CHAPITRE PREMIER
l'ancibnnb dacib.
LA DACIB INDÉPBNDANTB.
IBBBS DBS DaCBS CONTBB LB8 INS. COTTSON. DBCÉBALB. CON-
quêtbs db Tbajan. —Le pays qui s'étend sur la rive gauche du Danube depuis la Theiss jusqu'à la mer» Noire, et Î|ui forme aujourd'hui la Transylvanie, e banat de Temeswar, la Valachie, la Moldavie et la Bukovine, était habité, vers le commencement de l'ère chrétienne, par les Daces, peuple nomade,
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de race Mythique. Le monde romain avait là des voisins turbulents et redoutables , dont les incursions troublèrent plus d'une fois le repos d'Auguste et l'é- au tablissement de l'Empire. Au commen- dai cernent du premier siècle de l'ère chrétienne, leur chef Cotyson, auquel on attribue la fondation de Cotyn ou Choczyn, fut vaincu et tué par Cn. Lentulus ; mais bientôt les Daces, soutenus par les Sarmates, rejetèrent les légions au delà du Danube. Tibère, envoyé contre eux, obtint quelque avantage ; mais il ne fit point de conquêtes sur leur territoire.
Une expédition dirigée par T. Caton ( 14 ap. J.-C.) échoua complètement, et les Romains regagnèrent la Thrace en désordre. Les Daces prirent à leur tour l'offensive. Sous le règne de Domitien, ils franchirent le Danube, et battirent l'armée d'Appuis Sabinus. C'est alors que Décébale reçut le commandement de la nation. Il réunit sous son autorité toutes les tribus, fit alliance avec les Sarmates et les Cattes (87) , et attaqua les frontières de l'Empire. Domitien, effrayé par les revers de son lieutenant Fuscus, promit aux Daces un tribut annuel, ce qui ne l'empêcha point de monter en triomphe au Capitale, et de prendre impudemment le surnom de Dacîque. Les aigles romaines attendaient un vengeur : Trajan parut. Il passa le Danube, joignit Decébale près de Tapes ou Talpa , remporta une victoire meurtrière, et força les Daces a se retirer doits les montagnes
et d'anéantir la nation des D construire sur le fleuve, pari Apollodore de Damai, un pool
7 ue Cassius Dion a décrit Je
ms son histoire. Situé a*4
village valaque de Séverin cl <
serbe de Feti-lslam, à un oui
fiar le Danube , ce pont avait onnesde pierres carrées; chaqa avait 150 pieds de haut et 60 1 elles étaient séparées Fune del 175 pieds (1). La constructioad nument gigantesque annonçHtI tions de l'empereur. Déeéosl»
que Trajan ne voulait poser Ji qu'après la conquête de la De nement il implorait la paix ; tell rejetaient toutes ses offres, ta prières ; d'un autre cdté, les pis sins refusaient de lui prêter ses ignorance du péril dont les i l'approche des envahisseurs, une lâche crainte de la pujsssn riale. Réduit à ses seules fora baie devait succomber; il tu moins avec honneur, et ne pas à l'indépendance de son pa Après avoir disputé le terra pied aux légions romaines, il dans les murs de Zarmizégé capitale ; là, il soutint un siège Pour braver l'ennemi, les Dae
(>endu , au sommet de leurs e cadavre d'un officier deTraj dire assez qu'ils ne songeaient ituler. Après un long e t terril
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. bach moMAnvB.
mow m la. Dacib paa m. — Aprèi avoir triomphé ârà en souvenir de ses vicieuse colonne qui porta ton ■ s'occupa 4e repeupler la avinée pontée par aea année e étendue de rEmpirc. H y tonte part dea troupes non* jotae, qui bâtirent dee ffllea i entoure lea campagnes dé- ^ Dacie prit une née non»
teânfUnaa, reeonatndtet rerOmta Trajana. Outre Cérame, et Romanu en Molan fonda beaucoup d'autres i que Tunis IJttera ta sur la sïïea on Galita, Caput Boris hure du Danube, Aqu» ou d'Hercule près de Mehaptam Jaeutorum ( aujourd'hui . La province fut partagée (indivisions : 1° Dada ri- Tada trantaipina; 8* Dacia «a. Pour mettre ee pays en tkm j?ec l'Italie, l'empereur rc la grande voie romaine née I la Porte de for et se Bessarabie, près de Caus- » Dniester.
