PROVINCES DANUBIENNES. IK
Jabliak et menaça d'excommunication ceux qui résisteraient à ce décret. Les vainqueurs durent évacuer leur conquête. Après cet acte de justice sévère , le vladika conclut une paix éternelle avec le pacha de Podgontza; mais un an ne s’était pas écoulé depuis ce traité que les Turcs firent une sortie sur le territoire de la Brda, d’où ils enlevèrent quelques milliers de moutons , après avoir tué une quinzaine de pâtres. Les habitants de la Brda, comme nous l'avons vu, se sont volontairement réunis au Monténégro ; ainsi , dans les moeurs du pays, l'injure devait être considérée comme commune. Ceux qui avaient été dépouillés , s’apprêtèrent à exercer contre les ravisseurs le droit de vengeance. Le vladika ne voulut voir daus ces représailles que des querelles particulières dont les gouvernements de Stamboul et de Cétimé n’avaient point à s’occuper. C'est par uue conduite si mesurée et si habile qu’il parvint à se faire considérer comme le chef d'un Etat régulièrement constitué et dont l'alliance pouvait être de quelque poids dans les intérêts si compliqués de lu question orientale.
Cependant, malgré le respectdes Monténégrins pour les ordres de leur vladika , l’esprit d’indépendance ne pouvait se réprimer tout à coup, et par édit chez ce peuple habitué aux rapines et qui avait taut de représailles à exercer contre ses voisins. L'Autriche en Gt bientôt l'expérience. Peut-être les hostilités qui éclatèrent en 1 838 entre cet empire et les montagnards n’eurentelles point lieu sans la secrète approbation du vladika et l’assentiment tacite de la Russie. En effet, depuis l'affaiblissement de la Turquie, la péninsule dalinatique est un objet de convoitise pour les Autrichiens, qui veulent s'assurer la navigation dn Danube, et pour les Russesqui tendent à compléter leur système de conquêtes continentales par un grand développement de côtes, et qui, dans ce but. ont fait de si énormes sacrifices pour créer une marine militaire. Aussi longtemps que la France a menacé les nationalités de l’Europe, les tendances politiques résultant de la configuration géographique des Etats naturellement rivaux n’ont été qu’accidentellcmcut
abandonnées : elles devaient se reproduire à la première occasion. La Russie voit donc avec faveur tout ce qui peut alimenter la liaine que les populations slaves ont pour les Allemands. A l'instant même où ces cabinets paraissent être en bonne intelligence sur les questions de politique générale, ils u’en poursuivent pas moins une guerre sourde, et préparent de longue main tout ce qui peut faciliter leur triomphe dans les lottes à venir.