inintelligible ; et tous les députés répoudirent négativement.

On s'occupa immédiatement de l'élection du nouveau prince ; a cet égard il n'y eut pas la moindre hésitation*

Le fils de Kara -George, Alexandre, était né pendant la mémorable campagne de 180 G- Après la mort de son père , il était revenu eu Servie , où il vivait ainsi que sa mère d'une pension que lui taisait Milosch. Jusque-là il avait été attaché au prince Michel en qualité d'adjudant- C'était un jeune homme il une conduite irréprochable, d'un caraetère aimable et de l'extérieur le plus avenant; jamais il n'avait pris parti dans les querelles des chefs, Depuis quelque temps Voutschiich le désignait a ses amis comme leur prince futur, et ceux-ci n'avaient pas eu de peine a préparer les esprits en sa faveur,

lorsque rassemblée eut déclaré qu'elle ne roulait plus de Michel, Youtsrhiteb lui demanda qui elle choisissait. Tous rëpondireot aussitôt; Kara-Georgiévitch, Au même instant il fut présente aux députés, qui le saluèrent de leurs acclamations.

Voutschitch, qui s'était réservé le ministère de l'intérieur, se garda bien de commettre la même faute qu'avaient faite ceux qui l'avaient précédé au pouvoir : tous ses ennemis furent exilés; quant aux plus compromis, ils quittèrent le pays spontanément, Ceux qui étaient moins a craindre n'en perdirent pas moins leurs emplois. Les km êtes qui s'étaient déclares ouvertement contre lui durent se démettre également de leur charge* La prison fut le partage de quelques-uns, l'exil celui du plus grand

nombre*

La Porte, qui avait tout laissé faire, déelaja la déchéance de Michel sans enquête préalable et sans qu'il lui fût permis de se justifier; elle reconnut sans ptus de formalités le prince nouvellement élu, satisfaite que son influence eût été décisive.

Fidèle a l'esprit de rislamisme, elle

n'accueillait quelques-unes de tiens nui assurent ta prèpondéj l'Occident que pour se mettre de résister aux puissances qui p sa ruine ; tes emprunts qu'elli à la civilisation européenne étai tint s d'abord a repousser tout sion étrangère , et plus tard , la force militaire de l'empir régénérée, à reprendre le sysl conquête qui est le devoir et la des vrais croyants. Cet espoir, moins déguisé selon les eireon se manifeste avec toutes ses te rétrogrades dès que la fortune d ou les combinaisons de la di| semblent permettre aux Turc montrer tels qu'ils sont, Ainsi!

ment de la crise égyptienne et celui de la question serin années plus tard enhardire vernement turc et ses agent mettre les injustices et les er plus révoltantes eu Syrie contn habites, en Crète et eu Bulgari les raïahs* Elle révoqua la eo solennellement faite ue laisse chefs chrétiens le soin de pn haradseh. Les raiahs s'estimât reux lorsque les A rua ut es sabs des dernières violences. Les lerent à diverses reprises le des Monténégrins : en Valach podarfutju^é et renvoyé seulement de la Russie,

Tous ces actes arbitraires, qc une violation flagrante des traité

fiosté rieurs à la révolution qu' e pouvoir des Obrénovîtch da vie, lorsqu'elle eut cessé d'^tr delà résistance des Slaves me

Cette conduite mettait ItiS ap du droit du cote de la Russie demandait pas mieux que de un prétexte pour faire quelque plus vers le but constant de s< lion. Aieolas déclara que Ja Po rait pas dû déposséder Michel a* eût été reconnu coupable dt qu'on lui imputait, et que dans cas le consentement de la Ri été nécessaire, Il faisait sur toi proche au gouvernement turc sauctiouné une révolte, et sur c il protestait contre ces chanj

Ce qui, mécontentait reelU

ItStfntPétenbourg, c'était que phe de Ymmehiteh et de Pétro- ! es réconciliant les Serbes avec v rendait inutile le protectorat (dérangeait tous les plans qui ut la conséquence, ma nignore pas que les puistaétiennee, maies entre elles, Mut son parti que dans des vues Isa; aussi ne ae fait-elle aucun i d'enfreindre des engagements wrfiée change selon les éveutua-

la politique. Lorsqu'elle est > «Tun côté, elle sait qu'elle sera 4a l'autre, et que le temps est

le principe religieux suffisait die une coalition

Ma. Persuadée que les menaces tarie seraient interprétées peu

par les cours rivales v lut de maintenir ce qui avait i tarie, et les raisons spécieuses Enquêtent pas.

rd elle prétendit qu'il n'y avait A "* puisque les commisavaient approuvé le . et que, comme puissance elle avait usé d'un droit

ae, eu me.

