‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 237 sur 300 · GUEHRES CONTRE LES GRECS ET CON- TRE LES EMPEREURS LATINS DE CONS · texte numérisé non relu

GUEHRES CONTRE LES GRECS ET CON- TRE LES EMPEREURS LATINS DE CONS

tantinoplb. — La quatrième croisade mit de nouveau en présence les Valaques et les guerriers de l'Occident ; mais cette fois ce ue fut pas au bord du Danube.

Le 14 avril 12(14 les Latins s'emparèrent de Constantinople, et Baudouin , comte de Flandre, fut proclaméempereur (l'Orient. Jean, roi des Valaques et des Bulgares , proposa aux croisés un traité d'alliauce.

Chet d'un État nouvellement fondé, l'héritier de Pierre et d'Asan avait dd voir sans regret la rhute des Comnène, ennemis de sa famille et de son peuple. Il l'avait lui-inême préparée en poursuivant contre l'empire la lutte commencée par ses deux frères. Sous ses ordres.

les Valaques s'étaient emparés de Constance et de Varna. Rendant aux Grecs injure pour injure, il prit le litre de Romaioclone, destructeur des Romaioi, comme Basile s'était appelé Bulgaroctone. Dans sa haine contre Constantinople, il prêta même l’oreille aux exhortations du pape Innocent III, qui, rap-

Elant aux Valaques leur origine itanne, essaya de les ramener dans le giron de l’Ëglise latine. Un légat catholique vint le sacrer roi delà Macédoine et de la Thessalie, des Bulgares et des Valaques. Mais les espérances de la cour de Rome furent bientôt déçues.

Traité par Baudouin comme un vassal , Jean se tourna du côté des Grecs, délivra la ville d'Andrinople assiégée par les Latins, et, dans une bataille sanglante, fit prisonnier le nouvel empereur (1206). Après seize mois de captivité à Tûrnova, Baudouin fut mis à mort. On lui coupa les jambes depuis le genou, les bras depuis le coude, et l'on jeta son cadavre mutilé dans un ravin pour servir de pâture aux oiseaux de proie. Jean se fit une coupe avec son crâne.

Le roi des Valaques, encouragé par sa victoire sur les Latins, ne leur laissa . pas un instant de repos; il envahit la* Macédoine , dévasta dans sa course furieuse Philippopolis, Héraclée, Panium, Trajanopolis, Claudiopolis, et ramena dans la Bulgarie tout un peuple de prisonniers. Il menaçait Constantinople quand la mort vint le surprendre sous les murs de Thessalonique (1207).

Un de sesneveux.Frurila, lui succéda, au détriment du fils d’Asan Ier; mais, en 1217, celui-ci, ramené par les Cumans de Moldavie, détrôna l’usurpateur.

Jean Asan III voulut assurer son pouvoir par desalliances de famille; il épousa Marie, fille d'André II, roi de Hongrie, et donna sa fille au frère de Théodore Comnène Lascaris, empereur desGrecs.

De ce côté la paix n'était pas sûre, et fut peu durable, l/empereur réclama l’hommage du roi des Valaques et des Bulgares. Jean Asan répondit à cette demande insolente par la prise d'Andrinople, de Didimythicum, etc. Il se rendit maître de la Pélagonie, de la Thessalie, et s'avança jusque dans l'illyrie. Théodore Comnene tomba entre' ses mains et fut enfermé dans un cachot. Mais les

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autres prisonniers , traités avec plus de clémence, recouvrèrent bientôt la liberté. Les Grecs, qui se rappelaient la cruauté du Romaioctone, applaudirent à l’humanité: de son neveu. L’empereur Jean Vatatzès entama des négociations; la paix fut rétablie et scellée par le mariage d’Hélène, tille d’Asan, avec un Comnène. L’archevêché de Tûrnova, soustrait à la suprématie de Constantinople, fut alors érigé en patriarcat indépendant. L'alliance des Grecs et des Valaues-Bulgares mit en péril l’empire latin e Constantinople. Jean Vatatzès et Jean Asan marchèrent ensemble contre Byzance, et pénétrèrent jusqu'aux portes de la ville-, mais Jean de Brienne, tuteur de Baudouin II, soutint leur, effort, et les repoussa. Jean Asan mourut en

Après lui commença la décadence du royaume valaco - bulgare. La dynastie des Asan s’éteignit en 1258: la prépondérance des Valaques finit avec elle ; et dès lors il semblent disparaître de la Bulgarie. Leur race cependant y a subsisté jusu’à nos jours-, elle s’y maintint sous la omination bulgare, et les Turcs mêmes ne l’ont pas anéantie. On retrouve encore des Roumains sur la rive droite du Danube, jusque dans la Macédoine et dans la Thrace (I).

