CHAPITRE XII
D'tUMUHDftl GHICA BT COM- CUWMT DU JSiONK DE MICHEL
si.
Ghica, haspodar de f'ala- .(31 mai 1834—36 octobre 1842.)
ArtannfT d'Alexandre Ghica.
«., au Héen 179$, Aleeo (Alexandre) Ghica *fjSjrt frère puîné de l'ex-hospodar Gré- : ;,|0bev sous l'administration duquel il y. Walt rempli successivement les charges ; m CaTmacam de la petite Valachie et [ fb grand snathar, ou chef de la milice.
■ Citait un homme généreux, désinté-
■ msé, affable, désireux du bien de son 4 Ira, mais sans énergie pour le vou-
; wr«>.
■ Après avoir reçu leur investiture des "~~ du grand vizir, aux termes du
1 khatti-chérif , les deux hospo-
laissèrent à Constantinople comme
fondés de pouvoirs, le premier le
mnd logothète du patriarcat grec, Jean
Arbtarchi, le second le prince de Sa-
9 Etienne Vogoridis, dont il venait
chis par Alexandre. (Saint-Marc Girardin, Souvenirs de voyages, t. II, p. a63. )
(1) Voy. St-Marc Girardin, toc. cit., et M. Thouvend, La Hongrie et la Valachie,
(») Un pamphlet anonyme, publié à "m en 184a sous le titre de : De la siée le Kalachie tous tadminû trot ion Gkèca, représente Phospodar ■frysnt que rappereuee de eas qnafitêa. Malt H faut se défier des assertions de . »l'«n attribue à Bfbaseo et dicté par U
d'épouser la fille; puis ils reprirent en semble le chemin de leurs nnncipautéfl
A Giurgevo, où il devait purger si quarantaine , Alexandre Ghica trouva h colonel Campiniano, qui, s'enferman avec lui dans le lazaret, s'efforça de lu inculquer les principes d'un patriotism ardent et éclairé, l'exhortant à s'affran chir de la tutelle de la Russie pour s'ap puyer sur le parti national. L'hospoda comprit la grandeur du rôle qu'on lu destinait ; mais il manqua de force pou le remplir.
Cependant, dans le discours qu'i prononça lors de son installation, I lendemain ou le surlendemain de soi arrivée à Bucarest (août 1834), on re trouve comme un écho affaibli de ce patriotiques entretiens. Après avoir pay un tribut obligé de gratitude et d'éloge aux deux augustes cours et à l'admims tration du général Kisseleff , le nouve hospodar s'exprimait ainsi : « Comm je n'ai eu d'autre but, en acceptant I gouvernement de mon pays, que celu de le rendre heureux, je marcherai d'ui pas ferme vers le but, sans qu'aucun considération puisse m'en détourner car si l'opinion de ceux parmi lesquel je suis destiné à vivre m est précieuse je suis plus jaloux encore du juge m en des générations qui viendront aprè nous. »
Retraite des Russbs. — Au moi d'octobre de cette année, les troupe moscovites repassèrent le Pruth ai graud contentement des Moldo-Vala
3ues, qui saluèrent ce jour comme celu e leur délivrance. L'instinct populain se prononçait de plus en plus contre I Russie. L'opinion avait fait de grand progrès sous ce rapport depuis 1831, e partout sous le protecteur on'commen çait à voir percer le maître.
Les Russes avaient pensé un moment lors des premiers travaux du Règlemen organique , à occuper définitivement le principautés par la réunion de la Vala chie et de la Moldavie en un seul Éta en faveur d'un membre de la famihN impériale. « Les instructions envoyée de Saint-Pétersbourg aux comités , ra conte M. Saint-Marc Girardin , proclamaient la nécessité de l'intime union de (Jeux principautés. Dans cette vue, il de ▼ait y avoir mêmes douanes et mém<
monnaie; les Valaques ilevaïent avoir en Moldavie tous les droits des Mol* daves, et de même les Moldaves en Vatachie; cette co m bourgeoisie et cette fraternité que recommandait le cabinet de Saint-Pétersbourg menaient naturellement à Fidëe de faire des deux principautés un seul et même État. La proposition en fut faite dans Le comité de réforme : elle fut agréée par le général Kisseleff et par le consul générât de Russie; elle tut communiquée au cabipet de Saint-Pétersbourg; le cabinet l'approuva. Le comité s'occupait de la rédiger, et dans la rédaction il inséra une clause qui , à l'imitation de ce qui sVtait fait en Grèce, excluait les princes des maisons régnantes de Turquie* d'Autriche el de Russie. Cette clause gâta tout. Elle montrait un esprit et une intention d'indépendance qui déplut , et il ne fut plus question de réunir les principautés. Si je ne me trompe, cependant, le comité propoiait un prince de la maison d'Oldenbourg»
c'est-à-dire d'une maison alliée à la famille impériale de Russie (1). ■
À quelque temps de là, une autre tentative plus directe eut lieu. Celte fois il n*était point question de s'approprier, mais d acheter les deux principautés.
