FEMMES ALBANAISES
Les femmes albanaises diffèrent entre elles selon qu'elles appartiennent aux races que nous venons de signaler. Chez les Guegues, leur regard fier, leur démarche imposante annoncent dignement les épouses ou les mères de ces intrépides guerriers. Des pistolets arment leur ceinture, des dogues terribles les escortent; elles n'attendraient pas pour se venger d'une insulte le secours de leur famille offensée. On conçoit que la crainte doit être étrangère à des enfants nourris et élevés par de telles femmes. Quand
L'UNIVERS
le foyer est menacé, elles prennent les armes, et vont se placer dans les rangs des guerriers, dont elles excitent le courage. Chrétiennes ou mahométanes, on ne les voit jamais porter le voile que la défiance a rendu obligatoire dans les mœurs des Orientaux. La pudeur et la chasteté semblent se fortifier chez elles du sentiment de leur courage ; et c'est en donnant une nombreuse famille à leurs époux qu'elles s'assurent de leur affection.
Les femmes des Toxides font l'ornement des harems. A la beauté du visage elles joignent la grâce et la délicatesse des formes; quelques-unes auraient pu servir de modèles à ces statues grecques représentant des nymphes et des divinités.
Dans l'Acrocéraunie le type féminin est pauvre et porte le cachet de la souffrance et de la dégradation ; c'est pire encore chez les Arberi ou Avares, oui avoisinent le golfe d'Avlona. Leur délassement favori est la natation ; elles y excellent et peuvent défier les plus intrépides plongeurs.
Les femmes chamides ont l'angle facial grec ; leurs yeux sont grands et noirs, et leur longue chevelure est d'un brun châtain ; leur teint, quoique peu clair, a de la délicatesse.
Chez elles rattache du cou est irréprochable; leur port a de l'élégance, et la finesse des extrémités les fait aisément reconnaître pour Albanaises.
Cependant ces femmes si belles se fa-
temps toutes ses forces morales. Cest surtout pour conserver son empire qu'elle souhaite d'être féconde , et lorsque la nature lui a refusé les douceurs de la maternité, elle recourt à des philtres dont l'effet détruit sa santé et abrège ses jours.
Les femmes guègues et les paysannes chrétiennes ont une destinée plus heureuse; les jouissances de la famille leur suffisent, et la religion chrétienne leur donne la résignation pour supporter les maux qu'il n'est pas donné même à la vertu de détourner.