‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 179 sur 218 · DISPUTENT LA SUZERAINETE DE LA · texte numérisé non relu

DISPUTENT LA SUZERAINETE DE LA

Moldavie. — Tandis que la Valachie tombait sous la suzeraineté dos Turcs , la Moldavie, pour être plus éloignée de Constantinople, ne réussissait pas davantage à maintenir l'intégrité de son indépendance.

Trois années avant l'avénemcnt de JYlirce Ie' à la voïvodie des Valaques, Pierre 1er succéda en Moldavie à son père Bogdan W (1379), Il s'unit étroitement

Ala monde Pierre Ier (1 290), h se disputèrent la couronne ; il y parti hongrois et un parti poloa 1 395, Etienne Ier prêta foi et nom Jagellon. Sigismond, qui venait tablir en Valachie Mirée !•% dépoa les Turcs, tourna ses armes coi Moldaves; il s'enfonça imprada dans les défilés des Carpatnes, d voïvode et les boyards avaieat toutes les issues ; il fut arrêté d marche par une grêle de traits eti quartiers de rochers que les Mol postés en embuscade . précipitait les Hongrois en désordre. Pourd l'armée, il fallut que les cavalia sent pied h terre ; ils escaladé»

hauteurs, et s'élancèrent lésai poing sur les Roumains décone leur tour. Sigiâmond franchit le pi et, grâce à la rapidité de sa mar surprit dans leur tente Etienne principaux officiers. Le voïvode ] nier invoqua sa clémence. Le Hongrie se contenta d'un sera paix et d'amitié ; il retourna di Etats pour préparer contre les l'expédition que devait si tristemt miner la bataille de Nicopolis i Les Moldaves parurent à cité de ques dans cette journée funeste soutinrent mieux que leurs frères neur de ia patrie roumaine. Irr l'alliance d'Etienne avec Sigisim sans considérer que cette alTiano été dirigée contre l'ennemi comi) la ohnîtientét la Pologne suscila

PaOVWCES ROUMAINES.

. 1k ornais* des tribunaux bala hiérarchie du clergé, évêchés 6l des monastères , école de droit avec des classes le ktia et de slavon. (Test Igné qu'on place l'arrivée des tes ou Bohémiens en Roumain, il accueillit trois mille méaiennes. Il les établit à dans cinq antres villes. Quelaprès il épousa la sœur du ipe (14)1), et reçut de l'emioastantinopie une bulle «Finspcar son archevêché et pour teoorooDederoiylacblamyde icTor Alourgida. Les demie- As aou règne forent troublées ne laspolitique contre la Poi Polonais, soutenus par les s Budjak, écrasèrent son ar- . 11 survécut peu au rétablisla pais. Vers la fin de novem- II termina « une vie moins •r les entreprises guerrières bienftitsdont, pendant plus M, il ne cessa de combler son (ve sans témérité, ajoute l'hislui donne eetéloge, il sut cou* ses toutes les fois qu'il le jufune sagesse rare, il comprit une son peuple retirerait ié constante avec la Pologne, rc de 1481 serait le seul re- I Ton pourrait lui faire s'il t bit lui-même; religieux et employa tout son temps à ion peuple de sages instituas mettre enfin que père de il maintint parmi eux, comriie irmi les Vafaques, cette douce s'efface bientôt après le règne 9es et dont les Roumains n'ont arvé que le terme symbolique

s civile*. Intervention

LOGIfE. La. diètb mbt en

l'incorporation de Là . — La mort d'Alexandre tes Moldaves tous les maux » civile, dont les Valaques leur

l'exemple. L'ambition des oue également et de l'élection dite. En Valaebie, le pouvoir

