‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 33 sur 300 · CHAPITRE XXXUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXUI

GEDIMIN.

« Depuis le milieu du treizième siècle,

• l'histoire des provinces méridionales « de la Russie se sépare de celle du « Nord; mais la puissance des Lithua-

• niens grandit rapidement sous le scep- « tre de Gedimin. Cet homme extraor- « dinaire, fils d'un écuyer, se débarrassa

• de son souverain par un crime, réunit « la principauté de Pinsk à ses provinces, « et s'allia à plusieurs princes russes en

• leur donnant ses filles en mariage. Il « unit ses fils Olgerd et Lusbart, le « premier à la fille du prince de Vi- « tebsk, et le second a celle du prince x de Vladimir : celui-ci hérita de i’apa- « nage de Volhynie. La chronique li- « lituanienne rapporte qu’après la mort x de Georges Daniélovitch , ses fils x Vladimir et Léon, princes de Volhynie x et de Galicie, attaquèrent la Lithuanie x au moment où Gedimin était occupé x d'une guerre coutre les Allemands.

« Léon prit Brzest et Droguitchin , et x Vladimir ravagea les bords de la Vilia. x Tout à coup Gédiinin revient victox rieux, marche sur Vladimir que déx fendaient les Tartares réunis aux x Russes, les défait, se porte vers Loutsk x qui se rend sans coup férir, et ne s’arx rête que pour laisser respirer ses x troupes. Le printemps suivant , il « s'empare d'Ovroutch , de Gitomir et x s’avance jusqu au Dniepr. Stanislas de x Kief appelle a son secours les Mongols, x sejointàOlegde Péréiaslavle , à Léon x de Loutsk, a Roman de Briansk, et x vient présenter la bataille a Gedimin.

« Les Russes plièrent ; Oleg et Léon tomx bèrent en combattant ; tandis que « Stanislas et Roman cherchèrent leui x salut dans la fuite. Kief ouvrit ses « portes au vainqueur, qui lui donna

■ pour chef son neveu Mindovg, qui « professait la religion chrétienne. En- « suite Gédimin s'empara de toute la « Russie méridionale jusqu'à Poulivle « et Briansk. Tout en se rapprochant « du siège de la domination des Tartares, « le prince lithuanien sut se ménager « leur alliance, et échapper à l’humi- « liation du tribut : il prit le titre de

• grand prince de Lithuanie et de « Russie, et établit sa résidence à Vilna,

■ dont il fut le fondateur. Il avait té* « moigné au pape Jean le désir de se

• réunir à l’Église latine ; mais c’était « probablement à un moment où il « croyait avoir besoin de la Pologne ou « de l'Allemagne, contre les Russes et « les Mongols. Quoi qu’il en soit, les « chevaliers Teutoniques qui interve- « naient au nom de Rome dans ces sortes « d'affaires, laissèrent voir des preten- « tions qui blessèrent le héros lithua-

• nien , et il congédia assez durement

■ les ambassadeurs du saint Père. Si ce « prince ne fut pas exempt de tous les

• vices de son siècle, du moins il s’éleva

• au-dessus des souverains de cette épo- « que par des vues sages et une admi- « nistration éclairée, qu’il savaitfaire res- « pecter par sa bravoure. »

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