; aux intérêts serbes , elle était ée de vouloir y porter atteinte t en menant une détermination le, eue avait agi d'un commun vecla nation, qui avait unaniapplaudi au changement dont lignait

iseossions donnèrent lieu à* des ont assez compliquées et dont i masquait la portée générale. be s'accordait avec la Russie tînt qu'une question intérieure as du domaine de la politique 5; mais elle déclarait en même ■e l'autorité de la Porte serait it compromise sur le Danube 1 pouvait renvoyer Michel qu'arm mis de nouveau en cause.

ie il arrive souvent dans les 1 où l'agresseur qui a compté sr par l'intimidation trouve une e inattendue, les parties intéressât un terme moyen : la Russie riger la réinstallation de Michel ion que l'élection d'Alexandre, t eu lieu à la suite de scènes , fût regardée comme non

valide et qu'elle fttt de nouveau soumise au peuple, mais avec des formes régulières ; elle demandait en outre le renvoi deKiamil pacha et celui de Voutachitch et de Pétroniévitch.

On conclut un arrangement sur ces base». Le pacha perdit effectivement sa charge; mais on le fit vizir de Bosnie.

Quant aux deux chefs serviens, il était jphis embarrassant de leur donner Péguivalent des fonctions qu'ils occupaient.

D'après ce qui venait d'être convenu, Alexandre Kara-Georgiévitch dut résigner provisoirement ses pouvoirs; le plénipotentisire russe exigea seulement oue Voutschitch et Pétroniévitch ne fissent point partie de la skouptschina nouvellement convoquée. Mais , malgré cette précaution, le résultat des votes ne pouvait être douteux.

La Porte, en vertu de son droit de souveraineté, déclara exclu de la dignité princière le jeune Michel Obrénovitch, comme incapable de gouverner selon ses vues. Cette décision ne laissait pour compétiteur à Kara-Georgiévitch que Milosch lui-même, et le retour du prince exilé eût menacé trop de positions élevées pour que ceux qui avaient intérêt à ce qu'il ne fût pas rappelé ne missent point en œuvre tous les moyens , dans le but de prévenir sa réélection.

Pour le présent, les esprits n'étaient point disposés en faveur de Milosch.

On avait tait courir le bruit qu'il était entièrement soumis à l'influence étrangère. On disait à Belgrade que les partis opposés à Kara-Georgiévitch étaient disposés à établir leur candidat à force ouverte, mais que le conflit serait sanglant. Le peuple, en attendant, préparait ses armes.

Cependant rien n'annonçait l'intention d'imposer aux Serbes un chef dont ils auraient méconnu l'autorité. On ne

E rit même, avant l'ouverture de l'assernlée, aucune mesure pour faire rentrer en Servie ceux qui s étaient retirés sur le territoire autrichien , ce qui n'eût offert aucune difficulté.

Le 15 juin 1843, on procéda à une élection libre. Les Serbes se rangèrent par nahies, comme autrefois les Polonais votaient par voîvodies. Le nouveau pacha, le consul, le plénipotentiaire de

L'UMVERS.

la Russie et le métropolitain s'avancèrent vers les électeurs et leur demandèrent quel était celui qu'ils voulaient pour priucg. Les dix-sept naines demandèrent a l'unanimité Kara-Georgiévilcb. On interrogea ensuite plusieurs personnes séparément, et toutes tirent la même réponse.

C'est ainsi que les paysans serbes conservèrent le droit que leur avait conféré la convention d' Akierman, celui de choisir leur prince. Les deux puissances

Protectrices se déclarèrent satisfaites, et élection de Kara-Georgiévitch fut reconnue valide.

