‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 185 sur 218 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

L\ KiHM.VMl- \V XVIIe SIÈCLE.

SfBBAN R *S A RAB A* RELATIONS AVEC

LES Transylvains et les Molim vgs, — La mort de Michel le Brave fut le signal de la décadence de la V al a c nie. Toutes les conquêtes de ce prince furent

perdues. Bas ta ^arda ta Transylvanie, Jérémie (UoviUi reprit la Moldavie , les Turcs rentrèrent à Giurgevo, à Ibraïïa et à l'un lu.

« Par la volonté de Dieu» dit le chroniqueur Greceano * les boyards choisirent pour prince, d'une voix unanime, Georges Radu Serban , de la famille de Basaraha, et le conduisirent en triomphe

Basta , après lui , avoir donné k troupes pour repousser les MoWtwM reconquérir sa principauté, ne tarfcff a réclamer le prix de ses sertio*. I»

même avait à &e défendre contre M«t Szeïiéii, qui. soutenu par une artmè Szicles et de Turcs, s'était pr«M prince de Transylvanie. Serbift û»

voya d'abord à son allié qu'un wéé de quinze cents hommes; mail m soldats Te contraignirent de mardis personne contre SzékéJi, qu'il seff devant Cronstadt, dans la plainte Burzenland, et qui périt dans fc cwniâ

Au retour, il trouva en ValsduviM armée turque, venue au sec^un i Székeli; il la battit et Sa rejeta audi du Danube rj (KM), Quelque temps JJ* édata une révolte fomentée par kt intrigues de Jérérnie MoviJa et te I Porte, Etienne Prodic, (il* naiurdè .

Pierre Roucle d'Oreille , prit le litrt à t voïvode et se ut reconnaître en «• qualité par le métropolitain de Tin»

viite. Serban était alors à Cronsûdî; il accouru t. attaqua vigoureusement Ml rival , Je fit prisonnier, €t lui couptl nez et les oreilles.

Les paysans de la Trausvhiflit,

{loussés au desespoir par les désastre i a guerre qui , depuis plusieurs aunes»

ne cessait pas de dévaster leurs d\wp et leurs villages, avaient organisé u»

sorte de Jacquerie et ne vivaient phi que de brigandages et de rapines tut troupe de ces bandits pénétra dans I* Craïova

PROVINCES ROUMAINES

rhù assurer déA»

(Traité de

naos.)

fait dans Siméon on ennemi hie, qui ne lui laissait pas de s jnnée de Tartares et de ïtahit la Valachie et s'avança tords du Teteaiin. Là fut 11itaifie de trois jours. Les Vaiportèrent enfin la fîetoire.

miné dans la déroute , se rès du khan de Crimée. Celuisher sur un cheval sauvage et i au milieu des forêts. Son antin lui succéda.

in' Morila n'hérita point de ta famille contre Serban ; il contraire, le prince valaque riel Bathoiy. Boeskay était 6. Son successeur, Sigismond durai au boutdedeuxannées.

nory,devenu prince deTran- 106), médita la conquête des iMrfdo-valaques, et vers la mre 1610 il franchit lesCara en Valachie et s'empara de L'approche d'une armée wça de se retirer ; le sultan Miner l'investiture de la Valadu XII, fils de Pierre tan, avec des troupes re- Pologne et en Moldavie, à tour ses deux ennemis; mis en fuite l'armée de avahit la Transylvanie , et ir Gabriel un avantage sitersdorf près de Cronstadt 1611). Mais Radu revint elles forces; affaibli par ses Smes, Serban se vit hors lister à son rival; il venait appui des Moldaves par la e Movila ; pouvait-il lutter l'empire ottoman ? il posa >t se retira en Autriche, «ta en Valachie, et la Molinée à Etienne X-Tomsa II.

» 1610, les chefs des deux escendus au rang de pachas, ! leurs actions soumises, oit , du moins de fait , au potique des sultans. « Si encore le bruit des armes u delà des Carpathes, ce iinairement que comme un tts qui se confond et se perd

au milieu des •«» r— rr; «

de cette époque date le désarmement des

fnrincipautés. Il ne se fait que graduelement encore et commence par la destruction des forteresses qui hérissent le territoire; mais à l'avenir les Roumains ne se lèveront plus en masse ; ils ne seront plus un peuple de soldats; cinquante ans encore, et l'nospodar, tenu d'assister son suzerain, ne traînera plus à sa suite que quelques milliers de lances. *

Radu. bt Alexandbe Elias.

Infmjbncb dbs Phanabiotbs. — A

Seine installé par les Turcs sur le trône e Valachie , Radu reçut l'ordre de se joindre à Etienne X'pour renverser Gabriel Rathory. Les Moldaves et les Valaques occupèrent la Transylvanie; Rathory fut assassiné, et Gabriel Rethlen lui succéda (1613). Le firman d'investiture donné à ce prince par le Divan enleva aux voïvodes de Valachie et de Moldavie, ainsi qu'au roi de Pologne, le droit d'acheter des châteaux en Transylvanie, et défendit à Rethlen de donner asile aux voïvodes rebelles. « La Turquie avait enfin compris que, tant que les princes moldo- va laques seraient attachés à la Hongrie ou à la Transylvanie par des intérêts de propriété ou par l'espoir d'y trouver un refuge , ils tiendraient toujours pour ces deux pays et par conséquent pour la chrétienté.

Cet article du firman séparait les Moldo- Valaques du reste des chrétiens et les soumettait irrévocablement à l'autorité turque. »

Les exploits de Radu se bornèrent à son expédition en Transylvanie ; après cinq ans de règne , il fut déposé par le sultan. A l'exemple de Serban , il avait essayé de réformer l'administration intérieure de la Valachie; mais ses bonnes intentions n'eurent point d'effet durable. L'histoire l'accuse d'avoir le premier amené de Constantinople en Roumanie une nuée de Phanariotes. Les Grecs commencèrent sous son règne à s'emparer des places les plus importantes. Le peuple, irrité de leurs exactions, se souleva ; mais cette révolte fut étouffée dans le sang. Radu fit décapiter les principaux conjurée devant la porte de son palais, mus doute» .a dit un patriote roumain, les oourageux

L'UNIVERS

Valagues n'auraient pas dû souffrir que de viïi esclaves de Constantinoplemnssent sucer impunément le meilleur sang de la Valachie; sans doute ils prévoyaient les maux que cette race avilie, immorale et funeste causerait dans la suite à leur pays ; sans doute ils cherchaient de toutes leurs forcera éloigner de leurs frontières cette pépinière d'intripants ; mais malheureusement leurs efforts furent vains; la fatalité avait destiné les Phanariotes à être les bourreaux de la Valachie , et ils devaient remplir cet office odieux pendant un siècle entier.

