‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 178 sur 218 · UUICBMERTS DU DUCHÉ DE · texte numérisé non relu

UUICBMERTS DU DUCHÉ DE

nm. — Quant à la Moldavie, ses céments furent très-obscurs. On » une lettre d'Antoine, patriariosstantinople, aux vôïvodes Ba- Iragos, successeurs de Bogdan; nit quelques détails importants istoire religieuse de la princi-

n» les très-nobles frères en JUtrofco* (PaoYiïiow Roumaines).

« Saint-Esprit les vôïvodes Baliça et « Dragos, fils aînés de notre Modestie, « possèdent héréditairement un couvent « dans le pays de Maremorus , au nom « révéré de Michel, chef des puissances « célestes, pour lequel le très»noble Dra- « gos, pendant son séjour dans la reine « des villes, où il est venu révérer les « saints et où nous lui avons accordé « l'amitié de notre Modestie et les hon- « neurs et hommages dus à très-noble « et très-haut seigneur, bon chrétien et « orthodoxe, a prié notre Modestie que « ledit couvent jouit à l'avenir de l'ins- « pection et de la protection patriarcales; « notre Modestie... lui a délivré la pré- « sente lettre, par laquelle il est ordonné « que ledit couvent... jouisse à l'avenir « de l'inspection et de la protection pa- « triarcales, aussi bien quedesgrandeurs « et des honneurs y attachés.

« Notre Modestie nomme aussi le ré- « vérend père Pacôme supérieur dudit « couvent et exarque des villages qui en « dépendent. . . Il devra surveiller les prô- « très et le peuple qui se trouvent dans « lesdits villages, et leur prêcher et en- « seigner tout ce qui est sain et salutaire « à 1 âme ; il doit en outre examiner et « juger les droits départis par les pré- « très, et diriger régulièrement et légale- « ment tout ce qui a besoin de répara- « tion. Le nom du patriarche doit être « remémoré à toutes les fêtes , dans lac « dite église et dans tous les couvents « qui seront bâtis à l'avenir.

« Notre Modestie ordonne encore par « la présente qu'en cas de décès du sua périeur et exarque Pacôme, lesdits « très-nobles frères les vôïvodes Baliça « et Dragos puissent, de concert avec « le conseil des moines du couvent -, « choisir un autre prieur, et rétablir « au lieu et place du révérend Pacôme, a afin qu'il ait aussi le droit et le pou- « voir de notre exarque, dans les susdits « villages, de surveiller les prêtres et a consacrer les églises qui y seraient « dédiées aux Stavropigées patriarcales.» (14 août 1293).

Vers le milieu du siècle suivant, Bogdan, voïvode de Moldavie, et Alexandre, voïvode de Valachie, fixèrent les étoffes et les couleurs des vêtements pourcha-

Îue peuple et pour chaque classe. Les loldaves portèrent la cuciulla d'agneau

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noir, la braie et la blaude de bure également noires; les Valaques , la cuciulla d'agneau blanc, la braie et la blaude blanches. Les autres couleurs étaient le rouge pour la cour, le jaune pour les boyards, le vert pour les mos'negi, le bleu pour les mos'neni.

Latzco 1er. — Le boi db Hongrie

CONFISQUE LE DUCHE DE MABKMORUS.

— A Bogdan II succéda Latzco Ier ( 1 356- 1373). Ici commence véritablement l'histoire du duché de Moldavie. Sous le règne de ce prince , le territoire de Maremorus fut confisqué par Louis Ier, roi de Hongrie, qui le donna d'abord nu Polonais Théodore Custutovicz (1360),

Puis à la famille Balck. On a conservé acte de cession.

a Considérant, dans la conscience de « notre âme , le zèle de Balck, (Ils de « Sas, notre prince de Maremorus, « notre amé et féal , et nous rappelant « ses nombreux services, en témoignage « de notre faveur particulière et de no- « tre amitié, nous le «ratifions et lui fai- « sons donation du village de Cucnia, en « notre pays de Maremorus, avec Ghiod, « Botchucan, les deux Bizu, Muze, Bo- « ros et deux autres hameaux dépen- « dants tous dudit village de Cucnia, « avec tous leurs revenus, c'est-à-dire « avec leurs eaux , forêts et montagnes, « comme aussi toutes leurs dépendances, « n'importe sous quel nom, et qui sont « rentrées en nos mains des mains du « duc Bogdan et de ses fils , infidèles '* Lien connus par leur conduite infime

« à Bogdan et à ses flli comme à « sérable8 ; et pour que personn « inquiété à l'avenir, nous ann « révoquons tous les dooimeo « ont es mains, et en gratifions 1 « Balk, etc....