On crut d'abord que Voutschitch et Pétroniévïtch seraient libres de rester dans le pays* attendu que l'agent russe n'avait point demandé leur ëloiguement ; mais peu de temps après l'empereur Ni coin s insista sur L'exécution pleine et entière de la convention passée avec La Porte.

Ln Turquie se voyait débarrassée des Obréuovitch ; mais les hommes qui avaient été les principaux instruments de son triomphe durent ajourner Leurs espérances, Les Servie» s apprirent que le prince qu'ils venaient d'élire ne serait continué dans sa dignité que lorsque Voutschitch et Pétrouiéviteh auraient quitté la Servie. Quelle gue fût J'influence que ces deux chefs exerçaient T personne n'était disposé a tout remettre en cause uniquement pour les rappeler à leur ministère ; on leur signifia donc , mais avec toutes les marques de respect

pouvoir héréditaire et illimité. Lk auditions auxquelles son autorité est »

bordonnée peuvent fournir de m* breux prétextes et opposer à son nistration des entraves qui le dans une entière dépendance.

L'expérience des dernières aura et plus encore la guerre difficile p soutient actuellement la Porte pénal faire supposer qu elle s'abstiendra k toute mesure vexatoire. Autant ni est permis de le conjecturer, l'afiai* sèment de la Russie, en assurant iinfc pendance de l'empire ottoman, éuMttt sur une base plus solide les Libéria to la Servie ; et avec Je temps ta Bofli et la Bulgarie seront appelées i jort des mêmes privilèges. L'alliance delà France et ae l'Angleterre aura im coup fait sans doute pour la sfavritf de l'Europe ; mais la Turquie Depoun* compter parmi les grandes puiiMwe continentales que du jour où , alijufîti sans arriére* pensée les préventions laut* de l'islamisme, elle ne mettra aurait différence entre ses sujets, et sw» I rera ainsi le concours de populab^ énergiques, belliqueuses et interne ' à conserver et a défendre les instiuiuia» • qui les régissent- Un prince qui ne doit ni à ses Rtf* ces ni même à son ambition le n^ auquel il vient d'être élevé, dont les [■** tentions ne se fondent que sur des i»

veuirs, et qui, à l'instant même pi i entre dans 1 exercice de son pouvoir** voit séparé de ceux qui lui en ont ouvert

ta n ne sa %

ïi ta ' fa

des puissances et rivales, mais des grands 'Occident, d'où rayonnaient les ■éttorations et de réformes, «t état dé choses, la loi fondac'est-à-dire la charte des

^to pour un chef d'un ca- , semble offrir des coniforables à on prince qui sait Har de la portion de pou? oir si laJase : l'unité nationale se 'ma établie sur une base plus t la distribution de l'autorité ptaa solides garanties; mais, n oêté, les inimitiés pereon- Mfsat tellement des armes l «si degrés de responsabilité

> ao—Utution peut prendre ra- 'lepays, si aile porte tous les ssiaat an droit d'en attendre, %9 moralises par la puissance Mttieiis, auront fait un grand Mr émancipation comme peufatample de leur supériorité Parte agira avec plus de force ;Mrea de la Bosnie que ne • la faire des privilèges encore Eue, mais qui seraient sans r la fie privée et publique.

aonsidère l'état ou ae trouvait avant Kara-George et celui où irvenueàlasuite des dernières m , Il faudra bien reconnaître Hflërence est immense. La s changement est surtout dans i des privilèges de la caste

Le Grand-Seigneur n'exige ternes la taxe de la capitation ,

regardée comme le rachat m capitale encourue par tout aincu : les spahis ne se restas comme les maîtres nés les terres. Les Turcs domilenent dans les forteresses.

minière fois il leur était inrésider en dehors du rayon des tes. Cest ce qui a été observé s et à Rladovo , et c'est ce qui i Fétre à Belgrade. D'abord, ma l'avons vu, les propriétaires is de ce district s'étaient i vendre les biens-fonds qu'ils lient, pour se transporter ailris, sur un ordre venu de Conseils résilièrent ces marchés,

et la Tille entière fut regardée comme formant la forteresse.

