CHAPITRE VIII
GUEBBB DBS MONTÉNÉGRINS G LES FRANÇAIS.
Les principes de liberté pro par la république française .
excité les sympathies des on slaves, qui ne supportaient quV patience le joug de Venise, de I che et de la Turquie. La campas sypte avait rendu populaire ï français dans le Monténégro. I ration due au courage , V'mtér
Russie 9 et Ton accusait le » de jacobinisme. Le baron gouverneur de Cataro, et e Russie Fonton, émigré âdant à Raguse. reçurent mbiner leurs efforts pour les mesures civilisatrices Le résultat de ces intrii que, si les deux cours ut commun, leur politique pas moins rivale. L'agent bien ses mesures que rAut sur le point de perdre les vénitiennes qui lui avaient ar le traité de Campo-Forsignal donné, le pavillon •bore ( 1804) sur plusieurs les autorités autrichiennes r spectatrices de la défecâtants de Grébia, qui se rénales montagnes Noires, où ocueillis comme des frères, lices vinrent augmenter le nent de l'Autriche. Un >vitch, archidiacre du chagrabia en Hongrie, avait une révélation faite au tripénitence, que les moines me foule de chrétiens auxisaient prêter serment d'o- 'empereur de Russie, t en même temps qu'il dépôts considérables a'ar- )lusieurs monastères et à
ice de S. M. apostolique inople en informa le diitôt il fut constaté que le rébinié avait fait décapiter
l'Hertzégovine et vingtnx du monastère de Pliéva.
ï les Français s'emparèrent tatie, le dévouement des is à la cause des Russes ta d'une manière encore ate. Les Français n'avaient atteint les bords du golfe qu'on vit paraître douze agnards commandés par ferre Pétrovitch , agissant son seigneur suzerain l'emcandre. Ces troupes, auxse joindre un corps russe rfou, attaquèrent à l'im-
Français, et, après les is, brûlèrent l'ancienne Ëpi-
ivcbs Danubiennes )
daure , s'emparèrent de Gravosa , et après avoir incendié les faubourgs de Raguse, forcèrent le général Lauriston à se renfermer dans cette place.
Mais ce succès, dû à une surprise, fut bientôt suivi de revers ; les Monténégrins et les Russes, battus et dispersés deux jours après leur victoire, furent contraints de se rembarquer. Cette guerreduralongtemps, quoique les Monténégrins fussent presque toujours défaits , ils ne se retiraient jamais sans avoir vaillamment combattu. Ils ont reproduit dans leurs chants nationaux quelques épisodes de cette grande lutte. La pièce suivante, que nous avons cherchée vainement dans le recueil slave de M. Vuk, et que nous empruntons à l'ouvrage anglais de M. Kerr, d'après les données de M. Cyprien Robert, célèbre ainsi la chute de Venise.
« Deux chefs puissants se disputent « la couronne du doge de Venise ; l'un « est le césar de Vienne , l'autre est « le krale (roi) Bonaparte. Le jeune c krale envoie ce message au césar :
« Si tu ne veux pas me céder Venise , « j'irai avec mes Français brûler tes « villages , enlever tes châteaux forts, « et prendre ta blanche capitale. J'en < trerai à cheval dans ta salle de con « seil , et je ferai un hôpital de ton « palais. Je te chasserai du sol de la « Germanie: Prague, la ville dorée, « et Milan deviendront ma proie. Je « t'arracherai l'Istrie, Ja Dalmatie « et Cataro , et à' mon retour j'irai « me reposer royalement dans Venise.