sueeesseur deTrajan, n'héle sa politique. Loin de cherdre par des conquêtes périlronoeres déjà trop vastes du urin , il les resserra prudemandonna l'Assyrie, la MésorArménie. if était près de paiement à la Dacie, et de ratonube la limite de l'Empire ; rions étaient déjà nombreux it établis sur la rive gauche il n'était possible ni de les i de les livrer sans défense s des barbares (2). I<a Dacie
•riftdiutornobello Decebali riris a, Trajanns ad frequentandam enteoamillia passuom io circuitu ,a loto orbe romaDO transtulerat, ad Mutropitu, lib. S,
dtDaekfiMere
à radminlstration romaine. Lea germâtes, il est vrai, tentèrent de renvahir; lia savaient une Tra- Jan était mort, et qu'Adrien n'était pas un conquérant; lia s'avancèrent vers le Danube, mais lea légions veillaient aux frontières; lea Sarmatea forent repoussés, et Fon frappa des médailles en l'honneur d'Adrien , sauveur de la Dacie: Adrimo, restUutori Daeim.
IKYASUM DIS BABBAE18. LB8 Wl-
aieoTHa. — Sous le règne <T Antonio , un certain nombre de barbares vint se mêler à la.population romaine des provinces daoques. Us furent reçus comme des hôtes, et non comme des maîtres; mais l'heure approchait de l'invasion armée et du démembrement de l'Empire.
Au troisième siècle, Rome ne conserva plus sur la Dacie qu'une domination précaire. En 257, les Goths enlevèrent a l'empereur Gallien la rive gauche du Danube (1). Us forent battue, sans être chassés, par Claude II. Aurélien fit évacuer par les garnisons romaines les places qu'elles occupaient encore: alors une partie des colons passa de l'autre côté du fleuve , et s'établit au sud dans la Mœsie, qui prit le nom de Dacie AuréUenne ( 270) (2). La Dacie de Trajan resta au pouvoir des Wisigoths. Constantin la reprit en 332, et en fit un diocèse de la préfecture d'Illyrie. Mais les Goths ne tardèrent pas à revenir; ils ne forent dépossédés que par d'autres barbares. En 376, les Huns arrivèrent du fond de l'Asie. Pour arrêter leur marche , Athanaric fit élever une forte muraille entre le Pruth et le Danube.
Mais des fossés et des palissades ne sont qu'une vaine défense pour un peuple qui s'abandonne lui-même. Les Wisi-
deterruerant, ne multi cives romani barbaria traderentur.£tt//vp.,lib. 8.
(i) Dacia, qu« a Trajano ultra Danubium foerat adjuncta, amissa est. Id., lib. 9, in Galiieno. — Dacia trans Danubium in perpetuum aafertur. Orosius , YIIV aa.
(3) Cum TtsUtum IHvricnm ac Moetiam deperditam videret, provineiam trans Danobioni Dactam > subUto exercitu et provindaUbus, reiîqnit, desesnetani eam posas reri ; abdoctotque es es populos in lte- 1 collocavit, appellevitqi» total Dai. Mrr. Vwfùmm9 te AireHano, c Sç.
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xotlis, sans attendre l'ennemi, prirent la fuite, et cherchèrent un refuge sur le territoire de l'Empire.
Les Huns; les Gépidrs; les Av\bks. — Les Huns s'emparèrent de la Dacie, et en restèrent maîtres jusqu'à In mort d'Attila, d'est alors que les dépides se révoltèrent contre Ellach, (ils aîné du Fléau de Dieu (454); ils tuèrent trente mille Huns près de la rivière INétard ou Néra, et soumirent à leur autorité les Daco-Romains. Leur royaume dura cent dix ans. Il fut détruit en r>65 par la ligue des Lombards et des Avares. Leur roi Kunimund périt dans une bataille, et son crâne servit de coupe au farouche Alboin, futur conquérant de l'Italie. Les Lombards occupèrent la Pannonie, les Avares la Dacie. Bientôt Alboin passa les Alpes; les Avares, peuple nomade, quittèrent la Dacie sous leur khan Bajan et se fixèrent dans la Pannonie , abandonnée par les Lombards. Aucun autre peuple ne vint prendre leur place sur le territoire daco-romain.
