II ET DÉFAITE DU GBAND
m pacha (1595). — Sans ss secours de Sigismond, très avoir envoyé à Heri famille et ses trésors , alla svec huit mille hommes à sur la route de Giurgevo; 'y maintenir longtemps, et mite vers Galugarem, où Jonction avec les Transyl-
vains et les Moldaves. Le grand viiir Sinan pacha se mit à sa poursuite. Les deux armées furent bientôt en présence ; elles n'étaient séparées que par une forêt marécageuse, coupée en deux par une digue de terre et de bois. Michel semblait voué à une perte certaine; il n'avait que seixe mille hommes à opposer à une armée douze fois supérieure. Ce fut loi pourtant qui engagea l'attaque. Le 23 août 1595 , au lever du soleil, il franchit la digue et se précipite sur les janissaires qui occupent la forêt. D'abord repoussé, il rallie ses troupes, se jette en avant , pénètre jusqu'au centre de l'armée turque et de sa main enlève l'étendard sacré. Vainement Sinan pacha s'avance avec sa réserve; attaqué en queue par les Cosaques, de front par Michel et les Roumains, en flanc par les Transylvains et par le feu bien dirigé de l'artillerie, il ne tarde pas à prendre la fuite. Plusieurs de ses généraux périssent dans la déroute; lui-même tombe de cheval et n'est sauvé que par le dévouement d'un officier. Le champ de bataille reste au pouvoir de Michel.
Ce succès inespéré n'était pas décisif. Trois mille Turcs avaient péri ; c'était beaucoup pour l'honneur des armes chrétiennes; ce n'était rien par rapport au nombre des envahisseurs. Michel tint pendant la nuit un conseil de guerre; on y décida la retraite; les Valaques et les Transylvains se mirent en marche vers les montagnes d'Ardialie; les Moldaves retournèrent dans leur pays, où les Polonais venaient d'installer un voïvode de leur choix.
Impatient de réparer la honte de sa défaite , le grand vizir marcha sur Bucarest et de là sur Tirgoviste ; il s'empara sans peine de ces deux villes, qui n'étaient pas défendues, et déclara la Valachie province turque. Dans les églises, changées en mosquées, le mithrab prit la place de l'autel et le croissant celle de la croix. Le palais de Bucarest se transforma en citadelle ; la ville fut entourée d'un rempart de palissades, et Saturdji-Mohammed, proclamé sandjak du pays, y tint garnison avec deux mille hommes. Bientôt Sinan partit dé Tirgoviste avec toute eon ar-
L'UNIVERS
mée et se dirigea vers la Transylvanie.
Pllll DE TIHGOVISTE. — Sigil-
mond Bathory, menacé dans ses propres États, appela aux armes les Siicles, les Transylvains et les Saxons, et fit venir quelques renforts d'Allemagne, Quand toutes ses troupes furent réunies, il résolut de marcher à la rencontre des Turcs. Le 7 septembre 1595, il entra en Valachie par le défilé de Torzburg. Le lendemain, l'arrivée de Michel avec huit mille Valaques et d'Etienne Rasvan avec trois mille Moldaves porta les forces de l'armée chrétienne à plus de soixante mille hommes. Sigismond continua sa route vers Tirgoviste. Cette place était défendue par trois mille cinq cents Turcs et plus de quarante canons; elle ne fit pas une longue résistance. Assaillie de trois côtés a la fois et enveloppée par un vaste incendie , la garnison périt tout entière; la ville tut mise au pillage. Les vainqueurs y trouvèrent de l'artillerie , des armes de toute espèce, des munitions et des vivres pour trois ans. De cette journée (18 octobre 1595) date la décadence de l'ancienne capitale de la Valachie. « Tirgoviste n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était autrefois; elle n'a plus qu'une population de cinq mille âmes, avec des remparts qui tombent en ruines.
1* jeune poète Basile Kirlova a chanté ou plutôt pleuré, dans des vers immortels, les malheurs de cette ville infortunée.
artillerie, bagages, hommes et tout se pressa sur le pont 4a désordre que pour Ulter h jetait au milieu du Danube !
res et tes canons. Michel c avait fait braquer son artUkri troit passage où s'entassait éperdue; le pont, rompu psr lets , s'écroula en entraînant Mme la masse qui le son les Turcs se noyèrent par Quant à ceux qui se trouvais sur la rive gauche, les Val firent un horrible carna»; dix-sept mille hommes perfa cette journée; et les bandes des Brûleurs et des Coure avaient été pendant deux i demi la terreur de la Hoof l'Allemagne, y furent presqa ment anéanties.
Prise de Giubgxyo, db V
DE NlCOPOLIS. FaHCASM.
cette victoire, l'armée chrétic siège devant la citadelledeGh tuée sur une petite Ile du 1 alors entourée de hautes mun canons pris sur lesTures à Th à Bucarest servirent à ouvrir!
La place fut prise d'assaut e garnison passée au fil de l'épéi bre 1595).
Sigismond Bathory reprit chemin de la Transylvanie. À des Roumains , il avait refot sion ottomane et mis en i propres Etat s; il laissa au vo'i
PROVINCES ROUMAINES
ni. Instruit de ses exploits, Et relever de ses vœux par rtain, lui fit quitter le froc ipehênu (I), la croix pour nomma généra! d'infanterie. * aimait en effet à récomrai mérite; aussitôt qu'il apui) de ses sujets avait douné i de bravoure et de dévoue-»
naine , il rappelait près de ait aux plus hautes dignités nier s'il était rkhe ou pauon rotnner.
