‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 238 sur 300 · LA VALACHIF. ET LA MOLDAVIE IN- DÉPENDANTES · texte numérisé non relu

LA VALACHIF. ET LA MOLDAVIE IN- DÉPENDANTES

Rodolphe le Noir fondb lb duché de Valachib (1241). — C’est à l'invasion de Battou-Khan qu’il faut rap-

porter l’origine de la principauté de Volachie. Radu Negru, Rodolphe le Noir, régnait sur la ville de* Fogaras lorsque parurent les hordes tartares. Pour se dérober aux fureurs de ces sauvages conquérants, il frauchitlesCarpathes et vint s'établir au fond de la vallée de Campulungu. A la haine des Roumains orthodoxes pour la domination hongroise et pour l’intolérance catholique se joignait la terreur inspirée par les Mongols ; une foule d’émigrants suivirent Rodolphe au delà des monts (1341).

Sur le territoire qui descend au Danube entre l’OIto , le Melcove et le Seret, vivaient des peuplades éparses, isolées, sans liens sociaux, les unes fixes, les autres nomades. Elles accueillirent comme des frères les Roumains de la Transylvanie. Rodolphe, reconnu duc de la terre romaine (t’era românesca ) , bâtit à Longchamp un château et une église qui subsistent encore. On y voit son portrait; il est vêtu d’un long habit brodé en or et en argent et d'un surtout orné d'une fourrure noire; un diadème couvre sa tête. Il a le teint brun, les moustaches et les cheveux noirs ; de là son surnom.

Rodolphe le Noir releva de leurs ruines Pitesci , l'ancienne Pinum ; Bucuresci, autrefois Thyanus, et Turguvici, la Tour du Bourg. Il fixa quelque temps sa résidence dans les murs d'Argidava, et y fonda, d’après les vœux de sa femme, un évêché catholique.

I,e roi de Hongrie, sorti de sa captivité (1243), ne put voir sans jalousie les progrès de son ancien vassal ; il éleva des prétentions sur la Valachie. Après avoir donné Claudembourg aux chevaliers teutons (1244), il concéda aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem le banat deSévérinet celui d’isvoreni (1247). Le texte de cette cession mérite d’être cité. « Nous, après avoir consulté notre ami

• et bien-aimé le vénérable frère Raim- « bauld , grand maître des maisons de « l’hôpital de Jérusalem , d’en deçà la « mer, ainsi que les princes et barons de « notre pays , sur les moyens de repeu- « pler notre royaume qui a tant souf- « ferl de l’invasion et des ravages des

• Tartares , non-seulement par la perte « de ses biens, mais encore par le mas- « sacre de ses habitants , d’un commua

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• accord avec tous, avons arrêté ce qui « suit : Nous gratitions le vénérable Raim- « bauld et les siens, et leur faisons do- « nation de la terre de Sévérin, avec

• les montagnes qui y tiennent, ainsi « que des knezats d’Ivanciu, et de « Farkasch, jusqu'à l’Olto, à l’excep-

• lion toutefois du duché du prince de « Limoî, que nous confirmons aux Va-

• laques, comme ils l'ont possédé jusqu'à » présent. Nous voulons encore, que les- « dits Valaques soient tenus de prêter « tous secours aux susdits frères ; qu’ils « soient tous bien équipés pour la guerre, « afin de défendre le pays et de repous- « sériés hostilitésdes étrangers, et qu’en « cecas lesfrères soient également tenus « de les secourir ; le tout autant qu’il

• sera possible. De plus , nous gratifions « le susdit grand maître des monta* « gnes de l’Ardialie et de toute la Cu- « manie aux mêmes conditions que Sé- « vérin , à l'exception encore du pays de « Senesiav, prince des Valaques , a qui « nous le laissons pour en jouir comme

jusqu’à présent. »

Le territoire de Sévérin appartenait à Michel , ban de Craïova. Celui-ci n'était pas d’humeur à se laisser dépouiller par les chevaliers de l'Hôpital. Il conclut avec Rodolphe un traite d’alliance et reconnut sa suzeraineté.

