CHAPITRE X
LIS DUHIII8 PHAXA1I0TBS.
Jean Caradja, Charles CaUimachi, Alexandre et Michel Soulzo.
COSSBQUIICCBS DB LA FAIX Dl
Bocaibst. .— La paix de Rucarest ne coostituait pat seulement une atteinte grave portée à la puissance et à l'indépendance de l'empire ottoman ; elle était une violation flagrante de tous les principes du droit des gens. En cédant à la Russie une portion du territoire moldave, la Porte livrait ce qui ne lui appartenait pas. Rien n'était changé dans le droit politique depuis l'époque du traité de Carlovitz, alors que, les envoyés du roi de Pologne élevant des prétentions sur plusieurs districts de la Moldavie , la Turquie leur répondait : « Les principautés n'ont pas été soumises par la force des armes ; elles ont fait leur soumission volontairement, en vertu de capitulations qui obligent la Porte à protéger leur territoire ainsi que leurs libertés. »
La Russie était loin, au début des conférences, d'espérer un résultat aussi avantageux. En présence du danger qui la menaçait du côté de l'Occident , et après les événements d'une campagne douteuse, ce qui lui importait le plus, c'était moins de chercher un agrandissement de territoire que d'avoir toutes
menaçante!
de ses ministres, le autres gagnés par for de la de r Angleterre, triomphèrent gnances de Mahmoud. Il aigna signant il refusa de s'unir i contre la France; et, si Ton a cette époque Mahmoud devai sérieux motifs de se croire Napoléon (1), cette fidélités m qui pouvait à bon droit loi être doit lui être comptée pour chose.
Mais il ne pardonna pas de s traîtres qui avaient préparé sommé le démembrement de et le supplice de Mouronsi o l'expiation que devait courant torze ans plus tard, la —ngi^nt de l'Etmeidan (2).
Fin de Démbtbics Mon Cétait lui en effet qni avait dira, goàations. Initié de bonne tous les secrets de la politique i il connaissait, à n'en pouvoir à instructions qui avaient été doi plénipotentiaires du czar. Il sa s'il poussait le vizir a insiste restitution intégrale des pria elle serait consentie par Rutut collègues, qui avaient ordre di conclusion de la paix et de so toute condition qui ne s'éten au delà de cette restitution. Mj rousi, comme tous Les Phanariot vus du grand-drogmanat, ai
PROVINCES ROUMAINES
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<er l'nneou l'autre des deux prini ; et il était bien aise de donner saie un gage qu'il pût invoquer d à l'appui de sa candidature.
ne de Mourousi n'échappa point it pénétrant de ses rivaux ; ils veut de connivence avec la , et le sultan , dont le ressenti- .'avait pas besoin d'être attisé, Tordre de sa mort.
iusi n'avait pas été sans inquié- 'abord sur l'accueil qui Patà Constantinople , et un moeut Fidée de passer en Russie, entôt les protestations d'amitié lib pacha le rassurèrent, et touttiré par cette fatale perspective «podarat, qui faisait que les iotesne comptaient la mort pour xrarvu qu'ils nossédassent penin jour ce faux-semblant de i, il se décida à revenir à Convç\e avec Ghalib pacha. Ilsquitnsemble Bucarest dans le mois embre et traversèrent le Danube chouk. Mais à peine eurent-ils ried sur l'autre rive que le pacha iter son compagnon et l'envoya sorte à Choumla, où le grand vizir vait encore avec son armée, il parut à l'entrée de la tente du \am <1), plusieurs tchaous (2) se ; sur lui , et le tuèrent à coups e : sa tête fut envoyée à Conople, où elle demeura troisjours, rusaee , exposée à la porte du rec celle de son frère Panayoti , ndant l'absence de Démétrius , mpli ses fonctions à la Porte. 11 upçonné de complicité avec son
Ire officiel du grand vizir.
étaient, sous l'ancienne admiimlrnmane, des espèces d'huissiers militachés à la personne du grand vizir itres pachas. Voy. p. 98.
oyez Wilkinson , p. 110. Suivant e version, Mourousi, à son arrivée à uk, invité à se rendre auprès du grand r assister à une conférence, aurait fthalib pacha une garde d'honneur corter jusqu'à Choumla ; et ce serait me garde qui aurait rempli l'office rean au moment où il allait pénés le lente du grand vizir. Voyec Voyages en Turquie, x8?8, p. ai 5.