▲OTB SB 1BXBVS Dl 818
Maftrede Giurgevo, de Vidieonous, Michel rentra enfla I « ■'occupa pendant l'hiver les désastres que la guerre h. La Yalachie avait acheté ■an indépendance. Elle avait pand nombre de tes habi- ■r las champs de bataille ou » esclavage ; beaucoup d'émiat réfugiée dans les pays roi- ■m contrée où Mirce Ier et (valant eu quatre-vingt mille > troupes, Michel II pouvait à une armée de douze à quinze MS. Las Turcs avaient enlevé » moissons, arraché les vion emmené les troupeaux; et les villages n'étaient plus ide ruines fumantes. »
la maux il fallait de prompts Ucbel fit venir de Transylrivres et des semences; 11 la au peuple. Sortis des foi montagnes où ils s'étaient tant Pinvasion, les Valaques leurs villages, labourèrent t dévastés et changèrent en Mnaines la face du pays déas armes de Michel.
ITILRia BECOMMENCBNT.
raa Valaques. — Cepenpandance n était pas encore le exigeait de nouveaux saa nouveaux combats. Les
ri leurs revers, ne renonrespoir de recouvrer la née d'où la capitale de leur rit toute sa subsistance, des
i àa irl»
aux
bœufs, des montons, du blé, du fromage, du beurre, du miel, si qu'ils appelaient eux-mêmes « le grenier de Constantinople. » Le sultan Jura de venger la débite de son grand vizir.
Mats, avant de mettre sur pied une nouvelle armée et de renouveler ses attaques, il recourut d'abord aux négociations pour isoler la Yalachie et détacher d'elle tous ses alliés. Il fit faire par le beyler-bey de Pesth des propositions avantageuses à l'empereur Rodolphe II, qui lés rejeta avec indignation. Repoussé de ce coté, il offrit a Sigismond Bathory de lui céder la Transylvanie en toute souveraineté, de l'exempter du tribut et d'annexer à ses États la principauté de Yalachie, moyennant un simple présent annuel , s'il consentait à se retirer de la quadruple alliance formée par l'empereur d Allemagne ( juillet 1596 ). Siçismond répondit qu'il n abandonnerait jamais le parti des chrétiens pour s'unir à leur ennemi.
Les intrigues de la Porte réussirent mieux auprès de l'aristocratie valaque.
Les nobles voyaient avec dépit les faveurs accordées par le voïvode à des gens de rien, qui n'avaient d'autre mérite que de bien servir la patrie et que la bassesse de leur naissance aurait dû exclure des emplois où leur talent faisait ombrage aux fils dégénérés des anciens boyards. Les chets du clergé se joignirent aux chefs de la noblesse pour vendre la Valachie aux infidèles.
Ils conspirèrent avec Mahomet m la ruine du vainqueur de Sinan pacha , du glorieux défenseur de la chrétienté, et se soulevèrent à l'approche des Turcs et des Tartares. Leur trahison fut découverte et sévèrement châtiée ; la mort des principaux boyards étouffe la conjuration. Avec les forces dont il put disposer, Michel marcha contre les Ottomans; il les battit en deux rencontres ; ses troupes, emportées par leur ardeur, franchirent même le Danube et s'avancèrent en Bulgarie; mais son général Yelitcu fut vaincu et tué au lieu de técuyer; les Turcs reprirent la forteresse de Yiddin , et le brave Fflrcassu, assailli au milieu d'une forêt par un parti ennemi, succomba, non sans doire, après une longue résistance . (1696)t
L'UNIVERS
Tbàhisondu kuandbsTartajkes.
Intbigubs de Michel. — Michel ne recevait aucun secours de ses alliés; pressé en même temps au sud par les Turcs, à Test par les Tartares, abandonné par une partie de ses sujets et réduit à douter même de la fidélité des mercenaires dont l'épuisement de sou trésor ne lui permettait pas d'acquitter la solde, il fut sur le point de perdre courage , et n'hésita point à écouter les propositions de paix que le khan des Tartares lui fit communiquer par l'entremise du voïvode de Moldavie. Le khan s'engageait à rétablir la bonne harmonie entre les Valaques et les Ottomans , à condition que Michel c ngcdierait les troupes étrangères qu'il avait à son service, « lesquelles, disait-il, commettaient toutes sortes de ravages sur le territoire turc et étaient à charge à la principauté même. »
Michel accéda à cette demande; il renvoya ses Transylvains et ses Cosaques, et fit porter au Tartare un présent de deux mille ducats. Mais, au lieu de se retirer, le khan , profitant du départ des mercenaires, passa le Melcove et vint camper avec trente mille hommes entre Buzeu, Ibraîla et Bucarest. Le voïvode n'avait sous ses ordres que six mille Valaques; il semblait perdu; il voulut du moins tomber avec honneur et courut droit à l'ennemi ; les Tartares, postés à Ghergbizza, ne l'attendirent point, et battirent en retraite. Pendant
projet d'abdiquer en faveur c phe II, et les conditions que nais avaient mises à leur entn ligue contre les Turcs; ils < de l'empereur et de Sigismond :
formel de toutes prétentions i lachie et la Moldavie, la dépo Micbel et la cession des deux p tés à la république de Polos elles se reconnaîtraient vas»
butaires. Le prince de Tra n'avait pas fait encore de répo tive à ces demandes exorbitant!
de rien conclure il voulait i avec l'empereur d'Allemagne, vait bientôt rejoindre à Prague, là pour le voïvode de fâcheuse les. De retour à Tirgoviste, il envoyé du sultan qui lui app drapeau rouge en signe de ri tioo. « Dans son incertitude !
sultat des conférences de Praj craignant d'être dépossédé par nais, Michel accepta l'inves Mahomet III. Son dessein étal voyer entre les deux partis. Il 9 son armée, pour être prêt à nement, et attendit roccask décider. Au mois de juin 1 Serviens révoltés lui ofifriren mandement de toutes leurs :
Rodolphe II lui promit un renl mille hommes, outre la solde mille mercenaires ; le moment i
fiour les Valaques de recomi utte contre l'infidèle. Mais, a
PR0VEMX8 ROUMAINES.
JriMUW, Mkèolfotrensfeoeut fini de la Suct prêta Minait de fidélité.