Obganisation politique et sociale de la Valachib. — Les deux princes s’opposèrent par les armes aux empiétements de la Hongrie. Quand ils eurent repoussé l’ennemi commun, ils s'entendirent pour organiser leurs États. Les lois qu'ils établirent ont régi les Valaques jusqu'à la fin du quinzième siècle; on ne les connaît pas exactement ; mais les historiens en ont indiqué l’esprit.

« 1° Tous les Roumains étaient égaux, parce qu'ils étaient tous soldats, divisés en soldats actifs ou masnavi, masnegi , masnada, mesnadieri , mesnades, miles, ou gentilshommes; et en soldats retraités, terriens ou masterrani, masneni, d'où les mos'négi, mos’neni et t’erani d’aujourd'hui, c'est-à-dire tenanciers militaires de l’État.

* 2° La terre appartenait à l’État :

l'État seul en avait la domnia, la mas’ia absolue. Elle était divisée en deux parts : celle des terraui ou mos'neni, et celle de l’État proprement dite ou de la com-

mune. Les mos'négi seuls avaient droit aux biens communaux. Ils n’en étaient pas propriétaires, mais possesseurs. A la mort du titulaire, la tamille n'héritait pas ; les biens retournaient à l’État.

« 3° Le duc était élu par la nation.

« 4“ l.*s fils du souverain n’héritaient point des titres de leur père.

« 5“ Toutes les charges étaient à la nomination du duc.

« 6" Un conseil de douze vieillards aidait le souverain de sa sagesse et de ses lumières.

• 7“ L’assemblée du peuple était convoquée dans les moments difficiles.

» 8» Le pays était divisé en juridictions et la justice administrée par des jupons.

• il" Tous les enfants avaient un droit égal à la succession de leur père ; mais les frères étaient tenus de se gêner s’il le fallait pour établir les soeurs selon leur rang.

« 10° La noblesse était personnelle et viagère.

« 11° Étaient nobles tout mos’nag et tout mos'nan.

• 12° Le prince portait le titre de chef suprême et de duc des Moldo- Valaques , c’est-à-dire des Roumains de la montagne et de la plaine.

« 13° Il n’y avait ni impôt ni taxe; car il n’y avait encore ni conquérants ni vaincus, mais de simples contributions volontairement votées par les communes.

« 14" Le peuple ne payait que la dtme; elle était double : dime à l’État, dime à l'Église; les huit autres dixièmes étaient à lui ; mais l’une et l'autre ne semblent avoir été dans l'origine qu’une offrande; celle de l’État, en effet, s’appelait dare (don) ; elle était en espèces et en nature ; celle de l’Église n’était qu’en nature et s’appelait aaj üei ( don de Dieu).

« Radu Negru règle ensuite les cérémonies du sacre , crée des charges auliques et donne des noms à tout. Les ministres s’appellent camaras'l (chambellans), les secrétaires, grammatici, les aides, slugeri, l’échanson, pocularnick, le pitancier, pitar, l’armée, oste, le soldat, ostas, les généraux, caplteni , les hommes d’armes, armat’ i, les hallebardiers, trabant'i , et ceux qui semblent former son état-major et ne pas le quitter

L’UNIVERS

d’un instant sont ses comis, écuyers, compagnons ou comtes.

« Sans discuter, dit M. Vaillant, l’évidence de cette constitution, que la suite des faits nous prouvera et que nous retrouverons chez les Moldaves avec la seule différence de l’hérédité, je ferai remarquer que cette égalité des Roumains n'a rien qui puisse étonner; il y a si longtemps que les Serviens l’ont acquise qu’ils semblent n’avoir jamais fait d'effort pour l’obtenir, et l’on sait fort bien que des peuples plus barbares qu'eus, ceux de la Russie par exemple, furent également libres jusqu'en 1 S6C, et ne durent alors leur esclavage qu’à Ivan Vazilevitch. Il était juste d’ailleurs que les compagnons d’armes de Radu eussent leur part de sa conquête. Le pays , du reste, était cnrore peu peuple; ils pouvaient y devenir tous propriétaires sans être obligés de déposséder les peuplades qui s'y trouvaient et se poser au milieu d'elles en dominateurs (t). »

Relations de la Valachie avec la IIoNGniE. Victoires des Valaqubs. — Plusieurs circonstances facilitèrent l’accomplissement des entreprises de Rodolphe le Noir. La Flongrie fut pour lui une ennemie peu redoutable. En guerre avec la république de Venise (1244), avec l’Autriche (de 1248 à 1253), elle avait encore à combattre les Tartares, qui, sous la conduite de Nogaï, menaçaient de franchir les montagnes (1261).

