CHAPITRE XVIII
(AU»! DA.NS l'evèchk db ■COD&A.
tie orientale du pachalik de t formée de montagnes iohosqui se prolongent depuis le lac plaine fertile du Drin-Blauc.
gnent au nord la chaîne qui seaux tributaires du Danube de la Méditerranée, et qui est en nps la limite entre les langues ibanaise. Au sud , le Drin les ; Mirdites.
bitants de ces montagnes apità des races guerrières d'oritaise, et sont généralement ca- ; ear c'est seulement dans le de Scodra qu'on trouve des in*. Suivant la nature des loca- 'adonnent plus parti culièreiriculture ou à la vie pastorale ; tt tous l'instinct guerrier. Chaagnard ne sort qu'armé , soit ire, soit qu'il fasse paître ses ; avant même de s'endormir Nia son chevet ses pistolets et m. Malgré cet esprit aventu-
I/UMVERS-
mahométan. En général, cette charge est héréditaire ; et il est rare qu'on demande au pacha la destitution du buluk
Il ne faut pas confondre ce fonctionnaire avec les commissaires qu'entretiennent à Constantiaople les gouverneurs de provinces ; en effet, il n'a point de pleins pouvoirs, mais il est comme la caution de son district.
Son premier soin est de soutenir les intérêts de ses commettants auprès du pacha. Il introduit chez ce dignitaire le simple montagnard aussi bien que le chef; il appuie leurs requêtes comme interprète et comme avocat. C'est encore lui qui est chargé de transmettre les ordres du pacha au district, qui perçoit les amendes pour meurtre et celles qu'on inflige pour de moindres délits.
Le tiers de ces amendes lui revient.
Dans les lieux où le tribut est exigible, c'est encore lui qui le perçoit, et le verse au trésor.
En temps de guerre il reçoit les rations et en tait la distribution, et transmet aux chefs les ordres des commandants supérieurs.
Chaque buluk paschi dispose, selon l'importance de son district, d'un certain nombre de serviteurs armés ( tschausch), au'il charge de ses commissions dans le district, ou il ne se montre lui-même que rarement ; et il ne le fait jamais sans en avoir obtenu l'autorisation des chefs de famille.
Les diverses tribus apparaissent corn me
dans le pays. L'influence du 1 la conduite des affaires dans dépend* de son mérite pers reste, il est d'usage de dont titre de volvode aux autres m conseil. Les dignités de von sénateurs ou conseillers soath* de telle sorte cependant que, i est appelé à les exercer est m plus proche agnat le remplace qu'il ait atteint la majorité. Ce res reçoivent du pacha un dé tallation , qu'on appelle dan schkop (le bâton).
L'organisation militaire s'a* l'organisation civile ; car il y i drapeaux que de conseils d'anc les Kastrati et les habitants d< n'ont qu'un conseil et un dn pendant les premiers ont six \ les derniers cinq. Le chef mil le titre turc de baïrakdar, porto Ce grade est aussi héréditaire, ment le voïvode est en m< baïrakdar.
Après le conseil des ancû dans chaque district un autre se compose des chefs des fem térales ; ses membres se nomr bars, parce qu'ils sont chargés lir les amendes. Ils doivent
Créter assistance aux buluk p » exécutions qu'ils ont à u Cependant le souverain p partient au peuple, qui l'exen assemblées générales. Ces i sont ordinaires ou evtraordii
PROVINCES DAHUBIE1INE&
de deux à ter délibéra et l'on
m** district s'asseyent en aaftdu peuple, assis ou délai amour. Chacun garde Lsvoivodeouun entre chef risses par on dieeoiirt où il sfcjetde la réunion, etordonne ■s d'en délibérer. Alors ceuxet, el dieentent à peu prés b :
de retour, tout le peuple ptkm dee dignitaires. Le
sr deaaande alors ee qu'ils ont inr des ghiobars répond aux i ont été posées par chacun i propositions importantes es par le peuple, auquel le itfanrer sur des fusils placés m ne changeront rien a leur «, ou qu'on soumettra à la i du pacha les propositions Cest ee qui arma lorsque, il née années, les habitants de ridèrent que la peine du sang fit atteindre que les personnes atee toit ou le même troupeau artrier, et ne s'étendrait oas ts ne vivant pas avec lui , fusn père ou son frère. Les conta cette loi, outre l'amende due devaient payer à celui-ci et au me somme" d'environ mille
les questions touchent aux inpartis, et que la montagne se if arrive souvent qu'il est ime les mettre d'accord ; alors le npéche les ghiobars de faire art, et l'on se sépare en tua avoir pris de résolution. Les a parti sont si violentes que les années les assemblées n'ont ears séances.