A considérer cette décision au point de vue stratégique, on ne saurait nier que la Porte ne fût dans son droit. Les Turcs restèrent donc en grand nombre à Belgrade. Mais cette exception , qui place les spahis sous la juridiction de leurs coreligionnaires, ne leur restitue aucun de leurs anciens privilèges, et plus d'un vétéran de la milice turque se voit réduit à recevoir des Serbes un salaire pour les services manuels qu'il leur rend dans leurs maisons. On se rappelle d'ailleurs que ces franchises de la nation serbe n'ont pas été le fruit d'une révolte directe contre la souveraineté du sultan, mais qu'elles lui ont été concédées à la suite d'une lutte contre le parti qui repoussait les réformes adoptées par le Grand-Seigneur. Cette position particulière a permis aux Serbes de réclamer des franchises qui ont été achetées par des flots de

lais toutes ces circonstances n'auraient pas suffi pour faire de la Servie une province maîtresse de régler son administration intérieure si l'esprit de nationalité ne l'eût soutenue dans les revers , et ne lui eût indiqué la marche à suivre quand la fortune des armes lui était favorahle.

Par un effet singulier de leur position, l'Autriche faisait peser en leur faveur sou influence politique quand le protectorat religieux de la Russie découvrait trop les vues ambitieuses de cette dernière puissance , et la Russie reprenait son ascendant aussitôt que la Tur- 2uie essayait de revenir à son système e domination oppressive. Grâce à ces prétentions rivales , la Servie est parvenue à se constituer; et aujourd'hui l'entrée en lutte des grands États de l'Occident tend chaque jour davantage à la rattacher au gouvernement turc, qui, en retour de sa fidélité , lui accordera sans doute bien plus que ne pourraient le faire ni l'Autriche ni la Russie , la première parce que des concessions libérales auraient bientôt disloqué cet amalgame de possessions qu'on appelle l'Autriche; la seconde parce qu'elle ne peut donner aux Serbes que ce qui est le partage des Russes eux-mêmes , l'espoir de la do-

L'UNIVERS

initiation universelle, au profit de l'ab« solutisme religieux et politique.

Ainsi la Turquie et l'Autriche, quoique peu sympathiques l'une à l'autre, se trouvent néanmoins unies par le lien des faits. Le sultan, forcé, il est vrai, par la Russie, a donné aux Serbes leur constitution ; et cette charte gui rappelle , bien que d'une manière imparfaite, les institutions de l'Europe civilisée; cette charte, arrachée à la Turquie uniquement pour l'embarrasser et l'affaiblir, s'est trouvée justement le palladium et le point de l'union future de tous les Slaves méridionaux.

Le sultan a tiré un avantage incontestable des franchises concédées aux Serbes. En les armant contre le fana* tisme du parti janissaire, oui se perpétuait dans les prétentions des spanis , il a décidément consommé la réforme militaire nui lui a donné des troupes telles que celles qui ont battu les Russes à Citaté , ù OItenitza , à Silistrie, à Eupatoria et à Kars , et des généraux comme Orner-Pacha.

Il s'ensuit que la civilisation des Séries et la régénération de la Turquie sont en quelque sorte solidaires, et qu'en dépit des causes qui empêcheront tou-

I'ours leurs intérêts d'être homogènes e musulman et le Serbe doivent s'appuyer mutuellement, et dans la crise actuelle plus que jamais.

Pour revenir à la constitution de la Servie, on peut se demander si les restrictions apportées au pouvoir du

Porte, ce qui, en rompant les < du pacte, primitif eût expo»

à toutes les chances d'une lut Enfin l'idée seule que le pi investi d'un pouvoir non mo que celui des pachas, sous Servie avait si longtemps soûl insupportable pour le peuple

