‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 29 sur 300 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

MARCHE DES MONGOLS VERS l’ OCCI- DENT.

Les Cumains ou Polovtsi, avaient opposé une résistance plus sérieuse aux Barbares. Vers eette époque (1240 /, leur domination s'étendait du Pruth, jusqu’au fleuve Yaïk. Leur roi ,Kuthen repoussa deux fois les Tartares ; enfin, après une défaite, il alla se réfugier dans les Karpathes. De là il demanda des terres à Bêla, roi de Hongrie, s’engageant à le reconnaître comme suzerain, et à adopter le christianisme. Izs roi accueillit sa demande , et lui céda le pays appelé la grande Cuoianie. Kulhen fut obliger de rester dans un bourg voisin de PestJi, pour être garant de la fidé-

lité de ion peuple; ear il amenait avec lui plus de quarante mille familles aux» quelles venaient Journellement se joindre d’autres débris échappés à la fureur des Mongols. Ces réfugié» représentèrent en vain a Bêla qu’il ne fallait rien négliger pour repousser le péril qui les menaçait. Enfin, le roi, informé de la marche de Bâti, visita les frontières du nord, fortifia les passages et y plaça aes garnisons-, mais les Hongrois regardaient ces précautions comme inutiles, et supposaient que les Cumains exagéraient à dessein le danger. L’eveuement ne les justifia que t rop complètement: le té mars 1341, Bâti n'était plus qu’a une demi-marche de Pesth. Deux jours après, les Hongrois attaquèrent les Mongols et essuyèrent une défaite sanglante. Ces dernierss’étaient fait précéder de quaraute mille ouvriers, employés à aplanir les obstacles naturels que le pays montueux et coupé de lies et de forêts, opposait à la marche d’une armée. Les Hongrois aimèrent mieux attribuer à la trahison qu’à leur propre foute le désastre qui les frappait, lut formés par un prisonnier que plusieurs Cumams s’étaient vus forcés de combattre dans les rangs des Tartares . ils s’écrièrent que Kutben avait appelé les hordes en Hongrie, et le malheureux fut massacré avec ceux qui l'entouraient. Cette injustice irrita leurs compatriotes; la Cumanie se souleva; et cette diversion vint en aide aux Tartares qui battirent cent mille Hongrois sur les bords du Theiss. Pendant trois ans ils ravagèrent la Hongrie, la Transylvanie, la Bulgarie, et toute la région du Danube qu’occupent aujourd’hui les Vainques et les Moldaves. Les villes de Fogaras et de Moramos, situées dan»

II» montagnes durent à cette circonstance d'éenappet au joug des oppresseurs; et de tèuséOtfg les vaincus accoururent pour y chercher un refuge, f,eur territoire ne suffisant point à ee surcroît de population . elle se répandit dans la Valacbie et ajouta d’autres éléments étrangers au mélange des races romanes. Une cause religieuse contribua à favoriser celle migration. Ces Vaiaques professaient le rit grec, tandis que les Hongrois reconnaissaient la suprématie de l'Eglise latine. Déjà, eu 1334, le pape

Grégoire IX écrivait au roi Bêla, pour l’engager à forcer les Vaiaques schismatiques à entrer dans le giron du catholicisme (1). Ce furent tous ces tno-

Ç») La correspondance des papes renferme souvent des détails précieux pour l'histoire de ces provinces, où le, annalistes de l'époque ont laissé régner tant d’iucerlilqde; nous citerons les lettres suivantes :

P. IV. ad tfrgtm fhuttm f la Mtlam Di»|

CW *t H ont a ni pQttiJleti studp'tur). R*gt HUuæ titré Innoemtiut Xpiifupiu ttnrtu tenmam Dti.

Corn le ac Regumn tuiitat , utpole phinlationeni novellani, prupouamus proscqni spécial! premgativa graine et favoris , vuti» luis iibenter annuinttis, et petitioues tuas quantum cum I )eo posuumi, favorahililer exaudinius. Tins lia, pie snpplicaliombus inciinati, personam tuant et Regnura predietmn sub beati Pétri et no, Ira protection,: suscipimus, et præsenlis scripli patrocitiio coqunuiiimus. Nulli ergo .horoiuum liccat banc paginant nojtra: proteeliouis infringere, vel ci usu tcmerariu contraire. Si quij autrui boc atlctnptare pnaumpserit,;i»dignatioueui Del omnipotentis, beatorum Pétri et Pauli Aposlolorum ejus, et nostram se noverit incursuriiai. palum I.ugdimi, V Nouas Maij anuo tertio.

J""»« C. 11'. -J llU,m litul*. ( lie religia.ru a,.é rrmprprlm, rrrgarum). »,,, Haurœ Hitrlir,. lanotantiéi iputopus tsmat ttrmnm Dtt.

