POLITIQUE DES PIMNCKS BUSSES SOUS LE JOUG OES MONGOLS
En Russie, les princes ne se montrèrent, durant la longue période du joug mongol, ni moins turbulents, ni moins ambitieux. La politique des kans consistait à les opposer les aux autres, et à tenir toujours en réserve des prétentions rivales qui leur répondaient de la soumission de ceux qui ne régnaient que sous le bon plaisir de la Horde.
C’est absolument la même marche que suit la Russie depuis plus d'un siècle dans les provinces qu'elle protège, en atteudant qu'elle les trouve mûres pour la conquête définitive. Mais les Russes de nos jours se trouvent arrêtés par des obstacles que la politique la plus deliée ne saurait faire disparaître. En encourageant l’esprit de lutte, ils ont excité l’ambition des chefs, et l’énergie des peuples; et ces deux cléments leur deviendront hostiles, dès que l’omnipotence du pouvoir protecteur sera sérieusement mise en question.
Dans le conflit qui agite actuellement toute l'Europe, il se présente trois solutions dont chacune offre des difficultés que la counqéte seule serait impuissante à écarter :
1° Les provinces Danubiennes resteront-elles souslasouverainetédes Turcs; ou en d’autres termes, la Turquie pourrat-e!le,sans renier les principesqui la constituent en État, accorder aux populations chrétiennes des droits et des garanties qui, placées sousle patronage de la France et de l'Angleterre, ôteront jusqu'au prétexte d'une intervention moscovite?
2° Balancera-t-on l’influence russe eu Orient, en augmentant celle de l'Autriche ?
3° Enfin, établira-t-on un nouvel État, la Pologne, par exemple, ou une confédération des États slaves et inoldovalaques?
La première de ces hypothèses est celle qui répoud le mieux aux nécessites actuelles parce qu'elle entraîne peu de changements et que tout en garantissant l’existence de la Turquie comme État européen , elle lui montre en même temps au prix de quelles reformes volontaires elle pourra peut-être tirer de ses propres ressources assez de force
L'UNIVERS
pour se faire respecter : mais le succès ilépend d’une entente inaltérable entre la France et l’Angleterre, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, et quelle que soit l’attitude de l’Autriche.
l.a seconde hypothèse, l’augmentation de l’influence autrichienue, en lui laissant la haute main sur la Servie qu’elle menace déjà par ses possessions Illyviennes , ne donnerait probablement qu’un déplacement d’embarras. Le gouvernement de cet empire n’est pas moins despotique de sa nature que celui de la Russie. Il lui faut constamment opposer l’esprit de l’Allemagne conquérante , à celui que pousse les nationalités annexes à se reconstituer; et l’esprit allemand lui-méme, unanime seulement eu ce qui touche la prépondérance germanique, s’y manifeste sous deux tendances bien distinctes, qu’on pourrait appeler la tendance autrichienne, ou brutalement militaire , et , la tendance saxonue, plus libérale, et plus soucieuse des anciennes libertés. Dans ce conflit d’aspirations si diverses, le gouvernement suit une marche mixte, qui consiste à affecter des dehors de modération dans les questions secondaires, tandis que tous les moyens lui sont bons s’il s’agit d’intéréts d’une haute portée politique. Pour les Allemands progressistes, l’Orient commence aux frontières de la Bavière. Les provinces Danubiennes ne gagneraient donc rien a un contact plus intime avec l’Autriche , et le slavisme surtout serait loin de lui être sympathique.
La troisième hypothèse, celle du rétablissement de la Pologne, non sur une échelle mesquine , mais de la Baltique au Danube, et en rattachant à ce royaume par un lien fédératif les populations slaves, possédées ou convoitées par leurs voisins, offrirait peut-être la solution radicale du problème dont la guerre pose aujourd’hui les donuées. Mais le morcellement de trois grandes puissances entraînerait des luttes dont il serait téméraire de fixer le terme; l’équilibre européen menacé par les immenses empiétements delà Russie péricliterait par d’autres causes ; et la paix, but des effortsde l’Europe occidentale, serait transitoire ou préeaire. I.e plus pressant pour l’Europe est d’abord de prêter secours
contre la Turquie les Russes, et de l’aider contre ses sujets chrétiens si ces derniers cherchaientdans leurs nouveaux privilèges les éléinentsd’uneindépcndance prématurée, qui armerait infailliblement les prétentions des puissances rivales.
Pour mieux nous rendre compte de la situation actuelle, continuons à suivre rapidement le développement des faits historiques ; ils s’enenaineut de siècle en siècle : quand l’ordre moral et la civilisation se trouvent en danger, c’est presque toujours à ceux-là mêmes qui eo souffrent, qu’on est en droit d’en attribuer les causes premières.
A la mort d’Yaroslaf, son frère Sviétoslaf monta sur le trône, tandis que les fils du Tsar défunt durent se contenter de leur apanage. Ce mode de succession était souvent adopté dans la descendance des princes variègues.
Comme il fallait que les Mongols con flrmassent ces investitures, Alexandre et André allèrent faire leur soumission à la Horde ; le premier reçut du chef Taftare le gouvernement de la Russie méridionale; André celui de Vladimir.
Sviétoslaf réclama en vain contre un partage qui donnait la supériorité à ses neveux, et mourut deux ans après.