COMMENCEMENTS DE LA NATIONA- LITE boï'Maine. — Délivrés du joug de l'étranger, les descendants des colons établis par Trajan au nord du Danube descendirent des montagnes où ils avaient cherché un refuse, et reprirent possession du sol dont les Goths , les Huns, les Gépides et les Avares les avaient successivement dépouillés depuis trois siècles, deux qui n'avaient point quitté les plaines et les villes
<* Les Romains, dit un historien moldo-valaque, durent, en changeant d< patrie, changer nécessairement beaucoup de leurs habitudes et de leurs mœurs; la cause en est toute naturelle. Venant d'un climat chaud dans un pays froid, ils durent modifier leur manière de vivre, leurs demeures, leurs habillements. Mais tout ce qui avait rapport à la religion, aux lois, aux différentes cérémonies du culte, du mariage, de l'enterrement, demeura intact dans leur nouvelle patrie pendant bien des siècles. Et mémo aujourd'hui l'on en voit de fortes traces : nos paysans ont conservé une fouie de superstitions romaioa; leurs mariages renferment beaucoup de cérémonies pratiquées par les citoyens de Rome ; à l'enterrement d'un Roman, il y a encore des pleureuses, des Prmfiese, qui accompagnent le mort jusqu'à son dernier séjour, en chantant tes louanges et ses belles actions.
« T-es Romains, qui, sous de vaillants généraux, avaient dompté des nations barbares, suivirent aussi en Dacie es principe : « Le Romain vit où il a vaincu. » Us s'occupèrent de l'agriculture; seuls ils labouraient la terre en Dacie, car les barbares ne touchaient pas ment une charrue (1). Mais lorsque plus
Woloehi. Les Hongrois nomment les Italien* Olarh, et les Moldave* et les Valaques Onlach ; l'Italie, Wloschazeme , et la Valarhir Woloschazeme. Pierre Katantsich, auteur itlrriflii, dit que depuis que le* Romain* i
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ibHgéi de mener un* vie emnte n mpntagnfs , ils commencèrent noir aussi da l'éducation do bé- \toMWpe\tLtchiobani ou pitres, trbarâ leur étalent ea horreor :
et dé leur» ancêtres leur inspirait •ine» 4u*si ni les Goths , ni les ptUlJefBufls, «'eurent aucune ce sur eux. If langue romaine idopter nécessairement des mots, lectes feifaret, nais jamais se dre a?ee leur langage. Les Valadvnnt scrupuleusement les usaleurs ancêtres; ils ne les mêléit avee ceux des peuples noma* i ne coupèrent pas à leurs nouis fo menton et le visage, pour ' * à connaître le fer avant *eit comme faisaient les •'attelaient pas les femme* it comme les Avares; ils ; pas le pouce des esclaves, le* Scythes.
■aie m Romans ne voulurent r des famines d'une autre nation.
mol cas aariages en horreur, et anton existe encore aujourd'hui.
wm paysan moldave ou valaque hait as marier à une Hongroise, tleoaiie, ou à toute autre étran- Je auivc&t scrupuleusement le icquidit : « Lorsque vous prenez mne, sachez-en l'origine et la
ni ce que je riens de rapporter que les Romans sont toujours une nation à part, conservant nia et les usages de ses ancé- Les Valaques, dit Gibbon (i), ivironnés de barbares, sans être me eux (3). »
tf oldo-Valaques se vantent encore
* origine, et portent avec orgueil i da Romains. Ils rappellent ooyen Age leur descendance ita,n*était pas contestée par leurs
• « Ce sont les héritiers et les i de la race romaine (3), » dit,
contjnrit. Amm, MfarcetL, XXXI, 's.
fee 'Wuachians are surrounded by, muuaâ with , the barbariant . Gibbon , oftht roman Empiré, c. XI.