reflet Romqnt Je ta Datte, t. !•%

était électif ; les fils de Mirce l" se disputèrent à main armée les suffrages des boyards : en Moldavie, il était héréditaire; Etienne combattit avec le secours des Polonais Élie, son frère atné, soutenu par les Valaques. En 1435, les deux frères , tour a tour vainqueurs et vaincus, se décidèrent à partager les États d'Alexandre; Élie eut la Moldavie proprement dite ; Etienne, la Bessarabie. Leur rivalité ne profita qu'à la Pologne, à laquelle l'un et l'autre ils prêtèrent hommage et payèrent tribut. Etienne offrit un présent annuel de cinq mille ducats et de quatre cents chevaux ; Élie envoya chaque année à Ladislas deux voituresd'esturgeons, cent chevaux, quatre cents pièces de soie cramoisie et quatre cents bœufs. Ils jurèrent de garder entre eux paix et amitié ; mais Etienne eut pour ses obligations envers son frère moins de respect que pour ses engagements envers 1 étranger. Il s'empara d'Eue dans un guet-apens , et lui fit crever les yeux (1443). Le meurtre appelle le meurtre. Quatre ans après il périt assassiné (1447).

Le désordre en vint à ce point que Casimir proposa à la diète d'incorporer la Moldavie au royaume de Pologne.

Son plan fut repoussé, parce que les Polonais redoutaient « l'esprit intraitable des Moldaves » et le voisinage des Turcs de Bulgarie. Il fut décidé que la

Srincipauté resterait dans la condition e simple vasselage,et que la république continuerait de s en servir comme d un boulevard contre les attaques des Ottomans (1450).

Bogdan, fils naturel d'Alexandre le Bon, disputait alors la couronne au jeune Alexandre II, fils d'Élie. Il amusa les Polonais par des offres conciliantes, promettant de payer en tribut 7,000 pièces d'or, 200 chevaux, 200 bœufs et 300 charrettes d'esturgeons. Puis il fondit sur eux à l'improviste au passage de Pasta, et en massacra un grand nombre (1450). « Ils ne reviendront plus, » disait-il. En effet, la diète décida qu'on lui laisserait la régence jusqu'à la majorité d'Alexandre (1450). Son frère Pierre Aaron le tua dans un festin (1466).

Alexandre voulut alors ressaisir le pouvoir; « mais, dit la chronique , comme, au lieu de chasser l'usurpateur, il ne

LU1UYERS.

chasse que sur les terres des maris, et nasse son temps à poursuivre les jeunes femmes, les maris et les frères complotent contre sa personne, et il meurt empoisonné (1466). » Pierre Aaron, pour assurer son autorité, ne se contenta point de prêter hommage à la Pologne ; il offrit au sultan Mahomet II un présent de 1,000 ducats. Mais il ne put échapper à la ▼engeance du fils de Bogdan, et fut contraint de se réfugier à la cour de Casimir (MM).

BTIEFlîtB Ut GBAND (1456-1504).

TBAITB d'ÉtIBNNB AYBG LA POLO-

ena (1460). — Il était temps qu'un chef habile et vaillant se mtt a la tête des Moldaves et terminât cette triste période d'anarchie. Pendant que Vlad rEmpaleur s'emparait du trône de Valachie, Etienne IV succéda à Pierre Aaron. Son premier soin fut de réclamer l'extradition du meurtrier de son père. Sur le refus de la diète , il envahit la Podolie et la Russie Rouge. Casimir entama des négociations ; par une convention signée au mois d'avril 1460 il s'engagea à ne

{>as troubler les habitants de Hotin dans eur commerce de pêcherie ; à ne pas gêner la navigation du Dniester, enfin à retenir Pierre en Pologne, dans une résidence éloignée des frontières. De son côté, Etienne promit de respecter le commerce des Polonais, de prêter foi et hommage a la république, et de ne pas

ses, et installèrent Rodolphe H place de Vlad (1469).

GUIHBB CORTBB LIS HOB

(1466.)— Après lasoumission de la et de l'Eselavonie et la mort de et beg, Etienne, effrayé des progrès lamisme, renouvela ses trams i Pologne (1466). Mais, par ksi qu'il prêta aux Roumains d'Ardll voilés contre les Hongrois (l«i s'attira la colère de Matthias Gor?

se vengea en épousant la cause de Aaron. Une armée hongroise A les Carpathes, passe le 8éreth, ë avoir brûlé la ville de Romaft I à Bafa. Là se livre un combat sai Mathias. blessé d'un coup de flèé en retraite; l'insurrection de Je polia le force d'accepter la sous d'Etienne (1468).