« Le césar rassemble les seigneurs « et leur expose le contenu du mes- « sage : tous sont frappés de conster- « nation, tous sont «ravis de se sou- « mettre : seuls, les archiducs pro- « testent, et la résistance est résolue. « A cette nouvelle le krale Bonaparte « s'écrie : Pauvre César de Vienne ! tu « oses entrer en lutte avec la France ! « Hé bien , soit ! Et il part avec ses « Français, incendiant sur sa route les « villes et les villages *, il traverse les « provinces malgré le vaillant Kou- « tousof, qui est accouru de Moscou au « secours du césar germain. Mais ni « le césar ni Koutousof ne purent ar- « réter la marche de Bonaparte , qui
L'UNIVERS
« eutra sans coup férir dans Vienne « et humilia de ses railleries le pauvre « césar. De là il marcha sur Milan, « qui, défendue par un Slave, Philippe « Vukassovitch, ne se rendit qu'après « trois jours. Maître de Milan, il porta « ses armes dans toute l'Italie, et, « comme il l'avait annoncé, il vint « se reposer royalement dans Ve- « nise. v
Lorsque la province de Cataro fut rendue à l'Autriche, à la suite du traité de Campo-Formio, les habitants se trouvèrent blessés de voir qu'on décidât ainsi de leur sort sans leur participation; il y avait quatre siècles au' ils s'étaient mis sous la suzeraineté e Venise , mais avec la condition expresse qu'ils recouvreraient leur indépendance lorsque cette république ne serait plus en état de les protéger.
Après s'être révoltés huit fois contre les Vénitiens, il n'était guère probable qu'ils se résigneraient sans résistance, à la domination d'un prince qui venait luimême de reconnaître la Joi du vainqueur. Trop faibles pour entrer seuls en lutte avec leur nouveau souverain , ils s'adressèrent à l'évèViue du Monténégro pour lui demander des conseils et, au besoin , des secours.
Les Slaves de la côte étaient divisés en trois factions ; la moins nombreuse et Ja moins énergique était gagnée par les agents de I Autriche; la seconde, séduite par les idées de liberté damées la réuublui
neuf années; et voilà <ni'à les jacobins veulent nous vei ami Bonaparte. Viens à non Siniavin ; protége-nous et se de nos fils. »
C'est vers ce temps que Y niavin aida les Monténégrins ser les Français jusque dan Ils mirent également le si« Cataro, dont ils .réclamaient sion, comme ayant fait autr du royaume de* Servie. Quant ils prétendaient s'en empai de conquête. Tandis que la i bombardait la place , Siniavii débarquer trois mille homme dix mille Monténégrins, pre vement la place du côté d Déjà les assaillants se croi de vaincre, lorsque le généi accourut de Zara avec toute* qu'il put réunir et qui se à environ seize cents hoim
{)oignée de braves eut hient es montagnards, qu'étom charges à la baïonnette. L mirent le désordre dans les Russes, qui n'eurent que le se réfugier sur leurs vaisse; ce moment les Français furc des bouches du Cataro. L essayèrent de venger cet écl excursions continuelles. Da ces escarmouches, ils coupèi au général Delgorgues, qui < vivant entre leurs mains. U de Marmont eut le même
irneur Vuk! exécute bien cet ! assemble tes Niégouschi, et eux les Tséklitoh, et marche r tête sur Cataro , pour y as- : les braves Français; barre hemins et les rampes qui mèà la citadelle , pour fermer tout ge à l'ennemi. Pendant ce temps ê porterai de Cétinié à Maine, m'emparerai de Budua avec mes nés.
rès la lecture de cette lettre salent tracée, il bondit de joie et îble un corps nombreux de guers'élance sur son cheval et prend •min de Cataro. Arrivé au torrent oradja , il plante sa tente sur le , fait occuper les hauteurs et ) ainsi les communications entre o et Troïtza. De son c6té le vladescend avec sa troupe près du i , où tous les Serbes de la Priî se portent en foule à sa ren- •e et proclament la réunion de province au Monténégro, te l'aube du jour suivant, le ka se lève , il convoque les siens s Primortzi, désormais leurs s, et leur demande si quelqu'un peut indiquer un moyen de dér Budua, ce qui épargnerait le des Serbes et des braves Fran- Alors Pierre Djuraschkovitch ;ve , et après avoir baisé la main ladika , il lui dit d'un ton resleux : Hospodar, voilà le moyen peut nous conduire à Butlua le moins de perte possible. Il dans cette ville autant de Serpandours que de soldats franécrivons au chef de ces pans, Vuko Kerstitchévitch , pour suscite quelque querelle entre iens et la garnison française; odis qu'ils seront aux prises, nous approcherons des rem- ; dégarnis de défenseurs. Le viaadopte cet avis, et écrit au des pandours, auquel il promet grande récompense de la part de ussie.