Alexandre IV Elias , successeur de Radu, était d'origine grecque. Les Phanariotes arrivèrent en foule à sa cour , « et se répandirent comme d'avides sauterelles dans toute la principauté. » Les boyards indigènes formèrent un complot pour les exterminer ; mais leur projet fut découvert, et les chefs de la conjuration n'échappèrent au dernier supplice que par la rapidité de leur fuite. Moins heureux que ses complices, le grand vomie Hriste fut pris et décapité. Le grand échanson Lupu (le Loup) s'était réfugié en Transylvanie. Il y rassembla une armée et marcha sur Tirgoviste. Aucun obstacle n'arrêta sa course. Les soldats du voïvode refusèrent de prendre les armes contre celui qu'ils appelaient le libérateur de la patrie. Abandonné par ses sujets, Alexandre invoqua vainement la protection des Turcs.

Loup entra sans t'oup férir dans la ea-

paysans, une incursion de ho tares. La tyrannie de Léon l la ruine de la principauté.

Révolte dx Matthieu Ba Bataille de Dudesci ( 1611 1631, l'aga Matthieu Basant verneur du district de Romai ganisa un vaste complot aveek paux boyards. Les conjurés èa en Transylvanie ; ils combattir Georges Racoczy contre Fwtfi empereur d'Allemagne et roii

Sie, et contribuèrent au snee taille de Rakomatz, gagnée | coezy sur les Impériaux. En pense de leurs services, ils obtii subsides et des secours pour I treprise contre Léon ; ils rentri Valachie et battirent à Ungureai garde du voïvode; mais dans i contre décisive près de Bua furent complètement vaincus; l'i thieu se retira de nouveau en 1 vanie.

La Porte, pour terminer cd relie, déposa Léon et donna fiai à Radu, fils d'Elias. Ce prince parmi les Grecs , se rendit odi Valaques. Les boyards rappeler* thieu, le choisirent pour souv< lui prêtèrent serment de fidéli partisans de Léon s'unirent à»

Radu, et appelèrent à leur sec peuples voisins. Un torrent de de Tartares, de Polonais, de * se précipita sur la Valachie. Lj se répandit d'abord dans Tarir

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i an reocontre r de lès avoir délivrés i On lai offrit du pain et du an père de la patrie, et les «ans, pour témoigner leur eut leurs habits sur la route ■Bube jusqu'à Bucarest. Cet w ne aérait pas être de lon-

. u Matthieu et de Ba- «jp. — Basile le Loup, voïloldavie, envahit la Valais. Vaincu et repoussé, «ma point ses projets de avorisés par le pacha de Si- «r une partie du Divan.

m de Gonstantinople écrivit ilogneetau prince de Trannr les détourner de l'alliance i. Le prince ?alaque reçut ne lettre qui contenait ces n'ignores pas qu'il est d'ut voivodes de Valachie soient • les trois ans ; or, en voici règnes. Hâte-toi donc de te a ne veux pas t'attirer par oolèredu sultan. » Matthieu

?is à ce message insolent résister vigoureusement.

de tenter la chance des arrit au sultan qu'il était prêt tribut promis par Basile, rche ne réussit pas. Le caïoya des troupes turques au lasile, et Jean, fils du prince t proclamé volvode de Valaieu marcha au-devant de son tteignit au village d'Ojogeni tahova et le poursuivit j usas d'Ibraïla. En apprenant ) son armée, ie sultan donna ingler le caïmacam, qui, par ion mal conduite, avait comnneur de l'empire (1639).

urt armistice, les hostilités snt ; mais elles se terminèrent ttuieu acheta la paix, et pentes années la Valachie goûta nos. Ce n'était qu'une trêve.

teoczy II et Matthieu 1er reçuostantinople un firman qui ait de détrôner le prince de Is se mirent en marche et s'aîsqu'à Jassi. Basile s'enfuit Mbe; mais il ne tarda pas à rec une armée de Cosaques.

Les Valaques forent battus à Fokchani, puis àSoplea sur le Teleajin. Une troisième rencontre eut lieu, dans une 1 daine entre la rivière de Jalomizza et e ruisseau de'Finta. Le combat fat long et terrible; un ouragan qui jeta ie trouble dans les rangs des Cosaques 'donna la victoire aux Valaques (17 mai 1653). Tandis que Basile gagnait en toute hâte la forteresse de Galatz, Matthieu rentra en triomphe à Tirgoviste.

Réformes de Matthieu. Le potier Glina. Révolte dbs mercenaires.

— De nouvelles épreuves attendaient son courage. Au commencement de son règne de sages réformes lui avaient gagné la faveur du peuple. Il avait amélioré la condition des paysans, reconstruit les villes en ruines , relevé les fortifications de plusieurs places, réorganisé l'armée, fondé des écoles et une imprimerie et remis en honneur la langue nationale. Il avait fait beaucoup de bien ; mais les guerres qu'il eut à soutenir contre les Turcs et contre les Moldaves le forcèrent d'entretenir une nombreuse armée permanente dont la solde épuisa son trésor. Pour payer ses mercenaires il eut recours à des impôts excessifs ; ce fut la cause de sa perte.

11 avait pour ministre un Grec nommé Glina, ancien potier, qui était venu chercher fortune en Valachie. Ce Glina, suivant l'expression d'un chroniqueur, se mit à tourner la roue du gouvernement comme il avait tourne celle du potier, si vite qu'elle cassa et qu'il fut chassé. Il n'était pas, dans toute la principauté , un coin de terre dont il ne connût l'étendue et le produit ; il augmenta toutes les taxes en proportion de la valeur des biens , qu'il estimait avec une exactitude rigoureuse, et tout en prélevant à son profit une large part des recettes , il doubla en peu de temps les ressources de l'État. Le grand trésorier avait pour complice de ses exactions le grand armas Radu, surnommé le Planteur de choux , fils d'un jardinier du village de Ploesti. Président du tribunal criminel, ce Radu remplissait les prisons des suspects dont il voulait confisquer les biens. Par ses ordres plusieurs boyards périrent assassines; d'autres eurent le net et les oreilles coupés; d'autres forent exposés

LTJNIVERS.

sur la place publique et envoyés aux travaux forcés dans les salines ; leur richesse faisait tout leur crime. Le Planteur de choux voulait qqe tout le monde tremblât quand il toussait et que Ton se cachât la tête dans les mains quand il levait sa hache d'armes.

Les Valaques, poussés à bout, se révoltèrent. Un jour des bandes de soldats entrèrent en armes dans le château du prince et demandèrent à grands cris qu'on leur livrât le grand trésorier et le grand armas. Ils s'emparèrent des deux coupables, et les hachèrent en morceaux. Matthieu essaya d'apaiser la sédition à force d'argent ; mais l'incendie, une fois allumé, ne devait plus s'éteindre. Les trabanti et les seïmens (1), Serviens , Bulgares , Hongrois, Polonais, mercenaires de toutes nations , s'insurgèrent de nouveau et fermèrent au voïvode les portes de sa capitale. Pendant trois jours Matthieu resta avec sa suite sous les murs de Tirçoviste ; enfin , à force de prières, il obtint la permission d'entrer dans la ville. Il y mourut quelques jours après , accablé des malédictions du peuple et des insultes de la soldatesque (8 avril 1654).