Livraison. (Provinces Roumaines.)
Nomination de Cn. Callimachi en Moldavie et de Janco Cabadja en Valachib. — Deux semaines environ après ce tragique événement, le 3 octobre, jour flxé pour la restitution des deux principautés, Charles Callimachi et Janco (Jean) Caradja, qui avaient été nommés hospodars de Moldavie et de Valachie dans le courant d'août , prirent possession de leurs gouvernements respectifs.
Cette nomination , œuvre du nouveau favori de Mahmoud, Khalet efendi, était dictée d'ailleurs par les circonstances.
Au moment où les hostilités venaient d'éclater entre la France et la Russie, la Porte, désireuse de garder une stricte neutralité et ne voulant donner d'ombrage à aucune des deux puissances par le choix des nouveaux hospodars, résolut sagement de le fixer sur des individus qui ne fussent pas compromis par leurs antécédents politiques. Khalet avait été autrefois kiati b (secrétaire) du père de Callimachi alors que ce dernier gouvernait la Moldavie , et avait connu à la même époque Caradja, qui remplissait un office subalterne sous ce prince. Devenu tout- puissant sur l'esprit de son maître, Khalet les désigna l'un et l'autre au choix de Mahmoud.
Codes Callimachi et Caradja.
— Le règne des princes Callimachi et Caradja est surtout célèbre par la
Î>romulgation des codes qui portent eur nom. La Moldavie en était encore à la législation d'Alexandre le Bon et de Basile l'Albanais en matière civile.
Quant au code pénal promulgué par ce dernier prince, il était tombé en désuétude, et toutes les sentences des tribunaux étaient rendues d'après le droit coutumier et quelques ordonnances publiées par les princes phanariotes de concert avec la majorité des boyards et du clergé (1). En Valachie, c'était pis encore. Les dispositions, d'ailleurs trèsincomplètes, des anciens codes de Serban-Voda et d'Hypsilantis subsistaient bien encore en principe; mais la plupart étaient hors d'usage, et le caprice ou l'intérêt du juge était presque l'unique règle suivie dans les tribunaux.
(x) Voyez CoUon, Etat des principautés de P'alacnie et de Moldavie , p . 200 .
Les deux princes entreprirent en même temps de réformer ces abus, et confièrent à un comité spécial, dans chaque province, le soin de reviser entièrement l'ancienne législation d'après les nouveaux besoins du pays . Le but ne fut guère atteint. Le travail du comité moldave, imprimé en 1816, en grec, par ordre du priuoe Callimachi, lourde et sophistique compilation des lofs du Bas-Empire, laissait subsister tous les anciens anus et ne renfermait aucun principe nouveau, indice d'un progrès dans les mœurs ou dans les idées. Il consacrait l'esclavage comme une chose existant dans les principautés depuis des siècles, bien qu'il le déclarât injuste et antinational. Son principal rédacteur était Jean SlourJza, qui parvint plus tard (1822) à la principauté.
Le code Caradja fut rédigé et publié à Constantinoplc en 1816 ou 1817.
C'est un petit recueil de huit feuilles d'impression, précédé d'une belle introduction en vers grecs et divisé en six livres. « Autant, dit M. Colson, le code de Moldavie est diffus , autant celui de Valachic pèche par trop de concision. Rien de plus abrégé que les deux premiers livres qui traitent des Personnes et des Choses. Les livres III et IV , Des Conventions et des Donations, sont plus détaillés. Le livre V, qui traite des Peines, tiendrait moins d'une demi-feuille. Le livre VI est consacré aux Vêtions et à la Procédure : il a été modilii' et a.amjeuté par 1*? Kcxiltnu-ni.