iko Kerstitchévitch assemble ses s, et leur fait part de ce message, pandours répondent : Il serait à nous de livrer un poste qui s a été confié ; et ils refusent de
prendre part à ce que propose leur chef. Mais celui-ci reste inébranlable : Nous sommes tous Serbes, leur dit-il ; notre devoir est de ne pas nous séparer de notre saint vladika. Eafin il parvient à persuader un certain nombre de ces soldats. Us commencent par se débarrasser de leurs compatriotes attachés à la France ; puis, tombant sur les soldats français , ils massacrent tous ceux qui refusent de se rendre, enchaînent les autres deux à deux, et au point du jour ils ouvrent les portes de la blanche Budua.
Monté sur son haut coursier de bataille et semblable à un noble faucon, le vladika entra dans la place , et rendit grâces à Dieu.
« Le gouverneur Vuk, qui campait sur la Gorndia, en apprenant la prise de Budua, dit à ses nommes ; Il serait honteux à nous de rester inactifs ; allons donner l'assaut au fort de Troïtza. Cependant du haut des remparts de Cataro, le puissant général français aperçoit les mouvements des Serbes, et s'écrie : Gloire à l'Éternel qui nous fait voir comment ces chèvres des montagnes escaladent les forteresses impériales! puis se tournant vers son état-major : Qui de vous, dit-il , veut aller au secours de Troïtza ? Le capitaine Campanole lui répond*: Général, donnez-moi trois cents soldats , et je me charge de mettre le feu à la queue de tous ces rats de montagne, dont je conserverai une vingtaine pour vous les présenter vivants.
« Campanole s'avance avec ces braves ; mais tandis que l'aide monte vers Troïtza, les Monténégrins l'enveloppent pour lui couper la retraite, et prennent position dans les rochers.
Pris au piège, le héros lutte comme i un lion. 11 forme un bataillon carré ; et redescend la montagne. Déjà il
< avait atteint Vermetz, lorsqu'une i balle le jette sur le gazon; un second i coup frappe le prince Schaliar qui i suivait le chef français; un troisième t atteint le porte-étendard, qui expire
< avant de mesurer le sol. Cent grena-
* diers tombèrent en braves, tous cou-
* verts de blessures, et poursuivis par > ces rats de montagnes jusqu'au pied
L'UNIVERS
« des remparts. A cette me , les cin- « quante Français qui défendaient « Troîtza se rendirent, et les vainqueurs « détruisirent le fort, après s'être em- « parés des quatre canons verts, ces « beaux canons français qui servirent « à tirer de joyeuses salves en l'hon- « neur du vladika, lorsque accompagné « de son armée il vint rejoindre le « gouverneur Vuko. »
Le bulletin officiel de la Grlitza ajoute quelques détails sur la prise de Budua et de Troîtza. Selon cette dernière relation, Budua fut prise le 1 1 septembre; cinquante-six Français y furent faits prisonniers, et le lendemain 12 du même mois Troîtza tomba entre les mains des montagnards à la suite d'une sortie malheureuse de la garnison de Cataro , qui fut rejetée dans la ville après avoir perdu trente-six prisonniers , sans compter les morts. La même relation ajoute que le fort de Troîtza sauta en I air une heure après l'assaut des Monténégrins. La résistance de Cataro fut plus longue -, le général Gautier y soutint un siège pendant plusieurs mois , et ne se rendit qu'en décembre aux Anglais , qui remirent la ville aux Monténégrins . comme ils en étaient convenus avec le vladika.
Au printemps de l'année suivante, 1814, les Autrichiens furent remis en possession de Cataro, par la volonté expresse de l'empereur Alexandre; sur un ordre de Vienne, le général