‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 66 sur 300 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Pline en parlant d’OIchiniutn et d'Oricum leur donne pourfondateursdes habitants de la Colchide; cette question ethnographique, sur laquelle il ne s’arrête pas, nous a paru mériter quelque attention, ainsi que la qualification de barbares appliquée par cet auteur aux Amantes et aux Bulliones.

Le sens historique du mythe de Gel* tus, Illyrius et Gallus, issus de Polyphénie et de Galatée, peut se résumer dans l’idée d'une origine commune. Ainsi les Celtes ou Galates sc seraient trouvés mêles avec les Illvriens ; et ces derniers, modifiés successivement par leurs rapports avec les Hellènes, les Macédoniens et les Romains, auraient accueilli parmi eux une population belliqueuse, toujours prête à se joindre à leurs expéditions; demêmeque de nos jours lesSchypétars ou Albanais sa trouvent mêlés sans s’y confondre avec les peuples slaves dii Danube et les Grecs-Romæi du Bas- Empire.

Les Gaulois qui passèrent dans l’Asie Mineure, un demi-siècle environ après la mort d’Alexandre, sortaient des régions au midi du Danube et au nord-ouest

(i) Le texte offre ici une lacune qu'on pourrait remplir par les îles Crexa, Gissa et iàileotum, qui se trouvent citées par le même auteur, au chapitre XXV.

de la Grèce. Ces contrées, au rapport de Strabon , étaient habitées pur une foule de peuplades d'origine galate qui se donnaient le nom générique de Celtes.

Parmi eux étaieut les Scordisques , les Bastarnes, les Boïens, les Taurisci, les Japodes et quelques autres. Les Scordisques de race galiique étaient mêlés sur plusieurs points avec les Thraces et les Illyriens. Les Celtes nommés ci-dessur avaient leurs établissements non loin de Ségeste, le long du Noarus et de ses affluents. Les Celtes établis chez les Thraces occupaient le territoire compris entre la Save et le Danube. Ils avaient pour voisius les Mœsiens, les Triballeset les Dardaniens. Quant aux Japodes, ou sait qu'ils étaieut établis, a peu de distance de l’Adriatique, entre les Carnes et les Istriens; mais leur territoire s’étendait assez loin dans l'intérieur des terres.

Olchinium (Dulcigno), ainsi que Oricum, doivent, comme Pline l’atteste, leur origine à une colonie de Colcbos.

Dans son histoire des colonies, M. Raoul Rochette attribue la fondation de ees villes aux Abantes, qu'il regarde également comme les fondateurs d’Amanlia, Bvllis et Argyriue, dont ou retrouve les ruines dans rAcrocéraune; mais il a dû arriver que les établissements grecs (comme le rouvent les médailles publiées par i. Mellingen) ont été envahis par les peuplades de race celtique. C'est pour cette cause peut-être que Pline les qualifie de barbares, afin de les distinguer des autres Illyriens.

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