II. Les boyards sont exempts de tout impôt
III. Des appointements fixes sont attribués aux employés et aux boyards, qui auparavant levaient eux-mêmes des contributions sur ce pays.
IV. I*es capitaines de mille perdent leur autorité et leurs privilèges. Rem-
K lacés dans les districts par des oyards qui, sous le nom d'ispravniks , exercent les fonctions de juges et de commandants, ils ne sont plus chargés que de l'entretien et de la sûreté Ses routes.
V. Sont soumis à la capitation : les bresles ou corporations des logothètes de la Vestiairie (secrétaires du trésor public) et les logothètes du Divan, dont les fonctions sont héréditaires ; les capitaines de mille, les officiers de douane hors de service , les marchands de Bucarest, les compagnies des négociants deCraïova, des marchands de S&listrie, de Cronstadt, les Arméniens et les Juifs t tous placés sous l'inspection de l'intendant de ta liste civile.
Le paysan émancipé pourra à ferme les terres de son anc gneur.
Il travaillera pour lui un Il lui <
nombre de jours.
des céréales, le cinquième
vingtième des ruches.
Pour chaque ruche, il payera lement trois paras, quatre pi chèvre, cinq ou six pour on eo
Pour un troupeau de brebis, nera au seigneur un agneau et du fromage.
11 ne pourra planter des vigi la permission du boyard.
Il a le droit de chasse; la pi réservée au seigneur
Pour vendre du vin, de l'esn-c d'autres liqueurs spiritueuaas, mission du seigneur du lien en saire.
Si un paysan quitte secrètemei lage et s'il n'est pas revenu an I trois ans , le seigneur peut doi maison à un autre.
Le paysan n'est plus attad glèbe; il peut quitter son hahi mais pour une juste cause; s'il p motif, le seigneur peut le forci venir.
Pour dédommager les boyard monastères de la perte de leurs i loi leur accorde la faculté d'n du tribut un certain nombre de n qui prennent le nom de scuiem ces scuulnici, qui oe payent riei tat t les boyards tirent Ses red<
PROVINCES ROUMAINES
ldl«X
i,payaUe
; de cette eapitation a é m ffosral de Bawr des réflexions Imni : « Bien loin, dit-il.
isjtff a asseoir le poids principal SfN mr les productions et la sjMtion- dn pays, Constantin ■sadalo augmenta la eapitation et MÉnaes autres revenus à des fer»
Cetta manière de percevoir les ; pour être commode aux hospo- 'en est pas moins très-pernicieuse ) n'ignore aujowrsur La terre et les i, et non sur les personnes t il est restreint dans de justes , peut sertir à encourager l'in- > a multiplier les produits, à sr la population etla circulation, leurir les arts et le commerce ■ner ainsi l'essor à l'esprit hule toutes les manières possibles.
Ktanon, au contraire, arbitraire sua ses procédés, appauvrit le an écrasant le pauvre, tandis épargne le riche et le puissant; trait Pagriçulture , enchaîne l'in- , engourdît les esprits et traîne ils tout ce cortège de maux et de es auxquels ne peuvent résister ta les mieux constitués (1). »
ranchissement des serfs fut puai simplement une mesure ns- Dnstantin Maurocordato ne sonnt à créer un peuple d'hommes il se fit un troupeau de contrii. Aussi la réforme de 1740 , au snéliorer la condition des payfeut pas d'autre effet que de les \ an désespoir. Fixée d'abord à (très par an, la eapitation s'éleva, 1, à quinze piastres ; elle fut bienique doublée. Il ne faut donc pas er des progrès rapides de l'émi- . La Valacnie se dépeupla. En oixante-dix mille familles seuleétaient inscrites sur le rôle des uables ; dix ans plus tard ce nomlit réduit à trente-cinq raille.
en 1766, la eapitation clés payi produisit que 849,458 piastres.
tassement de l'aristocratie, la du peuple, la perte de findépen-
Smotrts noria Fahehie, p. lot et mût.