Jian et Kinrjali , commandaietf bris des anciennes milices nal maintenant transformées en h et voyaient chaque jour pi bandes des mécontents qufe fc lités et les passe-droits de h le tuaient en état d'hostilité vis-J-1 Jian se lassa bientôt de a ventures : aussi bien étalt-ee tme de noble, un boyard sans tern emploi. Il n'était pas assez de ; pour identifier sa cause avee ta s
firendre le rôle de grand justicier 'avaient fait les bandits popul la légende Boujor, Codrean,
« Boujor, brigand fameux . dn-a a* caché tes richesses si tu veas § jour*. — Je le* ai enfouies au pie hres, pour que les pauvres puisse!
ter dt*d vaclit'h H de* bœufs de la En
Il livra ses compagnons et son pardon de (î<iradja,qui le er et, après l'avoir marié à une fille vice de la princesse, le renvoya ville natale de Caecale.
Kirdjali était un homme d'en trempe. Albanais de naissance à IMge de douze ans , à vingt perte, de sa femme, ravie par Tin de son village, fit de loi un band que Pinsurrection de 1821 vint ter, il retrouva son premier m soldat , et combattit jusqu'à la heure dans les rangs d'Hyp Echappé presque seul' au mass tous les si pus J I se rèfuçta chez lef
PROVLNCKS ROUMAINES.
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de la sentence. Les Osmanlis veillaient mût etjour sur leur prisonnier, dont ils tépondaient sur leur tête au pacha. Kirdjafi leur persuade qu'il a caché dans la montagne , à une henre environ de distinceaine marmite remplied'fco*<rri (f), et t'offre à lrt guider vers la mystérieuse tachette. Ifs acceptent : on se met en tonte au milieu des ténèbres ; on arrive; trois de ses gardiens se mettent à creuser là ferre à l'endroit indiqué, tandis que les deux autres se tiennent auprès *e KJrojali, moins occapés de leur prisonnier que de leurs camarades. Pour travailler plus à Taise, ceux-ci ont déposé à terre leur turban, leu/fès, leur ceinture, leurs pistolets; mais vainement, depuis un quart d'heure, ils creusent le sol dans tous les sens à l'aide de leur kandjîtr, rien n'apparaît. — * Aide-nous, mon frère, disent-ils à Kirdjali. — Je le veux bien, répond l'Albanais. » — Ils lui oient ses liens, et, penché surla fosse, il creuse avec ardeur. Les regards des cinq Osmanlis, tous fixés sur le même point, cherchent à percer les ténèbres qui les environnent. Tout à coun Kirdjali pousse un cri de joie : Machaaah ! Ils se préeipitent d'un bond , et se baissent pour «carter la terre avec leurs mains. Alors Kirdjali se relève, saisit un pistolet de chaque main, en étend deux a ses pieds, et brandissant son kandjiar : « chiens, s*écria-t-il d'une voie tonnante , cherchez ; voila mon or ! » Deux autres prennent la fuite et tombent sous les coups du lieutenant de Kirdjali, Michalaki : un seul, nommé Aslan. échappe au massacre de ses camarades, et s attache à Kirdjali, dont il devient l'ami et le compagnon inséparable.
Pendant trois ans encore ces trois hommes, Kirdjali, Michalaki et Aslan, Grent trembler la Moldavie, pillant et rançonnant, durs aux boy a ras et aux riches, cléments pour le pauvre peuple.
Mais enfin cette vie d'aventures eut ton dénoûment prévu; vendus par un des leurs et surpris pendant leur sommeil , ils furent pendus à lassi le 24 septembre 1824.
Ameute a Iassi. — L'épisode de Kirdjali , que j'ai rapporté parce qu'il sert à caractériser l'état intérieur des
(i) Pièces de vingt piastre*.
principautés , nous a fait devancer ui peu l'ordre des temps. Revenons à l'époque de la promulgation du code de Callimachi en Moldavie. Il y eut quelques années de tranquillité, pendant lesquelles la population et les revenu.' de l'État s'accrurent dans une proportion assez notable. Bientôt néanmoins Fa mise à exécution de certaines for malités prescrites par les nouvelle* lois devint la cause ou plutôt le prétexte de troubles (1818). Une émeute éclata à Iassi et faillit coûter la vie au prince. Des attroupements considérables, formés presque exclusivement d'étrangers allemands» serbes et bulgares, se portèrent en armes à la métropole et de la au palais, dont ils enfoncèrent les portes à coups de hache; l'émeute remplit la cour, et faisait retentir de tous côtés des cris de mon contre l'hospodar. On lui conseillait de fuir; au lieu de cela, il lit ouvrir la porte inférieure à deux battants, et par sa contenance ferme imposa à la foule qui se dissipa d'elle-mé'me.
