CHAPITRE XIII. miens DE OtOEGIS bibesco {Fala
Chie). — SUITE DU BàORB DE MI- CHEL stoubdza (Moldavie ). —(Janvier 1844 — juin 1848. )
AVENEMENT DE GlOBGIS BlBBSCO.
— Le 17 janvier l'élection de Georges Bibesco fut confirmée par la Porte , et le 35 du même mois le nouvel hospodar fut installé en grande pompe dans l'é-
Bise de la Vieille Cour à Bucarest. En voyant traverser les rues de la capitale au milieu d'un nombreux cortège d'aides de camp et de grands boyards, revêtu du costume traditionnel de Michel le Brave lorsque ce héros entra triomphalement dans Clausembourg, le peuple battit des mains avec transport, croyant voir renaître les anciens jours. C'était le premier chef élu que la nation voyait à sa tête depuis plus d'un siècle : comment supposer que ce chef ne serait pas un prince patriote?
Ceux-là même qui savaient combien cette élection avait été peu sincère s'en applaudissaient comme d'un retour au droit national. On se faisait d'ailleurs illusion sur l'homme. On le savait ambitieux, et il était évident pour tous qu'il n'avait travaillé avec tant d'ardeur a la chute d'Alexandre Ghica que pour le remplacer. La violence de son langage comme député et comme publiciste (1) était moins le cri d'une âme indignée que le calcul de l'ambition et de l'envie. Mais cela même l'engageait, et, à défaut d'un prince national. I on pouvait au moins espérer un, administrateur honnête et intègre.
Le langage tenu par le nouvel hospodar aux boyards et aux autorités du pays le jour de son couronnement
(1) Ce fut Bibesco qui rédigea, au nom
de la majorité de l'Assemblée, la fameuse
adresse dont j'ai parlé précédemment (▼oret
). 157) et qui amena la disgrâce d'Alexandre
Ou ni attribue aussi la brochure
iqeimt publiée contre ee prince, à
\9 eu iS4a, et quej'ai mmtà
plut beat, p. 147.
PUvrotoon. (Pioviiicts RociuniBS.)
las
L'UN IV ras-
sembla confirmer ces espéra nées. « IL est temps, avait- il dit, d'extirper de notre patrie les mauvais germes qui se >oui développés dans son sein et qui menacent de tarir toute source de prospérité et de bonheur si Ton ne se hâte de prendre des mesures énergiques pour leur prompte destruction. Pour la dernière fois aujourd'hui ma voix s'élève pour appeler les méchants au repentir; demain s'élèvera celle des lois, oui étouffera la mienne; et je serai obligé d'insister avec force pour que leurs dispositions soient exécutées. Messieurs, en retournant au sein de vos familles, faites connaître les principes de votre chef; respectez ks Los et L'autorité, qui a besoin du concours des bous pour réaliser ses bienveillantes intentions; euiîu, donnez-moi motif, par de loua* blés aetionst de pouvoir, moi le chel , manifeste* tout l'amour que je vous porte i Ce langage un peu hautain ne parut
{joint messéant dans la bouche d'un iomrae qui , s'il n'avait pas encore prou vé sa vertu, n'avait pas du moins souillé sa renommée, Bibeseo et ut en effet un homme nouveau dans tous les sens.
Saufle rôle qu'il avait joué dans la dernière assemblée, il avait pris peu de part dans tes affaires. Après un court pas* sage à la sécrétai rené d'État (ministère des affaires étrangères ), dans les commencements du règne d'Alexandre Ghica, il avait quitté le pays pour aller vivre à Paris et à Vienne, où il noua de hautes feintions qui lui servirent plus tard à pousser sa fortune. La plus puissante de ces recommandations fut celte de M. de Kisseleff, avec lequel il se rencontra à Vienne et dont il se ménagea les bonnes grâces par la publication d'une brochure qui devait Lui valoir également l'appui de cabinet de Saint-Pétersbourg (2).
Ces divers écrits, plusieurs notes ré* diçées en langue française pendant qu'il gérait ta secrétaire rie d'État, quelques
(t)Écho et tOritnt, journal de Smyme, lévrier r!*44.