" .SWsmondBathory ie l'empereur d'Alle- D; en retour de sa dé Transylvanie et de ses ■sntineté sur la Moldavie et , il reçut Oppeln et Raîbort une pension annuelle de IDo éeus et le chapeau de carmil 1698. les Transylvains ment de fidélité aux corai rcmpereur. A?ant son dé- Ippsin, Simsmond envoya à s oflnel de son abdication, tffl n'avait oublié ni la Mol- Yalechie, et qu'en cédant à i auxeraineté de ces.provinwtu obliger la maison d*Au- Jtonagne à leur donner une
■TueOVIBTB (1598). — Mi- Mca point sans regret aux quil avait conçues; il ne «ter à Rodolphe la Tranprift donc le parti de se souttendant une occasion fevomdt se présenter tôt ou tard.
i ae rendirent auprès des m impériaux pour prêter a son nom. L'affaire traîna . Les commissaires n'avaient •oirs suffisants pour traiter ; t attendre l'arrivée de l'arimilien; enfin, sur les insebel, ils allèrent eux-mêmes à f furent reçus avec de grands t après trois jours de confèrent, le 9 juin 1598, un tant qui régla les relations nr d'Allemagne et du voïlehie.
raduction de ce traité, que ins son Histoire de Honanfiy, l'un des négociateurs e :
i voïvode (duc) des alpins du royaume de Honleiller de Sa Majesté Impé- )yale, etc., avec Euthémius, m de Tirgoviste, le vornic aie., nos conseillers et offi-
Pf, Hittoria rtfni Huagarici; ' 19*4, p. 444.
rofco». (PiornrcBa Romumas.)
ders, représentants de toute la Valachie, savoir faisons à tous ceux qui les présentes liront que, mus par la piété et l'affection chrétienne» las du Joug et de l'oppression que la tyrannie des Turcs fait peser depuis plus de cent ans sur la Valachie, nous avons résolu de la rendre à son premier état. Ainsi que nous l'avions déjà rattachée à la couronne de Hongrie, comme elle Tétait jadis, nous l'unissons à l'Empire; reconnaissant pour notre seigneur et roi légitime et naturel Sa Majesté Impérialeet Royale, nous nous mettons sous sa protection perpétuelle, nous ainsi que notre province, et lui prétons serment comme à notre suzerain. Gomme nous avons imploré le secours et le patronage de Sa Majesté Impériale , et que noua nous sommes décidé à ne plus tirer l'épée pour les ennemis de la croix de Jésus-Christ, mais pour l'empire et la religion des chrétiens, Sa Majesté Impériale et Royalp ne s'est pas refusée a recevoir notre province sous sa protion et à nous reconnaître pour son vassal ; elle a daigné même nous secourir généreusement et promptement, et elle a chargé le très-révérend Etienne Szuhay , évêque de Weizen , préfet de la chambre hongroise de Presbourg, et le très-illustre Nicolas Istvanffy, propalatin du royaume de Hongrie et capitaine de la ville d'Œdenbourg , ses conseillers et légats plénipotentiaires et commissaire en Transylvanie et en Valachie , de s'entendre avec nous, et, si l'occasion se présentait, de traiter des articles et de la manière dont nous devions nous soumettre à Sa Majesté Impériale. Lesdits légats, après avoir terminé autant que possible les affaires de la Transylvanie et après avoir occupé ce pays, sont venus nous trouver, et après un serment solennel et vrai, reçu et prêté d'abord par nous, et ensuite par le très-révérend Euthimius, archevêque de Tirgoviste, et par nos boyards, dans l'église du bienheureux archevêque Nicolas , sise sur la colline de Tirgoviste, notre capitale, et après être convenus de la formule des serments et articles de fidé- Kté que s Sa M^cslé Impériale et
L'UNIVERS
« Royale, ils ont arrêté et conclu avec « nous et nos principaux boyards et • conseillers les articles suivants :
« Art. I. Sa Majesté Impériale et « Royale nous donnera et nous fera « compter en espèces par ses trésoriers, « afin de défendre notre province et, « si la fortune nous seconde, afin d'at- « taquer l'ennemi, la solde de cinq « mille hommes, lesdits seigneurs « commissaires nous promettant de l'ob- « tenir pour cinq autres mille hommes, « ou de nous faire accorder soit leur « équipement, soit un nombre égal « d auxiliaires, pendant Pété le nombre « complet, pendant l'hiver la moitié « seulement. En outre il est convenu « que le trésorier de Sa Majesté les sol- « dera et en passera l'inspection, tous « les mois , et que si , par ta volonté de « Dieu, l'état des choses devient tel « que ces troupes ne soient pas néces- « sa ires, elles ne seront pas entretenues « inutilement, ou du moins elles seront « employées comme les circonstances le « demanderont ou comme Sa Majesté « Impériale et le sérénissime archiduc « Maximilien l'ordonneront. De notre « côté nous nous efforcerons dans tou- « tes les occasions de repousser de la « Transylvanie , de la Valachie et des « autres parties de la Hongrie les « Turcs et les autres ennemis, et dans « ce cas, après la victoire , nous nous « engageons à suivre la volonté et les « ordres, quels qu'ils soient, de Sa Ma-
foté impériale et Royale et du séré»
de guerre nom seront four Sa Majesté Impériale ou en i par le sérénissime MaxmîHn « Art. II. Afin que nous n donner ces secours avec plu chement et d'amour et que m consacrions tant réserve à II de la chrétienté. Sa Najesti donné à nous et à notre très* Pierre la Valachie avec ton venus, ses droits et ses frc pour la tenir et la posséder tnité. Ellenous a donné cette comme à ses Vassaux et Son taires, ainsi qu'à nos deseeu ligne directe, du sexe masenl que nous soyons tenn de payi impôt ni tnbut; et nous aurc principauté telle que nous possédée jusqu'à présent avei ses libertés et privilèges; mi vant l'ancien et louable usaj et nos successeurs nous lai' chaque année, comme à ne
faeur et roi, un présent d'h notre libre choix , qui lai fc du zèle et de la fidélité d'un i dn taire. Nos biens propres et notre fils, hérités ou acquis < argent, seront transmissibles gré aux légataires de notre e nous pourrons en disposer lil selon notre volonté.
