‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 95 sur 218 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

PIBBBB PÉTBOV1TCH MBOOSCH.

Le wladika Pierre Petrovitch Niégosch est un des hommes les plus remarquables qu'ait produits le Monténégro.

Il s'est distingue par son courage dans un pays où la bravoure est pour ainsi dira une obligation. Sa famille était pauvre, mais ses avantages naturels et la protection du wladika, son oncle, oui l'avait désigné pour sou successeur, 1 appelaient à jouer un rôle auquel il u a manqué, pour devenir historique, qu'un plus grand théâtre.

Sa taille était imposante ; sa longue barbe ajoutait à la majesté de ses traits. Charitable et hospitalier, il se plaisait à recevoir les étrangers que la curiosité attirait le Monténégro. Son instruction lui permettait d'entrevoir et quelquefois d'introduire quelques améliorations dans l'administration de ses petits États. Il parlait avec la même facilité l'italien , l'allemand et le russe, et il avait quelques notions sur la langue française. Après avoir passé par tous les degrés de la hiérarchie de 1 Ê-

Sise il avait été sacré à Carlowitz avec permission de l'empereur Joseph II ; de sorte qu'à l'âge de trente ans il était déjà métropolitain. Nommé coadjuteur de son oncle, il parcourut les principales villes de l'Europe. L'empereur le reçut à Vienne avec la plus grande distinction, et le combla de présents. A Petersbourg il se lia avec l'abbé François Dubrostévitch, savant ragusais, connu dans les lettres sous le nom de Dolci, et il se l'attacha comme secrétaire. Il y a lieu de supposer que ses rapports avec l'Autriche l'avaient rendu suspect à la police de Catherine II ; car il reçut l'ordre de quitter Petersbourg, ainsi que Dolci et le comte Ivanovitch de Budua. Il retourna à Petersbourg en 1770, et réussit telloment à se justifier des préventions fâcheuses nui avaient motivé son expulsion que rimpératrice le fit nommer membre du grand synode de Russie et le décora des ordres de Sainte-Anne et de Saint Alexandre Newski.

Il commença à gouverner sans contes-

L'UNIVERS

tation lorsque le faux Pierre III fat frappé de cécité ; mais ce furent surtout ses victoires sur les Turcs qui lui inspirèrent le désir d'établir dans le Monténégro une administration moins imparfaite, tout en respectant les usages et ce sentiment de liberté sans lequel ce petit pays ne serait sans doute pas plus célèbre qu'une principauté d'Allemagne.

Il forma dans chaque nahieunegarde, espèce de gendarmerie, sous le nom turc de koulouk, et constitua un tribunal supérieur, composé des habitants les plus considérés dans leurs tribus. Il était occupé à donner plus d'extension à ces réformes lorsque Ja mort le surprit en 1830, à l'âge de quatre-vingttrois ans. Il termina cette longue carrière arec la sérénité d'un sage et la confiance d'une âme chrétienne Se sentant* tout à coup très-faible , il convoqua les chefs à Cétinié, pour leur recommander l'union et leur concours sincère pour l'adoption des mesures tendant à l'établissement de l'ordre et d'une bonne administration. Il leur proposa ensuite de déférer le pouvoir snpréme à un de ses neveux, alors Agé de dix-huit ans seulement, parce

3u'un autre neveu qui devait lui succéer venait de renoncer à l'état ecclésiastique. Il conjura tous les Monténégrins de s'engager par serment à observer pendant six mois une trêve entre les nahies , les tribus , les villages et les individus isolés t pour consacrer

ter dans son testament , fin solennellement sur son loi Le corps , qui avait été plac l'église de Cétinié , fut exhumé suivante pour être transporté di autre endroit; comme on le dans un état parfait de conser le peuple le regarda comme ni et dans cette persuasion non ment les Monténégrins, mais les grecs de la côte maritime et d sessions turques viennent encan des pèlerinages sur le lien de pulture.

Radoï , le nouveau vladika, fi sacré d'abord comme diacre et i comme archimandrite par l'évé Prisren, avec la permission di tapha, dernier pacha hérédita Scodra; ce ne fut qu'en 1839 fut consacré évoque de Saintbourg.

Page 1