(a) Gfetf U brochure que iiou* avons citée plus haut* Patri Kitttifff W ta prouipautes fie vMafhit U ti* Mvirfai>t?f par un liabi tant de V&ladùe , etc.
discours prononcés a rassemblée L raie, la présomption d'une i n&t r uetio lide et pariée, fnnt d'une éducation terminée à Paris, avaient suffi pour Un luire une réputation d'homme supérieur.
Ajoutez à cela une grande facilite dtptrole, 1 habitude des grands mots, r&oV ta ti on des idées françaises , une L< indépendante, une repu u^ioo deprobik que rien n'avait entamée jusq^ toutes ces raisons expliquent suii.
ment comment , a detîiut de Campneano, les voit dtfc libéraux s' égarer cm sur Bibeseo.
En réalité, ce fut la Russie qui triompha dans cette élection , ramait k prouve ce passage d'une dépiV M. de M es sel rode au consul gentil Dachkoff:
« Nous ne pouvons assez louer U sagesse des mesures prises, selon voir* recommandation , pour arriver à c< résultat. L'élection du jeune Bit* parfaitement repondu a nuire u^r, Nous vous prions d'exprimer au ffim nos félicitations les plus siueèrt* «m sujet de s eu élection. Vous lui muniquerez nos instruction lui ferez connaître en même \ toutes Les espérances de suecta qae nous fondons sur son administration Ces espérances, il saura les réaliser, nous n'en doutons point, et il n |>uudra dignement ainsi à J.i haute idée qu* L'empereur a eue de ses pnn son caractère et de ses talent* du gués (l). *
Ainsi donc il n'y a point u s'y prendre; c'est bien la nu' nie inllu qui a renversé Ghiea qui vient ver Bibeseo.
Premiers actes. ÀsstJdBi Et r.knkr4le dr IH43 — Cependant un des premiers actes du nouvel liospouVir fui un office par lequel ÏVlejeseo, rino, Démétriw Plulippe^eo , \i Balcesco et les autre» individus impliqués dans le mouvement de iS|l furent tirés de la prison ou rappel** de i'exif, Phhippegco mourut un mois après sa mise en liberté, et le partout entier pleura sa perte, lialcesco se retira de la politique active ; cl, rendu aux
(t) Voye* Belliiuçe» , la Kctvuua â p. I91,
PHOVINGKftWVAINES.
aux études qui avaient fait la t l'occupation de toute sa via* c M. Lauriano, sa vaut trane Magasin historique , en a> u'ïl eut achevé de rassembler aux de sa grande histoire de oie.
i se rendit ensuite à Cou* e pour y recevoir T m vestiaire, retour choisît son mîmaèie, composé de M H. Stirbey, and bauo, à l'intérieur ; EttV iliauo, à l'extérieur; CouattuV ■a, à la justice ; Jean Phi»
aux finances ; Eriimau|Mj au culte et a l'instruction pui direction de la police otf M. Jean Mu no.
>i\ impressionnèrent lopuiiotl îiére fâcheuse. Le meeontenaooput quand on apprit que était (ait allouer une somme dqcajspour l'agrandissement «a maison, tranjtorutfeenremeiht(i),etque, nonconrétre tait rembourser par Ida 4,000 ducati pour -les Mil voyage a ConstantinoilieUait du cabinet de Saintrg *w indemnité de 120,000 onr dépenses d'investiture, t deux projets de loi qu'il ans le même temps à l'Assenarnant l'octroi et rorganisation bue régulier de routes corrii mm les mauvais effets de Malgré les symptômes d'op- |ni commençaient à se mani- 9e l'Assemblée, tous ceux
a sincèrement le bien du rejtt de bonne foi à ces tpii devaient, l'une développer e générale en ouvrant des i au commerce et à l'agriculttp accroître les ressources I permettant aux villes de au moyen de leurs propres leur entretien et à leur embel-
podar se fit payer de plus quinte ideloyerparan pour cette même os préteste qu'elle était II prose enfants. Ajoutée qu'il existait it de Mefoekaï un mperbe local, logement du urinée, pour la uute asût la Tiéaar avait iftpansa, dis
La première seutemenL qui grevait chaque famille de contribuablet d'une corvée de six journées par an, tandis que les boyards, suivant l'usage, étaient exemptés de toute charge, aurait eu besoin d'être amendée dans quelques parties. Mais le résultat était ai avantageux pour le pays que Ton {arma les yeux sur les moyens, et les deux projets furent adoptés d'emblée. Enhardi par ce succès, Bibesco présenta une nouvelle loi tendant à modifier le régime dotal dans une de ses dispositiénsles plus essentielles, celle qui interdisait au mari d'hypothéquer les biens de sa femme. L'opinion se montra trèsaiarmée de cette proposition, dont les véritables motifs ne lui échappaient point d'ailleurs (1), et qui aurait dépouillé la femme des garanties que la loi lui offrait (bat sagement contre la dissipation et les entreprises hasardeuses du mari; et l'Assemblée la rejeta à une très-forte majorité. Irrité d'un échec qu'il considérait comme un attentat à sa personne, Bibesco destitua de leurs emplois, judiciaires et administratifs la plupart des députés qui avaient voté contre la loi, et bientôt après il ordonna la clôture de l'Assemblée.