« Art. III. S'il nous arrivai!
qu'à notre fils, de mourir si tendance masculine, ce dm nous garde! Sa Majesté Imp.
PROVINCES ROUMAINES
d'infante-
« vie « de cavalerie qui. après avoir m iefu leur soMejSUitMK déserté, dans * «atone endroit qu'Us se trouvent.
« Art. Y. Quant à ce qui eoneer mnmevee des marchands de la 1
ieoneernele m mnmevee des ourenands de la Valait unie, fl est établi que, si leurs affaires % paaont pas au désavantage des villes rjk Wmm de la Transylvanie ou qu'elles contraires aux privilèges ees villes, un libre sera permis dorénaavee la Transylvanie, toutefois auront payé le tarif légal; transylvains, hongrois " le droit d'im-
«^setantpaseoi dKMs possèdent
[4p 4SBMBMNS MUT
* «aat avee la Tr
MUar en Valachie ou d'en exporter . les flMrohandises qu'il voud r payé la taie imposée.
D'il voudront après
%.lasaercbandiees< n avoir payé la taxe - « Ait. VI. Sa Majesté Impériale et
• Royale nous garantit l'exercice paisir * Me de notre religion, et promet que ;.<• Bas évéques, nos prêtres et nos fidè-
• tes ne seront jamais gênés en rien t» dans leurs cérémonies ni dans leurs *■ croyances.
'« Art. VII. Les boyards ou les sol-
• dais de cette principauté qui auront « ldenméritéde fa république chrétienne « et de Sa Majesté Impériale et Royale m et que nous aurons recommandés « seront traités dignement; de même « les nonces et les ambassadeurs que « nous aurons envoyés à Sa Majesté « Impériale et Royale et au sérénissime « archiduc Maximilien recevront une « prompte audience et une réponse di- « gne de leur qualité et de leur mission, « et seront traités d'une manière con-
« Cest ce que nous avons certifié par ees lettres munies et marquées de notre propre signature et de notre sceau authentique. Fait et donné dans régiise du bienheureux archevêque nicolas, située sur la colline de Tire, notre capitale, ce neuf juin , du Seigneur 1596, et le 23e du règne de Sa Majesté comme empereur Jlemagne, le 20e comme roi de et le 23e comme roi de
dTAÛéi
Honnie
Bohême.
Le jour de la pubfieatton de ce traité, Michel prêta le serment de fidélité à Rodolphe D:
a Moi Michel, voïvode des pays trai « salpins du royaume de Hongrie, coi « seiller de Sa Majesté Impériale c « Royale, je jure, par le Dieu vivant « Père,Fil8 et Saint-Esprit, et par 1 « très-Sainte-Trinité en un seul Dieu « la bienheureuse Vierge Marie , mèi « de Dieu, et tous les saints et le sain « Évangile du Christ, d'être à partir d « ce jour, moi et mes successeurs, fidèl « et soumis à la personne sacrée d « l'empereur des Romains, roi de Bo « héme, de Hongrie, etc., et à ses suc c cesseurs, d'être l'ami des amis de S « Majesté et l'ennemi de ses ennemis « de ne jamais rien faire contre ell « ou ses successeurs ni ouvertement « ni secrètement , ni en actions , ni ei « conseils ; de ne jamais révéler les se « crets qu'elle m'aura confiés par lettre « ou par exprès ; de lui donner de bon « et sages avis , et de l'instruire fidèle « ment des trames de ses ennemis qv « parviendraient à ma connaissance « promettant, quant à moi, de leur te « nir tête et de perdre corps et bien « plutôt que de tremper dans leurs ma « chinations hostiles. Qu'ainsi me soien « en aide la Vierge Marie, tous le « saints , les élus de Dieu et l'Évangil « du Christ, v
« Le traité que les Valaques avaien conclu avec Rodolphe II était d'un haute importance pour leur pays, qui s'unissant ainsi en quelque sorte à l'Ai lemagne , devait prendre part aux lu mières de l'Europe civilisée; l'Alterna gne était l'anneau qui pouvait attache la Valachie au monde éclairé, et de bel les destinées pouvaient être le partag de cette principauté si ce traité avai eu une longue durée. Ce pays n'étai
Ïrius assez puissant, ou, pour mieux dire es États a voisinants étaient devenu trop formidables pour que les Valaque
Sussent se soutenir dans une indépen ance absolue ; ils devaient se placer sou la protection d'un souverain qui, tou en respectant leurs lois et leurs institu tions, pût les défendre contre les force formidables des Turcs, et le protecteu naturel des Valaques était alors le ro de Hongrie et par conséquent Tempe reur d'Allemagne. La Valachie, quoiqu reconnaissant la souveraineté de fem pire, restait autonome; Rodolphe II e
es
L'UNIVERS
ses successeurs ne devaient se mêler en rien des affaires de la principauté, qui , exempte de tout tribut, devait seulement fournir des secours en temps de guerre. » C'est ainsi qu'un historien mofdO'Valaque appréciait, en 1837, le traité de Tîrgoviste, Il ajoutait : * M. G. d'Eichthaï, dan»* sou ouvrage les Dertx- Mondes , semble vouloir qu'on remette en vigueur le traité de Rodolphe II par ces paroles ♦: Une confédération du Danube devra se former sous le protectorat de VAutriche; et par confédération du Danube il entend la Valachie,, la Moldavie, la Bulgarie, la Servie ; chacun de ces États devra avoir un gouvernement national. L'antipathie qui existe entre les peuples du Danube et les Autrichiens rend ce plan presque impossible, et si même ce protectorat avait lieu , il ne nous serait pas favorable, h Aujourd'hui que l'Autriche occupe les principautés danubiennes pour les garantir contre l'invasion des Russes, il n'est sans doute pas inutile de rappeler la convention de t S 98 ; les esprits déliants ne croient guère au désintéressement des Habsbourg; ils demanderont peut-être si les armées autrichiennes sont entrées en Va ladite pour garantir l'intégrité de l'empire ottoman ou pour rendre à l'héritier de Rodolphe 11 cette suzeraineté' de la Valachie conférée à la maison d'Autriche par le traité de Tirgoviste.