Basile le Loup, dépossédé de la Moldavie , ne vit pas la triste fin de son ennemi ; il venait de mourir dans la misère, à Gonstantinople, lorsque l'anarchie militaire commença en Valachie.

Publication du code de Basile le Loup en Moldavie (1G46). — Ce Basile est un des princes les plus remar-

peine de payer à la cour de d'argent et vingt-quatre éeu gneur.

3° Celui qui pour voler un b troupeau en aura chassé le b le troupeau, demeuré sain vient à être dévoré par lesbétc aura les yeux crevés.

3° Celui qui aura volé une ou un soc, ou un joug, s'il a vert , sera tenu de payer poi jour, à dater du jour de la dé douze aspres, qui font le prix de travail.

4° Celui qui emploiera dei fausses, c'est-à-dire moindres > réglées par l'usage, sera puni comme impie et infidèle.

5° Celui qui coupera une vign* arbres fruitiers aura les maim et payera l'amende.

ti° Celui qui mettra le feu è s'il arrive que quelques arbres soient consumés , aura la main d'un fer rouge et payera double

7° Celui qui, pour se venger nemi , mettra le feu à sa mai!

grange ou à sa meule de i rûïé vif.

8° Si le scindrôme d'un boyi tout autre propriétaire, sa fc quelqu'un de leurs enfants vo deux ou trois fois une poule, ou toute autre bagatelle , il 1 pardonné; mais s'ils voient quelç de plus considérable, ilssero comme voleurs.

PROVINCES ROUMAINES

' tavener , le font appartenant Mkr.

loi qui tuera un enfant à la mata puni plus sévèrement que aurait tué un nomme.

t qui ne fera pas Tenir un

quand sa femme sera malade in achètera pas les remèdes sa aliments dont elle pourra ofta, ri la femme vient à moulu le revenu qu'il pourrait avoir aine* de sa femme.

M qui trahira la patrie sera s qu'un parricide, leenqoe empoisonnera son serait puni plus sévèrementque s'il ""1 avec une épée ou toute

riul qui aura empoisonné, outre tant qu'il devra subir, sera puni snfents, lesquels serontdécfarés

un homme armé donne un k quelqu'un, et si celui-ci le tue, mt ne sera pas puni , surtout é insulté avant de recevoir le

mt homme est tenu d'éviter ce- Insulte, afin qu'il ne puisse rételque meurtre.

rat noble ou tout employé qui ant l'agresseur est réputé in-

un médecin assure qu'une blesdangereuse on ne l'est pas , il nroire , surtout s'il est maître , ire de ceux appelés docteurs, le tout autre barbier ou sorcier.

un homme épouse deux femmes , on le conduira par les rues , onté sur un âne , et on le frapeoups de quenouille. De même a qui épousera deux maris sera i par les rues, nue et montée sur et on la frappera de coups de

elle qui, étant payée pour Tenant et la nourriture des jeunes Unirait quelqu'une d'elles par vais conseils et la livrerait à un ï l'insu de ses parents recevra forae dn plomb fondu quipéqu'a son coeur; car c'est de là •ortie tous les mauvais connés à la jeune fille pour cha- • — ----

96° Tout mari qui tarera aa à un autre sera puni de mort après avoir été conduit par toutes les rues de la ville, nu et monté sur un âne, le visage tourné vers la queue de la béte , et la femme conduisant elle-même l'âne par la bride. (Ce crime était puni auparavant du bannissement ou des galères à perpétuité. )

27° Le rapt d'une femme sera puni de mort.

28° L'esclave, l'homme salarié ou le serviteur qui ravirait une femme sera brûlé.

29° Le ravisseur doit être pris et puni partout où on le trouvera.

30* Celui qui enlèvera , de son consentement, une femme adultère ne subira aucun châtiment.

31° On reconnaît une adultère repentie par le lieu qu'elle habite et les habits qu'elle porte. Celui qui enlèvera une adultère de cette sorte sera puni de mort.

32° Celui qui fera des vers ou des chansons pour diffamer quelqu'un sera puni comme celui qui écrira des insultes et des injures, avec celui et ceux qui les auront chantées à d'autres.

33° Si quelqu'un attache un écrit injurieux à la porte ou à la fenêtre d'un honnête homme, ou à la cour de l'hospodar, ou à l'Église, il subira un châtiment plus sévère que pour les cas-cidessus.

34° Prière de prince est souvent une menace.

35° Ainsi le juge d'une ville n'est pas tenu d'obéir au prince pour faire torturer ou pendre quelqu'un qu'il sait être innocent. Cette torture et cette mort sont des crimes. Il est donc mieux que le juge se démette de sa fonction plutôt que d'obéir à la volonté cruelle du prince.

36° S'il arrive qu'un juge se contente de dire qu'il a agi par ordre du prince , il ne faut pas le croire avant qu'il ait prouvé son dire par l'instruction signée du prince ou par des témoins.

37° La atténue] mour. L'i à la folie.

38° Celui qui commet une feula efr-

LTJN1VEBS.

traîné par l'amour ne sera point puni d'après la rigueur des lois.

89° Celui qui, épris d'amour, rencontre nne fille en chemin et l'embrasse ne sera pas puni.

40° La cause qui engage le juge à atténuer la peine d'un coupable , c'est la noblesse. C'est pourquoi ni les nobles, ni les boyards, ni leurs fils ne seront condamnés ni aux galères ni aux mines; mais lisseront bannis pour un temps plus ou moins long; ils ne pourront être non plus ni pendus, ni empalés, ni traînes dans les rues , comme ks malfaiteurs ordinaires; mais ils seront décapités.

La législation écrite de Basile et de Matthieu (rapporta point de changements réels dans la condition des Moldo-Valaques. Cependant , grâce à l'imprimerie et à l'étude des lettres, favorisée par Basile, qui était lui-même un savant et un érudit , la civilisation commença à se répandre sur la rive gauche du Danube. « Tout porte à croire, dit un historien, que les institutions des deux voïvodes avaient déjà porté d'heureux fruits et que l'instruction surtout était en grand progrès dans leurs provinces,

Suisque cette année (1654) le czar de loscovie, Alexis Michailowitch fait venir près de lui Nicolas Carmel et J. Michlesco, jeunes étudiants moldaves, déjà savants polyglottes , et dont l'un devint plus tara bon historien ; il les chargea bientôt d'une mission en Chine, et ils durent s'en être bien acquittés ; car

exempta le pays de tonte eonftri pendant trois mois, lise concilia générosité les troupes indigènei gna la faveur du clergé en M des églises et des monastères.