Assemblée générale de 1843- 1844. Pbocès et condamnation
DBS INSURGÉS BULGARES. — A la SCS-
sion suivante, l'opposition prit un caractère plus prononcé. Les ex-ministres de Ghica et les chefs du parti phanariote éloignés des affaires par la disgrâce de ce prince furent les premiers à dénoncer les tendances russophilesàe Bibesco.
Évidemment ce n'était là qu'un prétexte ; son véritable crime était de leur avoir enlevé le pouvoir : aussi n'hésitèrent-ils pas à se compromettre eux-mêmes pour le
8 ordre. Cette manœuvre leur réussit 'abord. Le parti national, trop faible pour agir seul , se mit de leur côté el leur prêta son appui dans les nouvelles élections.
En effet, la démission de deux ou trois
(1) Tout le monde à cette époque connaissait les démêlés de Bibesco avec sa femme, et sou) dessein de la répudier pour contracter i *~~~ ""** " " '"'
bu nouveau mariage, tout en se réservant l'usufruit de la dot qui se moulait à plus de deui cent miMe francs de renies. Voyea
Ghainoi/p. 58.
L'UNIVERS
députés, rentrée de plusieurs autres dans le ministère avaient laissé une demi «doutai ne de sièges vacants à rassemblée générale. Les candidats phana* notes , poussés par Je parti national , arrivèrent d'emblée malgré les intrigues de la cour et du consulat : c'étaient le beyzadé Charles Ghica r Alexandre Ghica, dit Barbe-Rousse, Constantin Cautacuzène , Constantin Soutzo , Constantin Creziabsco et Jean Balaceano. À Ploïesti, M, Kokoresco avait été élu sans autre titre que son hostilité avérée contre le gouvernement protecteur. Dès lors la réunion des deux oppositions, dont les rangs furent grossis par l'adjonction de quelques députés mécontents , assura aux adversaires du pouvoir la majorité dans la nouvelle chambre.
Elle fut ouverte offlcielleineut le 22 janvier, par un message de Thospodar dont le secrétaire d'État donna lecture suivant l'usage. Ce message, après avoir déclaré l'ouverture de la session, conformément à l'article 60 du règlement organique, et appelé l'attention des représentants sur les budgets des finances ainsi que sur divers projets de loi qui devaient leur être proposes , exprimait l'espoir « que l'Assemblée s'attacherait, pendant la durée des délibérations, h maintenir Le bon ordre sans sortir des convenances ( î ) » Cette dernière phrase , dans laquelle il était aisé de voir une menace, décelait clairement les incertitudes et les embarras de la situation*
Eu effet, l'Assemblée, dès l'ouverture de ses séances, ne laissa échapper au* eu ne occasion de témoigner son mauvais vouloir contre Wbesco et eontre la Russie, Ainsi, Lorsqu'on vint à parler dans la Chambre de l'affaire des insurgés d'ibratla, dont le procès s'instruisait depuis près d'une année devant la cour criminelle réunie au divan suprême, le grand îogothète Chrysolcoseo, dit Bouzoiano, coupa court à la discussion, *'u s' écriant: « Tout ceci, messieurs, est l'œuvre de l'empereur Nicolas ; cVst h celui qui a fait Je nœud de le défaire. » Eu apprenant cette audacieuse sortie, riiospodar, sur la demande de M. Dach-
(0 Voye- lu l<?Me même de re me* *âçe dan» \etML p, 2tfo, delà Br.v^^VO-
koff, décréta Bouzoïano d'accusation toutefois ils reculèrent l'un et l'auto devant les plaintes des boyards, rendra plus inquiétantes par lé mécontentement populaire, et l'affaire n'eut, pu de suite. Mais a quelques jours de là (26 janvier) l'arrestation d'un emploi des finances, le serdar Grégoire Fe* tesco, qui avait été arraché violemment de son lit et conduit à pied, en robe di chambre et en pantoufles, dans b prison de Tirsçoudafar, donna un nouveau prétexte a t'animosité et aux ré* criminations des partis, La noble»
cria à la violation de ses privilèges : * Sous Ghica , répétait-on de tout** parts , on eût donne à l'homme le plus coupable le temps de s'habiller avaal d'être conduit en prison ; aujourd'hui Ton nous fait en Le ver sur un simple sovfh cou , au saut du lit , et on nous lin* nus à la soldatesque. »
Le 30, L'exaspération fut portée à son comble par un incident dont It* esprits se préoccupaient déjà depuis quelque temps.