Fort de son alliance avec l'empire T Michel méditait une nouvelle campagne contre les Turcs lorsqu'un événement imprévu vint déranger tous ses plans* Sigismond Balhorv avait à peine signé son abdication qu'il regretta la couronne et résolut de la reprendre. M quitta Ratibor et rentra à Clausembourg aux acclamations de tout le peuple (20 août l&9tt). tl s'appliqua aussitôt à se prémunir contre le ressentiment de Rodolphe. Un de ses officiers se rendit auprès de Michel pour solliciter l'appui des Valaques. La révolution accomplie en Transylvanie mettait le voïvode dans une situation très-embarrassante. S'unir avec Sigismond , c*était rompre le traité récemment conclu avec son ennemi; rejeter les propositions de ce Ïtrince, c'était le contraindre à invoquer e secours du sultan, livrer la Transvl-
vanie aux Turcs, et par suite la Valachie aux plus grands périls, chel prit le parti de promettre à T une armée de trente-cinq millet à condition que TArdialie resterait fermée a i j \ trou pes ottoman es .
Expéditions ex Bul&abib. — €fr pendant ïiaiiz pacha, gouverneur de ïïïcopolis, et le pacha de Silistrie menaçaient de franchir Je Danube. Michel envoya vers eux le vornic Dé m être avec un immense convoi. Les chariots, coq* verts de drap rouge, étaient censés contenir le trihut et les présents du voïvode ; les Turcs les laissèrent approcher sans défiance. Mais, aux portes du camp, vingt mille Valaques, jusqu'alors cachés dans les voitures, se montrèrent tout à coup , s'élancèrent le sabre au poing et culbutèrent les Turcs, étourdis parcetteattaifue inattendue ; Hafiz pacha prit la fuite , et ses deux queues de cheval tombèrent aux mains du vomie, Dé mètre , après ce brillant succès , alla rejoindre Michel à Caracala , au confluent de rOlto et du Danube. Le voïvode , dans l'excès de sa joie , fil revêtir à une vieille femme les vêtements du pacha , son turban et sa fourrure, et la promena par la ville dans cet accoutrument ridicule, aux applaudissements de toute l'armée.
Encouragé par la victoire de son lieutenant, il passa le Danube, battit une armée turque de treize mille honv mes, lui enleva toute son artillerie, tous ses bagages, et le 10 septembre mit le siège devant ÎSicopolis. Son entrepris ne réussit point. Au bout de quelques jours il fut contraint de se retirer devant la résistance de la garnison, qui pendant la nuit réparait les hn faites durant le jour par les canons des chrétiens. Après avoir dévasté tout le pays autour de la ville, les Valaques marchèrent sur Viddin. Le commandant de cette place les attendait en rase campagne avec des forces considérables.
Michel fut vainqueur dans une rencontre meurtrière où périrent un grand nombre de Turcs; mais lui-même faillit sue comber, victime de son ardeur a poursuivre les infidèles. Comme il courait seul bien en avant de sa colonne , quelques Turcs firent volte-face et sejetètêtu sur lui; il en tua plusieurs; i
PROVINCES ROUMAINES
dfam M appuya *» la poitrine la te de sa F
oorpi à corps, qui finit par l'ani- ' * officiers
le quelques officiers valaquas. Les tiens nesTarrétèrent pas devant Vid- Us parcoururent la (Bulgarie pendis Jours, pillant tout sur leur M» et brûlant les villes situées le « Danube; le a novembre, ils rekrant le fleuve avec un immense i ttaste saille Bulgares, à qui le voïstonudes terres sur la rive gauche, atasumi) abdique m faykub wmi Bathoiy. — Peu de temps "' ' " par un nouveau ca-
>, ansnqua en faveur du cardinal An»
ls*hory()l mars 1699). « Ce prince, s» chronique valaque, avait formé getde quitter le parti de Michel et de lettre aux Turcs la Transylvanie. Il savait exécuter ce plan à cause du ont qu'il avait prêté au voïvode de shie. Cest ce qui lui inspira la ruse «1er an trône son cousin André, qui it conclure aussitôt une alliance avec » André feignit d'abord de se srde Michel; il prit l'engage- ; de ne jamais permettre aux Ottot de mettre le pied en Transylvanie ivril 1699), autorisa les Valaques icter des armes et des munitions mm dans les villes saxonnes de sa îpauté, et souffrit que plusieurs s officiers prissent du service dans ounesdu voïvode-, mais en même s il entamait des négociations les Turcs et avec Jérémie Movila , e de Moldavie. Michel , averti de s ses menées, les dénonça secrèteàBassa, général de l'empereur en prie ; il fit ses préparatifs de guerre, manda de l'argent et des armes à ilphe II , promettant de détrôner é si l'empereur consentait à lui sr la Transylvanie à titre de fief, pereur s'empressa d'accepter ses «lions', et le voïvode, tout en rtant de sa fidélité envers Bathory , lit le moment d'engager la lutte.
Indre doute de ma foi, disait-il, je mnerai pour otages ma femme et Us: j'aimerais mieux manger leur et boire leur sang que de m'emde TArdialie. » Serment de prince L ne pouvait tromper que la créla moins soupçonneuse.
Expédition ni Michel ni Taahsylyamb. — Le cardinal-prince avait résolu de convertir les Saxons protestants ou de les exterminer. Il voulut leur porter un coup dont ils ne pussent se relever. La diète de Carlsburg devait se réunir le 18 octobre 1599. André fit dresser sept pieux sur la place publique pour empaler avant l'ouverture de la session les sept juges saxons dont il craignait la résistance. Mais Albert Huet, comte de cette nation . découvrit le projet du tyran; il écrivit à Michel, lui offrit le secours de tous ses compatriotes et le conjura de hâter son entrée en Transylvanie.
