CEREMONIE DE L'INAUGURATION
— En même temps que la Porte substitua* les Phanariotes aux voivodes indigènes, elle modifia profondément la constitution des États roumains. La principauté , d'abord donnée à vie, ne le fut plus que pour trois ans. Les hospodars conservèrent le titre de prince et quelques droits régaliens, tels que le droit de vie et de mort , celui de conférer des dignités, de foire des dotations, d'administrer le pays; mais ils perdirent celui d'entretenir des troupes, de conclure des traités avec les puissances chrétiennes et de déclarer la paix et la guerre.
Mais, si leur pouvoir fat diminué, iUobtiiirciU en échangea ' honneurs. L'investiture
avec pou de posas! que
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des paohas et des vizirs. Après la cérémonie du caftan que le grand vizir luimême mettait sur les épaules de celui qui était destiné à la principauté, le nouveau prince était conduit par tout le Divan turc à la cathédrale de Constantinople, où le patriarche l'attendait avec une suite nombreuse. La cérémonie religieuse rappelait le sacre des empereurs de Byzance. Quelques jours après , quand il avait reçu le sandiak ou grand étendard, le prince allait avec douze boyards à l'audience du sultan. Arrivé dans la seconde cour du palais , il goûtait de la soupe des janissaires; puis, revêtu de Ucambanizza, manteau d'honneur qui n'était donné qu'au khan des Tartares, au grand vizir et aui princes de Moldavie et de Valachie, et couvert d'un cimier en argent, nommé cuca, que l'aga des janissaires portait seul et dont la partie supérieure était garnie de plumes d'autruche et d'une aigrette en diamants, il entrait avec quatre boyards dans la salle, où le sultan l'attendait assis sur un petit sofa. Devant lui marchait le premier huissier de la Porte , derrière le grand drogman ; deux capidjis baseras le soutenaient de chaque côté sous le bras. Après s'être incliné trois fois , il s'avançait au milieu de la salle. Le sultan ordonnait alors au grand vizir de transmettre à l'hospodar sa volonté ainsi formulée : «Sa fidélité et son sincère attachement étant parvenus aux ore illcsde- Ma Hatitesse, je vmx bien l'en
Au bout de trente jouis, l'hospods sortait de Constantinople. La marett était ouverte par deux régiments tum et par des portefaix grecs , revêtus h l'uniforme national des slngitori vah-
3ues. Venait ensuite la garde turçn u prince, sous les ordres de l'an chargé en Valachie de la polios native aux voyageurs musulmans; prit les càlârasai et les lipcanl ( eonrnos lithuaniens) à cheval, les deil et kl Albanais à pied ; derrière les troupai, les boyards en charge; enfin, este deux peïkis, au milieu d'une foule Ji tchogadars ( huissiers ) et de tchaoucki, le prince revêtu de la campanissa it coiffé de la cuca. Le second spathar II suivait avec le sabre et la hache , etb vatave du Divan avec l'arc et le cargoah Les Phanariotes fermaient la marche.
Le cortège s'arrêtait à deux lieues ds Constantinople, au village d'Avaskeuï.
L'entrée de l'hospodar à Bucarest ressemblait à une fêle triomphale. Ltf restes des anciennes troupes, les »
peurs, les cosaques, les trabanti, In chasseurs marchaient en tête, mandés par le grand aga, qui, i sur un cheval magnifique, portait sa manteau et un bonnet de zibeline. Aarèi l'aga venaient les câlârassi , les deli, les tufedkji, les seïmens , les poUrmuk ou la maréchaussée, servant de gardl d'honneur au grand spathar; lesaprafl ou huissiers, la garde intérieure es palais (copii (Un casà)f les portiers de la cour, les marchands à cheval avec
PROVmOU «0DNAINES.
fc|e*Bmda**e*aj.L*i ma» par «ne drvisioa de fardée I* partant des lances arneee de
ifp^wiri), par les officiera Ai prince et par la muai-
toutes lea cloches de la a ta dirigeait fera l'éylise eoor. Le métropolitain Hâent à aa rencontre et le imtt au trône préparé pour loi.
taacaae, Ka voïvode remontait -et ee dirigeait fera la cour. Il lama la enatharie avec tous les ■t las marchanda du cortège; mMaar Ka trdne et misait signe pmm de prendre cbacun m tdfraa affimdi ae levait alors 4e>innan d'investiture. Ausatnit des canons et des mous- Énfc dana la cour du palais, ît aux habitants de Bucarest Heu de leur souverain. Le soir Plat à la cour (l) et toute la
—-* du prince rassemblait
n, dans son Histoire de la Motda ■ m r*Uckiey fait d'un bal de la cour la m suhante, dont l'Anglais Thorntoa parfaite exactitude. <lk te tonnent hommes et femmes, main à main, bien en dedans, les fougues culottes sa hôtesses pendantes sur le cou-deir les talons, comme àr des pigeons i dames eouTertei depuis les épaules a ceiatare d'une pelisse dont le am dehors, tendant horriblement «rrentrant les fesses. Dans cette fssji noyai leurs bras se remuer esaeont comme si ou les tirait de las épaules avec un fil d'archal; la ejler et venir en même temps de S arrière, de l'arrière en avant; •4» U cqo roide, l'œil stuuide, se a cadence de droite à gauche et de droite et avancer ainsi gauchement daajaiimt comme un mulet fatigué se en broyant la navette. On imaûjoe la musique est aussi monotone altérable que la danse : ce sont les pn sont chargés de leur chatouiller 1*4 Vcf. Thenton, État actuel d* ta**, de l'afigtait par M. de S* Dp p> 43a.
itimir et Photino, t, III, p. 41^l»^WbjW!e,t.l.p,43j>443.