Le premier prince de Valachie mourut après un règne de vingt-quatre ans (1241-1265). Les Roumains bénissent encore sa mémoire.

La nation élut pour lui succéder Michel , ban de Craiova, qui régna dixneuf ans (1265-1284). A Michel succéda Denys ou l)an, (Ils de Radu Negru (1284-1298). Dan périt dans une expédition au delà du Danube, en marchant au secours de son beau-père Michel, qu'une faction avait proclamé roi des Valaques et des Bulgares.

C’est dans la sixième année du règne de ce prince (1290) que Bogdan fonda la principauté de Moldavie.

Étienne Ier eut à repousser une attaque des Hongrois qui lui disputèrent la possession de Fogaras. Peu de temps après,

(OTaillant, la Rnmanir, t, I, p. 143,

des ennemis plus dangereux se montrèrent sur les confins de la Valachie; c'étaient les Mongols. Étienne se ligua contre eux avec le despote de Servie.

Les Tartares se répandirent au sud dans la Bulgarie et dans la Thrace ( 1324 ).

Pendant plusieurs années, les Hongrois avaient été en proie à l’anarchie ; un parti puissant offrit la couronne h Charles-Robert, fils de Charles Martel, roi de Naples et prince de la maison française d’Anjou. Charles-Robert, couronné en 1300, voulut gagner la faveur populaire par la conquête de Sévérin :

il envahit le banat. Jean I,r lui envoya des députés : « Seigneur, disait-il, je « vous paierai sept mille marcs d'argent « pour vos frais de guerre, et puisque • vous tenez la ville je vous l’abandon- « nerai avec son territoire ; mais, de grâce, « rendez-moi votre amitié, si vousvoulez « éviter les dangers qui vous entourent; « si vous avancez, vous êtes perdu. »

— « Dites à Jean , répondit le roi , « qu’il n’est que le berger de mes brebis « etqueie l’arracherai de son repaire par « la barbe. »

Jean s’était préparé à la résistance. Par son ordre, tous les habitants avaient abandonné la plaine et s’étaient réfugiés sur les hauteurs avec leurs troupeaux et leurs grains. Charles-Robert s’égara dans un pays désert et inconnu, à travers dés forets impraticables, et son armée fut bientôt épuisée par la fatigue et par la disette. Il prit le parti d’accepter des propositions de paix, et reçut l’hommage du voïvode, ajournant à des temps meilleurs son projet de ramener de force à l’Église latine les Valaques schismatiques (1330).

Il reprit le chemin de la Hongrie ; mais son armée ne devait pas repasser les montagnes. Elle s’engagea sans défiance dans un étroit défilé où les Valaques s’étaient postés en embuscade. Assaillie tout à coup par une pluie de flèches et de pierres , elle ne put ni avancer ni reculer : l’espace lui manquait pour combattre. En vain elle s’agitait au fond du gouffre, « comme des roseaux battus par la tempête. » Le carnage dura quatre jours. Enfin, les Valaques descendirent pour achever à coups de sabre et de hache ceux que leurs flèches avaient épargnés. Un grand

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nombre de magnats et de chevaliers restèrent dans cette « vallée de la mort. » Avec eux périrent les chapelains du roi , que Charles avait amenés pour achever par leurs discours les conversions commencées par ses armes.