Michel aussitôt assembla ses troupes à Ploïesti. Vainement sa femme Flonca lui représenta les dangers de l'entre-
Erise qu'il méditait : « Qu'allez-vous lire, lui dit-elle; où comptez -vous aller? De quelle tache de trahison voulez-vous souiller votre nom? Pourquoi ne vous souvenez-vous plus de ce temps où, fugitif, chassé de votre patrie par la fureur du voïvode, vous avez trouvé un sûr asile en Transylvanie? Ne vous rappelez-vous plus avec quelle bonté, avec quelle faveur vous tûtes accueilli et protégé par le prince Sigismond? n'est-ce pas à la prière des Transylvains que le sultan Murad vous accorda la permission de retourner dans votre pays et vous décora de la dignité de voïvode? J'atteste Dieu et les hommes que les auteurs de cette guerre commettent un crime abominable. Que la victoire penche de notre côté ou du coté des Transylvains, nous serons en tous cas souilles d'une fourberie inexpiable. En supposant que les Transylvains ne vous aient jamais rendu aucun service, de quel droit voulez-vous vous emparer d une province étrangère, que Dieu, que la nature, que les travaux des hommes ont séparée de votre État par tant de montagnes et de villes ? Si leurs services , si les chances de la guerre, si les serments que vous avez prêtés ne vous retiennent pas , craignez du moins le Créateur du ciel et de la terre et les saints patrons Nicolas et Michel, qui tôt ou tara punissent sévèrement la force qu'on emploie contre la justice et l'équité. » Un tel discours n'était guère propre à dissua-
L'UNIVERS
der Michel des projets qu'il avait conçus. Le 16 octobre 1599, l'armée valaque vint camper au pied des Carpathes.
Les défilés n'étaient pas gardés. Michel s'avança sans obtacle jusque dans la vallée de Bozza. Là il s'arrêta quelques fours pour traiter avec les Szicles; il les entraîna dans son alliance par la promesse de rétablir leurs franchises abolies par les Bathory. Les Szides prirent les armes , détruisirent la forteresse de Varhegy, que Sigismond avait élevée pour les tenir en respect, et pillèrent les châteaux des nobles qui les avaient tyrannisés jusqu'alors. L'armée valaque se dirigea vers Cronstadt; à sa vue, les bourgeois effrayés capitulèrent ; ils jurèrent de rester neutres jusqu'à fa fin de la guerre. Le voïvode se contenta de cette assurance; il avait hâte d'attaquer Hermanstadt, qui était la seconde ville de la principauté et que le cardinal-prince se préparait à défendre.
Bataille d'Hkrbianstàdt. Michel ENTRE A WEISSEMBITBG (1709).
— Surpris par l'invasion de son ennemi, André avait appelé aux armes la noblesse et le peuple ; il avait tenté de se réconcilier avec les Saxons et les Szicles; mais il ne put réunir que neuf mille hommes. Avec cette petite armée, il se posta sons les murs d'Hermanstadt. Comme il attendait quelques renforts, il demanda un armistice; Michel y consentit, pour donner à sa grosse
d'une cuirasse par-dessus ta robe de cardinal, parcourut d'abord les r de ses soldats et sut enflammer courage par ses discours. « Qu'est __, disait-il, que ce traître Michel? il veut régner sur les Hongrois ; ne «ait-il doue pas que ses frères gardent encore aujourd nui les porcs des étrangère? »
Les Transylvains , malgré leur înfériorité numérique, enfoncèrent les iigaas valaques. La victoire était à eux é Komis, le commandant en chef, avait fait avancer la réserve; maie ee général montra beaucoup d'indécision. Michel eut le temps de rallier eee troupes ébranlées. Monté sur un cheval fongueux , couvert de sang et de poussière, H fait arrêter les drapeaux et frappe de son sabre les fuyards qui ne veulent pas retourner au combat. « A moi!
s'écrie-t-il , à moi, mes soldats de Bulgarie, vainqueurs de Kara-Iman et d'Ahmed! Quoi! vous fuyez la victoire qui vient à vous! Vous avez le sabre en main, et vous demandez à vos jambes de vous prêter secours! Volteface ! £n avant ! » Bientôt les Transylvains fatigués cédèrent à leur tour; As centre est enfoncé; les ailes se débandent; plusieurs généraux sont tués on faits prisonniers ; André prend la fuite, et Michel reste maître du champ de bataille.
Trois jours après il flt une entrée triomphale à Weissemburg (1er novembre 1699). L'évéque de la principale, revêtu de §es habits pontificaux et Guiu
PROVINCES &OTJMADNES.
rgettt; fait, déployés ma litpeaul prit wr Bathory.
utiles boyards et l'armée a marche.
naît de prendre possession n princes de Transylvanie , htoOrdog, chef d'une bande taxons, la t apporta la tête titHli eto demanda le prix, ataftlfe «THermanstadt, Anmtié de ton* ses compagnons nourant de faim, de soif et , irait erré pendant trois las forêts deCsik;des payit rencontré, reconnu et tué.
alla tête sanglante, la prin- II ne pot retenir ses larmes.
ces pleurs ?» dit le voïvode.
pondit-elle, un pareil malmenace peut-être! » Michel \L • O le pauvre prêtre! le tftl » a'écria-t-il , et, s'ai meotrier, il ajouta : « Va récompense. » Ordog fit ■ et tomba mort. Le calathorv, retrouvé dans la
rr, rat enfermé dans un Les états et les ordres ÉUté, les nobles, les boyards, valaques et Michel en perlèrent aux pompeuses funéiurent célébrées dans l'église iburg(17 novembre 1599).