« Donné de la main de Fhorw « révérend frère en J.-C. mon « Nicolas, archevêque de Strigo h notre amé et féal le comte en « de notre cour. Au quatrième d< » l'an de N. S. 1365 et de non « le vingt-quatrième. »

Latzco était trop faible pou diquer par la voie des armes le < que lui ravissait le roi de Hongr rentrer en grâce auprès de I-ou embrassa le catholicisme. Un I bien une messe. Il rétablit Péi Melcove, et pria le pape Urbain envoyer un evéque (1370). Maisi temps il demanda que ion mai rompu, sous prétexte que sa fem opiniâtrement attachée au rit gr tes ses instances échouèrent. Voj son apostasie ne lui servait à rie jura de nouveau, rentra dans grecque, et garda sa femme.

Après lui, Bogdan 111 (117 fut attaqué par les Hongrois. I réclamait la Moldavie; il trouva sistance énergique. Mais déjà 1 mains des deux n uchés étaient sa pour maintenir leur indépendant la Hongrie ; Louis Ier, vaincu et n dut renoncer à ses projets de ce Heureux les Valaques et les K

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et perdit Bistov, i, gittstrie et Wtddin. Min», ■taure victoires, se trou? a mat* leu rive* du Danube (1887); il AI i « kral de Botnie et des deui I, due de Vacarai et d'Omlas, a benêt deScverin, despote de i, seigneur de Silistrie et de ■ viiies et contrées jusqa'aui m ofAndrinople. »

à V régnait alors sur les Os- [1 attaqua Ljsare fiamoderski, des terriens. Lazare invoqua se Bulgares , des Bosniens, des , des Valaques, des Polonais et pois. A? ec les secours envoyés raisins, il livra le bataille de il fut vaincu, mais le sultan milieu de son triomphe, assasan eeignenr sevvien, Miloch aeb(lS80). Bajazet, successeur 4, reçut l'hommage d'Etienne, ave, qui s'engagea à lui paver •annal. Sietov, Widdin, Nuso- Wistrie tombèrent eu pouvoir i. Bismtn, assiégé dans Nicorendit, avec son fils , devant le pacha; il demanda la vie en le son royaume ; Ali pacha l'enif à Philippopolis, où il mourut près; et la Bulgarie tout ennnut le domination de Bajazet.

u sort de Lazare et de Sisroan, recherche l'alliance de la Postale avec Ladislas Jaçellon onensif et défensif (traité de léeembre 1869).

■1 TRAITS DB LÀ VALACHIB POBTB OTTOMAN 1 (1893). —

iance était dirigée également i HoBgrois et contre les Turcs.

> Hongrie Sigismond se mit en ontre les Valaques; c'est alors a 1er résolut de négocier la paix set et d'assurer par un traité tre du sud contre les invasions nés. La Valacbie , après avoir, cent cinquante ans, combattu netédela Hongrie, se reconnaît as Tares (1898).

lotre grande clémence, dit Battons consentons que La prineluvellement soumise par notre indbio se gouverne d après ses ois, et que le prince de Valae droit de faire la guerre et la

pais, et celui de vie et de mort sur ses sujets.

« Tous les chrétiens qui , ayant embrassé le religion de Mahomet, passeraient ensuite des contrées soumises a notre obéissance en Vajachie et y deviendraient de nouveau chrétiens ne pourront être nullement réclamés et attaqués.

« Tous les Valaques voyageant dans une partie quelconque de nos possessions seront exempts du karatch et de toute autre capitation.

« Les princes chrétiens seront élus par les métropolitains et par les boyards.