Dans le courant de l'année précédente Le gouvernement avait concédé à un industriel russe , nommé Trandaliroff , ud privilège pour l'exploitation des u de la Valachje. Le consuiat s'était beaucoup entremis en faveur de cet vidu , nui était arrivé de Pétmnottrg muni des plus puissantes recownu tions , tandis que des correspondant** privées, émanant également de Wfr son nages considérables , le présentai eut comme un homme suspect et dont il fallait se délier : et le gouverne in eut ; soït qu'il fiH dupe ou complice, avait sumé avec lui un contrat par lequel il lui accordait le droit exclusif d'exploiter pour son compte, et même par voie d'expropriation, toutes les mines de la Valacbie, sous fa seule obligation de payer un droit de 10 pour ion au Trésor. Ce privilège exorbitant constituait à la fois, delà part du pou* voir qui l'avait consenti, une atteinte portée à la propriété et une infraction au Règlement, qui exigeait,pour dételles concessions , le consentement préalable de l'assemblée générale. Envisagée dans ses conséquences , L'affaire devenait plus grave encore. Trandalîroff, qui avait amené avec Lui de Russie une
PROVINCES ROUMAINES
faite «d'OTriflrs, i venir cinq aille autres : la parait ae croire à la trille invasion moscovite.
Hée.a^nérale évoqua l'aflhiie nie Juge dans une question ait en même temps à la pro-
à la sécurité de l'État, et m adresse au prinee pour dea- vÉÉttatkm du marché. Des a>vifr s'engagèrent, à la suite lésasse, entra le ministre et lée. Un Jeune député de l'op- QonstatittPhilippeseom, dé- (Indignation de ses collègues il nuadi contre l'État : € On ate-t-tt, nous livrer sux Rosses.
ivvm* donc, répliqua le nénmàneur, Rarbo SUrbey, que
aoil capable de trahir son > morneaccueillit cette
Se parole, tandis que l'Assemre nattait des mains aux sorantes dePMIijppesco. En de- ' Assemblée, l'opinion, excitée Uele d'Héliade intitulée le Jar- A» Ronce, sorte de pamphlet « dans lequel les menées de étaient dévoilées avec beaucoup et d*à-propos, se prononçait a plus contre Trandafirou et ioss(S).
ntantin Philippesco, après avoir mMeaient dans la révolution rou- S4S, est mort dernièrement i Paris
ià lige de quarante-sept ans. Il cette même année, une brochure le sous le titre de Mémoire sur Us i existence des principautés danuaoseot d'un travail bien plus consi- 01 fut interrompu par la mort.
ht prodoit par celte fable fut proil est vrai , comme on le dit , que le copies s'en répandirent dans on Bucarest sans que la police parvint riginai. Nous croyons devoir la reâ comme un spécimen de la poésie
, la aoirci, la tbaotassb trus ruuas.
