‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 98 sur 218 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

6ÙUBB GONtÉS LES ÀÛTBICHIEIIS.

' Dans la guerre de 18S8 les Montéhé-

S'ns n'avaient pas besoin d'être exd- . La tranquillité qu'ils devaient aux nouvelles réformes avait néeessafreiriènt tourné led* activité vers fagriculturé et les relation* qui fécondent le conitnerce et l'industrie. Ce qu'autrefois ils se procuraient à main année ne pouvait plus être obtenu que par des transactions pacifiques et régulières.

Aussi sentaient-ils plus vivement <|ue jamais le besoin de communiquer immédiatement avec la mer. Dans toutes les occasions, ils avaient réclamé comme Une restitution légitime quelques lambeaux des provinces littorales qui leur avaient appartenu jadis. Maigre les services qu'ils avaient rendus à la coalition contre la France, leurs demandes furent repoussées au congrès de Vienne. Parmi les districts qui étaient le plus à leur convenance se trouvaient ceux qui composent l'Albanie autrichienne, c'està-dire Malni, Paschtrovitch et la presqu'île de Loustitza.

Au milieu du dix-septième siècle, les Vénitiens avaient détruit les salines qui faisaient la principale richesse de ces provinces , et depuis c'est de Rizano , c'est-à-dire d'une dépendance autri chienne, qu'ils ont tire jusqu'à ce jour le sel. (Tétait déjà pour les montagnards, dont chaque guerrier connaît l'histoire de son pays non par des ouvrages tracés froidement, mais par des chants nationaux où les faits revivent avec les passions naïves des peuples primitifs, un sujet de mécontentent et qui (Niait tôt ou tard foire

L'UlUVERS.

éclater des hostilités. Un antre incident Yint précipiter ce résultat.

Le canton de Paschtrovitch, où s'élève le couvent de Lastva, est un des plus riants et des plus fertiles de la côte ; il s'étend d'Antivari à Budua. Ses habitants , habiles marins, étaient les alliés de Venise; le château de Saint- Etienne, situé dans une petite tle, était le siège de leur gouvernement qui se composait de douze viastels ou boïards et de six anciens (starschin). Les Vénitiens, auprès desquels ils étaient en grande estime, leur avaient accordé, entre autres privilèges , celui de former des alliances avec les familles les plus considérables de la république. Dans le remaniement que dut subir l'Europe, cette tribu échut à l'Autriche ; et, bien que considérablement réduite, elle occupe encore une trentaine de villages qui sont partagés entre douze familles.

Ainsi déchus de leur ancienne prospérité, les Pastrovitchi se sont vus réduits à vendre de temps à autre quelques pièces de terre à des Monténégrins qui, les trouvant plus propres à la culture qu'au pâturage , y établirent leurs demeures. Leur voisinage entraîna bientôt des actes de violence, et même des meurtres que la police autrichienne était impuissante à prévenir. Le gouvernement jugea à propos d'éloigner ces hôtes turbulents en offrant de les indemniser. On entama des négociations à ce sujet, et le vhdïka confirma cet

leur colonne d'assaut, s motif de superstition, soi sent persuadés que des I tireraient point sur une femme fut tuée, et les assai rent dans une telle fureur < vingt-huit heures, ils firei désespérés pour s'emparer chements; un renfort au essayait de pénétrer dans repoussé avec perte ; ceper nison, composée seulement hommes, tint ferme jusq d'un nouveau secours de ches, qui prirent en queue les montagnards épuisés p gue lutte , et les obligèrent ner les remparts pour fain brusque attaque. Le suce temps douteux; les enfant mes détachaient des éclats montagne, et les lançaient i La nuit sépara les comb Autrichiens montrèrent la valeur; le lieutenant Rosha perdu un œil à la bataill se distingua par ses charj à la baïonnette.