Après le massacre vint le pillage : les bagages de l'armée, le trésor du roi, les sceaux du royaume furent la proie des vainqueurs. Quand ils eurent Uni la curée , ces cluens furieux , canina multiludo f 'alachorum, comme les ap-

fielle le Hongrois Turocz , cherchèrent e roi parmi les morts ; et ils retrouvèrent ses vêtements sur le cadavre d'un serviteur fidèle qui lui avait donné les siens pour faciliter sa fuite. Charles-Robert , avec un petit nombre de cavaliers , échappa , comme par miracle, du milieu ae la mêlée ou plutôt de la boucherie. Il ne renouvela point ses entreprises contre les Valaqucs.

Sous les successeurs de Jean I'r, jusqu’au règne de;Mirce 1", l’histoire de la Valachie présente peu d’intérêt. Nous trouvons à peine, pendant un demi-siècle, quelques faits digues de remarque.

Lorsque les Turcs , conduits par Soliman, pénétrèrent en Bulgarie, levoïvode Nicolas envoya deux mille cavaliers au secours des chrétiens (1360). Cette petite troupe ne revint pas. Le temps approchait où le Danube ne serait plus pour les principautés une barrière suffisante contre l’ambition des Ottomans. Denys 11 ( 1370-1382) accueillit les juifs chassés de Hongrie par Louis 1er. Cet acte d’humanité fut en même temps une sage et utile mesure politique. Les juifs firent de Turuu le principal entrepôt de leur commerce dans les provinces danubiennes. Les Valaques tirèrent moins de profit de l’établissement des frères Minorités, à qui la tolérance du voïvode permit de construire une église pour la célébration du culte catholique.

Commencements du duché de Moldavie. — Quant à la Moldavie, ses commencements furent très-obscurs. On peut citer une lettre d’Antoine, patriarche de Constantinople, aux voïvodes fialica et Dragos, successeurs de Bogdan ; elle fournit quelques détails importants pour l’bistoire religieuse de la principauté.

« Comme les très-nobles frères eu

« Saint-Esprit les voïvodes Baliça et « Dragos, fils aînés de notre Modestie, « possèdent héréditairement un couvent « dans le pays de Maremorus, au nom « révéré de Michel, chef des puissances « célestes, pour lequel le très-noble Dra- « gos, pendant son séjour dans la reine « des villes, où il est venu révérer les « saints et où nous lui avons accordé « l’amitié de notre Modestie et les lion- « neurs et hommages dus à très-noble « et très-haut seigneur, bon chrétien et « orthodoxe, a prié notre Modestie que « ledit couvent jouît à l’avenir de l’ins- « pection et de la protection patriarcales; « notre Modestie... lui a délivré la pré- « sente lettre, par laquelle il est ordonné « que ledit couvent... jouisse à l’avenir « de l’inspection et de la protection pa- « triarcales, aussi bienqueilesgrandcurs « et des honneurs y attachés.

« Notre Modestie nomme aussi le rë- « vérend père Pacôme supérieur dudit « couvent et exarque des villages qui en « dépendent. ..11 devra surveiller les prê- « très et le peuple qui sc trouvent dans « lesdits villages, et leur prêcher et en- « seigner tout ce qui est sain et salutaire « à l’ôme; il doit en outre examiner et « juger les droits départis par les pré- « très, et diriger régulièrement et légale- « ment tout ce qui a besoin de répara- « tion. Le nom du patriarche doit être « remémoré à toutes les fêtes, dans la- « dite église et dans tous les couvents « qui seront bâtis à l’avenir.

« Notre Modestie ordonne encore par <i la présente qu’en cas de décès du su- « périeur et exarque Pacôme, lesdits « très-nobles frères les voïvodes Baliça « et Dragos puissent, de concert avec ■ le conseil des moines du couvent,

« choisir un autre prieur, et l’établir « au lieu et place du révérend Pacôme, « afin qu’il ait aussi le droit et le pou- « voir de notre exarque, dans les susdits « villages, de surveiller les prêtres et « consacrer les églises qui y seraient « dédiées aux Stavropigées patriarcales. » (14 août 1293).

Vers le milieu du siècle suivant, Bogdan, voïvode de Moldavie, et Alexandre, voïvode de Valachie , fixèrent les étoffes et les couleurs des vêtements pour chauc peuple et pour chaque classe. Les Ioidaves portèrent la cuciullo d’agneau

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noir, la braie et la blaudc de bure également noires; les Valaques, la cuciulla d'agneau blanc, la braie et la blaude blanches. Les autres couleurs étaient le rouge pour la cour, le jaune pour les boyards, le vert pour les mos’negi, le bleu pour les mos’neni.