tys ordinaire le conseil des antt entendu, préalablement du née les ghiobars les plus invlcs mesures à prendre, et le bue se réduit à une simple for-
daat la législation ne conteste on supérieure de rassemblée du Galle-ci se borne en général à
fixer età frire rentrer les amendes encourues pendant une période de temps déterminée, liais, comme la manière de procéder n'a rien de régulier, l'exécution entraîne parfois des longueurs si le ooupeble est puissant ou d'un caractère opiniâtre. Néanmoins, attendu que l'on ne s'occupe que de délits de notoriété publique , les formes de la procédure sont sommaires.
La plupartdu temps les amendes sont infligées pour des contraventions aux lois sur les pâturages ou à certains usages locaux. Le condamné livre un certain nombre de moutons, et rarement il s'acquitte en argent. C'est pendant la session de l'assembléeque ces amendes sont recueillies par les ghiobars, qui se les partagent entre eux.
I* ban du sang n'appartient pas an district, mais au pacha. Le meurtrier et aes intimes doivent immédiatement s'exiler pour se soustraire à la vengeance des parents de la victime. L'usage est égalementque le meurtrier d'un homme sans parents quitte aussitôt le pays.
Dans plusieurs contrées , et nommément à Scodra, la maison de l'assassin est livrée aux flammes par le buluk paschi, et l'on exige de ses parents une amende proportionnée à la fortune du coupable. Cet usage a souvent réduit à la mendicité des familles par cela seul qu'elles avaient pour parent un homme qui, n'osant tuer un des siens, assassinait un étranger.
L'amende qui est prélevée juridiquement pour un meurtre n'a rien de déterminé. Dans les districts où la domination turque est établie, tous les biens meubles du meurtrier passent au buluk paschi et aux ghiobars. Les parents du coupable payent de trois cents à huit cents piastres, et s'ils sont pauvres, ils peuvent s'acquitter moyennant un sacrifice moindre.
Indépendamment de l'action publique, le meurtrier est exposé à la vengeance autorisée et sanctionnée par les mœurs; des représailles sanglantes menacent sans cesse les plus proches parents du coupable; et, si quelqu'un d'eux se distingue , c'est celui qui deviendra plus particulièrement l'objet du ressentiment de la famille offensée quand le meurtrier lui-même s'est mis hors de Is portée de
L'UNIVKRl.
leurs atteintes. Souvent on ne se contente pas, pour venger la mort d'un homme, de tuer un des parents du meur » trier. L'Albauais vous dira qu'un homme de sa famille en vaut sii. Or, comme chaque vengeance en amène une nouvelle et que la dette du sang passe du père au fils, il arrive nécessairement que les familles les plus nombreuses s'éteignent en peu d'années.
La vengeance du sang ne s'exerce jamais sur les familles étrangères qui habitent le même lieu que le meurtrier, mais seulement sur quelqu'un de ses parents.
Si le meurtre a été involontaire , celui qui l'a commis doit commencer par s'éloigner; mais la peine civile ne l'atteint pas ; et il obtient ordinairement de la famille du mort l'amnistie et la faculté de revenir dans le pays. L'adultère donne à l'époux outragé le droit et lui impose le devoir de se venger du séducteur. En Albanie cette injure ne se pardonne jamais. Dans le flagrant délit, le meurtre des deux coupables n'entraîne aucune peine afllictive.