* Uvraism (Paovmcia Roum Aiifis ).
dance et rabaissement du caractère national, voilà les seule fruits du gouvernement grec dans les deux provinces de la Roumanie. La prétendue réforme de 1740 ne fut qu'un mensonge; les paysans payèrent m liberté si cher qu'ils durent regretter la servitude, et leur affranchissement, au lieu de sauver la nationalité moldo-valaque par la formation d'une vigoureuse classe moyenne, n'eut pour résultat que de faire hausser le prix des firmans d'investiture achetés à Constantinople par les Phanariotes.
Dynasties phanariotes. — De 1716 à 1768 , trois familles possédèrent tour à tour le gouvernement de la Valachie. Voici la liste des hospodars, ou plutôt des fermiers , qui se succédèrent pendant cette période :
1716, Nicolas Maurocordato Ier;
1717, Jean Maurocardato II ; 1719, Nicolas Maurocordato Ier; 1781, Constantin Maurocardato III; 1731, Michel Racovizza Ier ; 1783, Grégoire Ghica; 1735, Constantin Maurocardato III ; 1741, Michel Racovizza; 1744, Constantin Maurocordato TU;
1748, Grégoire Ghica;
1752, Matthieu Ghica;
1753, Constantin Racovizza II ; 1756, Constantin Maurocordato III; 1758, Charles Ghica.
1761, Constantin Maurocordato III;
1763, Constantin Racovizza II;
1764, Etienne Racovizza III ;
1765, Charles Ghica ;
1766, Alexandre Ghica; 1768, Grégoire Ghica.
Nous retrouvons les mêmes noms
dans la liste correspondante des voïvodes de Moldavie :
1716, Michel Racovizza Tr;
1727, Grégoire Ghica;
1733, Constantin Maurocordato ;
1735, Grégoire Ghica;
1741, Constantin Maurocordato ;
1743, Jean Maurocordato;
1747, Grégoire Ghica ; . 1748, Constantin Maurocordato ;
1749, Constantin Racovizza; 1753, Matthieu Ghica;
1756, Constantin Racovizza;
1757, Charles Ghica; 1768, Jean-Théodore Caffïmachi; 1761, Grégoire Callimachi»,
L'UNIVEBS.
1764, Grégoire Chica;
1 766, GrëRoi re C al l i m achî \
1769, Constantin Mauroeordato,
Les Callimachi sont les premiers rivaux qui viennent disputer aux Maurocordato, aux Racovizza et aux (duc a Fhospodarat de la Moldavie et de la Valachic. A leur suite paraissent de nouvelles familles de Phanariotes :
En Valachie :
1774, Alexandre Hyp&ïlantîs ;
1778, Nicolas Caradja ;
1783, Michel Soulzo;
1786, Nicolas Mavroyéni ; En Moldavie ;
1 774^ Grégoire Ghica; 1777, Constantin Mourousï :
1782, Alexandre Maurocordato Ier; 1785, Alexandre Maurocordato 11 ;
1787, Alexandre Hypsïlantis; ï 7ii*2. Alexandre Mourons!.
11 suffit de comparer ces deux listes pour voir que , durant le dix- huitième siècle, les deux principautés roumaines furent administrées alternativement par les mêmes hospodars et, par suite, qu'elles furent eu proie au même système de gouvernement. La tyrannie et la cupidité des Grecs ne firent p-is de distinction entre les deux familles du peuple roumain. Tout ce que nous avons dit des Va laques s'applique aux Moldaves; et, puisque leur misère fut commune, nous n'avons pas besoin de séparer leur histoire.
WtcoLAs et Jean MAUBOCOfiDA/ro»
— Wieolas Maurocordato, le premier
ottomane; mais tes troupes Yilaqu»
passèrent du eût** des Impériaux. A h nouvelle de la bataille de Péterwiradiu,
gagnée par Eugène de Savoie (S ma Ï7I6), le voïvode s'enfuit de Bucarest, il croyait voir déjà les Allemands àm sa capitale. Quand sa terreur s* fat calmée, il sortit de Gturçevo, ou il suit cherché asile, et rentra en Valachie Sfft un corps de Turcs. Les boyards vimtfl a sa rencontre ; mars il ne leur jwdoiuia point les sympathies qu * ils anwnl manifestées pour les Impériaux ; il ri* commença les poursuites et les emprisonnements, et près dé la Fontaine lo prince Radu il fit décapiter le smé vomie en sa présence, L'archevfcn»
Atrtliimius fut dégradé et exilé Les Tors uni le gardaient l'assassinèrent. L'arrïfét ues Allemands mit fin à ces emaoïê*.