•es épineuse et sauvage, galeuse, a sels d'où, arrachée par raquilon ■s an jardin riche et fertile, présfenére racine parmi les fleurs Odette traînait après elle certaine
céda,etrAasembifa . encouragée par son triomphe ,
eOOlftnettçadèelonàlai faireoneoppo-
ndite , qui s'étend , s'allonge en , s'attache, se cramponne, prend racine en terre, la dessèche, la rend stérile, absorbe le sue des plantes, rend vaine la soeur dn jardinier, et dont le nom est traînasse. Nous savons ce que vaut la ronce, pas grand'ehose : ici pourtant die prétend être de la famille des roses. Réjouissez-vous, amantes; jeunes garçons, faites vos bouquets.
Enorgueillie de sa longueur , qu'elle prend pour mesure de sa noblesse , elle sourit à sa queue, qu'en guise de pompon elle a décorée d'uno/j qu'elle fait sautiller çà et Ià;o/*par ci, ef par là, of dans tout le jardin. C'est charmant!
Les fleurs curieuses se disent l'une à l'autre : Mais, ma sœur, est-ce donc une rose ? — Rose ! non , ma mie, mais une ronce — . Pauvres fleurs! qu'allons-notis devenir? Mauvais augure que la ronce ! Elle enlace, étouffe et nous fera mourir.
— Charmantes sœurs, reprend la ronce, qui les entend ainsi discourir, ne craignez rien , j'ai le même Dieu que vous; comme vous je porte des fleurs, et je -vous iuviteà fleurir.
— La, la! disent les fleurs, ronce, tais-toi; tu n'as pas de Dieu, menteuse; va donc, tire ta queue et déguerpis. Tu ne traînes après toi que malheur avec ta sœur la traînasse, qui s'insinue, presse la terre , se faufile , se lait place en haut , en bas , dessus , dessous , dedans, dehors et partout. Va donc, menteuse, tire ta queue et déguerpis.
La rumeur alors était grande. Soudain entre le jardinier: il veut planter la ronce parmiles fleurs. — Père jardinier, bon père , saistu donc bien ce que tu vas faire? Bouche ce trou, tu feras bien; arrose-nous, tu feras mieux ; et si tu nous en crois , bon père , à l'instant , nous t'en prions, chasse et la ronce et le traînasse.
— Vraiment? répond le jardinier ; mais non ! non! cent fois non! et taisez- vous, mes belles ; vous n'entendez rien à l'affaire. Chasser la ronce quaud j'en peux faire un églantier! y pensez-vous? Boucher le trou , chasser ces plantes ! De tous mes soins prouvez-moi donc que vous êtes reconnaissantes. Permettez-moi de travailler au bien public, à sa richesse ; un peu plus de confiance en moi, et je promets que la ronce portera comme vous des fleurs odorantes. Je l'enterai d'an rosier franc; vous en deviendrez tontes
; M répliquent les fleurs,
L'UNIVERS
de l'Assemblée générale, fut élu métropolitain et remplacé dans son diocèse par L'archimandrite Rosetth Plusieurs boyards et notamment MM. Alexandre Gliii-j et Charles Conaki protestèrent auprès du consul général de Russie Darhkotï, se fondant sur ce que l'élection avait eu lieu , contrairement aux formes usitées, à l'aide de billets numérotés à l'avance. La motion ayant été jugée intempestive, treize autres boyards s'assemblèrent chez l'un d'eux , M. Cantacuzène, et rédigèrent une nouvelle proies* taiion, dans laquelle il était dit formellement a que, puisque le consulat de S. M, l'empereur n'était point disposé a accueillir les plaintes légitimes des Moldo-Valaaues, Ton cesserait désormais de s'adresser à lui, » La fin de la protestation donnait à entendre que, dans de tels cas, on réclamerait V intervention des grandes puissances de l'Europe et en particulier de l'Autriche, Néanmoins cette seconde démarche n'eut pas plus de succès que la première , et ré vaque de Romano fut reconnu comme métropolitain malgré les vin^t-sept voix accordées à l'évéque de 1 Ion cli, son concurrent, que poussait le parti national.
