CHAPITRE XXXIV
JEAN KAIITA.
\jt règne de Jean Ralita (132b) inaugura la puissance future de Moscou, qui devint ie siège des métropolitains.
Il se rendit à la Horde avec Constantin, frère d’Alexandre de Tver. Uzbek leur fit un accueil bienveillant, donna a Constantin l’investiture de Tver; mais il exigea qu'on lui amenât Alexandre. Comme les habitants de Pskof, où se dernier s’était réfugié, refusaient de le laisser partir, Jean lesfrappa d'interdit; et cette mesure, nouvelle en Russie, eut un plein succès. Alexandre s’enfuit près de Gédimin; puis il revient à Pskof, tandis que les Novogorodiens achetaient l’alliance de la Lithuanie au prix de cessions importantes dans la Carélie, pour s'appuyer contre les prétentions de Jean Kalita.
Cependant Alexandre ne perdait pas l'espoir de recouvrer son apanage de Tver.
Tout à coup il quitte Pskof et va luimême se livrer a Uzbek, qui, appréciant ce qu'il y avaitde courageux dans cette démarche, le réintégra dans ses droits. Jean, plus avide et plus souple, allait à sou but avec moins de résolution et d’éclat; il obéissait servilement à ses maîtres, mais il faisait tourner le pouvoir qu’on lui confiait au profit de sa politique. Peut-être serait-ce lui attribuer des vues trop profondes que d’admettre chez ce prince le plan de subordonner peu à peu les princes apanages pour grouper autour de la principauté de Moscou toutes les ressources et les forces de résistance que possédait la Russie et qui se neutralisaient, dans des luttes d'ambition, sans profit pour le peuple.
Il est probable que sa conduite eut pour mobile son propre intérêt, mais il n’en faut pas moins reconnaître qu'il traça le premier la voie qui devait plus tard conduire les Busses à l'affranchissement de l’étranger, pour les courber définitivement sous le despotisme de leur tsar. Pressé de se défaire d'Alexan dre , dont le caractère résolu gênait ses projets, il le calomnia auprès d’Uzbeh, qui le lit massacrer ainsi que son fils Ééodor.