Maîtres de Témesvar et *rOf*ftft, les Impériaux entrèrent en VataWur Le 14/25 novembre 1716, ils s'eaipfrèreutde Bucarest par un coup de main dont la connivence des habitants far* risa et assura te succès. Maurocordato, surnris dans sa chambre à coucher, fft e n vo vé à lie r ma nstad t .
Après avoir massacré on grand nom* bre de Grecs et de Turcs, les Valaqnes vinrent pour prince Georges CanUcuzène et proclamèrent leur indépendance. Us demandèrent au général Stainvillc des secours pour attaquer ta forteresses turques du Danube et renou* vêler les entreprises de Michel leBrav& Mais les Allemands ne soutinrent pas
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seigneur : écoutez ce que je vous », Que chacun retourne dans sa ei dans sa maison ; que celui qui retourné demeure en paix; que li soît pardonne*, ainsi qu'à ta , à ses enfants, à sa maison . à son > à ses bestiau* et à tout ce qu'il % Je veux avoir pitié de vous et lempter pendant une année do des contributions et de toutes s i je n'exige que votre obéissance; >z pas de Ta clémence que je veux outrer cette fois, » L'amnistie fut Lie avec joie par les Va laques, [ui désirait se rendre populaire, contenta pas d'épargner te sang sujets; pour soulager les payi étaient en proie à une horrible il tit venir à ses frais du blé de et de Transylvanie et le disgratis (17I7>:
léme temps qu'une députalion urds allait porterai! sultan Thomles Valaques, Jean envoya des s au marquis de Stninvillï- et lui la un armistice* quî fut accordé. pénaux en profitèrent seuls ; ils ent le knitf de TÔlto i 'ancienne jane, assurèrent leurs oommuis avec la Transylvanie et oonsot un fort en face de Kinéni, rotéger leur retraite en cas de Ces travaux achevés, Stainville, ît des intelligences avec le serdar prit possession du banat de . Il ne s'avança pas plus loin m. avec Jean Maurocordato un geret en six articles : « Les Imrataient maîtres de la petite e. Le pripce conservait la grande e, mais a condition de ne pas re aux Turcs et aux Tartares r par sa principauté sur les pos- \ impériales. Le prince prometoutre amnistie complète à tous grés valaques et aux prisonniers B s'engageait à ne prêter aucun à son frère et à payer à l'empe- Allemagne un tribut annuel de unes.» Stainville organisa sal'administration du banat de ; il maintint les lois en usage esta les droits des habitants.
m voïvode, accusé de trahison le sultan, il se rendit à Andrik ae justifia en prouvant que la
oestîon de la petite Valachie était un sacrifice nécessaire pour sauver le reste.
L'année suivante la paix fut signée à Passarovitz (21 juillet 1718). Jean Maurocordato fut un des commissaires désignés par la Porte. L'Empereur exigeait toute la Roumanie; mais il n'obtint que le banat de Craiova. Les Turcs perdirent, par ce traité, Semendria, Belgrade, une partie de la Valachie et de la Serbie, quelques châteaux de Dalmatie; mais ils recouvrèrent la M orée. Tous les émigrés valaques rentrèrent en possession de leurs biens; les prisonniers d'État furent rendus sans rançon ; les prisonniers de guerre furent échangés, mis en liberté. Nicolas Maurocordato se rendit à Constantinople en passant par Bucarest, où il eut une entrevue avec son frère. Celui-ci mourut quelques jours après , empoisonné, dit-on, par un émissaire de Nicolas. A ses derniers moments, il appela près de lui le métropolitain et lesboyards, les engagea à vivre en paix et en bon accord, et prévint les ennemis de son frère ae se tenir sur leurs gardes ; car il ne devait pas" tarder à reparaître.
