‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 35 sur 300 · SIMEON ET JEAN IVANOVITCH · texte numérisé non relu

SIMEON ET JEAN IVANOVITCH

Simeon, fils de Jean, fut le premier qui prit le titre de Grand-Prince de toutes les Russies. Sous son règne, Olgerd succéda à son père Gédimin et suivit .ses traces. A la mortd’Usbek, qui eut lieu vers la même époque , son nls Tchanibek s’empara du pouvoir en assassinant ses deux frères. Le nord était ravagé par les Suédois, les chevaliers Teutoniques, les Lithuaniens et la turbulente Novogo rod; dans le sud, les Polonais et les princes de Galicie se disputaient la Volhynie. La peste noire qui avait désolé l’Asie vint etendre ses ravages sur l’Europe (1349).

Le règne de Jean Ivanovitcli, frère de Siméon, ne dura que ciuq aimées; il montra de la faiblesse, et fut inquiété par André, qui avait reçu de Tchanibek l’investiture de Nijni.Gorodetz et Souzdal.La ville de Briansk se soumit à Oiçeril, qui convoitait egalement Smolensk. L’attention se fatigue à suivre les trahisons et les

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crimes de cette époque. Outre les grandes causes religieuses et politiques qui armaient l’Occident contre les idolâtres du Nord, les Slaves schismatiques et les Tartares mahométans , une foule d’intérêts secondaires entraient en lutte, et augmentaient la confusion générale. A la Horde, Berdibek assassine Tchanibek son père; les révolutions fréquentes attaquant la source même de l’autorité, les princes se hâtaient de profiter de la faveur, ignorant si , à l’instant où ils prenaient possession de leur apanage, le nouveau khan n’en avait pas disposé en faveur de quelque rival.

Ce fut sous le régne de Jean Ivanovitch que la Valacbie se constitua en principauté; et que ses chefs, de même que ceux de la Moldavie, prirent le titre slave de voïvodes.

Au milieu de ce relâchement général de tous les liens politiques, le clergé gardait seul le dépôt de la nationalité, et c’est surtout de cette époque que date l'influence qu’il conserva jusqu’à Pierre le Grand. Le peuple, qui voyait tout changer autour de lui excepté les formes de son culte, s'habitua à confondre ses espérances avec le sentiment religieux ; et comme les prêtres avaient son ignorance et ses vices, il mêla à cette tendance de grossières superstitions, tandis que l’oppression des Tartares, représentée par les princes russes eux-mêmes, les façonnait a la résignation par le fatalisme, qui est resté le trait le plus caractéristique du type national ■ Quelquefois cependant les popes exercèrent dignement leur mission. Ainsi, sous le règne de Jean lvanovitch ( 1363-1368), le métropolitain Alexis, dont la sainteté était en grande vénération, fut mandé par le khan Tchanibek. Une des femmes de ce Tartare était atteinte d’une maladie dangereuse , et il voulait essayer ai les prières d’un prêtre chrétien pourraient loi rendre la santé. Cette femme guérit, et Alexis obtint par cette cure quelque allégement aux persécutions de ses coréligionnaires. Il paraît même qu’il eut assez de crédit pour convertir les deux fils du successeur de Berdibek; mais l’assassinat de ce prince et de ses enfants par Naurouz, descendant de Gengiskhan, fit évanouir l’espoir que cette conversion avait fait naître.

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