La séiluction d'une fille ou d'une sœur se venge aussi par le sans ; cependant l'offensé peut pardonner. Pour les simples blessures, le droit de vengeance ne s'exerce ordinairement que sur l'offenseur et l'offensé. En cas semblable, on se contente souvent d'une réparation pécuniaire ou de faire payer à l'offenseur les frais de la cure. Si l'affaire va
la pardon, et qui se compose i du meurtrier, auxquels viat joindre les parents les plat élc mort, s'avance vers la maison proche parent de la victime. J marche en avant, tenant le eruci vangile ; ensuite viennent quat berceaux, où sont étendus ara < la mamelle; puis le suppliant les yeux bandés, les mains Ile dos et une corde au cou ; au cette corde pend un yatagan. 1 l'entourent, prêts à le défend!
toute violence. Quand on app la maison, les hommes ôtent et les placent sur les berceaux pliant est alors conduit dans la d'où sortent tous ceux qui y 1< on Tinstalle près du foyer. Soi reste à la porte et dispose les bei manière à ce que les enfants pieds tournés vers l'orient, proche parent du mort demai aux personnes du cortège le ri les amène. Le prêtre ou quelqu< charge de la réponse ; il expost discours touchant combien est .
faute du suppliant; il ajoute qi pable le reconnaît lui-même, e venu se mettre à la discrétion de • Enfin l'orateur représente que i est plus digne d'un chrétien et d que la vengeance, et qu'il vit mander au nom de la sainte l'évangile et de l'innocence au L'offensé résiste longtemps, et I
simple s'exptiqoe d'elle-même :
e pardon, les enfants n'avaient i vepoa assuré; aussi n'étaientt «fana la posture ordinaire du 1 : mais une fois le droit de ventèandonné, on leur rend l'atti- É cmnrient le mieux a leur sécui «lie de leurs familles.
asemmextce la scène de résissomme pour exprimer le dernier 4a l'honneur contre la compasifin, au bout de quelques heures, i dédara qu'il est prêt à pardonil rentra avec les siens dans la où est la meurtrier, qui est délises liens et que tout le monde « en lui disant : Qu'il te soit lé! L'offensé lui adresse ces /abandonne le glaive (la ven- I; mais je veux la chose (la comm), qui, dans ce district, s'élève illier de piastres. Ensuite les pai celui qui est sous le poids de le remettent à l'offensé des armes représentent trois ou quatre fois ir, et ils continuent jusqu'à ce si-ci déclare que le gage est sufprisTon transporte le tout dans sa i. La cérémonie se termine par un et, où, après avoir largement bu «é, on fait appel à la générosité frasé, qui est prié de diminuer e chose de l'amende; alors il perle reprendre quelques-uns des . ceuL du moins qui dépassent la de la somme garantie, et unit suler le terme après lequel les doi?ent être retirés. Ordinaireil fait remise de la moitié de la ositioo ou même de la somme enct il rend en outre tous les gages.
« dernier cas il est d'usage que ivtié lui fasse présent de quelque de prix. Le plus grand reproche i puisse faire a un Albanais, c'est ff «ça de l'argent en réparation «urtre ou du déshonneur d'un des î » reproche se formule ainsi : Tu 'I* sang de ton frère.
parfois, nu lieu des moyens indiplus haut, on cherche à a r radier 'doode l'offensé par surprise; mais npo*e alors au danser de voir la * abandonnée par l'offensé ou de *wr impitoyable lorsqu'il doit en* le berceau. "
Pour resserrer encore davantage las liens de la réconciliation, l'offensé et l'amnistié se rapprochent soit par la cérémonie d'un baptême , soit par la confraternité, que les Slaves nomment Bobratinia, ou lorsqu'ils coupent pour la première fois les cheveux à un de leurs enfants.
La cérémonie de la fraternisation, dont nous avons déjà dit quelques mots, varie suivant les lieux; dans certains cantons, le parrain, après avoir lié le petit doigt de la main droite à l'un des postulants, et y avoir fait une incision, mêle quelques gouttes du sang qui en coule dans un verre d'eau-de-vie, qu'il donne à boire à l'autre postulant; alors tous deux s'embrassent, et la solennité unit parun festin. Dans d'autres districts , le sang de l'un et de Vautre est mêlé dans la coupe d'eau-de-vie, et tous deux la vident ensemble.