‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 180 sur 218 · BU MOURANT, CONSEILLE ►AVIS DE SE SOUMETTRE A · texte numérisé non relu

BU MOURANT, CONSEILLE ►AVIS DE SE SOUMETTRE A

:■ (1504). — Ce fut la fin du enne; il mourut le 2 juillet ge de soixante et onze ans , Ht peuple et regretté même mis. Prince guerrier et légisait su gouverner les Moldaléfendre contre les attaques Nous avons dit comment il r à tour les Turcs , les Hon- Polonais. Malgré les succès rta sur ces trois puissances, que la Moldavie ne pouvait ips maintenir l'intégrité de nuance, et qu'elle devait suzerain pour ne pas être, , asservie par un maître, «cours reste célèbre, il reen mourant à ses sujets de se les Turcs et de s'assurer ion par un vasselage volon-

an, dit-il, ô mon fils, et vous amis et compagnons d'aras avec moi partagé tant de vous me voyez sur le point m tribut à la nature. Toute ma vie est comme un beau i se perd dans la nuit. 11 n'v etourpour l'homme, miseterre , qui rampe quelques i sentier de la vie; la mort 9 pas ses droits ; mais ce n'est e je redoute. Ce qui m'aqne vous avez à vos portes

l'Ottoman, qui menace ce royaume et qui fera tous ses efforts pour s'en emparer. Il a déjà subjugué la plus grande partie de la Hongrie; la Crimée, qui n avait encore reconnu aucun maître étranger, il se l'est attachée en y introduisant le culte mahométan; la Bessarabie a été le théâtre de ses succès, et les Valaques, qui sont chrétiens comme nous, ont dû reconnaître sa suzeraineté. En un mot, la plus belle partie de l'Europe et de l'Asie obéit à ses lois. Non content de se voir assis sur le trône des empereurs de Constantinople, il ne met point de bornes à ses projets de conquêtes. 11 embrasse en idée la domination de toute la terre. Croyez-vous donc qu'après tant de succès et d'obstacles vaincus, il épargne la Moldavie, qui est à sa porte et tout environnée de provinces de son obéissance? Craignez plutôt que, dès qu'il aura réduit la Hongrie, il ne vienne fondre sur vous avec toutes ses forces. Je ne saurais jeter les yeux sur nos voisins sans déplorer le pitoyable état de leurs affaires. Il n'y a point de fonds à faire sur les Polonais : ils sont inconstants et incapables de tenir tête aux Turcs. Les Hongrois se sont mis euxmêmes dans les fers. L'Allemagne a sur les bras tant d'embarras domestiques qu'il ne lui reste ni volonté ni pouvoir de prendre part à ce qui se passe au dehors. Ainsi considérons la fâcheuse situation des Etats qui nous environnent. Je pense que le plus sage parti à prendre est de choisir entre les maux qui nous menacent celui qui nous semble le plus supportable. Jamais un pilote de bon sens n'a tendu les voiles contre la tempête et l'orage. Nos forces ne peuvent nous rassurer; les secours étrangers sont éloignés et incertains , et pourtant le danger est imminent et ne peut s'éviter. Notre soumission sera comme une eau répandue à propos sur cette flamme prête à s'éclater; je ne vois pas d'autre remède à notre ruine. C'est pourquoi je vous exhorte dans ces derniers moments de ma vie, avec toute la tendresse d'un père et d'un frère, de tâcher de faire vos conditions avec le sultan. Si vous pouvez obtenir de lui la" conservation de nos lois ecclésiastiques et civiles, ce sera toujours une paix honorable , quand bien même ce serait à

L'UNIVERS

titre de fief. Songez-y bien ; il vous sera plus avantageux d'éprouver sa clémence que son épee ; que si , au contraire , il vous dicte des conditions honteuses, û'hésitez pas ; mieux vaut mourir l'épée a la main pour la défense de la religion et de la liberté que de les laisser 1 une et l'autre en proie à des malheurs inévitables et d'être les lâches spectateurs de leur ruine. Quoi qu'il arrive, vous ne devez jamais douter que le Dieu de nos pères , qui seul produit des merveilles , ne se laisse toucher par les larmes de ses serviteurs, et ne vous exauce un jour en cicatrisant nos plaies, eu nous comblant de ses grâces et en nous fixant à jamais de plus belles destinées. •

Pour bien apprécier la décision d'Étienne, il faut se rappeler que les Corvin et Scanderbeg étaient morts, que la Bulgarie, la Servie, la Bosnie, F Esc la von ie étaient complètement subjuguées, et que le Danube n était pas pour les Roumains une barrière suffisante contre les agressions de l'islamisme. Les Moldaves avaient à choisir entre le vasselage, qui assurait le maintien de leurs droits civils et religieux, et la conquête, qui leur aurait imposé le karatch et cet horrible tribut du sang payé par tous les raïas pour le recrutement des janissaires. On ne saurait blâmer Etienne le Grand et son fils des concessions qu'ils furent contraints de faire à la nécessité des circonstances.

La mémoire d'Etienne est restée chère

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