Nicolas Maurocordato fut en effet nommé voïvode pour la seconde fols (1719). Son premier soin fut d'augmenter les impôts et de diminuer l'armée. « Cette réduction, dit le général de Bawr, affaiblit tout à fait l'État; nonseulement elle accéléra l'exécution des projets de la Porte en livrant la Valachie à son caprice , sans crainte de contradiction ou de révolte ; mais elle exposa encore le pays aux insultes des Turcs et surtout des habitants circonvoisins du Danube, ses plus implacables ennemis. »
Sous le règne de ce prince, jla langue tomba en défaveur et tut presque complètement abandonnée. A la cour , le grec moderne était seul en usage ; les boyards affectaient d'ignorer la langue nationale, et ne la parlaient plus qu'avec les domestiques et les serfs. Le votvode semblait vouloir changer la Valachie en province grecque. Il ambitionnait là gloire littéraire, et s'entourait de savants étrangers. En 1730 il fit imprimer à Bucarest un livre « Des devoirs.» eri grec moderne ; mais le go6t qu'il montra pour les sciences et les lettres n'est
L'UNIVERS
pa.« une excuse suffisante pour lui faire pardonner ses débauches, ses rapines et ses cruautés. Il mourut en 1730 , au milieu des malédictions de ses sujets.
Constantin Maurocordato. — Les boyards élurent pour lui succéder son neveu Constantin, Gis de Jeau Maurocordato, qui fut confirmé parla Porte.
C'est le dernier hospodar élu par les Valaques. Au bout oie quelques mois, il fut dépossédé par Michel Hacovizza ; il revint en 1731, puis il alla régner en Moldavie; enfin, en 1736, il obtint, pour la troisième fois, le trône de Valachie. « Les Turcs, dit M. de Bawr, trouvaient leur compte à changer continuellement les hospodars, et il ne restait à ceux-ci d'autre ressource que de surcharger le pays d'impôts pour pouvoir suffire à tant de dépenses. »
En 1736 la guerre fut déclarée entre la Turquie et la maison d'Autriche. Un corps o? Impériaux s'avança jusqu'à Tirgoviste; mais il fut bientôt repoussé par Constantin , et la Valachie fut entièrement évacuée. L'année suivante, des conférences s'ouvrirent à Niemirow (août 1737). L'empereur d'Allemagne consentait à la paix moyennant la cession des principautés irioldo-valaques.
Son alliée la czarine Anne demandait seulement que la Valachie et la Moldavie fussent déclarées indépendantes sous la protection de la Russie. Le sultan repoussa ces conditions, et la guerre continua deux années encore.
Les Russes obtinrent plus d'il van laces
proposa ou plutôt imposa son réformes à l'assemblée nationa avons apprécié déjà ces innc elles irritèrent tous les Valaq boyards par la suppression < droits féodaux , les paysans et 1 geois par l'augmentation des publiques. Sur les plaintes unai ses sujets , il fut déposé en i:
successeur, Michel Racovizza, le pouvoir que trois ans; en 11 exilé à Mitylène.
« Désormais, dit un histo terme du fermage est fixé à troi dès lors commence pour la Ri cet état le pire de tous, le pr Jusqu'à cette époque elle avait proie à la guerre, à l'anarchie, a tions, à la peste, à la famine; i avait eu de temps à autre des , repos, des lueurs d'espérance, était grande l'activité des R< que les affaires avaient touioui leur cours comme* si ces fléaui vaient jamais revenir. Mais à | ce moment l'administration n'< qu'un repaire d'agiotage, où se et s'achètent les divers détails d sère publique ; tout tombe, tout commerce, agriculture, homme tes ; tout sort du piys pour n'y p trer, productions et numéraire.
est ruiné. Jau Moldo- Valachie n* qu'un désert (1). »
Origine et progrès db lj
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nés ce génie était en ip pénétrant pour ne point voir ra n'était cas venue, il marqua «mit la voie à tes successeurs, de ee moment commence l'aca Russie sur les populations de la Turquie, action sourde «ta» mais constante, systémagours semblable à elle-même.