La fin de cet incident précéda de peu la clôture de T Assemblée générale de Moldavie, La chambre, qui, pendant ces deux dernières années, avait fait preuve d'une certaine énergie, mollit tout a coup sur la fin de la session dans une
au est ion assez importante : il s'agissait e l'abandon fait à Hiospodar pour toute ta durée de sou règne d'une dotation de -100,000 piastres, provenant de l'impôt sur la sortie des grains , impôt qui avait été voté dans le principe pour un nombre Use d'années et dont le terme venait d'expirer. Or, même si l'on admettait le renouvellement de la ta se, encore paraissait- il plus raisonnable d'en affecter le produit a des dé- Îienia d'utilité/ publique, au Heu de e faire servir à jçrossir l'épargne du prince, déjà riche de plusieurs millions et dont la liste civile se montait à plus de 600,000 fr
l^i meVue année la ville et le port de G a ïat 2 furent placés sous le commande* ntent d'un officier supérieur russe, M. le colonel Michinkof, entré, par or-
dre, au service de la Moldavie. La ville
d'ibraïla ,eu Va laehle, jouissait depuis deux ans d'un avantage analogue « et avait reçu également un commandant russe, M» Jacobson.
L'importance de G a la Us , comme port commerçant, s'accroissait d'année m année* Ses arrivages atteignirent, m ÏB45, le chiffre de 663 navires", et l'exportation en céréales dépassa 240,000 Lies.
La même année le résultat du travail des routes et votes de communication présentait un total de G>6&& toises de nivellement, 66,874 toises de réparations, 23,440 de chaussées, 37 pouls et 98 maisons de cantonniers.
Le document auquel nous empruntons cette statistique évalue le nombre des élèves dans les écoles et ï asti tu de la principauté à 2J86, dont 901 dans la capitale et le séminaire de Sûkoh, et 1,385 dans les provinces. Dans lt rantde la même année, la curatelle dr L'instruction publique avait ajouté à l'école de Galatz une classe pour tes éludes commerciales et pour l enseignement des langues grecque et italienne* Deux écoles primaires avaient été instituées à Ûkua. Tune pour les indigènes moldaves et l'autre pour la communauté arménienne. Deux autres: écoles avaient été ouvertes à Vasloui et à Pietra (2),
Ces améliorations étaient dues en grande partie à la restitution faite récemment à la curatelle des Écoles d'une ancienne dotation foncière qui datait du temps de Basile le Loup et dont les bijjou mènes du monastère des Trois- Samts s'étaient approprié les revenus depuis l'année 1724. Déjà en 1830 de l'occupation russe , le référendaire de l'instruction publique avait réclame contre cette spoliation, et avait demandé d'être remis en possession des biensfonds usurpés par les moines. Le procè* durait depuis celte époque , et n'avait pu encore être vidé, parce que les moiii' > détenteurs du testament de Basile le Loup, refusaient, comme de raison, de
( i ) Commimu'itlion de S, A* S ft pnnctdt Hoidàvie ad restée àtasutjrtbite gênerai* C dinairt pendant h srtxwH </* tamtée 1 1 (i) ïhid.
FROVOKa» JMHJUAINES.
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êét
à Saint-Péters-
m à la fois d'une capacité • §sd la désignaient long- «tnae an choix de la Rus»
« boyards, qu'aucun senrivante n'animait contre radotaient aon avidité bien l'apprêtaient à le combattre, par zèle patriotique» mais «es personnelles. Quant à ^nationale, à celle qui haisihal Stourdza la créature de t l'oppresseur des droits et i du pays , elle n'était cn- ■ftfie que par trois hommes, Wt vainement de protester •ptntion de la clause finale eut, MM. Georges Ghica , taétjoire Coûta, torirdsn n'avait point à s'efwi» adversaires : il comprit able bitte serait entre lui et oyarie , composée en grande lanariotes. Après s'être niées antécédents , des appuis «sbourg, et, en dernier lieu, aopleparson mariage avec 1 prince de Samoa, Etienne devenu en même temps son i à la Porte , il fit mine de sr à l'intérieur de la boyarie ; le discours qu'il prononça i installation , en rappelant \ testament politique d'Érand, le montra préoccupé : du bien-être et de l'oroturedu pays:
unité de ce jour est , disaiteneement de l'époque que le mortelle mémoire Etienne font nous contemplons ici Bit su prévoir. Par son tesitique ayant préservé la 'une perte imminente, à i torrent d'événements silit inévitablement entraînée, réepourun meilleur avenir; tara de ses ruines sous les la foi de nos aïeux.