« Mais , à cause de cette haute clémence et parce que nous avons inscrit ce prince raïa dans la liste de nos autres sujets , il sera , lui aussi , tenu de paver par an à notre trésor impérial trois mille piastres rouges du pays ou cinq cents piastres d'argent en notre monnaie (cette somme équivaut à 1,800 francs en monnaie de France). »

Ce traité, selon la remarque de Vattel , ne peut être considère d'après le droit des gens que comme un simple traité de protection ; car, d'après l'usage généralement reconnu en Europe, une nation incapable de se garantir elle-même d'insulte et d'oppression peut se ménager la protection d'un État plus puissant. Si elle Tobtieut en Rengageant seulement à certaines conditions, ou même à payer un tribut en reconnaissance de la sdreté qu'on lui procure , se réservant du reste le droit de se gouverner à sou gré, c'est un simple traité de protection, qui ne déroge point à sa souveraineté.

GUBBBB CONTBB LBS TURCS. VIC- TOIRES db Bajazet. — Mirce 1er ne resta pas longtemps fidèle aux obligations qu'il avait contractées envers les Turcs: Dès 1895, il s'unit avec Sigismond contre Bajazet, Rengageant à livrer passage à 1 armée hongroise, à lui fournir des vivres et à marcher en personne en cas de besoin, si les Hongrois passaient le Danube et envahissaient la Bulgarie. En vertu de ce traité, il prit part à la bataille de Nicopolis (28 septembre 1896). Pour cette campagne décisive, le roi de Hongrie avait fait appel à tous les princes chrétiens; les chevaliers tentons, les chevaliers de Saint- Jean,lesStyriens, les Bavarois, plusieurs

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milliers de Français accoururent, comme à une fête, au rendez-vous qu'il avait fiié. Les Valaques et les Moldaves se joignirent à cette croisade. Mais, après la défaite des Français et des Hongrois, Mirée trahit la cause des chrétiens et se tourna du côté des Turcs. Sa défection décida la victoire de Bajazet. Il se ligua ensuite avec les princes d'Ardialie et de Moldavie, renversa Siçismond, et plaça sur le trône de Hongrie un prince français, Ladislas de Naples, fils de Charles 111 de Durazzo. Fort de toutes ces alliances , il abandonna de nouveau lo parti des Turcs et leur refusa le tribut. Bajazet s'avança contre lui, franchit le Danube près' de Silistrie, et établit son camp à Rovine, dans le district de Ialomizza (1398). A son approche, Mirce donna l'ordre à tous les habitants de sortir des villes et des villages et de se retirer dans les montagnes. Les Ottomans, après d'inutiles ravages, furent obligés de repasser le fleuve. Les Valaques les prirent en queue et les poursuivirent jusqu'à Andrinople; cette victoire les affranchit pour quelque temps de tout tribut. Eu 1402, le sultan Bajazet fut fait prisonnier par Tamerlan; ses fils se disputèrent le trône; Manuel, empereur de Gonstantinople, soutint Soliman; Mirce prit parti pour Musa.

Avec l'aide des Valaques, Musa vainquit son frère ; mais il tut bientôt dépossédé par Mahomet, autre fils de Bajazet. Le nouveau sultan passa le Danube ce Sêverio et de

son importance; il transporta dans an murs la résidence de la cour. Il fonda, en 1383, le monastère de Gozia. Soa

Srincipal titre de gloire fut la réforme e 1'aaministration et de l'armée ; il établit en Valachie une armée régalien, fixa le nombre des soldats,leur paye,Ieur uniforme. Il divisa la principauté enduirait capitaineries, nui fournissaient, an premier signal, dix-nuit mille fantassins Tous les soldats en activité de service reçurent par jour deux piastres ronges (environ dix centimes), une ration de viande et du pain de blé et de millet; plus, une fois par an, une pièce de drap. La Valachie est un des premiers États européens qui possédèrent des tronpes permanentes. « La guerre sans anarchie était l'état normal du pays (1). »

LaVALACHIB EN PBOIB AUX GUBBBIS

civilbs. — Mirceleraimaitbeauconplei femmes; il eut plusieurs entants naturels ; à sa mort ses fils se disputèrent le pouvoir. Wlad II, a vecl'aide des Turcs, tnom* pha de ses frères; mais après loi la guerre civile recommença ; les Ottomans continuèrent d'intervenir en Valachie.