Quand il se vit bien affermi i trône, il entreprit d'éloigner las naires dont les révoltes avaient le règne de son prédécesseur, ficiers des trabanti s'associerai projets et lui promirent leur :

contre les Serviens du corps des m si ces étrangers ne consentaient | retirer. Mais les soldats n'éeo point la voix de leurs cbefa et parti pour leurs camarades. PI conseillers du prince furent égor) autres s'enfuirent ; Constantin n sonnier dans son palais (1655).

Les voïvodes de Moldavie et d sylvanie vinrent le délivrer. A 1 proche, il appela les chefs de dition : « Frères, leur dit-il, V nous menace ; Racoczy veut m mon trône ; si vous avez du ca avant! » L'armée sortit de Bucare deuxième halte, Constantin disp était libre ; son stratagème avait Après son départ , les seïmens nuèrent leur marche contre 1»

syl vains, et le 17 juin 1655 frirent le combat à Racoczy, bords du Teleajin. Leur deirc complète. Le prince de Moldavie de les disperser, et Constantin triomphalement dans sa capital empaler tous cent des rebelles fl

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m les Turcs qui sel te* «s'empara des fppvo cta*lbraïla.

r? » Las boyards <r Usa** du sultan est ssfsjie le nllre; » et leur lâcheté bit*«*àozéeulefJesosdresdu

«sis** M ne renonça point a tes ». Usns* suivante, il fit massai trouvaient a forteresses Ifro al dlbraïla. Poli, avec fcTïsnsylisini.il attaqua Gbiea, MaMoftivic, at le battit près de )U»rs«iivée des Tartans at des btosàison des boyards, laréfolta Bjbsfti lient éebooar aoa entrc- Ijjsialiann asile au delà daa

sjmGsiea Mit aa place, et fut ii ilMMéda par son propre fila,

KfftaMt pour un tempe les k Valachie. Maie no crime il fit assassiner Con- ►JDsnsMBène, son bienfaiteur et

lia anifirent en Honr Kuprili et prirent part aux de Latents et de Saint-Go- ; mis, dans ces deux journées, tètent pied dès le commencement És*;aaeusé de trahison, Grégoire n'osa point retourner à Bucarest *Jn en Pologne (1664).

fsJaahis fut alors mise à l'encan; ter enchérisseur, Rodolphe, suri le marchand d'huîtres, offrit le aille ducats; il fut nommé sultan. 11 amena dans la princim grand nombre de Grèce dont «tiens excitèrent bientôt un sous* général. Les Va laques, en- ■t des députés au grand vizir Kut demandèrent la déposition du s et l'exil des Phananotes dont il empli sa cour. Le sultan écouta ■mas. et confirma les princes s? les boyards de Valachie et de fe , Antoine dePopesci et Alexansju En leur donnant les insignes " é, il dit aux deux voivodes :

fyensjs m voua opprimes voa

ènener

régna que trais ans. Gré-

goire GhfaeYétait réconcilié avec la Porte par l'entremise du célèbre drogman Pa* najotl, que nous verrons bientôt fonder la puissance des Phananotes. Malgré la défense de l'empereur d'Allemagne, dont il avait reçu le titre de prince du Saint- Empire, il parvint à retourner en Turquie et vécut quelque temps à Constantinople. Son protecteur lui fit donner pour la seconde fois le gouvernement de la Valachie (1672). Son retour fut le si-

Stal d'une persécution furieuse contre Camille des Cantacuzène ; les Grecs recommencèrent leurs pillages, et les Roumains durent implorer de nouveau la justice du grand vizir. Kuprili le déposa et lui donna pour successeur Duca, ancien voîvode de Moldavie , qui promit oe payer un tribut annuel d'un million deux cent mille piastres (1673,). Duca servit fidèlement les Turcs dans la guerre contre la Pologne; mais il n'en tut pas moins déposé en 1678 , et Serban II Cantacuzène lui succéda après avoir payé au grand vizir Kara-Mustapba, pour son joyeux avènement, treize mille bourses ou six millions et demi de piastres.

Rbfobmes de Serban Cantacuzènb en Valachie ( 1678-1688 ). — Serban rat un habile administrateur.

Il augmenta les revenus de l'État et dépensa des sommes considérables pour s'assurer l'appui et l'amitié du Divan de Gonstantinople. Lorsque le vizir Rara- Mustapha entreprit le siège de Vienne, lesValaques et les Moldaves vinrent renforcer 1 armée ottomane. Mais la victoire inespérée de Sobieski sauva la capitale de I Autriche et arrêta les progrès des Turcs régénérés par les Kuprili (1683). Dès lors Serban médita de rendre à la Roumanie son. ancienne indépendance. Enhardi par les succès des Polonais et des Allemands , il conclut un traité secret avec l'empereur Léopold Ier. Il fit en même temps une étroite alliance avec lesczars de Russie, Jean et Pierre. Cette ligue avait pour objet de rejeter les Turcs en Asie. Si les chrétiens reprenaient Constantinople, l'empire byzantin devait être reconstitué au profit de Serban, héritier des Gantacuzène.

Mais la noblesse valaque ne partageait pas les sentiments et les espérances du voîvode* Elle acceptait la suzeraineté

Uvrmtêm. (Pioturcm Roum irais. )

LTJWIVERS.

des Turcs, ou du moins elle ne voulait pas sacrifier son sang et ses richesses pour satisfaire l'ambition des Grecs.

Aussi, lorsqu'après la prise de Belgrade les Impériaux, sous les ordres de Vétérani, entrèrent dans la principauté (1688), Serban dut les engager à battre en retraite et à lui laisser le temps d'achever ses préparatifs. Au moment où il allait enfin rompre ouvertement avec les Turcs , il mourut empoisonné par son frère Constantin Cantactizène et par son neveu Constantin Brancovano (19 octobre 1688).

La mémoire de Serban est restée chère aux Moldo-Valaques. Ce prince fit de grands efforts pour civiliser son peuple et pour réveiller dans le cœur des Roumains le sentiment de la nationalité! 11 établit le premier collège valaque à Bucarest, enrichit l'imprimerie fondée par Matthieu VT et éleva les savants roumains aux premières charges de l'État.

Il fit traduire la Bible en langue roumaine et ordonna de célébrer le service divin dans l'idiome national, a l'exclusion du grec et du slavon. Il introduisit eu Valachie la culture du maïs et mérita par ce bienfait le surnom de Providence des paysans. C'est encore lui qui établit dans la principauté la première fabrique de draps. Il favorisa les marchands et resserra les liens commerciaux qui unissaient la Valachie et la Transylvanie (1685). Sous son règne les boyards adoptèrent des noms patronymiques, qui jusqu'alors n'avaient

tablissement des anciennes lin leur royaume, la Crimée, la Mo la Valachie et en général tous I

Sui s'étendent des deux côtés do îène jusqu'au Danube. « Il n'y de doute, dit Cantimir, que la Pi rait passé par tout ce que ses e auraient voulu et que la paix n faite si le très-chrétien soleil n'a muniqué un rayon de sa htm pûle croissant. » La France si Turquie en rappelant sur le R forces qui triomphaient sur nube.