«ne tout Moldave éprouve répondre dignement à Fesispe qui vient d'être assurée TJntei résultat ne saurait
être obtenu par mes seuls eflbrts. Je m'attends à une coopération franche et loyale de la part de mes compatriotes que des principes conservateurs doivent guider dans leur conduite.
« L'ordre social ne saurait se maintenir sans l'accomplissement des devoirs sacrés de père, de fils et d'époux. J'appelle bon père celui qui sait préparer ses descendants à l'héritage de la foi des vertus. Le nom de fils sera mérité par celui qui sera animé de la noble émulation de surpasser ses ancêtres, etc. »
Conservateur par excellence, diplomate consommé autant qu'habile administrateur, attentif à éviter tout ce qui pouvaitleoompromettreà l'égard de l'une ou de l'autre cour, il échappa aux pièges de ses ennemis , et sut naviguer sans péril entre ces deux redoutables écueils, la suzeraineté et le protectorat. Dans un pays où tous les partis lui étaient ouvertement ou instinctivement hostiles , il eut constamment la majoritédans l'Assemblée, qui ne fût pas suspendue une seule fois pendant tout le cours de son règne; et, sans coup d'État, sans secousse violente, sans firman, il gouverna paisiblement la principauté pendant quatorze ans, le Règlement à la main, ne se préoccupant de la moralité ni du but, ni des moyens, pourvu qu'il restât dans la légalité. « C'était, dit un écrivain national, un homme éminemment constitutionnel , constitutionnel un peu à la manière du gouvernement de Juillet, sachant se faire une majorité à tout prix, mais homme légal, et c'est quelque chose dans un pays comme le notre, où le respect seulement apparent, de la légalité est une garantie presque suffisante. »
Lorsque l'opposition , exclue des assemblées, chercha à lui susciter des embarras à l'intérieur, Michel Stourdza s'adressa directement au cabinet de Saint-Pétersbourg, et par la manière dont la question était posée il assurait et garantissait à l'avance le triomphe de sa politique. « Faut-il, demandait l'hospodar, sacrifier le Règlement aux intérêts isolés de ^pclques boyards, on la prince ne doit-il pas, conformés] aux '
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1/tîNftERS-
ËTÀT DES ESPRITS. PH KM TER S SYMP- TOMES B EVOLUTION PïAlB ES. — Ull éCTλ
vain roumain trace ainsi te tableau de la Valachie pendant les dernières années de l'administration de Bibeseo :
* L'exploitation des mines de sel*, malgré les profits extraordinaires réalisés par les fermiers a nié rieurs, fut accordée avec une diminution considérable et une prolongation de deux ans dans Le bail.
* Le revenu de l'impôt sur l'eiplot* tation des céréales, lequel peut monter jusqu'à trois et quatre millions de piastres par an et qui était affecté auparavant à des récompenses nationales , des encouragements el des gratifications aux bons employés, fut donné par cette assemblée au prince Bibeseo, a titre d'allocation supplémentaire et viagère de sa liste civile.
m L'instruction universitaire, gratuite jusque-là et qui avait plutôt besoin d'une prime pour les élèves, tant leur nombre était petit, fut soumise à une taxe de trois ducats (trente-six francs) par mors par élève externe,
n La vente des postes, faite avec de très -grand es pertes l'année précédente h des protégés du prince , fut légalisée par cette assemblée.
- Cette assemblée encore lui accorda la prérogative de confirmer les arrêts des tribunaux de première instance , sans appel.
■ L'opinion s'émut en lin de cet état de choses , qui allait tous les jours en empirant; car c'est toujours l'excès du mal qui a éveillé les esprits. L'hiver de 1847 a 1848 a été partout une époque de fermentation , On vit tout à coup, et d'une manière inattendue, la jeu* uesse, qu'on croyait oisive et insouciante , refuser de sa I uer un officier qui , par ordre du prince, avait fait battre a coup de verges , comme on bat les soldats , une jeune gouvernante hanovrien ne, dont le crime était d'à voir encouru la disgrâce de la princesse Bibeseo.
Dans un cercle où l'on parlait des frivolités du jour , un juge, nouvellement marié , se permît d attribuer toute la corruption des tribunaux à l'amour effréné du luxe , dont la princesse donnait l'exemple à son entourage , et ne craignit pas d'avouer que lui-même, en cas
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