Wlad III passa tour à tour de leur al* liance à celle des Hongrois. En 1440, il se rendit à Andrinople pour saluer le sultan Mourad; mais son hommage était suspect; il fut arrêté sous prêtais de trahison. Quand il sortit de captivité, il se lia étroitement avec Ladislas, roi de Pologne et de Hongrie (1441). Excité ar les conseils de Jean Corvio et par

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■ tan, aucontraire, leur a ouvert le détroit. ii Ainsi le moment n'est pas favorable pour » l'attaque; il faut attendre. » On méprisa 3 ses avis, et Ladislas alla se faire tuer i h la bataille de Varna (1444).

t Dan IV , successeur de Vlad , s'unit r avec les Hongrois contre les Turcs ; il i commanda l'aile gauche de l'armée chréi tiennedans les plaines de Gossova (1448); après la défaite de Szekeli, les Valaques firent défection; pour obtenir la vie sauve, ils s'engagèrent à fournir annuellement, outre le tribut, 300 fantassins, 400 cavaliers, 3,000 flèches et 4,000 boucliers.

VLAD L'BMPALEUR (1456-1470).

Deuxième traité de la Valaghie avec la Porte (1460). — La mort de Dan amena de nouveaux troubles. Vlad V s'empara du trône en 1456; il est resté célèbre sous le nom de Vlad le Diable ou l'Empaleur.

En 1460, il envoya des ambassadeurs à Mahomet II, et renouvela, en l'aggravant, le traité de 1393. Les stipulations de 1460 fixèrent définitivement les relations des Valaques et des Turcs ; elles servent encore de base à la souveraineté de la Porte. Le sultan s'engage pour lui et pour ses successeurs à protéger la Valachie et à la défendre contre tout ennemi, sans exiger autre chose que la suprématie sur cette principauté et sur ses souverains, qui payeront un tribut de dix mille ducats. La nation continuera de vivre sous ses propres lois; le voïvode sera élu par le métropolitain , les evéques et les boyards ; l'élection sera reconnue par la Porte ; le voïvode aura droit de vie et de mort sur ses sujets ; il décidera de la paix et delà guerre; il ne sera jamais soumis pour ses actes à aucune responsabilité envers la Turquie.

Les Valaques établis dans l'empire ottoman ne payeront pas le karatch ( capitation ) que payent les raïas. Nul chrétien, après avoir embrassé l'islamisme, ne pourra être inquiété ni réclamé si , revenu en Valachie , il embrasse de nouveau la religion chrétienne. Tout procès entre un Valaque et un Turc sera jugé par le divan valaque, conformément aux lois de la principauté. La

Porte promet de ne jamais délivrer un firman à la requête d'un sujet valaque pour ses affaires en Valachie, de quelque nature qu'elles puissent être , et de ne jamais s'arroger le droit d'appeler à Constantinople ou dans aucune partie des possessions turques un sujet valaque, sous quelque prétexte que ce puisse être. Ghaaue année un officier de la Porte viendra en Valachie pour recevoir le tribut; il sera accompagné à son retour par un officier du voïvode jusqu'à Giur gevo ; à la frontière , on comptera de nouveau la somme remise, et Ton en donnera un second reçu; lorsqu'elle aura été transportée au delà du Danube, la responsabilité de la Valachie sera complètement dégagée. Les Turcs ne pourront voyager en Valachie sans motif plausible ; ils devront déclarer aux autorités locales la durée présumée de leur séjour et partir à l'expiration du délai fixé ; ils ne pourront emmener avec eux aucun serviteur valaque. Il est interdit aux musulmans de construire aucune mosquée sur le territoire de la principauté.

Certes, dit Vaillant (1), les conditions de ce traité sont telles qu'il y aurait progrès d'en pouvoir jouir aujourd'hui; malheureusement tout ce qu elles veulent conserver disparait, et la Valachie est perdue. La protection musulmane sera toujours impuissante; bientôt le voïvode devenu pacha aura moins besoin de soldats que d'esclaves; les dons devenus capitation ne différeront plus du karatch, et, peu à peu, sans s'en douter, les Romans seront réduits au servage le plus dur.