GtJBBBB CONTBB LBS TaBTAI

Débarrassé des Hongrois , le voh Moldavie dirigea ses entreprises les Tartares; il les battit à Lelpi fit prisonnier le fils du khan. C fut réclamé par son père ; Étienn* trancher la tête en présence des 4 qui exigeaient sa délivrance; et mieux montrer sa haine contre fidèles et le mépris qu'il aval leurs menaces, il ordonna d'empi députés mêmes, à la réserve dm à qui l'on coupa le nez et les ori qui retourna ainsi mutilé auprès maître. En imitant la pieuse < de Vlad, Etienne croyait prouve!

glîse chrétienne Tard eur de so

FROVmaS 10UMA1UES.

i>«~ Mais tout «évitant de hpI à ta querelle de tes puisée, il M resta pM inacttf. Il i ranimé à m projet! sur la la 147S, il attaqua Rodoli battit sur les noria du Mel« Ifageviste et entra usa ré- Bucarest. Toute la province il le moment comblait »rer à la Moldavie; il ii et m eonteota d'imè Vlad VI, qui prit la

r«mi im ToBua« — IfpM, Bodolahe m reparut à ajuatmillc Turcs, avant-garde bdeeeat vingt mille hommei M VI prit la faite. Etienne, i mWa Moldaves, deux mille

amffleSncles, attendît les i bordsdu Bûrlatu, entre I Baeoviça. IMes repoussa, i ptaoleura rencontrai quatre-

K, iea rejeta au delà du aube, et, profitant de ta froornora définitivement à la ta district valaque de Putna Mnr rendre grâces au dieu des wdonaa un jeûne de quarante i une égliee et fit empaler tout dora*

groit relatèrent à poursuistilités, et lui offrirent le genre armée; mais son ambiait devant les entreprises . Content d'avoir refoulé les il n'osa point reporter chez eux U voulut 9 au contraire , néaix et envoya une ambassade ; IL Le sultan ini, et recommença la

i au sud par les Turcs, à l'est tares de Crimée, la Moldavie ppoi de la Pologne. Casimir, rfloonait point à Etienne d'àté la suzeraineté de Mathias ieida la diète à garder la neu- * Moldaves , abandonnés à i, ne perdirent ni le courage lia disputèrent longtemps le i Danube, reculèrent lente* l wtirèrcnt dans les places de Sneiava et de Nismtz. Mahotit à l'approche de rbiver

L'année suivante, Etienne acheva Iea fortifications de Kilia et de Bâlgorod.

En même temps il punit Rodolphe III de son alliance avec les Turcs, et rétablit Vlad le Diable. Celui-ci voulut reprendre à la Moldavie le district de Putna s il fut vaincu et bientôt après assassiné (1479).

Sa mort ne profita point à la Roumanie. Vlad VII, proclamé par Etienne, suivit l'exemple de Rodolphe et se joignit aux infidèles contre les Ardialiens et les Moldaves.

SeftM EUT DE FIDÉLITÉ A LA POLO-

onb. — - Etienne, voyant la trahison des Valaques et les préparatifs de Bajaxet, implora les secours de la Hongrie et de la Pologne. Casimir exigea qu'il vint à Colomnia lui rendre hommage en personne. Au jour fixé , le voïvode arriva; il mit pied à terre, plia le genou et déposa son drapeau aux pieds du roi : * Roi très-gracieux , dit-il , je te prête serment de fidélité , je promets et jure sans feinte et sans artifice , avec tous les paya qui sont en ma puissance , mes boyards et mes fidèles sujets , fidélité et obéissance à ta seigneurie, à tes suc* cesseurs et au trône de Pologue. » Casimir répondit : « Nous te prenons, toi, tes boyards et les pays qui te sont soumis sous notre protection, et nous te reconnaissons pour notre voïvode. »

Puis le suzerain et*le vassal se donnèrent l'accolade; Etienne s'assit à la table royale, reçnt de riches présents et revint en Moldavie avec trois mille cavaliers.