» m fat le moyen le plus efm car exerçait un pouvoir ■r les moines du mont Athos mode de Constantinonle. De rassois, des parures d'église, i imprimés étaient expédiés de laBales couvents et les évêchés rèee; ceux-ci envoyaient en les reliques que le clergé mossavait avec une grande vénékAfoonThui encore , après un demi, les choses n'ont pas Entrez dans une église ou nonastère grec en Turquie , le Itiigoumène qui vous accomas arrête avec orgueil devant labre en or massif ou devant , superbement enluminé et enpierreries. Cest un présent de ir de Russie. S'il osait même, le vous connût pas pour un de natiques pires a ses yeux que Imans , il vous montrerait de échismes imprimés à Moscou, juels l'obéissance absolue au Russie et sa reconnaissance nef de l'église orthodoxe et successeur de Constantin sont nombre des articles de foi. De lu temps du czar Pierre, les w mêlaient le nom du grandoeeovie à celui des saints de la
720, Pierre le Grand conclut orte un traité où Ton voit pour are fois la Russie, à l'exemple inces catholiques, stipuleravec m faveur des pèlerins russes à a et des religieux de cette narticle 11 du traité de Constan- 6 novembre 1720) , confirmé Sme article du traité russe de , origine première du protec- » les czars prétendirent plus esGrecs de Turquie, s'exprime
« des pèlerinages à Jérusalem et en « d'autres lieux saints sans qu'ils soient « assujettis, ni à Jérusalem ni ail- « leurs, à aucun tribut ni à des exac- « tions pécuniaires pour leurs passe- « ports. Les ecclésiastiques russes qui « a'arrêterontsurleterritoiredelaPorte « ne seront point molestés. »
« 11 y a loin, comme l'on voit» de ce début modeste aux prétentions exorbitantes que la Russie a mises en avant de nos jours; mais il en marque le point de départ et met entre les mains de la Russie le levier dont elle s'est servie de-
Suis avec tant d'habileté à rencontre e la Porte.
« Le dessein de soulever les orthodoxes à un moment déterminé ue fut jamais abandonné par les Russes. Il
rissa , comme une tradition , de Pierre ses successeurs (1). «
Du temps de l'impératrice Anne (1730-1741), des émissaires envoyés par le maréchal Munich répandirent l'or et les proclamations à pleines mains dans la Roumanie, dans l'Épire et dans les montagnes de la Thessalie. Sous le règne d'Elisabeth (1741-1762), de nouveaux émissaires parurent dans les montagnes du Taygète, dans le pays habité Ear les Maniotes , et y semèrent des ruits de guerre et d'affranchissement.
Ces bruits n'avaient rien de précis; c'étaient plutôt de vagues rumeurs, des conjectures hasardées à voix basse, des prophéties répétées d'un ton mystérieux, dans ce langage mystique qui fonda plus tard le succès de l'hétaine, et tellement inhérent à l'esprit des peuples slaves qu'il se retrouve jusque dans le style ae leurs chancelleries.
Mais leur succès sur les masses ne fut que plus certain ; elles finissaient par se mêler aux croyances religieuses du pays.
En 1767 la Russie résolut de frapper un grand coup et de soulever toutes les populations orthodoxes de l'empire ottoman. Trois émissaires se rendirent en Grèce et en Roumanie. Un certain Germanos frit chargé spécialement d'appeler à la révolte les Moldaves et les Valaquos. Il parvint à séduire l'archimandrite d'Argessu et par son entre-
Ri
défaire (i) L*Urus*rl*Twqw4, un.
mise gagna un certain nombre de boyards à la cause de l'impératrice.