Guerre contre la Turquie. Invasion de Mahomet H. — Vlad V ne tarda pas longtemps à rompre ce traite de H60. Dès 14GI, il conclut une alliance avec Mathias Corvin. Mahomet 1 1 ordonna au gouverneur de Widdin, Tschakardji-Hamsa pacha, de s'emparer du voïvode par force ou par ruse. Hamsa pacha demanda une entrevue au prince valaque; mais il tomba dans un piège avec le renégat Katabolinos. Vlad le Diable les fit prisonniers, leur coupa les bras et les jambes, et les fit empaler; le gouverneur, par respect pour la hiérar-

(i) Vaillant, la Ronwnie, t. I, p, **9,

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chie , eut un pieu plus élevé que celui de son secrétaire. Après avoir renouvelé son alliance avec les Hongrois, le voïvode passa le Danube, entra en Bulgarie, brûla les villes et les villages et emmena vingt-cinq mille prisonniers. Ces malheureux turent tous empalés autour du cadavre d'Hamsa pacha. L'horrible exécution était à peine achevée que des ambassadeurs turcs arrivèrent avec des propositions de paix ; ils refusèrent de se découvrir en présence de Vlad ; il leur Ht clouer leurs turbans sur la tête.

A cette nouvelle, Mahomet II, transporté de fureur, rassembla une année de deux cent cinquante mille hommes, et, tandis que le grand vizir marchait vers le Danube . il partit lui-même avec une flotte considérable, remonta les embouchures du fleuve et s'avança jus-

3u'à Widdin : Etienne , voïvode de Molavie , fit une diversion en faveur des Jures, et envahit la Valachie par le nord-est. Enfin Rodolphe, frère de Vlad, essaya de soulever les bovards. Pressé de tous côtés, Vlad attendit vainement le secours des Hongrois; mais il ne perdit point courase. Il envoya sa famille et ses trésors a Cronstadt/en Transylvanie, dirigea un corps de trois mille hommes vers le Séreth pour tenir tête aux Moldaves, et lui-même attendit les Turcs avec dix mille ou sept mille cavaliers.

Mahomet II s'avançait à grandes journées; pendant sept jours de m are h e m

Valaques sortirent du camp, n'ayaal perdu pendant la nuit que fort peu de monde (1). » Ali bey se mit à leur panrsuite et ramena mille prisonniers; par ordre du sultan « on les égorgea ton, en représailles des cruautés de Vlad.

L'un d'eux, interrogé par la grand viair, refusa d'indiquer la retraite où aa rétogiait le voïvode : « Je sais mourir et an taire, » dit-il. Sa tête roula aux pieds ds Mahmoud pacha. « Si Vlad avait uns plus grande armée d'homme* parafe.

s'écria le vizir, il acquerrait bientôt «as gloire immense. »

Mahomet hâta sa marche vers Bucarest (2); en chemin, il fut arrêté paru spectacle épouvantable; c'était une forêt de pieux, large d'un quart de lieue, longue du double , où viugt-cina mille Turcs et Bulgares étaient crucifiés ou empalés; au-dessus des autres s'élevait le corps d'Hamsa pacha, vêtu de soiert de pourpre. On voyait des enfants empalés près de leurs mères et dont ks corbeaux et les vautours dévoraient lu entrailles. « Gomment, s'écria Mahomet, comment dépouiller de ses États un homme qui ne répugne pas à de tels moyens pour les sauver? Cependant, ajouta-t-il , s'il y a de la grandeur dans de pareils actes, l'homme qui les commet ne mérite pas d'estime. »

Les Turcs entrèrent dans Bukarest sans coup férir; les habitants s'étaient retirés dans la forêt de Pœnarii , et Vlad, avec mille cavaliers, était passé en Mol-

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as tracs — Apres tour départ, int avee les Hongrois. Mats les qui traient accueilli aveo faveur rtemeut de Rodolphe, négoivec Usthias Corvin, loi expottt jgrieft contre le voïvode dé- *oWnfentpourson successeur lé h Hongrie : Vlad fut envoyé bt à Rode; il y resta quatortc