BtJl EÉCLAMB LA TBâH*
— C'était au nom de Rodol- Ichel avait attaqué André envoya deux ambassadeurs Dur annoncer à l'empereur ( de l'expédition et lui deouvernement de la Transyluise par ses armes. Toutes s la province lui ouvrirent . ATJst, il trouva les trésors i des Bathory;il les fit trans- Issemburg et s'en servit pour Me des troupes ; ses soldats les mercenaires serviens, osaques commettaient parbles brigandages et ne méas plus les Saxons que les /énergie du voïvode ne parrétablir la discipline et à i malheureux habitants de -. D'ailleurs lui-même, en t à mort un certain nombre
de magnais, avait donné l'exemple dt la cruauté. Les Transylvains commencèrent à regretter les Bathory. Seuls les Szicles trouvèrent quelque compensation aux maux de l'invasion dans le rétablissement de leurs anciennes libertés; ils acquirent le droit de choisir eux-mêmes leurs magistrats ; mais cette réforme , qui portait atteinte aux privilèges de la noblesse, acheva d'irriter contre les Valaques les Hongrois et les Saxons.
Basta, général de Rodolphe II, vint alors réclamer la Transylvanie au nom de son maître. Michel répondit au' en aucun cas il ne se dessaisirait d'une province qu'il avait conquise au prix de son sang. Il rassembla le conseil des boyards et posa nettement devant eux la question de savoir s'il devait évacuer la principauté ou s'y maintenir même malgré 1 empereur. L'avis des boyards fut conforme à ses vœux. En conséquence il convoqua la diète de Transylvanie et lui demanda des subsides considérables d'argent et de vivres (février 1600 ). La noblesse le pria vainement de respecter ses droits et ses privilèges. « Vos privilèges ! » s'écria-t-il avec fureur en portant la main sur la garde de son épée. Il n'acheva pas ; mais les nobles avaient compris la menace ; ils jurèrent tout bas de se venger, tandis que les paysans valaques et szicles, délivrés de la servitude , criaient : Vive le roi Michel ! vive notre Alexandre le Grand !
Telles étaient les dispositions des grands et du peuple lorsque les commissaires de Rodolphe arrivèrent à Weissemburg. Ils apportaient à Michel un diplôme impérial qui lui assurait ainsi qu'à ses descendants le gouvernement héréditaire de la Valachie , et qui lui ordonnait d'évacuer immédiatement la Transvlvanie. Michel ne put maîtriser sa colère : « La Transylvanie, répondit-il , m'appartient comme un dédommagement des pertes que j'ai éprouvées en combattant pour l'empereur contre les Turcs. Je l'ai conquise ; elle est à moi. Aucune puissance ne l'arrachera de mes mains. Si Rodolphe veut me la disputer, s'il tarde à m'envoyer les subsides qu'il m'a promis, je lèverai contre lui autant de milliers de diables
L'UNIVERS
qu'il a d' hommes à son service. * Michel s'kmpa he delà Moldavie et reunit sous son autohits tou- TES LES PROVINCES fiOUMÀI NES (1600) +
— Rodolphe n'était pas le seul ennemi que l'occupât ion de rArdialie eût soulevé contre Le prince des Valaques. Sigismond Bathory avait à venger la mort du cardinal André. Soutenu par la diète de Pologne , il se ligua étroitement avec Jérëmie Movïla . prince de Moldavie. Vainement Michel, pour gagner du temps , offrit de lui céder Vataras et Cronstadt , et demanda pour son flls la main d'une des- filles de Movî la . Les Polonais et les Moldaves entrèrent en Valachie , s'emparèrent sans coup férir de Bucarest, et y installèrent le grand échanson Siméon Movïla, frère de Jérëmie. Michel quitta aussitôt Wei«> semburg et courut défendre sa principauté. Il poursuivit Simon, qui, sans attendre son approche, s'était retiré vers Fokchani, I atteignit aux bords de la rivière de Melcove , mit son armée en déroute , et pénétra en Moldavie à la tête de cinquante mille hommes {18 mai 1600). Vainqueur dans un nouveau combat près de Suc in va , il s'avança jusqu'aux portes deKholin, battit Jeremie sous les murs de cette ville et le força de se réfugier en Pologne , envoya ses troupes dévaster la Pocutie, la Podolie et la Russie Rouge et alla se faire couronner à Jassi; depuis lors il s'intitula prince de Moldavie , de Valachie et de Transylvanie. Après cette heureuse campagne, il reçut de Rodolphe des sunsides, des présents, et le titre de conseiller de l'empire . Il fit alors frauper une médaille à son eftlgie, portant d'un coté ces mots : Jt D. vigilant îa , virtute et armis Victor iam naetuê : 1600. ■ Et en effet t dît un historien, sa vigilance était infatigable ; il a montré en toute occasion qu'il savait se garder de tout ce qui pouvait lui nuire. Sa bravoure était à toute épreuve, et ses ennemis même Pont hautement
fïroclamée. Né sous la tente , élevé dans es camps, maniant les armes mieux que personne , il ne démentit point sa devise. »
Michel avait triomphé de tous ses ennemis; maître des trois principautés, il réunissait sons son autorité toute
l'ancienne Dacie; son pou t ou d'être reconnu et confirmé par reur d'Allemagne. La Porte ell lui envoya l'étendard, l'épée et tre, emblèmes de son investiture prince de Moldavie et de Trans Le voïvode alla au-devant de 1' lui apportait ces insignes , et il à Cronstadt avec toutes les r.
d'un profond respect ; il embr:
tendard et ceignit l'épée. Le c aaire de Rodolphe s'étonna d'u conduite, Michel répondit qu'il accepté l'investiture du sultan < politesse , et que d'ailleurs il ne pas se fier a l'empereur, qui h toujours préféré son ennemi < Basta, « Que Rodolphe, dit-il, nu quelque preuve certaine de son Je veux t outre la principauté ûi sylvanie, ta dignité de prince il Empire, les villes du Grand-V; de Nagyi-Ranya et de Huszt , d sides annuels, et, en cas d'ex par les Turcs , l'assurance d'un sion de cent mille ecus* A ces lions Peu) perçu r pourra comp ma fidélité. ■
L'ambition du voïvode ne coq plus de bornes. Non content de sur tous les peuples roumains, dita la conquête de la Hongrie e Pologne. En Hongrie, il avait u nombreux ; en Pologne , ses | lions étaient secrètement favori»
les Orthodoxes. Mais il était arr terme de ses succès; les nuinmnrfl menaçait se coalisèrent contre se trouva pris entre deux feux.