La guerre commença en 1769. Gallitzin s'empara de Khotin et se rendit maître de la Moldavie. Le voïvode Constantin Maurocordatofut fait prisonnier. Au mois de septembre, le lieu tetenant- colonel Karosin entra eu Valachie. Une troupe de Valaques le suivit dans cette expédition, sous le commandement de L'archimandrite et du spathar Pervu Cantacuzcne, que Catherine II avait nommé major-général. Karosin arriva le 18 octobre à Bucarest, et ne rencontra point de résistance. Le voïvode Grégoire Ghiea s'échappa de son palais en sautant par-dessus le mur du jardin; pendant trois jours il resta caché dans une boutique. Le troisième jour il fut découvert et arrêté; on le conduisit à Iassi, puis à Saint-Pétersbourg, où il resta jusqu'à la conclusion de la paix. Peu de temps après (février 1770} les l>oyards de Moldavie et de Valachie prêtèrent serment de fidélité à la czarine , et envoyèrent auprès d'elle une dépntation. Le feld- maréchal l\omanzotf établit dans chaque principauté un divan composé des principaux l>oyards(177]). C'étaient les deux grands vomies chargés de l'administration de la justice; le grand spathar, chargé de l'entretien des routes et des postes; le grand vestiar, ministre des finances; le grand logothète ou chancelier, etc.
Le métropolitain et les nveques, d'abord exclus du conseil, y furent admis vers
contraindre les Russes de restitw leurs conquêtes, moyennant un suM de dix millions de piastres et la cesrn du banat de Craïova.
Traité de Kutghuk-Kainudji — Au congrès de Fokchani ( 1772;, k Russie offrit de nouveau une paix s* pétuelle , à condition que les Bnupautés seraientdéclarées indépendant sous la garantie de plusieurs pana»
de l'Europe. Uu troisième congrès,!** à Bucarest, n'eut pas de résultat Eafc la paix fut conclue à Kutchuk-K»
nardji (juillet 1774). La Porte reeoaut l'indépendance absolue des TarUraJt la Crimée, du Budjiak, du Koubao,*.
Elle céda à la Russie les deux Kabarda, Azoff et son district, Yénikalé elltfià dans la Crimée, le fort de Kimban, la libre navigation de la mer Noire, la faculté d'accréditer des consuli K des vice-consuls dans les Échelles, le droit de bâtir à Galata une eghse rusegrecque, etc. L'article 7 du traité fit très-important à cause des conséquence que la Russie a su en tirer plus tari. El voici la teneur. » La Sublime Porc promet de protéger constamment 11 religion chrétienne et ses églises; et aussi elle, permet aux ministres de b cour impériale de Russie de faire (Us toutes les occasions des représentatif tant en faveur de la nouvelle église i Coustantinople que pour ceux qui la desservent , promettant de les prendre « considération comme faites par uneptfsonne de conliance d'une puissance \m-
PROVINCE HUMAINES
et m»
«nfamOa,
ks privilèges du
i familles qui voudront émigrer t apporter leurs biens.
i pratinoes roumaine! ne payeil les tributs arriérés.
h un amont soumises à aucune non pour tout le temps de la t pendant les deux années qui réehange du traité, aqrirstion de es terme la Porte naar de tonte l'humanité et i. h générosité possible envers ripantes; elle ne leur imposera inoti trop lourds ; le tribut sera eseoenimssaires envoyés tous les ttnesera exigé aucune taxe arbi- 9B Roumains jouirontdes mêmes «dont ils ont joui 'sous le règne ■set IV, d'heureuse mémoire.