0* 111 fut l'ami des Tores. Il abattre le volfode de Moldavie, , advmatre Implacable des inde leurs alliés. Vaincu en 1470, trûb ans après, une nouvelle détilt n capitale (1474) et ne fat le par te secourt des Ottomans es Hongrois s'unirent aux Mol- HT le renverser; il se réfugia à U,et les bourgeois de la ville le ; m mains d'Etienne , qui le fit r (1478),

f, mis en liberté, reprit le Hk 1477. Il ne le posséda que tées. En 1479, un de ses servifrappa par derrière d'un coup loi coupa la tête et la donna V, qui la promenèrent comme lée I travers les villes où il

jrfs db Vlad lb Diablb ou atJH. — Ainsi mourut Vlad le le bourreau, Fem pâleur. « Les dit un historien de la Romanie, brent pas de surnom assez exi assez infâme pour flétrir sa . » Engel prétend que, durant nd règne, il se comporta plus en; c'est, sans doute , suivant la î de M. Vaillant, parce qu'il plus particulièrement aux rofi- >ur se débarrasser des Scind- |ui errent en mendiants dans i, il les invite à un festin, les mets et de boissons , et, quand rres, les fait jeter au feu. Il en l'autre* dans une vaste cliau- >nt le couvercle est percé de ous et qu'il remplit d'eau e , ou bien il les fait empaler té , et lorsqu'il s'ennuie de les crier et de les voir se débattre, l bourreaux-: « Clouez-leur les es mains. * Quelquefois il s'a- » faire hacher comme la paille.

te pas mieux les juifs et les mu-

sulmans. Des Tartares viennent un Jour lui demander la grâce d'un des leurs , condamné pour vol à être pendu ; il leur ordonne de l'exécuter eux-mêmes , et, sur leur refus, il fait cuire le coupable et les force à manger son cadavre. Quant aux prisonniers turcs, il leur enlève la peau des pieds , les leur frotte avec du sel et les fait lécher par des chèvres. Son spectacle favori est de voir empaler; son plus grand plaisir est de manger avec sa cour au milieu d'un cercle de pals. Il déchire le sein des femmes, y fait empaler les enfants

3u'il en retire, et force ceux qui vivent éjà à manger de leur mère rôtie. » Par une chaude journée d'été, il se promenait au milieu de ses victimes avec un de ses boyards, que l'odeur des cadavres asphyxiait : « Eh quoi ! dit le tyran, vous ne trouvez pas que cela sent bon ?» — « Non pas, » dit l'autre. Vlad, pour qu'il ne fût plus incommodé par la mauvaise odeur, le fit empaler sur un pieu très élevé. A ces traits de folie furieuse se mêlent quelques actes de justice , mais d'une justice farouche et cruelle. Il établit l'ordre par la terreur. On raconte qu'un négociant florentin, craignant de rencontrer des voleurs en route , lui fit demander une escorte, et reçut pour toute réponse Tordre de déposer ses marchandises sur le grand chemin ; le lendemain il les retrouva toutes exactement à la même place. « Ainsi les cruautés de Vlad eurent du moins cela de bon que le pays était sû>, et que Ton y pouvait voyager sans crainte. Si même' on voulait y faire attention , on verrait qu'elles étaient de son siècle et qu'elles avaient la plupart la religion pour excuse. Les Tartares, les Turcs, les juifs, les renégats, les païens étaient des races que son zèle pour la foi chrétienne lui faisait un devoir d'exterminer (I). » Tantum relliçio potuit suadere malorum. On peut bien dire avec le sultan Mahomet que les emportements de ce zèle chrétien « n'étaient pas dignes d'estime. » En admettant même que les chroniques, d'ailleurs unanimes, aient exagéré de

(i) Vaillant, /*. Romanie, t. I, p. a4S et miv. ; Kogalmtchano, t. I, p. aoo-ao4, d'après Bonfin, Engel et un mémoire taxon écrit vers 1477.

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beaucoup le nombre de ses meurtres et les raffinements de sa férocité, Vlad l'empaleur n'en fut pas moins un monstre exécrable et contre nature.

Avec son règne finit, pour la Valachie, la période d'indépendance réelle sous la suzeraineté nominale des Turcs. Si le succès peut justifier le crime, les fureurs de ce brigand n'ont pas même l'excuse du succès. Tout le sang qu'il versa ne racheta point la Valachie du tribut que les traites de 1393 et de 1460 lui avaient imposé ; l'horreur qu'il inspira affaiblit le sentiment national et prépara la voie aux usurpations de la Porte. C'est le sort ordinaire des peuples : ils portent la peine des forfaits que commettent les rois en délire.

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