‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 197 sur 218 · S TSIGANES · texte numérisé non relu

S TSIGANES

ïat, — Une nouvelle réforme,

décrétée par rhospodar, témoigna de aon esprit Itoéral.

Campiniano, emporté par l'ardeur de son libéralisme, avait affranchi tout les Tsiganes de ses terres. Plusieurs boyards, les Golesco entre autres, suivirent son exemple. La mesure était plus généreuse que sage. Ce n'était pas assez de rendre les Tsiganes à la liberté si en même temps on ne leur donnait les moyens de gagner leur vie. Ceux qui avaient une profession sauraient sans doute se tirer d'affaire; mais les autres étaient exposés à mourir de faim.

Cependant l'exemple donné par Campiniano et ses amis porta coup; les autres boyards, rougissant de retenir dans l'esclavage des créatures humaines, leurs égales devant Dieu, résolurent , comme lui, de s'en défaire; mais, frappés en même temps des inconvénients que je viens de signaler, ils trouvèrent plus humain et sans doute aussi plus avantageux de les vendre. M. Barbo Stirbey, rhospodar actuel , mit une partie des siens aux enchères, et céda les autres au banquier Oprano pour quelque dix mille ducats qui servirent à l'achèvement de la somptueuse demeure qu'il était eu train de se faire bâtir.

L'année suivante le gouvernement proposa une loi de rachat, et, dans l'espérance de triompher par son exemple des scrupules intéressés des boyards , il rendit un décret par lequel quatre mille familles de Tsiganes, appartenant à l'État, étaient déclarées libres et colonisées dans les villages des boyards, à la charge par ceux-ci de leur donner des terres de labour et de les assimiler aux cultivateurs ordinaires. Cette mesure faisait perdre au fisc une cinquantaine de mille francs par an ; mais ce déficit fut plus que compensé, «dès la première année, par l'accroissement de la production agricole (1837).

Opposition contre Alexandre Ghica. Lutte entre l hospodar et l'assemblée générale. — Cependant, malgré ces gages donnés à la cause de la réforme et du progrès, l'opposition grossissait de jour en jour contre Alexandre Ghica. Cette opposition ae scindait alors en deux partis, plus hostiles l'on à l'antre qu'Us ne l'étaient an pouvoir constitué : le parti libéral,

L'UNIVERS

l'-Tnié par ce qu'on commençait dès lors ;■ iiommer la jeune Roumanie, et poursuivant, clans un avenir éloigné et dont lui-même n'entrevoyait pas le terme, la reconstitution de la nationalité roumaine; et le parti russe, composé des vieux boyards, ennemis personnels de Ghica et recevant leur mot d'ordre du consul général liuckmnnn. Kutre ces deux partis, l'hospodar n'avait pas su choisir. Trop timoré pour appeler dans ses conseils des hommes suspects à la Russie, il avait refuse h plusieurs reprises le concours de Campiniano et de ses amis. D'un autre coté, il était trop ami de son pays pour se livrer pieds et poings liés entre les mains des agents de la Russie. Cette incertitude le perdit. N'osant se fier à personne, ballotte entre ses devoirs d'hospodar roumain et de protégé moscovite, il ne réussit qu'à manifester de plus en plus sou impuissance , jusqu à ce que , effrayé de l'excès du mal , alarmé des progrès de l'opposition, il prit, de concert avec son collègue de Moldavie, le funeste parti d'adresser ses dolé.uices au cabinet de Sa int- Péter sbourg contre les tendance* libérales , qui commençaient à se faire jour de toutes parts. L'assemblée générale gène l'hospodar; il trouverait plus commode de gouverner sans elle. (Cependant il n'ose proposer ouvertement a la Russie de détruire ou même de modifier la constitution; c'est une simple question d'interprétation et de tendance. « Il ne s'agit point ici, écrit l'hospodar a M. du N esse I rode , nî de changer rien

Les chef* du parti national dos rassemblée, Campiniano, Jean Rotetti, Grégoire Cantacuaène, ne cessaient et censurer hautement les malvemtim du pouvoir, la dilapidation des déniai publics , le malaise croissant du payi causé par l'incurie du gouvernement, et plus que tout les menées corruptricH du consulat russe, dont il se rendit le complice. Alexandre Gbica, exaspèé de ces clameurs, est déterminé à tnp per un grand coup. Il adresse à rassemblée un office dans lequel les troà chefs libéraux sont dénoncés cornai des perturbateurs du repos public. P* le même office la chambre est invité « à ne plus se laisser guider dorénanat par leurs conseils , et à extirper de Ma sein cet esprit factieux contre leqad l'hospodar se verrait obligé de sévir. ■ Mais la chambre, indignée, répond pv l'organe de l'archevêque métropolitain , son président , qu'elle ne doit nul compte à l'hospodar de ses actes, encore moins de ses opinions ; qu'ai reste il est permis à toute nation garantie de se mettre en garde contre la mesures de son garant; qu'a la Forte seule appartient le double droit de suzeraiueté et de protection, le second n'étant que la conséquence du premier; que la chambre ne saurait sans fortiiire à l'honneur abandonner à la naissance garante un droit qui n'appartient pas même à la puissance protectrice , celui de l'autonomie national.

Ge n'est pas tout ; après avoir proteste contre les actes de rébellion qu'on lui

PB0V1JICM ROUMAINES

Ut

. — de Parue.

pi fat bien inspiré, car la pi allait s'ouvrir devait être ptr un incident dee plus tort à frit inattendu.

BUÉB GiNiliXB DB 1837 KT RÉVISION DD BiOLEMBIlT

;UB. — L'assemblée était à

■ait qu'elle fut saisie d'une

du eonsul général de Russie,

i Ruckmann, tendant à ee

s les ordonnances du général

pendant la durée de l'oo-

de ISS à 1834, fussent an-

s Battement à titre de lois,

ÏTersfs modifications fussent

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le S9 était ainsi conçu :

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