Kl'ITE r>K I'uudja. Son ukmpla
CRMKNT P\H Al.KXA!Nl)KE SOTJTZO.
Caradja n'avait pas la même énergie que sou collègue de Moldavie. rmoiqui1 la tranquillité nVrtt point été troublée à Bucarest, il trembla à la nouvelle de ce désordre. Il avait employé les six années déjà écoulées de son hospodarat à accumuler des sommes considérables. Arrivé bientôt au terme lésai de son administration, il ne pouvait s'empêcher de frissonner a la pensée de son prochain retour à Constantinople et du compte qu'il pouvait avoir a rendre de ces richesses dont rénorinité pouvait tenter la justice ou la cupidité du divan. Ajoutez a cela les alarmes que lui causaient les hétairistes . qui ne prenaient plus la peine de cacher leurs projets. Soit qu'il eût fait partie lui-même de l'association «,fl qui paraît assez vraisemblable si Ton sunue 3u'Alexandre Mauroeordato , sou Heure et son premier ministre, en était un des principaux chefs), soit qu'il eut été mis par hasard sur la voie du complot ourdi depuis deux ans au sein même de l'empire ottoman contre l'existence de cet empire, on ne peut douter que Caradja ne fût instruit de
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L'UNIVERS
tous les projets des hétairistes; et en supposant qu'il eût assez de patriotisme pour souhaiter leur réussite, il n'avait pas l'énergie nécessaire pour y coopérer de sa personne.
Ces diverses considérations le portèrent à hâter l'accomplissement d'une résolution qui était depuis longtemps arrêtée dans son esprit ; et le 1 2 octobre 1818 au matin Bucarest apprit avec stupeur que le prince Caradja s'était enfui de son palais , pendant la nuit , avec sa famille et ses trésors, et avait gagné là frontière transylvaine, escorté par quatre cents Arnautes de sa garde.
La correspondance de M. Wilkinson, consul général britannique à Bucarest a cette même époque, nous fournit sur ce fait étrange des détails circonstanciés et authentiques :
« Le 7 octobre courant, un messager pour le prince arriva en trois jours de Constantinople, et le même jour le bruit commença à se répandre dans la ville que le prince se préparait à partir. Le lendemain matin, on vit le postelnic V lacuzzt, avec sa femme et sn famille, sortir de la ville dans une voiture de voyage; et de grands préparatifs de départ se continuant à la cour, les rumeurs augmentèrent, et le peuple «mnmenca à être alarmé.
< Le dimanche il, après que la cérémonie accoutumée du haïra ni turc eut été faite à la cour, le prince conféra des titres à diverses personnes, et lit quelques changements dans les em-
velle administration. 11 envoya chercher M. Pîni, consul général de Russie, et, après l'avoir décidé à se charger du soin des affaires particulières qu'il n'aurait pas eu le temps de régler, il prit amicalement conté d'eux tous et partit dans sa calèche ordinaire, suivi seulement de deux domestiques, comme s'il allait faire sa promenade du soir accoutumée. II se rendit à Banessa, où il fut joint par la princesse sa femme, la princesse Rallou, sa fille, et son mari le ban Argyropoulo, le jeune prince Constantin, le postelnic Maurocordato , l'aga Vlangali et un petit nombre de domestiques, qui les attendaient tous avec des voitures de voyage, des chevaux de poste, des bagages, eîc. Ils partirent tous ensemble, et, à un mille de distance de Banessa, ils furent joints par quatre cents Albanais, bien montés et armés. Us se dirigèrent sur Cronstadt, en Transylvanie, où ils arrivèrent en sûreté après un voyage de quatre jours; ils furent parfaitement bien accueillis par le général autrichien qui commandait sur les frontières.
« Les quatre cents gardes furent renvovés, et le prince, pendant qu'il était encore en route, envoya divers ordres au gouvernement provisoire, comme s'il continuait d'être le seul chef du pavs(l): »
Après avoir pris quelques jours de repos a Cronstadt, rhospodar fugitif
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prince, le consul général de Russie fit apposer le sceau impérial sur tous les appartements du palais, et séquestra les propriétés particulières du prince sous prétexte de sommes dues à des sujets russes.