- foivodes de Moldavie et de Vairons ehaeun auprès de la Porte yis d'affaires chrétiens, a Sublime Porte consent encore mnt les circonstances où se nt les deux principautés, les mile la cour impériale de Russie parier en leur faveur; elle pronair égard à ces représentations, étneot à la considération amiral égards que les puissances mes pour les autres, oarie, on le voit, ne réclamait dm le protectorat des princioumaines; elle se contentait du ntereéder en leur faveur, et ne sas leurs privilèges sous sa gaies Roumains apprirent bientôt dépens qu'ils r avaient rien à i de l'alliance russe. Plus heueks Grecs, ils profitèrent de ie: mais ils ne recouvrèrent pas i d'élection que le traité deKaïm avait promise implicitement garantissant tous les avantages Jouissaient sous le règne de * IV ( 1648-1687). Les boyards shie se réunirent pour nommer as indigène. Deux candidats ur les rangs. L'assemblée, avant an choix, demanda l'avis de Ro- ' Le général russe fit une réet leur conseilla de
s'adresser à la Porte. U» boyards éh* rent un des leurs ; mais ils trouvèrent g peine deux députés pour aller à Constantinople solliciter l'aveu du sultan. De son côté, la Turquie, autorisée par l'usage, et non par le droit, confia le gouvernement de la principauté auPhanariote Alexandre Hypsilantis (28 septembre 1774). Lorsquela députation se présenta pour réclamer la confirmation du prince indigène choisi par les boyards et la réforme des abus dont la valacbie souffrait depuis trop longtemps, le colonel russe Péterson , chargé ^affaires de la Russie, engagea les envoyés à se désister de leurs demandes et à reconnaître le Phanariote désigné et investi par le sultan. Selon l'expression d'un partisan autrefois très-déclaré du protectorat moscovite, « tout l'avantage que la Valachie retira du traité de Kainaruji se réduisit au droit qu'obtint la Russie d'intercéder entre la Porte et les deux Principautés. » Le colonel Péterson ne se hâta point de mettre ce droit à profit. Alexandre Hypsilantis. Flbman de 1764. — Hypsilantis, en arrivant à Bucarest, publia un firinan impérial, qui fut accueilli avec beaucoup de joie par les Valaques. En voici les articles principaux :
« Les raïas de Valachie et de Moldavie payeront désormais , proportionnellement à leurs facultés, leur capitation ; mais , quant aux comptes du passé', on ne pourra exiger d'eux ni argent ni quoi que ce soit.
« S'il s'élève quelque différend soit entre un musulman et un raïa, soit entre deux raïas, l'hospodar de Valachie, consultant les lois Je l'équité, écoutera les Sarties adverses et rendra justice à qui e droit ; dans les procès survenus entre un musulman et un raïa, l'intervention du divan hiatibi (secrétaire du divan) qui est auprès du prince et celle d'autres musulmans devenant nécessaires, ceuxci chercheront à mettre les parties d'accord et à apaiser le différend. Si la médiation, les conciliateurs et les instances des musulmans ont été infructueuses ;s'il est démontré que ces prétentions injustes ont pour motif la pure animosité et pour unique bat celui de tourmenter et do léser les pauvres rajas, et ai la dérision eu* les liotuLurésento des
L'UNIVERS
difficultés insurmontables , l'on ne permettra pas que ces malheureux soient tourmentés |inr de pareils procès, contraires aux lois et suscités par la mauvaise foi ; mats l'affaire sera portée devant le cadi de Giurgevo, qui l'examinera et la décidera d'après la loi et la justice. Les cadis de Giurgevo.de leur côté , en prononçant sur les causes qui leur seront ainsi soumises, auront scrupuleusement égard au bon droit, ne se permettront rien qui puisse porter la moindre atteinte à la pureté des bis et se garderont bien d'accabler de faibles raîas.
m On ne pourra exiger des raîas de Valachie qu'ils comparaissent devant un autre tribunal que celui de Giurgevo.
« Le témoignage des chrétiens contre les musulmans est recevable en justice quand il s'agit de testament et de constatation de naissance, mais non en matière de commerce.
■ Tout soldat turc qui commettra quelque délit dans l'intérieur de la Valachie sera conduit à la frontière et puni parles officiers qui y commandent.
a 11 est expressément défendu à tout lia bi tant des frontières autre que les négociants , dont le nombre est déterminé , d'entrer en Valachie ; et ces négociants même devront prendre des permis de leurs gouverneurs , les montrer au prince de Valachie ou a son ministre, dont ils recevront une autre permission, et dans les endroits ou ils iront ils ne pourront ni posséder de maison ou autre domicile, ni labourer ou ensemencer les terres* ni tourmenter les raïas , ni se faire donner le selam ak* fcheei (prix du salut).