Df*haileIiaiio,ffi#f. delà FaUekiê,ds Mf, etc.; Berlin, 1837 , t. I, p. 26.
anées deaceodeates a sanguine Ro-
dans une lettre au pane Innocent DI, Basile, archevêque de Zagora; et le pape constate lui-même cette filiation (1). Lorsque, vers la fin du douzième siècle, les Valaques de la Dacie de Trajan envoyèrent des secours à l'empereur Emmanuel contre les Hongrois, ceuxci les prirent pour une colonie italienne, a cause de leur langue (2). Enfin, au témoignage de Chalchondylas, les Valaques parlaient la langue latine, quoiqu'un peu corrompue ; ils avaient tout a (ait les mêmes mœurs, la même manière de vivre, les mêmes armes, les mêmes ustensiles de ménage que les Romains (3).
« Que sous Gallien, dit M. Vaillant, la Dacie ait été perdue pour les Romains, qu'à cette époque un grand nombre de colons l'aient évacuée , estce à dire qu'en entrant les Goths l'aient trouvée déserte? Tous les jours un État ne perd-il pas une de ses provinces, sans que les habitants consentent pour cela à abandonner de gaieté de coeur les établissements qu'ils ont fondés? Nous avons perdu fe Canada, la Louisiane, etc.; mais la majeure partie de nos colons y sont encore. Pourquoi donc, parce que les temps sont loin, vouloir qu'il en fût alors autrement qu'aujourd'hui? Le sentiment de la propriété n'était pas moins fort chez les colons d'un peuple conquérant que chez ceux des nations commerçantes de notre époque. Aurélien rappela les légions , soit, et je conviens aussi que l'administration dut les suivre; je conviens
manorum. Gtsta Inn. III, p. 3i, c. 67.
(1) Ut sicut génère, sic sis etiam imitatione romanus , et popuhis lerrae tuas , qui de sanguine Romanorum se asserit descendisse. Ibid., p. 3».
(a) Cinnamus, lib. VI, p. i5a.
(3) Xp.ûvxou çcovTÎ icapaicXrioia vt\ ItoXmv... Aioxpupsvot TJÔeai ' 'Ptopuxtav, ... £u|upépeTai 5è ItoXoIc xà xe oD&a xal xtj è; ôfaixav xaxa<rrdVsi , xal SîcXoi; xotç avxoïç , xal <rxevip exi xal vôv tt| auxti •PwpiaCûOv &axpfa>p.evoi. Chalchondylas , I. II, p. 40, 4t» Citons encore Diocleas, qui dit expressément (a 88) : Inde ( Vulgari ) debellando eeperunt totam Macedoniau : post base totam frorinciam Latmorum oui ilio Umnora Romani vocebantur, modo vero Manroviaebi9 hoceat Nigri Latînj
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même que tous ceux qui le purent se retirèrent avec elles; mais la masse des colons, mais ce que Pou appelle le peuple, ne les suivit pas; qu'il le voulût ou non, il ne le pouvait pas. En effet, il était moins facile à Aurélien de les transporter en Messie, qu'il ne l'avait été à Trajan de les conduire en Dacie de tous les points de l'Empire , et cela pour deux motifs bien plausibles : le premier, parce que Trajan envoyait des citoyens qui , victimes de la grande propriété et, n'ayant plus depuis longtemps dans la mère-patrie d'autre état que la misère, accouraient dans cette contrée comme dans un Eldorado, tandis qu' Aurélien rappelait des colons riches, et liés au soi par l'industrie et la possession ; le second, c'est qu'en supposant que les injinitas copias de Trajan ne s'élevassent qu'à trois cent mille familles , elles devaient être plus que doublées sous Aurélien. Peut-on d'ailleurs supposer que les colons, naguère soldats, hier laboureurs, soient devenus tout à coup nomades ? Que les Romains de Mésopotamie, d'Assyrie, de ces provinces enfin où ils ne formaient qu'une partie minime de la population , où ils étaient plus marchands que cultivateurs ou industriels , se soient retirés lorsqu'elles furent enlevées à l'Empire , on le comprend, si toutefois ils en ont eu le temps; mais quand ils n'ont fui ni d'Espagne ni des Gaules, comment admettre qu'un peuple entier de Romains, trois millions d'Ames ueul-£tre , aient
les chrétiens et les Turcs, et des uns facilita et prolongea autres; ainsi les Romains i leur qualité de colons , ai»»
tien de leurs droits, du moin leur existence; et, comme I bien Katancsieh , « ils garanl là la patrie d'une dominatio nente et absolue (1). »