3ue pour les knièzes et les erniers, comme on l'a vu da de cette histoire , n'étaient pi de châtiments corporels. Pc mière fois , il est défendu < constitutif de soumettre la naires à des peines infamant rite elle-même ne pouvant p la considération dont elle de tourée si le caprice du nu élever ou destituer qui bon 1 Une telle faculté discrétionn nécessairement détruire tout d'honneur, et décourager le profit de l'intrigue et ae la I Des abus de cette sorte au peine à disparaître entiéreme où la domination turque se ' avec le caractère de la concni tive. Il faut que l'autorité :

modifie graduellement son i que les mœurs des provinces tes , en s'épurant au contacte civilisées , réagissent à leur 1 puissance souveraine. Quand moral sera obtenu, lesdiffér gieuses et politiques ne sera motifs de jalousie et d'hestilil paraîtront plus que comme â

h séparation ta li à"administratk>n de celui t, quoique l'application de m en Survie ne doive pas idées conformes à celles t naître dans des pays plus rtrofbis les pachas et les avaient singulièrement ema feofts des fonctionnaires tadre judiciaire ; il en avait » plus tard; les knièzes et grés n'avaient guère mieux ■vins. La prétendue sanction ■prime n'avait fait que reni plus irrémédiables. Cette bit doue devenue d'une néhas. Quant au reste, les rè- Km-Georgs et de Milosch " dation de la justice

lia nouvelle charte i que les différentes * leurs attributions netteis, et formèrent des ressorts

Ésmasment le plus efficace û résultait des restrictions à savoir qu'aucun memma de justice ne pouvait attee dans l'administration la même gue nul fonctionordre politiaue n'était apte

pouvoir judiciaire.

ments analogues furent apmauères de commerce. Les

arbitraires adoptées par loi et même par le prince ii, à cet égard, suivaient les . janissaires , cessaient sables. Elles reposaient sur

particulières a l'Orient et MToi d'Egypte suit encore Mais là elles ont leur raison lus qu'en Servie, où la prosidée sur l'agriculture et Finit cette faculté tyrannique qu'à faire ressortir d'une m odieuse les inégalités

individu. La charte veut ments soient fixés d'un com-

par le prince et par le séempéehe tout empiétement L'impulsion salutaire donleree et à l'industrie prouve i le feraient tous les raison- -propos et l'utilité de ces

Ainsi, malgré les obstacles qu'oppose à une réforme radicale, dans l'esprit des institutions européennes, le milieu encore à demi asiatique de la Servie , les résultats obtenus sont d'une importance incontestable. Le joug qui a si longtemps pesé sur les Serbes est brisé; désormais ces raïahs si méprisés forment une nation. Ce qui a surtout contribué à rendre durables les changements qui ont régénéré cette province, c'est que l'opposition , et non le prince, les a introduits; c'est qu'ils ont leur racine dans le sentiment populaire , et crae les vicissitudes de la politique extérieure et même l'avènement d'une autre famille trouveront les Serbes bien décidés à ne point renoncer aux avantages de leur émancipation. Le gouvernement turc tel qu'il existait autrefois est devenu impossible , à plus forte raison un gouvernement qui, se trouvant dans des conditions différentes, voudrait suivre l'exemple de la Turquie. Si même la fortune rendait le pouvoir aux Obrénovitch , ils ne pourraient le conserver qu'en observant la constitution.

La guerre actuelle, qui remue si profondément le sol de l'Orient, pourra soumettre la Servie à des formes plus monarchiques : il est également possible qu'elle complète ses institutions républicaines et qu'elle forme comme une Suisse slave , dont la mission dans l'équilibre européen serait de défendre le cours du bas Danube contre les empiétements de la Russie et de l'Autriche. A mesure que la Pologne semble s'effacer dans l'absorption moscovite le rôle des populations chrétiennes qui sont répandues au nord de la Turquie acquiert une plus haute importance.

La Servie doit à l'Occident cet esprit de justice qui est l'âme de ses nouvelles institutions : elle payera un jour ces dettes en réagissant sur le fanatisme turc, qui , pour être ébranlé , n'est pas encore vaincu ; et l'exemple de deux provinces qui comptent à peine un million d'habitants changera en peu d'années la face de cette partie de l'Europe, si favorisée par la nature, mais dépeuplée par deux fléaux également funestes, l'intolérance religieuse et l'ignorance.

En attendant que la lumière se fasse

L'UNIVERS

en Orient et que la civilisation retourne h son berceau , le moyen le plus simple

Eour que les chrétiens et les Turcs oulient leurs anciens dissentiments, c'est de les laisser en contact le moins possible. Quand leur administration sera entièrement séparée, la résistance ne nattra plus des prétentions de l'orgueil , et l'excellence des institutions se manifestera d'elle-même.

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