Les Roumains auraient dû il profit les victoires remportées Ottomans par les Allemands et lonais. Mais, au lieu de poursuî projets de Serban, Brancovano en le parti des Turcs.

Le margrave de Bade, génén des Impériaux , résolut alors d'< la Valachie. Il franchit les Carps s'empara de Cernetz (1689). So tenant Hausler, secondé par un nombre de boyards, prît Tirgo Bucarest. Les Impériaux aurait!

solide leur domination en Valad avaient su se concilier l'affecti habitants; mais ils traitèrent la pu té en pays conquis, irritèrent laques par leurs violences et exactions et se rendirent plus odie les musulmans. Hausler demani entrevue à Brancovano, qui a^taîi à Rutchuk; mais la confères Draganesci échoua complètent e

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t la guerre KapprtvisionnemeQts des i* Art exemptée du tribut h et Braneovano reçut \ à vie. Mais c'étaient là, de lu, des concessions toutes lt 4we surtout à l'influence mttaarocordato, drogmande lav CsMauroeordato, principal né- Mr 4Ha paix de Carlo vite, Jouistanfmnd crédit à Gonttantkiople.

IrtiesHsaoÉ (Gbarles) épousa la iSMMwsdo, et les laveurs obtefea+Ji pcfeee valaquc furent sans lapais de ce mariage.

Bfttttffc voïvodeet de YWustri*i fat rompue parla mort Manrocordato. Dès lors \ fat contraint d'épuiser son

R satisfaire les exigences ins grands rixirs. En 1703, il Relire dé se rendre à Andriuople devant le sultan. Il dans ce voyagea se rétfaurocordato ; le tribut fut mte mille piastres

Stnrvfnt sNeHaui

aie prince yalaque ne put déjouer trlraes de tous ses ennemis. Dém Cantimir conspirait contre lui m acharnement infatigable. Ce rir, fils d'un voîvode de Molcherchait tous les moyens de faire w Braneovano pour prendre sa Il le força de se jeter dans les le la Russie.

umona dm Roumains àybc r ib Gband. Tbaitb dbLusk.

oib pbbtb sbbmeift db pii au geab ( 171 1 ). — Lorsque le Grand eut gagné la baie Pultava , Brancovano lui endos ambassadeurs. Un traité fat signé entre le czar et le voï- OeM-ci s'engageait à fournir des aux Russes , a lever contre les une armée de trente mille hommes straer les Bulgares et les Serbes, tr cité , Pierre reconnaissait Tin* lariee de la Yalachie et prometrH protéger contre tous ses en- ; en signe d'amenée H donna an Talaque l'erdre de Saint-André, i dsasehis de Brancovano et ses

deux prin- négociations avec la Russie forent rétélés à la Porte par la trahison d'un de ses secrétaires. Le sultan donna aussitôt le gouvernement de la Moldavie à Démétrius Cantimir, qui devait tenir les Russes en respect, attirer dans un piège le voïvode de Yalachie et renvoyer mort ou vif à Constantinople. Cantimir se rendit à Jassi (1710) ; mais, au lieu d'écouter les conseils de Charles XII et les ordres du sultan , il proposa au esar un traité d'alliance dont voici les principaux articles :

La Moldavie sera rétablie dans ses anciennes limites, et demeurera sous la protection de la Russie.

Le prince et son peuple prêteront serment de fidélité au czar dés qu'il sera entré en Moldavie.

Le prince joindra ses forces à celles du czar et agira de concert avec lui contre les Turcs.

Le prince et ses successeurs {ouïront à perpétuité du gouvernement de la Moldavie.

Nulle autre maison ne résnera sur les Moldaves jusqu'à ce que celle des Cantimir soit éteinte.

Le prince de Moldavie tiendra sur pied une armée de dix mille hommes aux frais du czar.

Tout boyard qui ne se présentera pas au camp le 15 juin sera puni de mort , et ses biens seront confisqués.

Le traité fut ratifié à Lusk le 1S avril 1711 ; un mois après, le 14 mai, Cantimir lança la proclamation suivante : « Nous , Démétrius Cantimir, « hospodar de Moldavie, savoir faisons « que, pour mettre fin aux spolia- « tions de la Porte et aux atteintes ■ portées à nos droits politiques, con- « sacrés par d'anciens traités , nous « nous sommes entendu avec le czar « Pierre pour lui prêter hommage , ce « dont il nous saura gré en nous resti-

• tuant le Budjak et en entretenant à ses « frais une armée moldave de dix mille « hommes. Cette armée sera levée et

* mise en marche le 15 juin. »

Les troupes russes passèrent aussitôt

le Pruth; elles avaient ordre de s'emparer du pont du Danube et d'enlevé* les magasins <f lbrafla. Pierre vint en personne camper à Crucîova. Cantimir alla l'y rejoindre. Ils entrèrent ensemble

L'UNIVERS

a Jassi et le là juin le prince, avec quelques boyards , reconnut publique* ment le ezar de Russie pour son suzerain. Vaine m eut les émis sa ires Ju czar parcoururent toute la Roumanie et répandirent une proclamation russe qui garantissait aux habitants des provinces danubiennes l'exercice exclusif de la religion grecque et l'affranchissement de la domination turque (1 ) ; vainement un évéque de Jérusalem, principal agent de ces intrigues, fit courir pour la première fois le bruit qu'on avait trouvé sur le tombeau de Constantin une prophétie annonçant que les Turcs seraient chassés de l' Europe par une nation rousse, toutes ces manoeuvres furent inutiles ; les Moldaves ne se rendirent pas à l'appel de Cantimir. En Yalachie tes boyards refusèrent de s* a Nier mfl la Russie, et Brancovano écouta les avis de Michel Cantaeuzëne, * Il est dangereux, disait celui-ci, de nous déclarer pour le czar avant qu'il ait passé le Danube. Qui sait d'ailleurs si le pays se trouvera mieux sous sa protection ?

Notre véritable appui est l'empereur d'Allemagne; Racoczi ne peut manquer de faire éclater la guerre entre L'Autriche et la Porte; attendons. « Le voïvode résolut de louvoyer entre les deux partis, et se retrancha dans le district de Sculeni avec son armée.

« Le czar se trouva bientôt dans la même situation où Charles XII s'était trouvé avec les Cosaques, si ce n'est qu'après la découverte de leur complot ceux-ci restèrent affectionnés au roi de Suède, protégèrent sa retraite à Me rider, au lieu que Tes Valaques et les Mol davesT contents de vivre sous le gouvernement des Turcs, ne tirent rien pour acheter la liberté et les privilèges que le czar leur avait promis.