Relations des Roumains du nohd avec les Valaques et lbsBulgabes tbansdanubikns. Pebsécutions he-

LIGIF.tiSES EN THANSYLVANIE- — Nous avons dit quels secours les Rpumains et les Cumans de la Dacie prêtèrent en 1187 aux libérateurs des Bulgares et des Valaques. Alliés d’Asan et ae Pierre , iis donnèrent le même appui à Jean Romaioctone ; ils le suivirent dans ses incursions en Thrace (1199), et s'ils n'eurent point de part à la prise de Constance et de Varna, c’est qu’une invasion des Russes en Bessarabie les força tout à coup de courir à la défense de leur propre territoire. Jean, roi des Valaques et des Bulgares, possédait aussi le banat deCraîova. 11 passe pour le fondateur de la ville qui porte ce nom, formé du sien ( Cral ou Cral, roi ; Jov ou Ivan, Jean ). Il y fit, dit-on, construire l’église Banésa, qui existe encore au-

(<) Kogalnitcluno t. I n. 4'-

jourd'hui (1). Après sa mort, les Cumans de la Moldavie aidèrent Jean Asan III à renverser Frurila ; sous le règne du prince qu’ils avaient rétabli dans l’héritage paternel, ils conservèrent sans doute avec les Valaques transdanubiens d’étroites relations d’amitié ; il ne semble

?as toutefois qu’ils aient soutenu ean Asan dans ses guerres contre les Latins et contre les Grecs ; on ne dit pas non plus que ce prince , malgré la communauté de race et de religion , ait protégé les Roumains orthodoxes de la Transylvanie contre le fanatisme de son beau-père André II. Un bref de Grégoire IX enjoignit au roi de Hongrie d’extirper de ses Etats tous les schismatiques, et l’inquisition se hâta de. mettre cet ordre à exécution ( 1234 >. Les bûchers, allumés de toutes parts , ne s’éteignirent que sous le règne de Bêla IV (1236). Les dominicains s'éloignèrent pour un temps; les Roumains respirèrent; tuais un autre fléau était près de fondre sur eux. A peine ontcessé les persécutions religieuses que déjà commence l’invasion tartare.

Invasion des Tabtabes (1241). La Hongbib et la Tbansvlvanie dévastées. — Gengiskhan était mort en 1226. Battou-Khan , son successeur, après avoir conquis la Russie , passa le Dniester et s'établit dans la haute Moldavie, au lieu où s'élève aujourd'hui la-*' ville de Botos’han. Deux fois Kuthen, roi des Cumans, repoussa les envahisseurs.

Vaincu dans une troisième rencontre , il se retira dans les Carpathes. De là il envoya des députés au roi de Hongrie Bêla IV, et lui demanda des terres pour son peuple, s’engageant à reconnaître la suzeraineté des Hongrois et à embrasser la religion catholique. Bêla accueillit avec empressement ses propositions et donna aux Cumans le territoire qui, de leur nom, s’est appelé la grande Cumanie. Il exigea seulement que Kuthen restât en otage dans un bourg voisin de Pesth, pour garantir la fidélité de ses sujets. Les Cumans, qui avaient vu de près les Tartares, conseillèrent aux Hon-

(i) Pliotino, Histoire de laDacir, en grec moderne. Movopïct T-fjÇ nàTat Aaxiat, và vüv Tpavaiy6<xvia( , î'./ a/ta; soi MoXSovmk.

Vienne, i8ig, t. I, |>. a8i.

L’UNIVERS

grois de se mettre en défense et de prendre les précautions nécessaires contre des attaques prochaines et inévitables. Bêla IV écouta leurs avis; il visita les frontières, fortilia les défilés, et y plaça des garnisons. Mais les magnats, endormis dans une trompeuse sécurité, ne s’associèrent pas à ses efforts; ils se repentirent bientôt de leur imprudence.

Battou-Khan parut, précédé de quarante mille hommes, qui abattaient les forêts pour ouvrir un passage à l'armée tartare. Le 15 mars 1241, le khan arriva presque sous les murs de l’esth.

I.es -Hongrois l’attaquèrent; ils furent battus. Un certain nombre de Cumans , prisonniers des Mongols, avaient été forcés de combattre dans leurs rangs. Ce fut pour les Hongrois un prétexte de rejeter sur Kutheu la honte de leur défaite; ils l'accusèrent de complicité avec Battou-Khan et demandèrent qu’il fût puni de mort. Vainement Bêla voulut le défendre; une bande de furieux saccagea le bourg qu'il habitait ; le roi des Cumans fut égorgé avec tous ses serviteurs, et le peuple promena dans les rues leurs têtes sanglantes. A cette nouvelle, les Cumans se soulevèrent; ils massacrèrent

fdusieurs magnats de Hongrie et mirent e pays à feu et à sang. Pendant ce temps, les Mongols continuaient leurs dévastations; Bêla marcha contre eux avec une armée de cent mille hommes, et leur livra surlesbords delaTheissune grande bataille ; malgré le courage des Hongrois, la lutte était inégale; les Mongols remportèrent une complète victoire et , pendant trois ans, ils restèrent maîtres de tout le pays. Bêla , abandonné des siens, se sauva en Autriche avec ses trésors; l’Autriche hospitalière lui donna pour asile une prison. Enfin, les Tartares se retirèrent lorsqu’ils ne trouvèrent plus rien à piller; la Hongrie et la Transylvanie, couvertes de ruines, devaient garder longtemps encore la trace hideuse de leur passage.

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