Le même jour les boyards s'assemblèrent et adressèrent à la Porte un mémoire dans lequel, après avoir relaté les particularités de cet événement, ils suppliaient le sultan de délivrer le pays de l'oppression des Phanariotes , et de confier l'administration au divan de la principauté, « lequel s'engageait à observer fidèlement vis-à-vis de la Sublime Porte les mêmes conditions auxquelles étaient tenus les hospodars. »
L'occasion était belle pour le drvan de se débarrasser des Puannriotes en réglant l'état des principautés, sinon d'après le vœu intéressé des boyards, du moins d'une manière plus avantageuse pour elles-mêmes et pour la cour suzeraine. Une sut pas ou n osa pas la saisir.
La pétition, délibérée dans le divan, fut rejetée, et dans les premiers jours de novembre le vieux Alexandre Soutzo tut nommé hospodar de Valachie pour la deuxième fois.
La cour de Russie, qui avait combattu sa nomination en 1805, n'éleva cette fois aucune réclamation , et le nouvel hospodar, en attendant que ses préparatifs fussent terminés, se lit précéder, suivant l'usage, de deux caïraacams, qui arrivèrent à Bucarest à la lin de novembre et prirent l'administration provisoire des affaires. Il les rejoignit au commencement de Tan née suivante (1819).
Pbbhiebs actes d'Alexandre Soutzo. — L'âge, ou le cours des événements , avait modifié les opinions du vieux prince : il s'était retourné vers la Russie; et lorsqu'au début de son administration il médite. de nouvelles réformes ou au il sollicite une augmentation de sa liste civile , c'est à Saint- Pétersbourg qu'il demande des conseils ou un appui.
Les réponses, que l'on a soin de rendre publiques, sont empreintes d'une modération et d'un désintéressement qui eussent fait honneur à la cour protectrice s'ils eussent été sincères. « La cour impériale, écrivait le baron de
Strogonoff à l'hospodar, a la date du 15 mars 1819, applaudira aux efforts de Votre Altesse. Elle y contribuera autant que possible, pourvu que ni les plans de réformes ni les mesures prises pour les mettre à exécution ne soient contraires aux droits légitimes des boyards et du peuple, qu'elle est décidée à' maintenir dans toute leur force. » Et sur le deuxième point, relatif à l'augmentation de la liste civile du prince : « Je suis prêt à chercher les moyens d'aider Voire Altesse autant uùe faire se peut sans porter la moindre atteinte aux règlements financiers ; et Tunique borne de la bonne volonté de ma cour sera le maintien rigoureux des privilèges et de l'intérêt du peuple (1). >
Soulèvement dkTirgoviste.Moht i>' \lev\m>re Soutzo. — Mais quel* moyens pour un hospodar de s'enrichir sans sortir des voies légales •' Alexandre Soutzo ne songe pas, commi ses prédécesseurs, à vendre la justice, à trafiquer des emplois publics : il choisit un moyen plus expéditif; il tente de s'approprier le territoire de toute une ville, en dépouillant de leurs titres les propriétaires mosneni (2) de Tirgoviste, la première résidence des hospodars.
Cette prétention exorbitante devient le signal d'une insurrection qui de l'ancienne se propage jusqu'à la nouvelle capitale. Les cris de .Mort aux limondji {%) ! retentissent partout. Mais la mort avait déjà pris les devants , et lorsque les mécontents envahissent le palais d'Alexandre Soutzo l'hospodai venait d'expirer (fin de janvier 1821).
Un mystère impénétrable plane encore aujourd'hui sur cet évcnemenl Lorsque, plus tard, des bruits de poison circulèrent, on iit peser sur l'hétairit le soupçon de la mort d'Alexandrt Soutzo, parce que disait-on, mis sui la trace du complot, il avait refusé dt s'y associer '4).
si) Voyez. Colsoii,p. .ii.
(2) Petits propriétaires.
(3) Marchands de limons , éjiilliète 111 jurieuse par laquelle le bas peuple en A a lachie désignait les Phanariotes.
(4) \ oyez. Anagnosti, ta Valachie et U Moldavie, p. *3.