Latzco I". — Lb eoi de Hongrie

CONFISQUE LE DUCHÉ DE MaREMORUS.

— A Bogdan II succéda Latzco Ier (1356- 1373 ). Ici commence véritablement l’histoire du duché de Moldavie. Sous le règne de ce prince , le territoire de Maremorus fut coulisqué par Louis l*r, roi de Hongrie, qui le donna d'abord au Polonais Théodore Custutovicz (1360), nuis à la famille Balck. On a conservé l’acte de cession.

« Considérant, dans la conscience de

• notre âme, le zèle de Balck, fils de « Sas, notre prince de Maremorus, « notre amé et féal , et nous rappelant « ses nombreux services, en témoignage

• de notre faveur particulière et de no- « tre amitié, nous le gratifions et lui fai-

• sons donation du village de Cucnia, en

• notre pays de Maremorus, avec Ghiod, « Botchucan, les deux Bizu, Mu/.e, Bo- « ros et deux autres hameaux dépen- « dants tous dudit village de Cucnia, « avec tous leurs revenus, c’est-à-dire « avec leurs eaux , forêts et montagnes, « comme aussi toutes leursdépendances, « n'importe sous quel nom, et qui sont « rentrées en nos mains des mains du « duc Bogdan et de scs fils , infidèles « bien connus par leur conduite infâme « et déloyale. Attendu que cedit Bogdan « et ses fils ont été foudroyés par le dia- « ble, ennemi du genre humain, lequel « les a frappés de la (lèche de la inali- « gnité, a versé en eux la bile de la trom- <i perie, les a poussés à quitter la voie de

• fa justice, à s'écarter de leur devoir de « confiance et de fidélité, à passer, sans n nous en prévenir, de notre royaume de « Hongrie dans notre pays de Moldavie,

• et qui la leur a donnée aux mêmes ti- « très, droits et privilèges que nous leur « avions laissé jusqu a présent Lesdils « villages, par la bienveillance et du con- « seulement de son altesse la princesse

• madame Elisabeth, notre mère, et du « conseil privé des prélats et barons de ■ notre royaume ; mais, afin de servir « d’exemple, uous reprenons ces villages

« à Bogdan et à ses Bis comme à des mi- « sérahles ; et pour que personne ne soit « inquiété à l’avenir, nous annulons et « révoquons tous les documents qu'ils « out ès mains, «t en gratifions le prince « Balk, etc....

« Donné de la main de l’honorable et « révérend frère en J.-C. monseigneur » Nicolas, archevêque de Strigon et par « notre amé et féal le comte chancelier « de notre cour. Auquatrièmedefévrier, « l’an de N. S. 1365 et de notre règne « le vingt-quatrième. »

Latzco était trop faible pour revendiquer par la voie des armes le domaine que lui ravissait le roi de Hongrie. Pour rentrer en grâce auprès de Louis 1er, il embrassa le catholicisme. Un fief vaut bien une messe. Il rétablit l’évêché de Melcove, et pria le pape Urbain V de lui envoyerun evêque ( 1 370). Mais en même temps il demanda que son mariage fût rompu, sous prétexte que sa femme était opiniâtrémeut attachée au rit grec. Toutes ses instances échouèrent. Voyant que son apostasie ne lui servait à rien, il abjura de nouveau , rentra dans l’Eglise grecque, et garda sa femme.

Après lui, Bogdan III (1373-1379) fut attaqué par les Hongrois. Louis Ier réclamait la Moldavie; il trouva une résistance énergique. Mais déjà les Roumains des deux duchés étaient assez forts pour maintenir leur indépendance contre lu Hongrie ; Louis Tr, vaincu et repoussé, dut renoncer à ses projets de conquête. Heureux les Valaques et les Moldaves s'ils n'avaient pus eu des voisins plus redoutables que les Hongrois ! Les Turcs étaient en marche vers le Danube.

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