Cupieme» luis votis annucre , ae volontés in omnibus quantum cum Ueo possquius lu* salisfacer* voluntati, ddeelo» filios flaires

Aleximn et soriutn ejus, qui cum ipsv luit

in Bobemia, ordinis Pnedicatorum , tibi ad ntorandum tecum duximus eouccdendos, cmninitteotes eis auctoritate prélat» «, nidt-m au, etoritatem quant liabeqt et qui suip ad Tartaros destinati. Datum Litgduuj, V Nouas Maij. Anno tertio. (ta*Gj,.... Ce* deux lettres sont adressées à Daniel prince de C.abtch su de (lalicie.

UaotrmUi P U', art Jagmagm il ,f,m jg pcf/..

tm "<«««, rtitnwast «p, Ita ptr !..

gatum JpoHohcum , tuju» tanlra fanant fontiims #>: vu tfttifN Itmprndaf. Jvénm ilfrttrt Rugi Rattim Imnoean- Uni tpitcoyui, stivu 4 tarvoïnm D*t.

Cum is qui sccundnm smc oninipoienliam majestatb nec loco poic»i aec tempore conipretumdi , utpole incircumscrihils, et »oimensus , stahilis inn oms , dat cuocta moveri , facial spirilus stios atteins, et nunistro.s, ctrlorumqua ahitudinc inclina! a carnem assument liinnanam, proeo quod doliciæ suassuut esse cum filiis homimim, disciputos quos e)egeral, if» inundtm» destina verli uni venu ra, ut Omni pnedkarent Evangelium créai une, suo

L*UNIVKRS.

tifs qui déterminèrent les habitants de Fogaras à s’expatrier : la Valachie, dévastée par les Tartares, était alors presque deserte, à l’exception du banal de

lu» instnixit exempte , ut ejus sequentev vestigia , cum auuuipti simus iu pleuitudinem potrstatis, Dec per ipsos possimtis smgulii neeotiis imminere, inter eos quos in partent solïicitudinis evocavimui, cintra, quasi Jrthro lui consilio, dividamus unicuique sérum dum virtutem propriamque variis lempuribus imminent, commitlendo. Saur rum in parti bus vestris mores et ritus Gratcortim , qui superstitiose, ac dampnabiliter ab unitale ecdetiaslica recesserunt , fueruut haclenus non sine animarum periculis observati , et nuper, gratia favente divtua, illuminata sint corda vestra , ut recognoscentes Romanam Kcclesiam , matrem aliantm omnium, et magistram, ac summum Pontificem «uccessorem Pétri , cui collât* sunt daves Rcgni co-lestis ligandi et solveudi, et Jesu Christi vicarium, eue caput, quia cum unus sit Dominus , una (ides , unum baptisma , unum principium , unum corpus ecciesiae militantis ; corpus cum pluribus capitibus monslruosum , et sine capite acephalum conseretur, ad devotionem et obedientiam Apostolic* Sedis, et nostram redire, sicut acccpimus, affecte!», nos et assurgentes in laudem , qui oculos l'obi, r per coliioum ex telle piscis illuminant dignatus est , et aperirc oculos cæci nati, ac exultantes cum muliere, quœ juxta veritatem evangelicam, dragmam quat perierat reiuvenit ; venerabilem fratrem nostriim.... Arehiepiscopnm Prussiæ et Eslboniee, Apostolicæ Sedis Icgattun virum utique secundum cor nostrnm , morum honestate décorum, litterarum scientia pneditnm,etconsiliimaturitatepræclarum,quivobis verba vit* deferet , et nostram , et fratrom nostrorum plenius voluntatem exponet.ad partes vestras, commisse sibi eisdem partibui plenæ legationis officio duximus destina ndum, concessa ei libéra potestate, ut evellat, et destruat, dissipet et disperdat , ædificet et plantet, prout secundum Deum vident expedirc. Qtiocirca serenitalem regiam rogamus, monemus et hortamur attente mandantes, quatenus eidem legato super bis, et contra Tartaros impendas sibi consilium, auxibum et favorem , quod etinde apud Deum meritom , et apud hommes tibi compares nornru bonum, nosque serenitalem regiam dignis valeamus in Domino laudibus rommendare, Dalum Lugduni V. Nouas Maij , anno tertio J i *46).

In enndem modnm universis Christi fidelibut in Russiœ partibus constitulis.

Craïova qui pendant longtemps avait été le séjour des Templiers, durant les expéditions des croisés dans la terresainte. Cette migration des Valaques s'accomplit, en 1241, sous la conduite de leur prince Rodolphe le Noir.

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