- On sait quelle fui l'issue et le succès de cette guerre, dont Pierre avait attendu et annoncé le succès. Il ne se flattait de rien moins que de planter l'aigle russe sur les minarets du sérail. Il comptait sur le secours des provinces grecques et de la Pologne. Il était luimême à la tête d'une armée formidable; il emmenait avec lui cette célèbre captive de Marienbourg, cette belle Cathé-

(1) Ferry ( Thé Sinte ûf Rtix$iat j»:4S.

rine, qu'il venait de reconnaître son épouse; il marchait environne du faste de sa cour, comme à une victoire certaine, avec une confiance et imt présomption qu'il n'avait jamais montrées, lorsqu'il se trouva tout à coup sur les rives du Prutb sans vivres, sans munitions, enfermé par une armée turque et ta r tare de deux cent soixan te-dii-milta hommes , dans une situation plus périlleuse que n'avait été celle de Charles XH à Pu! ta va. Mais Pierre savait mieux que son rival s'accommoder aux circonstances. Il renonça à tous les avantages qu'il s'était promis ; il ajourna ses desseins ; il consentit à restituer Azoff, à détruire Je port de Taganrok, à raser t les forteresses qu'il avait fait élever * les frontières de la Turquie. Il s'e trop heureux de sauver par cet I liant traité (20 juillet 17 lî ) sa T son empire et sa vie.

« Il nous .importe peu de discuter aujourd'hui si ce traite fut l'ouvrage de Pierre ou de Catherine , s'il fut acheté par la corruption ou dicté par la poli* tique du grand vizir Baliadji Méhémef et en haine de Charles XII , enfin si la destruction de l'armée russe était inévitable : les avantages que retirait la Porte immédiatement étaient évident ■ La campagne du ï'rutli , dit Voltaire, fut plus funeste au czar que ne l'avait été la bataille de Narva; car, après Narva, il avait su tirer parti de sa défaite même, réparer toutes ses pertes et enlever ring rie à Charles XII; mats, après avoir perdu, par le traité de Falksen. ses ports et ses forteresses sur tes Palus-Meolides, il fallut renoncera l'empire de la mer Noire. * Ainsi tous les vaisseaux qu'on commençait i j construire pourrirent sur les chantiers.

On ramena ce qu'on put à Saint-Pétersbourg. En vain Pierre voulut-il retarder la restitution d' Azoff , il n'était pas assez fort pour manquer impunément à sa parole. Sa mauvaise foi oe servit qu'à faire disgracier le vizir qui lui avait accordé la paix du Pruth ; il fui contraint d'en remplir les conditions Il est difficile d'imaginer jusqu'où son ambition se serait portée ai cet éeh« n'eût arrêté son essor (1). •

( 1 ) Progrès de h pu'usatict rua*, y.

PBOVUfCIS BOUHAUOS.

MicamàvAmiM (1711).— Le

mmtm Iim

il éi le Boumanie. La~ Porte t die h» d'enlever mi princi- 1ms ohefc indigènes. Le cxar rel ■mrCantimtr;maJs il ne pal

t contraint de lient pour suc-

r lQeoiee Maurooordato, Grecrifle et fljet da sultan. Quant à mm», il essaya vainement de r m eoaduitc qu'il avait tenue * la fune. 11 envoya des pré- I Çsïstantioople; il fit rédW

I enr; mail il ne put se dire par sas indécisions et ses inu Sse compatriotes même hâat cbnte : Michel Racovira rei divan ne pétition des boyards MNaafeat de félonie envers la et demandaient sa déposition, pétition contenait dix grieft prin-

laaatano a été et est encore en psjQdanee avec fempereor <f Alla, le cxar de Ross», le roi de » et la république de Venise; Ae les secrets de la Porte à ces

récompense de ses services, il a a l'empereur Léopoid 1er le titre wa du Saint-Empire, été nommé par fe cxar de Russie eroii de l'ordre de Saint-André, uina le pays pour amasser des ij qu'il place dans les banques de i et de Venise.

■se la moitié de Tannée à Tir- I pour être plus à portée de se en Transylvanie en cas de pés changement de résidence est ésavantageox au commerce de

loesède des biens et des palais tncytvanie.

■trottent des agents à Vienne et se, etc., etc. »

divan lit droit aux plaintes des la. Le n mars 1714, le caarriva à Bucarest.

demain il se présenta au palais

wp^ns^sp mHimuiiw| *•# j^^wfi»w mi

long crêpe aur lea épaules de covano, Il prononça le mot fatal :

« Jfeaif.'» (déposé). Le mercredi de Piques, le voivode dépossédé, avec toute sa «mille, se mit en route pour Gonstantinople. « Si mon malheur me vient de Dieu, dit-il, que sa volonté aoit faite, et s'il me vient de mes ennemie, que Dieu leur pardonne. »

« Les habitants de Bucarest, dit Wilkinson, ne firent aucun effort pour délivrer leur prince. Avec une nation qui eût moins oublié sa propre dignité et le prix de l'indépendance, un tel événement n'aurait pas eu lieu sans effusion de sang; et les circonstances de cette arrestation paraîtraient à peine croyables si elles n'étaient pas encore présentes à la mémoire de la génération actuelle.»

Un officier turc fit l'inventaire des richesses de Brancovano; il trouva un service en or, Pancienne couronne des voîvodes de Valachie, une ceinture d'or ornée de pierreries, un collier de nacre, deux mille pièces d'or, chacune de dix ducats, à l'effigie des voîvodes, quatre-vingt mille ducats de Cremnitz, soixante mille sequina, trente mille pièces de monnaie de différents États, cent mille écus de Hollande, cent livres de perles, quatre cent cinquante livrée d'argenterie, douze harnais en or, cloues de pierreries, trente-six harnais en argent, etc*On estime que toute la fortune du prince s'élevait à trente millions d'écus.

La moitié des trésors trouvés à Bucarest fut envoyée à Constantinople.

Bien que le sultan s'étonnflt lui-même à la vue de tant de trésors, le grand vizir fit appliquer la torture à Brancovano et à son fils atné pour les forcer d'indiquer l'endroit où ils avaient caché le reste de leur fortune. Voyant qu'après cinq jours des plus cruels supplices ils s'obstinaient à garder le silence, il ordonna de leur trancher la tête ainsi qu'à toute leur famille. Alors se passa une scène horrible, dont le souvenir vit profondément empreint dans la légende (1).

Lb dumbb voivodb m digxivi BN

(i) Voy. kê BmIUu/ês §t Ckmmis pomdmirm * h Rwmumit, par B. Alexandre.

