‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 25 sur 300 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

INFLUENCE DE L'EMPIRE d’ALLEMA-

(i NE SCB LES PROVINCES SLAVES.

Tandis que les nombreuses peuplades d’origine slave , ou formées d'un mé> lange où l’élément slave dominait, suivaient, les unes la fortune des Russes , les autres celle des Polonais, l’Allemagne se glissait, pour ainsi dire, entre les deux partis , et tendait à absorber, une à une, les possessions que la conformité d’origine, de religion et d’intéréts semblait devoir rattacher aux destinées polonaises. En 1 109, l’empereur Henri V, aide par l'ambitieux Sbigniew, bâtard de Boleslas III, attaqua et couvrit de ses armées tout le territoire qui s'étend de la Vistuleà l’Oder. Boleslas repoussa courageusement cette agression injuste, et fit essuyer une défaite sanglante aux Allemands dans les cbantps de Hundsfelt. Henri se tira de ce mauvais pas par une double altianee. Le partage de la Pologne en duchés , après la mort de ce prince, fut le signal de guerres fraternelles qui déchirèrent l’État, et entraînèrent l'abandon de la Silésie. Vers ia même époque, la fondation de l’ordre des chevaliers Teutoniques ou Porteglaive, qui s’étalent donné la mission de convertir les païens du Nord, ferma aux Polonais les chemins de la Baltique, ce qui les mit, pour l’industrie et le commerce, a la merei des Juifs et des étrangers.

La fondation de l’ordre Teutonique , créé à l’imitation de ceux des Templiers et de Saint-Jean de Jérusalem, remonte à l’année 1190. Ces chevaliers, dont le premier grand maître fut Walpol de Passenheim, élevèrent à Saint- Jean d’Acre un temple et un hôpital destiné aux soldats de la foi. Lorsque les croisades eurent cessé, les grands maîtres retournèrent en Allemagne, et le siège de l'ordre s’établit définitivement à Marien bourg.

Apres le règne de Casimir le Juste, qui institua le sénat polonais, et dont la sollicitude s'étendit spécialement sur les paysans, les prélats et les grands du royaume tirent tourner au profit de l'intrigue et des ambitions privées l’institution sénatoriale, qui, au lieu de rester ce qu'elle était dans l’esprit du fonda-

teur, un conseil et un contre-poids de

l'autorité royale, attira bientôt a elle les prérogatives du chef de l’Etat, et prépara les voies ù l’anarchie. Leszek le Blanc céda à Coloman, fils du roi de Hongrie, des droits exclusifs sur la Gallicie, et donna à son frère Conrad le duché de Mazovie qu'inquiétaient les Prussiens idolâtres. Conrad appela à son secours les chevaliers Teutoniques, leur concéda des terres qu'ils s'engageait à restituer à la fin de la guerre, sauf à conserver pour eux la moitié des ays qu'ils auraient conquis. Telle est origine de cette puissance prussienne qui, plus tard, fut la première à proposer le partage de l’État qui l’avait accueillie. Peu de temps après, Sviatopolk, gouverneur de Poméranie, tue de sa main le débonnaire Leszek, et fonde une principauté qui échappe à la suzeraineté de fa Pologne.

A toutes ces causes d’affaiblissement il faut ajouter l’introduction des lois allemandes, qui s’établirent dans le royaume sous le nom de lois de Magdebourg.

Le nombre des colons allemands, qui contribuèrent puissamment a rendre le. pays florissant par l'agriculture et l’industrie, était devenu si considérable, u’ils réclamèrent et obtinrent le droit 'avoir leur juridiction propre. Cette mesure indique à elle seule combien les lois du royaume étaient vicieuses ou mal exécutées.

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