Nouvelle invasion des Turcs et des Valaqubs (1484). — Avec ce faible renfort et trente mille Moldaves , il essaya de défendre le passage du Danube; son courage échoua : soutenus par les Valaques , les Turcs opérèrent leur débarquement aux bouches du fleuve , et s'emparèrent de Kilia et de Bilgorod (1484). Etienne se retira dans la haute Moldavie. On raconte qu'arrivé aux portes de la citadelle de Niamtz il entendit une voix qui, du haut du rempart, criait à la sentinelle : « N'ouvre pas! ce n'est pas mon fils. » Il reconnut la voix de sa mère , qui lui ordonnait de retourner sur ses pas, et d'avoir au moins le courage de mourir, s'il n'avait pas la force de vaincre. « As-tu doue oublié que je suis ta mère ? » disait nette I

L'UNIVERS

héroïque. Etienne ramena son armée contre les Tares. Il les rencontra dans one étroite vallée , fondit sur eux , et les extermina presque entièrement. « De trente mille qu'ils étaient venus , dit un historien, il n'échappa qu'un très-petit nombre de cavaliers (1). » La vallée, couverte d'ossements, porta dès lors le nom de Vallée Blanche.

Invasion hongroise. Batmllb de Romano (1486). — La guerre n'était pas terminée ; Vlad VU se maintenait dans le district de Putna ; il fallut pour le chasser une nouvelle campagne.

D'un autre côté parurent les Hongrois sous les ordres de Kraïot. Etienne leur livra bataille dans la plaine de Roman (i486). Il tomba dans la mêlée avec son cheval tué sous lui. « Enfants , cria-t-ii à ses pages, ne vous rendez pas! » Purice ,1 un de ses hérauts d'armes , mit pied à terre , le releva, et lui présenta son cheval. « Alors, dit la chronique, le cheval étant très-grand et Etienne très-petit détaille, Purice se mit à genoux et lui dit : « Seigneur, permettezmoi de vous servir de taupinière ; » et posant le pied d'Etienne sur son épaule, il l'aida à se mettre en selle. « Taupinière , lui dit Etienne en montant , je ferai de toi une colline. » En effet, après la victoire il l'appela auprès de lui à Suciava, et en présence de toute sa cour : « Purice, lui^Jit-il, tu m'as servi de taupinière ; je t'appelle Movila ( colline ), et lu ne porteras plus d'autre nom ; tu m'as donne ton cheval , je le gratifie

lui reprocher; d'avoir porté ait principe de l'égalité par la créât noblesse, importation funeste d venus de Constantinople.

Invasion polonaise. Éa Jban-Albbrt (1494). — La 1 commençait à respirer sous mm nement tutélaire, lorsque, h de Casimir, l'ambition des mi lonais mit tout en désordre. Jes fut couronné roi de Pologne; trois frères : Ladislas prit pow la Bohême et de la Hongrie ; Al du grand-duché de Littraanif mono, de l'Ardialie. Celui-ci plus mal partagé ; Jean-Albert, avec Alexandre, lui promît a la Moldavie. Mais Etienne n'él disposé à la céder ; le roi de 1 avec quatre-vingt mille honm mettre le siège devant Sueiv inférieur en force pour risquer taille rangée, le voîvode se ti défensive. Il se contenta de l'armée polonaise, lui coupa I et la réduisit à la famine. I éclata bientôt dans le camp > Albert. * Il nous sacrifie , dis soldats, pour asservir la Pologj nous ne serons plus. • Le roi traint de battre en retraite. C traversait la forêt de Gosnrine inée de paysans l'assaillit ton' On n'entendait que ce cri : « To Etienne accourut , et acheva 11 des Polonais. Jean» Albert pul échapper avec Ta va rit -garde

PROVINCES ROUMAINES

i Gréée, en Crimée et dans are.

née avec la Porte fut rompue a, qui lui fit signer une trêve ta avec Jean- Albert (1497), ir on traité la Pologne , la la Moldavie et la Valachie 1499» une armée turque nube; elle fut vaincue et redelà du fleuve. Pour témoinnesa reconnaissance, Jean- (lettre à mort un fils naturel s le Bon, qui réclamait Théon père (1500). Il mourut année suivante. Par un revicpliqué , les Moldaves se dé- Jors de la ligue chrétienne, a Pocutie à la Pologne et ens Tartares à envahir la Po-

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