lea chargea ald Empire et delà Porta. » Le premier oi cjatdala cour était legrand càmârouu ou intendant de la liste civile ; le titra subsista jusqu'en 1827, quoique la liste civile fût abolie dès le règne de Constaotiu Maurocordato. Le grammatikoa on secrétaire grec correspondait avec le résident du prince à la Porte pour les affaires publiques, et employait un grand nombre de secrétaires subalternes à écrire les lettres officielles et de compliment aux agents publics de la principauté et des provinces voisines. Le postelnic ou maréchal était ordinaire* ment un Grec; c'était le principal in* termédiaire par lequel on communiquait avec le prince, tant pour traiter lès affaires que pour obtenir des grâces. Dans les cérémonies publiques , il portait la masse devant l'hospodar et se tenait debout auprès du trône. Le grand écuyer était aussi un Grec; sa fonction la plus importante était de conduire les chevaux à l'herbe le jour de la fête de Saint-Georges. 11 fermait la procès* sion, monté sur le cheval donné par la sultan au prince lorsqu'il avait été conduit à l'audience impériale, et qui, tant daus les écuries que dans les cérémonies officielles, occupait toujours la place d'honneur par le droit de son premier maître. Le portar bachi faisait les fonctions de maître des cérémonies vis-à-vis des Turcs de distinction; il les introduisait à l'audience du prince et avait grand soin de remplir envers eux toutes les formalités d'usage. 11 faut citer aussi le vatave des copii din casâ9 gui avait sous ses ordres cent copii ; le préfet de la cour; le médecin de la cour ; le muhurdar ou garde des sceaux ; le diviclor, qui tenait l'écritoire et les plumes du prince ; le mabeindji , inspecteur des appartements ; le caftanaji, chef de la garde-robe; le ichogadar bachi, qui présentait les bottes à l'hospodar ; le rahtivar, qui lui apportait une chaise pour l'aider a mou ter à cheval; le cuparu,a\ù lui versait du vin; le cafetier, qui lui donnait du café; le terbtdji bachi> qui lui offrait le sorbet; le tchibukaji, qui allumait m pipa; le nargkUeaii bacJU,qui\m présentait le narghilé; le enragé btcki, ma couvrait k table; la jaeaaftar ba$ài, «ni
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présentait ressuie-main, etc. Quand le prince allait a L'église ou à la promenade pour se faire voir à ses sujets, il elail ordinairement suivi par tous ses officiera. - Après la procession des récolets du grand couvent de Milan, je ce connais rien , dit Carra, de plus imposant ni de plus majestueux que cette marche de Thospodar. «
Système de leur gouvernement* — Pour subvenir a leurs folles dépenses et à l'entretien de Leur cour, les princes
Shana notes recouraient à toutes sortes 'exactions* Si la Turquie réclamait du bétail ou du blé, l'hospodar quintuplait la quantité demandée ; au lieu de cent mille kilos de blé, il en exigeait cinq cent mille; au lieu de quarante mille moutons, il forçait les Ko u mains à en fournir deux cent mille ; il gardait ce surplus pour lui-même et le convertissait eu argent. La Porte demandaitelle des ouvriers pour réparer les fortifications des villes du Danube, le prince en envoyait quatre ou cinq cents ^et se faisait payer par ses sujets le salaire de Jeux ou trois mille. « Ce n'est pas tout, dit un historien moldave; tous les uns on transporte de Transylvanie en Va lac nie une eau-de-vie de fruits et d'orge connue dans le pays sous le nom de hokrca, dont le peuple fait une grande consommation. Les marchands, pour en hausser le prix, achetaient du prince l'ordre qui en prohibait l'introduction. C'était le premier argent que l'hospodar gagnait dans cette affaire, Bientôt les marchands introduisaient la holerca secrètement; l'objet de contrebande était confisqué au profit du prince. Le prix de la holerca s'elevant de plus en plus, l'hospodar devenait lui-même contrebandier; il faisait introduire dans la principauté une grande quantité d'eau -de- vie que les douaniers se gardaient bien de confisquer, Cette contrebande lui valait pour la troisième fois des sommes considérables. Bientôt le peuple demandait à grands cris la levée de la Îirolubmou; le prince, après s'être fait ongtemps prier, permettait a prix d'argent l'introduction de la holerca. Ainsi, pour un seul article, il retirait quatre Fois des bénéfices immenses. Le voïv ode ne se contentait pas de faire la
contrebande; il diminuait la val monnaies étrangères au momer percevait les impôts, et la rets a l'époque de ses payements- Il toutes tes charges ; il s'attribuait cession des métropolitains, des et des archimandrites ; en fie, l'expression de M. KogaJmieta écrirait des in folio si 1 on vouli mérer tous les moyens employés princes phanariotes pour amas richesses, * C'est par ces map Zallony, qu'on les voit désert Thospodarat au rang des plus rie jets de la Porte: il n'est pas rar voir réaliser, en quittant le pom capital de dix millions de tram ont régné seulement deux année Le tableau suivant, présenté < à l'impératrice Catherine 11, don idée des charges qui Moldaves !
pesaient
RI tf Cl FAI
REVENUS DE LA PBltfCIP
Capitation. 984,049
Àbeillage. .« 74,078
Pacage . . 74»Ot2
Vioade 106,110
Patentes 87,500
Gabcile 25,000
Tribut sur les Tar*
tares du pays, 8,600 Tribut sur d'autres étrangers, P,3&0
1,3GS,S99 ■ Jusqu'à présent , disaient II dnves dans leur requête à la les princes envoyés par la Pi disposé de ces revenus pour p espèces ou en nature les coûte dues au sultan , aussi bien que sents aux pachas qui vont et ri et Je compte suivant , extrait A très, donue une idée du rywtèen gouvernement :