Coalition formée c on tri chel ( 1000 }. — D'un cdté, Roé irrité de l'orgueil de son lieut encouragea les Transylvains à la r Etienne Csàky se mit à la tête de blesse , réunit une armée de doua hommes et opéra sa jonction avec ges Basta, qui commandait six inill grois et Allemands. A l'Orient, Jes nais, sous les ordres de Zam franchirent le Dniester et envahh Moldavie.
En Transylvanie, la reneont lieu entre îrfichel et Basta près d lage de Misisilo, sur les bords rivière de Maros (18 septembre La déroute des Valaques fut <
PROVINCES aOUMAINES.
mille born-
ages en Valachie, et i les Polonais. Il lut en* ttn le 1S octobre. Forcé d'éitsrritoire moldave, il s'arrêta ■ anr le Séretfa. Là , dans on désespère, il Tit anéantir sa aimée. Il ae sauva dans les ».
i sans défense à l'invasion, la se prosterna devant le maître qoe lui imposèrent les vain-
• Michel le Brave. Siméon Mom en grande pompe dans Buoeeapee par une garnison de Me Polonais, et les boyards lui t sarment de fidélité. Micbel ih plus rien contre lui; après t de Zamoyski , il descendit de ite avec une troupe de monta- Mais il fut encore une fois rès d'Argessu ( 25 novembre ) , tni resta plus d'autre ressource se réfugier auprès de Tempête rendit à Vienne avec sa fa-
lant la diète de Transylvanie unie à Weissemburg. A l'insd'Etienne Csàky,.elle envoya ités à Rodolphe pour le préven*il ne se hâtait pas de confier rnement à l'archiduc Maximii ae verrait obligée de procéder e à l'élection <run prince : en nnps elle réclamait l'extradi- Michei , et la suppression des i qu'il avait accordées et des rendues aux Szicles. Comme
* tardait à répondre , les états tfgismond Bathory (4 février i prince, ramené à Claudem- 1 une escorte de Moldaves et ais , prit pour troisième fois la \ que deux fois il avait abdiquée.
U. VAINCU SE BRFUGIE À PlEIt- IST ASSASSINÉ PÀB BàSTA, AHT DE L'BMPBBBUB (1601).
ites de la diète mécontentèrent l'empereur. Micbel, d'abord i Vienne , reçut l'invitation de i à Prague. Le 23 mars 1601, le dépossédé parut pour la lobais cour; sa taille impon mâle beauté exciterait l'ad-
miration de tonte la noblesse aUemanée.
Les charmes de sa fille Florka gagnèrent le cœur de Rodolphe. « On pardonne aisément au père de celle qu'on aime. » L'empereur, oubliant tous ses griefs contre Michel, lui donna cent mille ducats et lui rendit le gouvernement de la Transylvanie après l'avoir publiquement réconcilié avec Basta.
Micbel et Basta entrèrent en campagne avec dix-huit mille hommes; trentecinq mille Transylvains les attendaient devant Gorozlo,sur la rive droite du Szamos. Une bataille terrible, engagée le 3 août, se termina par la défaite totale de Sipisraond Bathory. Ce fut la dernière victoire de Michel le Brave. Aussitôt après, la discorde éclata entre les deux généraux de l'armée impériale.
Basta , pour se débarrasser de son rival , ne recula point devant un crime.
Par ses ordres, le 19 août 1601 , Jacques Bory, capitaine des Wallons, accompagné d'un capitaine allemand , de trois cents Wallons, d'autant d'Allemands et de quelques cavaliers , pénétra au lever du jour dans le camp de Michel à Thorda. Le voïvode n avait auprès de lui que quelques Valaques. « Au nom de rempereur, lui cria Bory, je vous arrête. » — « Vous ne m'aurez pas vivant, » répondit le héros, et il plongea son épée dans la poitrine du capitaine allemand ; il n'eut pas le temps de la retirer-, frappé au cœur d'un coup de hallebarde , il tomba en poussant un cri de douleur et de rage. Les assassins lui coupèrent la tête et la placèrent sur une carcasse de cheval. Basta écrivit à l'empereur que Michel était convaincu de trahison, et son crime resta impuni.
Ainsi périt , à l'âge de quarante-trois ans , ce grand homme qui sera l'éternel honneur du peuple roumain. Il essaya de réunir en corps de nation tous les habitants de l'ancienne Dacie. C'était là une difficile entreprise. Malgré la communauté d'origine , de langage et de religion , il n'y avait pas de sympathie entre les trois principautés. Pourtant , malgré tous les obstacles, peutêtre, s'il avait plus longtemps vécu* serait-il parvenu à fonder un nouveau royaume de Dacie qui aurait été «Pun grand poids dans la balance de l'Europe. U comprenait les vrais intérte des pro-
roumaines : Crescunt parvSË ret rdia; mais ses compatriotes ne
fus le seconder et le soutenir; es ne virent en lui que l'ennemi de leurs privilèges; seuls les paysans lui restèrent (Mêles, et ils vénèrent encore aujourd' nui sa mémoire* « Michel le Brave, dit un historien allemand, a puîssammrnt aidé à garantir F Europe de la barbarie des Turcs. Si son règne avait été plus long , la Roumanie aurait un meilleur destin.
Que l'histoire conserve le souvenir de ses exploits et de ses vastes pensées; qu'elle fasse pressentir à l'Europe ce qu'elle peut attendre de la nation qu'il commandait,, et ce qu*a droit d'espérer d'elle ce pauvre peuple qui lui tend au* jourd'hui les bras! (I) ■