L'UNIVERS

Valachib. — Tellefùt la fin de Brancovano. Son successeur, Etienne Gantacuzène, ne garda pas longtemps le pouvoir. 11 abolit "impôt du vâcâritu(20 paras sur chaque tête de bétail ) ; il affranchit le clergé de toute contribution ; il détruisit les synagogues des Juifs; mais il ne réussit pas à gagner l'affection des Valaques. La Porte n'attendait que l'occasion de le déposer. Lorsou'en 1716 la F lierre fut déclarée entre la Turquie et Allemagne Je grand vizir Ali pacha crut le moment venu de donner la

Î principauté a des hommes dont la fidéité ne pût être mise en doute. Etienne reçut 1 ordre de se rendre a Constantinople; il obéit, et dès son arrivée il fut jeté dans un cachot du sérail, appelé le Jour du bostandji bachi. \a 7 juin 1*716, a quatre heures du matin, il fut décapité avec son père ; le bourreau exposa leurs têtes devant la porte du sérail; et le sultan confisqua tous leurs biens. La princesse Pauna et ses jeunes enfants, après avoir mendié dans les rues de Constantinople, s'embarquèrent sur un vaisseau vénitien, qui les transporta à Messine; delà ils allèrent à Maples, à Rome, à Venise, à Vienne, et s'arrêtèrent enfin à Saint-Pétersbourg, où ils vécurent des aumônes du czar.

« Cest dans le Four du bostandji bachi que s'éteignit la dernière étincelle de la liberté et de l'indépendance roumaines. « Trois princes , durant le dixseptième siècle, luttèrent vainement

CHAPITRK VIII.

la bou manie au dix-huitibui siècle. les phanabiotes.

Origine des Phanabiotes. — 11 existe à Constantinople un quartier appelé quartier du Fanar ou du Fanal, situé le long de la Corne-d'Or, pris d'une porte qui était désignée, du temps même des empereurs d'Orient, sous le nom de Pili toû Phanarioû. Ce quartier, qui renferme l'église , la maison et l'école patriarcales, est encore aujourd'hui habité presque exclusivement par des Grecs. Vers le milieu du dixseptième siècle on y comptait une vingtaine de familles, formant une espèce d'aristocratie qui se taisait distinguer du reste de la nation par son habileté et par ses richesses, aristocratie douteuse d'ailleurs, mi-partie européenne et mi-partie asiatique, composée a l'origine des débris de ces familles notables qui formaient le corps da clergé laïque à Constantinople, mail mêlée parla suitede sang italien, comme l'indiquent les noms de Giuliani, de Mourousi, de Rosetti, figurant à côté de ceux de Maurocordato, de Caliimachi, d'Hypsilantis. Quelques-unes de ces familles affectaient, il est vrai, une origine encore plus illustre, et à cause de leurs noms de Cantacuzèue et de Paléologue se portaient comme les héritières directes des maisons impériales de Constantinople et de Trébi sonde, dispersées, mais non anéanties, par la

PROVUO» mOCMAINES.

BfS

delaTuvquie avec les f ^Décident devenaient plus il phn importants chaque lesTura,

tptqugkt continuaient à déétttéedca langues européennes, i ftf Us refusaient d'accréditer ÉNisun près des cours étran-

st Servaient pour leurs eomftMatueles Franes de juifs ou ii. laptipart Italiens ou Polo* «tissait i la fou l'office d'inet ée traducteurs, tfi la Forte troof a plus eom- ■sftopsr ses propres sujets, au wvfsetirs à des étrangers, et mk des Orées, dont l'esprit I MM Adaptait merveilleuse-

fttla sorte d'emploi. Néan- Mrs ftaetions, qu'ils avaient taise lucratives, n'étaient enéés la principe d'aucune con- |. Ht portaient simplement le (ftrataSi frammaUH. Le grainse tenait dans la grande salle MÉ le divan, péTe-mUe avec Éttrass, attendant qu'on le fit pmk lire ou traduire quelque

frveor était toute personnelle, datt uniquement de son nantit eaprice du ministre auquel également attaché.

on. — Alexandre Mauhol. — Parmi ceux qui remplistanplol sous le rèçne de Mo- 1¥, à répoque du siège de Canttvéit un Grec de Cbio, un de ces i que les Turcs désignaient par «sons le surnom de thavchan ; il s'appelait Panajoti ou Paua- , quoique natif de Chio, onledi- Funéfamillegrecque émigrée de de. C'était un homme d'un est délié, comme tous ceux de sa Jouissait d'une grande réputan ses compatriotes et même i Turcs pour l'étendue et la vases connaissances. Non-seuleait instruit dans les principaux les Francs, mais il connaissait médecine et les sciences naturelrrart étudiées en Italie. Les Grecs surnommé le Cheval vert (1), km au lieu de sa naissance; les

cat un proverbe qui dit

Turcs le prenaient pour un magicien as prononçaient son nom avec une sorte d'épouvante. Sa réputation grandit encore au siège de Candie, où il avait accompagné son maître et protecteur la grand vixir Kupruii Ahmed pacha. Après la reddition de cette île (1069), Kupruii récompensa ses services en créant pour lui la charge de grand interprète du Divan {divan terajumani), dont les émoluments étaient considérables. Il y ajouta comme don particulier les revenus de l'Ile de Miconi, dans l'Archipel, évalués à quatre mille écus.

Panajoti resta pendant quatre ans dans cette charge, qu'il remplit avec un rare talent et un désintéressement que peu de ses successeurs imitèrent.

Lorsqu'il mourut (2 octobre 1073 ), la Porte perdit un agent habile et fidèle, qui, tout en la servant avec zèle, s'était montré en toute occasion l'énergique défenseur des droits de ses compatriotes, en faveur desquels il obtint un firman qui les mettait en possession du Saint-Sépulcre au préjudice des religieux latins de Jérusalem. Il était fort attaché à sa religion, au point qu'il osa un jour, en présence du grand vizir Kupruii et des principaux ulémas, disputer avec le cheikh Wani touchant la supériorité du dogme chrétien. Mais son zèle éclata surtout en faveur de l'orthodoxie grecque, pour la défense de laquelle il composa un livre curieux, écrit en grec vulgaire et imprimé en Hollande sous le titre de Confession orthodoxe de l'Église catholique et apostolique d Orient, Il entrait, peut-être à son insu, un peu de cette partialité dans l'ardeur avec laquelle il seconda les efforts des Turcs au siège de Candie. Mais, s'il est vrai, comme le prétendirent dans le temps les Latins, que la chute de la ville doive être imputée à ses machinations , il ne faut pas non plus oublier que ce fut lui qui ménagea à la garnison une capitulation honorable et dont l'intervention sauva les Candiotes de la rage des musulmans, enflammés par une résistance longue et opiniâtre. Il racheta lui-même de ses deniers deux églises pour les Grecs et les Arméniens, et à la mémo époque

qu'il ut mtui éiffimm es

v*rt f ii'im homme segê drnrn ttU ds {Misj,

LTJMVEaS,

la république de Gênes lui envoya des lettres de noblesse pour les servie es qu'il avait rendus au marquis de Dura l go pendant sou ambassade à Constantinopla.