« Pour que les Vaiaques trouvent plus d'avantages et de facilités dans le transport des marchandises qui leur ap* partiennent, soit de leur pays dans un autre, soit d'un autre pays d'ans Je leur, il leur est permis de renouveler et entretenir les Échelles d'Orassu et de Fuloodj .
■ Les vizirs et beyïer-beys, en se rendant à leurs gouvernements ou à leur retour, ne doivent pas quitter le droit chemin pour entrer en Valachie, ni opprimer les pauvres en prenant aux rai as, sans les payer, des fournitures, des vivres et des chevaux de poste.
■■ Les courriers expédiés pour des af-
poi ;abJ<
f air es importantes ne feront pas tours pour traverser la Valachie quî seront envoyés dans la nriu ne demanderont pas pi us de ciievj ne leur en accordent leurs ord poste.
* Les raîas de Valachie, qui affaires et leur commerce en m dans des villes, bourgs et inatci rives du Danube n'y seront j mis à la capïtation.
a Comme il est intfispensah Les pensions alimentaires à la ch:
domaine et pour la nourriture ■ bitauts de Constantinople, de ti moulons de l'intérieur de l'empii man, il est défend u aux raïas d< cbie de cacher ceux qu'ils aur vendre, Ils devront les donner a courant aux marchands et aux chargés de les conduire.
* La Roumanie est le grenier d stantinopJe, et la traite de tousjes nécessaires à celte capitale doit s exclusivement dans les deux pri de Valachie et de Moldavie.
quoique leur redevance en seinl denrées ait été antérieurement i mée pour adoucir la situation des r Valachie, ce pendant ces derniers i tent pas moins tenus à transport Echelles tous les grains et autres d qu'ils auront récoltés, à les veni prix courant aux capitaines dei ments du A' a pan ( gmiiers public ne point les donner ailleurs. La su sion de la redevance , qui doit êtr compensée d'une autre manière, i dune porter les habitants ni a rei h la culture de leurs terres, ni â ■ les blés qui se trouvent en leurs i ni à tes entasser avec des vues d'à rem en t. Les raïas vaiaques trou leur propre avantage a fa vente di denrées, et les habitants de Cou no pie seront à l'abri de la disettt
■ Les bois nécessaires pour la truetion des châteaux de Roumé rout coupés, comme par le pas Valachie et en Moldavie, (l en s même du transport, les frais de et de charroi seront payés et a tés en entier, d'après les quiti délivrées par les intendants des t met ion s, sur les fonds de la r des capitations de Valachie et de
PROVINCES ROUMAINES
tathonodm HypSlwitis était un Morne. Il entreprit dosages réfort pendant sept années la Valachie sous son autorité bienfaisante. Il îles Tores et releva les Roumain) .11 protégea l'agricul-
w réorganisa les pos- ♦effit Bucarest, fonda de nomléoolefetdes hôpitaux, construisit aedues et des fontaines, établit la •es grâces pour les veuves et les ides pauvres employés, fit, en un a utile emploi desdeniers publics, maies impositions payées par le Ses revenus montaient, en 1782, 1.600 piastres; les dépenses de ■ponté étaient annuellement de 0 piastres, le tribut et les préavovés à Constantinople s'élek 1,600,000 piastres : le voïvode donc de son gouvernement un a annuel d'un million, lant «temps, Grégoire Ghica admit la Drincipautéde Moldavie, f Hypsuantis, il s'occupa lui aussi brer le sort de sessujets, et se fit nar son origine. Il établit des •a de draps à Piperig et à Nou- «sci, près d'Iassi, accueillit une eTborlogers allemands, qu'il auï ae construire un temple, et le collese Rasilien. Tous les : qu'il exécuta ne l'empêchèrent 'acquérir d'énormes richesses. Il un luxe royal . Invité un jour par maréchal Romanzoff à faire avec dut de promenade à pied par les i la ville : « Y pensez-vous, s'é- 1? et que diraient mes sujets yaient leur souverain aller à » Mais, s'il faisait ses affaires, il iuaâ celles du pays. Comme Hyp- » il a laissé un nom cher aux Rou- Cest qu'en effet il montra comme Mvouement à sa patrie adoptive, Svouement lui coûta la vie.