Les montagnards se prép engagement général, qui eut jours après 1 affaire de Gon 1838. Les Autrichiens s'adj millier de Dalmates acco

guerre des montagnes. Cei èreut dans les gorges de P où les Monténégrins s*el

[oaténéarine. Quant à cet dormit difficile d'évaluer leurs meqn'ils regardent comme un icré de ne point laisser leurs i pouvoir de l'ennemi, bat le vladika voyait avec inné guerre qui rouvrait sous n auspices; il prononça une ^communication contre ceux ameneeraient les hostilités; s menace, chacun s'empressa * dans ses foyers. On voit GéCinié suspendues en trottas des grenadiers autrii succombèrent dans cette haïtes nationaux rendirent jusavoore de l'ennemi et surtout i lieutenant Rosbach, qu'ils le grand volévode borgne, r kOtpt indomptables, dignes eoorage de combattre contre négrins. Mais après avoir geint reconnu le mérite miline ménagent pas les impréi gouvernement « qui» an a droits les plus saints, dépoliation , chasse le propriété demeure héréditaire, de an où sont nés ses enfants, iea lui a ordonné de delà que ces derniers y abritent ur le berceau de leurs fils, oent, ajoutent-ils, que nos , semblables à des étoiles foutombant de la montagne , et eintes de nos épées ont chassé de femmes , ces usurpateurs ux de la côte verdoyante , anlage de Czernoïé vitch Ivo ! »

it pas sans regret que les Jules guerriers), de concert avec [ues, leurs voisins, renonaire une guerre de partisans Dalmates. Ils pensaient que finirait par se lasser, et qu ils ent enfin ces quelques lieues i sud de Budua , qui sans lui :un avantage, permettraient îégro de communiquer avec européens.

cessions n'entraient pas dans u cabinet de Vienne ; mettant •s dispositions pacifiques du il lui acheta les couvents de u et de Podmaïni , qui étaient

sa propriété particulière et qu'il aliéna avec leurs dépendances sans consulter le peuple. Staniévitch est à deux lieues de Budua ; c'est là que, pendant deux années, les vladika firent leur résidence; mais Pierre 1er l'abandonna dans le temps de la- guerre qu'il fit aux Français, a cause de sa trop grande proximité de la garnison de Budua.

En 1840, l'Autriche a demandé une délimitation plus précise des frontières, et la Russie fut choisie pour arbitre par les deux parties. Le traité de paix signé à cette occasion couronna les voeux et la patience du vladika. qui vit ainsi ses États admis dans le droit public de l'Europe. U était convaincu de la nécessité d'une réconciliation, du moins apparente, avec les Allemands ; et les Monténégrins , confiants dans sa sagesse , lui laissèrent élever une potence en face de Budua , avec menace d'v faire pendre quiconque oserait dorénavant faire quelque excursion sur le territoire de "Autriche.

Mais à peine Pierre se vit-il sans inquiétude du côté de l'occident qu'il dirigea toute l'énergie de ses montagnards contre les Turcs de l'Hertzégovine et de l'Albanie : cependant, quoiqu'ils eussent souvent l'avantage , le résultat , comme accroissement de territoire, fut insignifiant. La conquête de 111e de Vranina, dont ils s'emparèrent, en 1838, semblait leur présager la possession de tout le district de la côte du lac de Scutari , mais ils la perdirent en 1846. Les Albanais s'en emparèrent pendant que le vladika guerroyait contre l'Hertzégovine , et en rompant une trêve formellement conclue. Ces infractions aux traités ne sont que trop communes entre ces peuplades, pour lesquelles la guerre n'est que le brigandage sur une plus grande échelle. C est ce qui rendra longtemps illusoires les réformes entreprises par des chefs qui prennent nécessairement leur point d'appui dans le droit européen. Ils se trouvent ainsi dans l'alternative d'être lésés s'ils restent fidèles à leurs engagements , ou d« violer eux-mêmes les principes qu'ils ont essayé d'établir.

LTJMVERS.

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