Panajoti avait été remplacé dans sa charge de grand interprète par Alexandre Maurocordato, chef de l'illustre famille de ce nom. C'était également un Grec de l'Ile de Chio, dont le savoir était presque universel, à eu juger par la liste de ses ou vraies t insérée dans le catalogue de la Bibliographie grecque moderne 3 publié a Hermopotis (Syra) en 1846. Professeur, médecin, érudit, historien, diplomate, versé dans la plupart des langues de rOricnt et de rOccidentT cet homme vraiment extraordinaire laissa un Traité de ta circulation du sang, dont la découverte récente était encore contestée dans l'Europe ; une Histoire des Juifs ; des E ua is de mora le très- estî mes ■ e te . Mais ce qu'on possède peut-être de plus curieux est un Recueil d'une centaine de lettres extrêmement intéressantes au point de vue de l'histoire contemporaine. En effet, Alexandre Maurocordato fut mêlé à toutes les grandes affaires de son époque Après avoir représenté ta Turquie aux conférences de Carlovitz, où il signa le traité de paix avec l'Autriche, 11 fut l'Ame de toutes les négociations comme de la politique extérieure de la Porte , et reçut en récompense de ses services le titre nouveau de coiiêeiiter intime (£ lixo^p4T^v}f titre qui s'est conservé dans les diplômes de ses successeurs jusqu'à l'insurrection de 1631, époque à laquelle la charge de s eré aire interprète fut remplie exclusivement par des Turcs.

Dans le même temps le Divan créa la charge de drogmau de la marine ( tersanè terdiumani ), dont les produits éventuels s'élevaient jusqu'à trois cents bourses d'alors { près de huit cent mille francs ) par an. Le titulaire était spécialement chargé d'accompagner chaque année le capilan-paeha dans la tournée qu'il faisait avec sa flotte pour lever les tributs des Iles soumises à sa juridiction, et servait d'intermédiaire entre lui et les primats des villes et des vil*

Ces deux emplois de droçmai ta Porte et de l'Amirauté deviurei panage exclusif des Phana notes.

Turcs, qui dédaignaient d'employ r a i.i s dans leurs armées, emprunt:

à défaut de leurs bras, l'esprit sou la langue déliée des Grecs, Mêlés à les affaires, ces derniers eurent I" se rendre nécessaires* ■ Dès lot Rizos, ce groupe de familles établ Phanar s'augmenta et s'enrichit pr sivenicnt. S' insinuant de plus er dans les affaires ministérielles Porte, ces Grecs formèrent une cas ticulière, officie Ile ment reconnue gouvernement turc. Quoique esc aussi bien que le reste de leurs < toyens, les Phanariotes occupaiei emplois respectés par les Turcs mêmes et considérés auprès du gc nemeol, Presque entièrement cl des affaires extérieures, que ttenc et l'incapacité des Turcs les Fon de leur confier, ils étaient obligés quérir les nombreuses connaiss requises pour ce genre d'admit lion. Aussi donnaient-ils à leurs ei une éducation soignée. L'étude a ton die de la langue grecque , du de l'italien, du français et des principales langues orientales, le l'arabe et le persan, étaient de* liminaires et des instruments ind sables pour réussir dans la es restreinte et ambitionnée des cl auxquelles ces Grecs de Constant pouvaient aspirer. Les Phananott voyaient dans l'instruction la i de leur avancement, de leur et de leurs privilèges, faisaient c* hommes instruits, et protégeai* tout leur pouvoir ceux de leurs i toyens qui montraient du mer des connaissances. Aussi les &z grecs affluaient *ils de toutes p; Constantin opte, comme dans ur où Ton savait apprécier et recoirq les talents et les vertus. Les jeune* na notes destinés au manieuten affaires publiques se formaient p soins éclairés de leurs parents, i né traient de bonne heure de senti élevés, et apprenaient à user d'u gage supérieur à celui du vuli les femmes même du Phanar par avec pureté et écrivaient avec

PROVWŒS 1DUMÀ1NES.

itlOI M* PBAlfABIOTM ▲ nuâi. — Mais ce qui mit blf à la fortune des Pbanariofet leur élévation a la dignité la» de Valachie et de Mol-

tofwtlarésaieedespriiieipautés Maea aux boyards moldo-valaftortaae garantissait oudu moins pouvoir se garantir des Intelque les princes a?aicnt souvent JtsriBtanccs limitrophes et qui b£ dans {dus d'une occasion, lui hisnestes. Elle n'avait que deux i prendre, celui de faire des «Isa provinces moldave et vaen de les faire gouverner par a ses sujets. Elle opta pour ce ensjsn, qui était conforme au *oe Mahmoud, prinee paci- J ident Les pages de l'histoire ■vie et de la valachie, si elle la par une main ferme, iropar-

ismpendante, ne seront rem- 0 des actes arbitraires de ces tx despotes. Les malheureux ta de ces provinces doivent M* seuls nomade Phanar et de Pha- [•). Del Chiaro avait dit avant : • Les Grecs, surtout ceux de tinople, ont toujours été fui la Valachie toutes les fois i eut eu le gouvernement (4). »

(oint tous les témoignages sont m; citons encore celui de Mi- «sjnosti (6) : « 1* plus désasla tous les mouvements poli- «bis par la Valachie, celui qui mou ses entrailles, altéré ses dépravé ses habitudes natiohattu son courage, c'est l'avédea princes pbanariotes , race la et funeste, pépinière de di-

Cours de littérature moderne, p. 8o.

r. les Lettres sur la Turquie , IF parai**, p. 5o et tuiv. ; Paris, chez J.

P. ZftilOOT, Essai sur les Fanavol. in 8»; 18*4, p. «48.

1 Obiaro, Mhokvtfem di WaUackia,

avilie, débris mal famés de cour byzantine, dont lea brigues obscures, les intriguée de valets, la politique perfide et criminelle ont été dévoilées par plus d'un écrivain. Le fils trahissant le père, le père supplantant le fils, l'nospodorat devenu le prix de la bassesse la plus éhontée, voilà les tableaux que nous présente leur histoire. Soumises à ces serviteurs de la Porte, les deux provinces ne furent désormais, pour les sultans, que des formes à livrer au plus haut enchérisseur. La place d'bospodar fut mise à l'encan. Aussi, dès que le Phanariote arrivait dans sa principauté, une seule pensée l'occupait : foire sa fortune et celle de ses acolytes , oiseaux de proie qui le suivaient en foule et s'abattaient sur le pays. Dans la crainte d'être supplanté, il s'épuisait en inventions nouvelles pour acquitter dans le plus bref délai les énormes dettes que lui avait fait contracter l'bospodarat. Il se hâtait de payer ses protecteurs et ses appuis nécessaires , d'acheter les courtisans de la Porte» d'écarter la foule des compétiteurs , de thésauriser pour les jours d'une ruine prévue et infaillible. Que d'exigences, mais aussi que d'excès! L'imagination a peine à embrasser dans son étendue l'immense système d'extorsion mis en pratique par les Pbanariotes de Valachie et de Moldavie. » Les faits ne justifient que trop ces accusations.

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