(Tétait peu après le traité d'Unkiar- Sketessi , au moment où les armées russes campaient en amies sur les rives du Bosphore. Le comte Orloff proposa à la Porte, au nom du «sir, la cession des deux provinces à la Russie, moyennant une somme de trois millions de ducats. A, cette époque ta Turquie, assex enibar* rasséc dans ses finances , était encore redevable a la Russie des deux tiers de sa dette. La proposition du czar tut agitée sérieusement dans le divan, et ne fut rejetée1 dit-on, que sur les représentations énergiques d'un drogman de la Porte.
Pu reste il ne parait pas que le cabinet de Saint-PëterstHUirg ait été grandement affecte par ce doubîc échec. La démarche du comte Orloff , comme l'idée soufflée aux boyards moldo-valaques, était plutôt un propos en l*air, une sorte de ballon d'essai qu'un projet destine a recevoir une réalisation immédiate. Le
^ i i Saint-M*rc Girard in, p $oa,
L'UNIYEAS.
fragment suivant d'une dépêche de) Fiesselrode paraît renfermer sur «j la véritable pensée du cabinet de Pétcrsbourg.
* Nous pouvions , est*il dit dans < dépêche, garder les principautés 1831 . Mais c'eût clé réveiller les sus
tibilites de l'Occident. En lui laissant un semblant d* indépendance, m sommes bien plus effectivement maître».
soit en guerre, soit en paix* «
État uesasteiux des fisa> — Cependant les principautés, pour être débarrassées de la présence de leon botes importuns, n'étaient pas pour «L dans un état plus prospère. L'administration provisoire avait grevé les àm provinces de dettes assez considérable La Yalachie elle seule devait neuf millions, et toutes tes caisses étaient vide*. Le conseiller d'Etat russe Matra*, chargé de ta liquidation de la faillie Meïtani, se trouvait débiteur envers If trésor de plus de huit millions de piastre? Jean Gbiea, cousin de Tbospodar, qui s'était rendu adjudicataire (tes saline* au prix modique de deux millions quatre cent mille piastres, devait les deux lien du montant de son fermage. Deux autres faillites, celles de Sakellarios et de liadji Mosco de Bucarest, en ruinant un grand nombre de familles et en tant le trouble et la stagnation les affaires, rendaient le rem m renient de ces diverses créances encore plus m* certain.
Heureusement, à cette mêm le traité de navigation entre l\\uti et la Grèce, suivi bientôt de Tel, sèment d'une ligne de bateaux a vapeur entre Vienne, Constautinople, freinsonde et Smyrne, en faisant du Danube le grand véhicule centrai des échanges entre le nord -ouest de l'Europe et l'Orient, contribua à rétablir les finances de la Moldo-Valaehie par l'impulsion qu'il donna à l'agriculture et au commerce,
I i \liLiSSI .M KM" DB LA SOCIETE PH1LIIAB MONIQUE. TENTATIVE» DI
parti national . — L*année 183 l'établissement de la société philharmonique, fondée par le colonel < pintano. Le but de cette société , iiitrraire dans la forme , mais politique dans le fond , et qui rappelait l'ancienne t
PROVINCES ROUMAINES
5, était le dévelopleHdée nationale daastoote la le, avec l'autonomie du pays annale de la Porta pour basas, la langue» substituer aux caeyrfllient qui lui douneut un lava las lettres latines, qui ma- ; aon origine, l'enrichir par la m des chefc-d'œuvre littéraires ■far, la faire entendre sur la aln de la scène une école de «triotique et de politique naédairer le paya et le manifoséne temps à l'Europe avee son *re, tels sont les moyens héritier des traditions », compte mettre en air faire revivre et reconstituer temps la nationalité roumaine, et Aristias prêtant le concours talent à la nouvelle scène prête far, il ne reste plus à Campirt vaincre le préjugé dont sont las artistes dramatiques, et il de rhospodar un office par lee théâtre devant être considéré ■ne école, l'acteur est reconnu taire public, et après un cerips de service déclaré admiston* les autres emplois. » La patriote donna l'exemple; des les filles de boyards ne crains de se montrer sur la scène, ent, aux applaudissements d'un ttboosiaste, les beaux vers d'Hé- P Aristias. Le Mahomet de Vol- -adnit par le premier en vers i, ouvnt la voie; et dans l'esruelques années plus de quatreièces de théâtre, traduites du ou de l'allemand, enrichirent moido-valaque.
idre Ghica ne demandait pas ne de favoriser ce mouvement, du moins qu'il ne le compropas vis-à-vis de la Russie. Au . l'eut lui-même provoqué. Il i fond , animé des meilleures *; et, depuis son avènement à pauté , il n'avait pas cessé de r les ressources de sa liste ci- 1 fonder des hôpitaux, instituer s primaires, soulager la mieère